Rapport sur l’épidémie mondiale de SIDA 4ème rapport mondial - Résumé d’orientation
La prévention est le fondement de la riposte au SIDA, pourtant à l'échelle mondiale, moins d'un cinquième des personnes qui en ont besoin ont accès à des services de prévention. Des programmes complets de prévention permettraient d'éviter 29 des 45 millions de nouvelles infections qui se produiront, selon les projections, au cours de cette décennie. Bien que les traitements antirétroviraux suscitent l'espoir de millions de personnes, l'accès élargi aux traitements ne pourra pas être maintenu si le nombre de nouvelles infections à VIH n'est pas nettement réduit. Les programmes de thérapie antirétrovirale seront submergés par la demande.
Les programmes de prévention ne touchent pas ceux qui en ont besoin, en particulier deux groupes extrêmement vulnérables – les femmes et les jeunes. Pour prévenir l'augmentation des taux d'infection chez les femmes, il faut s'attaquer aux causes premières de leur vulnérabilité – à savoir leurs désavantages dans les domaines juridique, social et économique.
La connaissance et l'information constituent la première ligne de défense des jeunes; pourtant, l'éducation au SIDA est encore loin d'être universelle. En Afrique subsaharienne, 8% seulement des jeunes non scolarisés et un pourcentage un petit peu plus élevé des jeunes scolarisés ont accès à l'éducation préventive. Ils devraient aussi avoir accès à une information sanitaire confidentielle et à des préservatifs. La protection des droits des jeunes filles est également essentielle pour abaisser la prévalence du VIH parmi les jeunes.
Pourtant on enregistre des succès. Plusieurs pays, dont le Brésil, la République dominicaine, l'Ouganda et la Thaïlande, sont parvenus à réduire l'infection à VIH. La prévention du VIH doit aussi évoluer et devenir plus innovatrice pour faire face à l'évolution de l'épidémie. Dans plusieurs pays à revenu élevé, par exemple, les comportements à risque et les nouvelles infections sont à nouveau en hausse en particulier chez les jeunes hommes qui ont des rapports sexuels avec des hommes. Ce phénomène est probablement lié à la lassitude qui entoure la prévention et au laisser-aller dû à l'accessibilité et aux promesses des thérapies antirétrovirales.
L'élargissement de l'accès aux antirétroviraux et aux autres traitements constitue une chance unique de renforcer les efforts de prévention, en encourageant un grand nombre de personnes à connaître leur sérologie VIH. La promesse d'un traitement devrait encourager une plus grande utilisation des services de conseil et de test volontaires. La portée actuelle du dépistage du VIH est faible. La proportion d'adultes nécessitant des services de conseil et de test volontaires qui en ont effectivement bénéficié est pratiquement nulle en Asie du Sud-Est, atteint 7% en Afrique subsaharienne et 1,5% en Europe orientale. Lorsque des services existent, la fréquentation est souvent peu élevée en raison des craintes de rejet et de discrimination.
Les éléments essentiels de la prévention intégrée du VIH comprennent notamment :