Reportage

Le HCR fait le point sur les avancées et les défis à venir à l'occasion de la Journée mondiale sida

02 décembre 2008

Le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR) a marqué la Journée mondiale sida en revenant sur les succès de l'agence dans la riposte au sida, tout en reconnaissant l'ampleur de la tâche restant à accomplir. Le HCR est l'un des organismes coparrainants du Programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida (ONUSIDA).

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Des réfugiés afghans de retour du Pakistan assistent à une séance de sensibilisation au VIH dans un centre de transit du HCR. Photo : HCR/M. Maguire

Un haut fonctionnaire du HCR a déclaré lundi qu'il restait un travail immense à accomplir, malgré les progrès réalisés ces dernières années par l'agence des Nations Unies pour les réfugiés dans sa réponse aux problèmes posés par le VIH au sein des populations déplacées.

« Des progrès considérables ont été réalisés dans les programmes du HCR sur le VIH et le sida », a déclaré Arnauld Akodjenou, chef de la Division de l'appui opérationnel du HCR, dans un message spécialement adressé au personnel, à l'occasion de la Journée mondiale sida. « Le VIH demeure l'une des grandes priorités du Haut Commissaire [pour les Réfugiés António Guterres] et la protection reste la pierre angulaire de la stratégie du HCR concernant le VIH et le sida. »

« Aujourd'hui, dans leur quasi-totalité, les cliniques des camps de réfugiés observent des précautions universelles et les réfugiés ont accès à du sang sûr ; [dans le même temps,] l'accès aux programmes de prévention de la transmission de la mère à l'enfant a augmenté de 60%. »

Les précautions universelles se rapportent à la pratique médicale et consistent à éviter tout contact avec les liquides organiques des patients, par exemple, en portant des gants lors du prélèvement ou de la manipulation de sang ou de liquides organiques.

Il a également révélé que les traitements antirétroviraux étaient désormais disponibles pour les bénéficiaires du HCR dans de nombreux camps de réfugiés ; en 2008, 75% de réfugiés nécessitant un traitement avaient accès aux antirétroviraux.

De graves problèmes demeurent cependant. « Nous devons accroître nos efforts dans le domaine de la prévention du VIH, des soins et des traitements pour notre personnel, les réfugiés et les autres personnes concernées. Nous devons travailler plus étroitement avec les communautés afin de mettre au point une prévention du VIH et des initiatives de soin au niveau des communautés, tout en continuant à lutter contre la stigmatisation et la discrimination à l'encontre des personnes vivant avec le VIH. Nous devons également garantir le secret médical en toutes circonstances », a déclaré M. Akodjenou.

« Chacun d'entre nous se doit de contribuer à sa façon à la riposte au VIH et au sida. Ces contributions incluent notamment le plaidoyer pour l'intégration des réfugiés et des autres personnes déplacées dans les programmes et les mesures des pays portant sur le VIH, la lutte contre les injustices et les inégalités économiques ainsi que la protection et la promotion des droits de l'homme. »

Dans le cadre d'une campagne plus large destinée à s'assurer que les décideurs politiques tiendront leurs promesses concernant le sida, la Journée mondiale sida a pour thème cette année « Mener – Responsabiliser – S'activer ». Les bureaux du HCR dans le monde ont célébré cette journée par une série d'événements ; de nombreux bureaux ont fait le point sur les réussites des programmes en cours, comme par exemple, le lancement d'une vaste campagne de prévention et de sensibilisation dans le sud-est de la République démocratique du Congo (RDC)

Cette campagne sans précédent a débuté dans la province du Katanga par une tournée de présentation dans la ville de Moba, sur le Lac Tanganyika, et dans les environs. Le personnel du HCR et des représentants d'organisations partenaires ont distribué des informations sur le VIH, assuré des formations et proposé un dépistage et des conseils gratuits.

Depuis l'ouverture de bureaux locaux du HCR dans le Katanga en 2006, des dizaines de milliers de personnes sont rentrées chez elles, en provenance de l'étranger ou d'autres parties de la province. Ces personnes restent toutefois exposées à des risques sanitaires, dont l'infection par le VIH, selon Philippe Creppy, chef du bureau du HCR de Moba.

La campagne dans le Katanga, à laquelle s’associent des chefs traditionnels et des agents de santé locaux, a pour but de sensibiliser davantage à l'importance vitale de la prévention et d'encourager la population à bénéficier d'un dépistage et de conseils gratuits. La jeunesse fait l'objet d'une attention particulière. Le HCR collaborera également avec la société civile afin de concevoir et mettre en oeuvre des programmes sur le VIH.

M. Creppy a déclaré que le HCR et ses partenaires espéraient que la gratuité du dépistage et des conseils, ainsi que la formation du personnel médical, la mise en place de structures de santé et de mesures globales, contribueraient à « enrayer le développement rapide de ce fléau dans le territoire ». Les personnes séropositives pour le VIH et nécessitant un traitement recevront des antirétroviraux.

La campagne, qui implique plus d'une douzaine d'organisations non gouvernementales, s'étendra progressivement au reste de la RDC et devrait durer cinq ans.

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