Reportage

Swaziland: le PAM vient en aide aux familles vivant avec le VIH

08 juin 2009

A version of this story was first published at wfp.org

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Vusie Maphalala prend part à un projet mené conjointement par le PAM et le Ministère de la Santé du Swaziland.
Photo: PAM/Banele Dlamini

Portant son plus beau costume, Vusie Maphalala attend patiemment son tour dans le minuscule dispensaire de Mpolonjeni, à Mbabane capitale du Swaziland, où il va chercher ses antirétroviraux salvateurs. Comme il est séropositif, il sait que c’est grâce à ces médicaments qu’il est encore en vie – et qu’il pourra vivre assez longtemps pour élever ses trois jeunes enfants.

Mais il sait également que les médicaments par eux-mêmes ne suffisent pas.

Il y a deux ans, sa femme est morte. Elle était sous antirétroviraux, mais elle était trop faible et trop malnutrie pour se rétablir. C’est pourquoi M. Maphalala vient tous les mois chercher non seulement ses médicaments mais aussi la ration alimentaire qu’il reçoit dans le cadre d’un projet mené conjointement par le PAM et le Ministère de la Santé du Swaziland. Il s’agit de plus de sept kilos d’un mélange nutritif maïs-soja, appelé dans la langue locale ‘sidonono’.

Son état de santé commence à s’améliorer

“J’étais malnutri et pratiquement grabataire quand j’ai commencé à recevoir de la nourriture du PAM,” déclare cet homme de 44 ans, qui s’efforçait d’avaler ses médicaments bien qu’à jeun. “Et dans l’espace de deux mois, j’ai repris des forces et j’ai commencé à aller mieux.”

D’après Martin Bloem, Chef du Service de la nutrition au PAM, “Une bonne alimentation est essentielle pour le traitement du VIH surtout dans les régions où l’on trouve simultanément des taux élevés de malnutrition et de tuberculose. A cause de la crise économique actuelle, il est encore plus difficile qu’avant pour les personnes sous traitement de continuer à bien se nourrir."

Le rôle important des rations alimentaires ne fait aucun doute pour M. Maphalala. “Cette région est souvent frappée par la sécheresse, et comme nous sommes parfois sans nourriture, il m’était très difficile de continuer à prendre mes médicaments,” a-t-il dit, lui qui a connu des gens qui n’ont pas pu poursuivre leur traitement parce qu’ils avaient trop faim. “Mais depuis, je ne rate plus la moindre dose.”

Appui aux autres

Maintenant, M. Maphalala se porte suffisamment bien pour faire du travail manuel et s’occuper de ses fils – et pour apporter aux autres personnes séropositives de sa communauté qui sont sous thérapie antirétrovirale un soutien ô combien nécessaire.

“En tant que volontaire, j’aide les gens qui viennent de commencer une thérapie antirétrovirale à planifier leur calendrier médicamenteux,” a-t-il déclaré. “Je leur apprends aussi combien il est important de se nourrir convenablement et leur explique que consommer le mélange maïs-soja leur facilitera l’observance du traitement.”

Le Swaziland est l’un des pays du monde les plus touchés par le VIH. Selon les dernières estimations OMS/ONUSIDA/UNICEF, quelque 26 % de la population adulte vivent avec le virus. D’après le rapport de situation pays 2008 du Swaziland, la prévalence chez les femmes est de 31 %. Les jeunes filles (15-24 ans) sont touchées de manière disproportionnée et sont près de quatre fois plus susceptibles d’être infectées que leurs homologues masculins. La demande de traitement ne fait qu’augmenter et, en 2007, sur les 60 000 personnes qui avaient besoin d’antirétroviraux, 42 % en recevaient.

La nutrition et la sécurité alimentaire sont les principales composantes du traitement, des soins et du soutien pour les individus, les familles et les communautés affectées par le VIH, notamment en Afrique sub-saharienne. Une mauvaise alimentation peut accélérer la survenue des maladies associées au sida ainsi que rendre plus difficile l’observance du traitement antirétroviral. Le VIH affaiblit le système immunitaire et peut perturber l’ingestion et l’absorption des nutriments. Par ailleurs, ceux qui vivent avec le virus ont besoin de plus de nourriture que les personnes non infectées. Les adultes séropositifs ont des besoins énergétiques de 10 % à 30 % supérieurs à la normale. Pour ce qui est des enfants, ces proportions vont de 50 % à 100 %. 

Si l’on veut satisfaire à l’engagement international primordial qui est d’assurer l’accès universel aux services de prévention, de traitement, de soins et de soutien du VIH d’ici 2010, il est essentiel de s’intéresser à la nutrition et à la sécurité alimentaire.

Le PAM met en oeuvre dans une cinquantaine de pays des programmes VIH/sida qui portent sur le traitement, les soins et le soutien, et l’atténuation des effets de la maladie.