Reportage

Scouts : le message sur le VIH est passé

16 août 2007

 Dans le cadre du jamboree mondial qui s’est tenu en Grande-Bretagne cet été, l’ONUSIDA a conduit des ateliers sur la prévention du VIH, la responsabilité individuelle dans la transmission du VIH et le respect des droits humains des séropositifs.

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40 000 adolescents du monde entier ont participé
au jamboree scout mondial de cette année.

Cet été, les habitants de Chelmsford, une ville de l’Est de l’Angleterre, se sont éveillés à l’heure de tout un éventail de spectacles et de bruits inhabituels.

Le tumulte de tambours matinaux et de cris enthousiastes de centaines d’adolescents et adolescentes résonnait dans l’air : c’était le jamboree scout mondial et les 40 000 jeunes participants venus du monde entier entendaient bien le faire savoir !

Pour les membres du personnel de l’ONUSIDA présents afin d’animer des ateliers spécifiques à la prévention du VIH, à la responsabilisation individuelle face au risque de transmission du VIH et au respect des droits des séropositifs, ce fut une sorte de vision. « Nous nous regardions et pensions ‘es-tu aussi perdu que je le suis ?’ » s’amuse Bhatupe Mhango, coordonnatrice de UN Plus – le groupe d’action des employés du système des Nations Unies vivant avec le VIH – qui a suivi la manifestation avec Alex McLelland, stagiaire auprès de l’ONUSIDA, au sein de l’unité Partenariats avec la société civile. « Mais chaque matin, nous nous laissions entraîner dans ces parades. Je les entends encore résonner dans mes oreilles, » dit-elle.

Ce jamboree possédait un caractère particulièrement important puisqu’il marquait le centenaire du scoutisme et que 40 000 jeunes venus du monde entier étaient présents. L’ONUSIDA disposait d’un emplacement dans le Village du développement global, un endroit destiné à accueillir des ateliers sur les droits de l’homme et le travail des organismes des Nations Unies.

« Le mouvement scout dispose d’un énorme potentiel de mobilisation en faveur de la riposte au VIH, » explique Alex, étudiant en développement international à l’Université York de Toronto, Canada. « Les scouts sont enthousiastes à l’idée de s’engager davantage. Avec les quelque 28 millions de jeunes membres dont ils disposent, vous pouvez imaginer les possibilités. »

Bhatupe et Alex ont organisé et dirigé cinq ateliers sur la ‘Sensibilisation au VIH et la protection des droits humains’. Pour l’ONUSIDA, un des objectifs consistait à ouvrir le dialogue sur la nécessité d’une politique de collaboration avec des scouts séropositifs au VIH et pour UN Plus, il s’agissait d’examiner les opportunités de partenariats.

« Nous sommes parvenus au constat que plusieurs pays comptaient des scouts séropositifs, l’Afrique tout particulièrement et que UN Plus était en mesure de favoriser un partenariat avec eux, » explique Bhatupe.

Pendant trois jours, Alex et Bhatupe ont parlé avec des jeunes venus de Norvège, d’Allemagne, d’Italie, du Chili, du Brésil, du Danemark, de Grande Bretagne, de Turquie et de Finlande.

Malgré la gravité du sujet, tout s’est déroulé d’une manière très décontractée. « La plupart des ateliers ont eu lieu à l’extérieur sur l’herbe, les jeunes scouts l’ayant sollicité, » explique Bhatupe. Avec Alex, ils ont parlé de leur parcours personnel en tant que personne vivant avec le VIH. Les scouts ont posé des questions sur la stigmatisation, les traitements, les conseils en matière de nutrition et ont abordé les sujets des droits humains des personnes vivant avec le VIH.  

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Bhatupe Mhango, coordonnatrice de UN Plus, lors
d’un entretien en direct organisé avec les
animateurs de la radio du jamboree afin de faire la
 promotion des ateliers organisés et d’encourager
les scouts à s’informer des moyens de se prémunir
du VIH.

Bhatupe a également participé à une discussion avec les animateurs de la radio du jamboree afin de faire la promotion des ateliers organisés et d’encourager les scouts à s’informer des moyens de se prémunir du VIH. 

Il s’est parfois révélé difficile de parler de sexe en présence de garçons : « Je n’ai pas oublié le fou rire inextinguible de jeunes garçons italiens observant une démonstration de l’utilisation du préservatif masculin avec des bananes au cours d’un atelier de l’UNFPA auquel nous avons participé, » rappelle Bhatupe.

Mais un grand nombre de scouts ont manifesté beaucoup de profondeur et de compréhension à l’égard de ces questions – Alex et Bhatupe se sont félicités du propos tenu par un groupe de jeunes filles chiliennes âgées de 14 à 16 ans qui étaient très bien informées des questions afférentes au VIH, au sida et à la sexualité pour les avoir étudiées en classe. Les filles ont mené un débat sur l’abstinence par opposition à une sexualité précoce.

« La maturité du débat m’a convaincue que le message relatif à la prévention du sida et à la responsabilisation des jeunes filles commençait à passer, » souligne Bhatupe.

L’avis des filles à ce sujet était partagé – ce qui montre bien qu’aucune méthode n’est totalement évidente quand il s’agit, pour une jeune femme, de gérer une relation. Parmi les opinions exprimées, on retiendra :

« Si j’aime mon ami et que je lui fais confiance et s’il a fait un test VIH qu’il m’affirme être négatif, pourquoi ne lui montrerais-je pas mes sentiments en ayant des rapports sexuels avec lui ? Si c’est ce que j’ai envie de faire, je le ferai… Si vous aimez quelqu’un, vous ne pouvez pas mettre de barrières face à ce que vous êtes susceptible de faire avec cette personne. »

« En ce qui me concerne, je dis non. Je veux attendre de me marier avant d’avoir des relations sexuelles ; ça me fait peur… peur de contracter le VIH ou d’être enceinte… donc le mieux, c’est d’attendre. »

Pour Bhatupe et Alex, les messages de l’ONUSIDA passaient : prévention, responsabilisation individuelle face au risque de transmission du VIH, davantage de soutien et moins de stigmatisation à l’égard des personnes séropositives. 

Alex a été réconforté de voir tant d’intérêt pour le sida lors du jamboree.

D’autres ateliers ont été organisés par l’UNFPA, l’UNICEF, l’UNESCO, et également par des groupes des scouts d’Afrique du Sud et d’Ouganda. Les Guides ont présenté un long exposé sur le VIH. Un représentant de l’OIT a parlé du travail des enfants et de la vulnérabilité au VIH.

« On note un fort degré de sensibilisation parmi les scouts. C’était gratifiant de voir tout ce qui se déroulait, » conclut-il.




Liens:

Visiter le site du jamboree scout mondial
Davantage d’informations sur les jeunes et le VIH