Reportage

Appel en faveur d’une intensification de la prévention du VIH

02 juillet 2007

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Dans un nouveau rapport sur la prévention du VIH,
les spécialistes de la question du sida estiment
qu’une prévention élargie pourrait permettre
d’éviter 30 millions d’infections d’ici 2015.
Crédit : ONUSIDA

Les spécialistes de la question du sida estiment qu’une prévention élargie du VIH pourrait permettre d’éviter 30 millions d’infections d’ici 2015.

Dans un nouveau rapport sur la prévention du VIH, un groupe composé d’éminents spécialistes demande un élargissement significatif des programmes mondiaux de prévention du virus, citant de nouvelles projections selon lesquelles un accès élargi à la prévention pourrait permettre d’éviter environ 30 des 60 millions d’infections prévues d’ici 2015.

Le rapport, diffusé par le Groupe de travail mondial sur la prévention du VIH, attire l’attention sur le fait que les efforts de prévention du VIH ne vont pas au même rythme que les progrès enregistrés au niveau du traitement des personnes infectées par le virus. Selon le rapport, pour chaque personne entamant un traitement antirétroviral en 2006, on dénombre six personnes nouvellement infectées.

« Il faut que la prévention du VIH progresse aussi vite que le traitement », a déclaré Helene Gayle, présidente et PDG de CARE USA et co-présidente du Groupe de travail. « Nous avons 10 ans pour ralentir considérablement le taux des nouvelles infections, et, finalement, inverser le cours de l’épidémie ».

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Selon le rapport, pour chaque personne entamant
un traitement antirétroviral en 2006, on dénombre
six personnes nouvellement infectées.
Crédit : ONUSIDA

« Tout le monde pense que le VIH continue de se propager parce que la prévention n’est pas efficace, mais ce n’est pas vrai. Le problème réside dans le fait que les mesures de prévention efficaces n’atteignent pas les personnes qui en ont besoin », a déclaré David Serwadda, Directeur de la Faculté de santé publique de l’Université de Makerere en Ouganda, et co-président du Groupe de travail.

Le rapport, intitulé ‘Bringing HIV Prevention to Scale: An Urgent Global Priority’, constate que des programmes de prévention du VIH dont l’efficacité scientifique est prouvée – tels que ceux visant à réduire le risque de transmission mère-enfant du virus – ne sont pas mis en œuvre à suffisamment grande échelle, ce qui signifie qu’ils n’atteignent pas suffisamment de personnes, avec suffisamment d’intensité, pour infléchir le cours de l’épidémie. Le rapport recommande que les fonds mondiaux alloués à la lutte contre le sida soient doublés au cours des trois prochaines années et demande aux gouvernements et aux donateurs de faire le nécessaire pour que les ressources soient dépensées pour financer des stratégies de prévention qui ont fait leurs preuves et sont axées sur les populations les plus exposées au risque d’infection.


Meilleure allocation des ressources

Bien que les ressources mondiales annuelles allouées à la lutte contre le sida aient été multipliées par six depuis 2001, elles ne représentent encore que la moitié du montant estimé nécessaire par l’ONUSIDA. Le Groupe de travail demande que l’on double les fonds alloués mondialement à la riposte au sida dans les trois prochaines années pour passer du niveau annuel actuel de US$ 10 milliards à l’objectif de l’ONUSIDA de US$ 22 milliards d’ici 2010, et que la moitié environ de ces fonds soit consacrée à la prévention, comme cela est recommandé par le Programme commun.

« Au cours des dernières années, les fonds consacrés à lutter contre le sida ont fortement augmenté, mais nous sommes encore loin de ce qu’il nous faut », a déclaré Nicholas Hellmann, Directeur par intérim des programmes de lutte contre le VIH et la tuberculose de la Fondation Gates et membre du Groupe de travail. « Si l’on augmente les dépenses maintenant, cela permettra d’épargner des vies et de l’argent sur le long terme ».

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Les programmes de prévention du VIH doivent être conçus pour les personnes les plus fortement exposées au risque d’infection.
Crédit : ONUSIDA

Le rapport indique qu’alors que les dépenses engagées contre le sida augmentent, il est fondamental que les gouvernements et les donateurs internationaux veillent à ce que les ressources soient utilisées de manière stratégique. Par exemple, un certain nombre de pays concentrent leurs efforts de prévention sur des campagnes générales de sensibilisation au VIH, et ce, bien que la grande majorité des nouvelles infections enregistrées dans ces pays concernent des groupes de population particulièrement exposés au risque, tels que les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes et les professionnel(le)s du sexe. Les donateurs doivent aussi supprimer toute restriction de financement liée à des questions d’ordre politique qui limitent l’accès à des stratégies de prévention du VIH dont l’efficacité a été scientifiquement prouvée et qui reposent sur des bases factuelles.

« Il est fondamental de connaître les facteurs de sa propre épidémie de VIH et de savoir comment les 1000 dernières infections ont été transmises pour pouvoir adapter les stratégies de prévention du virus de manière qu’elles profitent réellement à ceux qui en ont besoin », a déclaré Catherine Hankins, Conseiller scientifique principal de l’ONUSIDA et membre du Comité d’orientation du Groupe de travail.

Le Groupe de travail est un groupe international composé d’une cinquantaine de spécialistes éminents de la santé publique, de cliniciens, de chercheurs et de personnes vivant avec le VIH, qui s’est réuni à la demande de la Henry J. Kaiser Family Foundation et de la Fondation Bill et Melinda Gates.




Liens:

Télécharger le rapport complet du Groupe de travail mondial sur la prévention du VIH (pdf, 1,21 Kb) (en anglais)
Davantage d’informations sur le Groupe de travail (en anglais)
Davantage d’informations sur la prévention du VIH

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