Reportage

Impact de la nutrition : Programme alimentaire mondial

26 novembre 2008

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Credit: UNAIDS/ L. Alyanak

Le Programme alimentaire mondial (PAM) est à la fois l’organisation des Nations Unies chef de file en matière d’aide alimentaire et la plus grande organisation humanitaire du monde. En tant que coparrainant de l’ONUSIDA, le PAM joue un rôle unique et important dans la riposte mondiale au sida. En 2007, le PAM a pu atteindre 1,3 million de personnes touchées par le VIH dans 20 des 25 pays les plus touchés.

Pour qu’une personne vivant avec le VIH réponde bien au traitement antirétroviral, il est indispensable qu’elle ait accès à une nourriture appropriée. Le PAM a été l’une des premières organisations à fournir de la nourriture en complément de l’élargissement de l’accès au traitement contre le VIH. L’année dernière, le PAM a apporté son soutien à des programmes de traitement dans 16 pays africains, fournissant ainsi une aide alimentaire à plus de 332 000 personnes au cours de cette phase critique qu’est le début du traitement.

Prix élevés des aliments

Les prix des aliments étant élevés, ils mettent en péril la sécurité alimentaire des ménages des personnes les plus vulnérables du monde. De ce fait, la réponse nutritionnelle du PAM n’a jamais été aussi urgente pour les personnes vivant avec le VIH et leur famille. Une étude pilote récemment menée en Zambie a montré que les compléments d’alimentation amélioraient l’observance du traitement. De plus, on constate que, dans divers pays, le nombre de personnes dans les centres de soins diminue d’autant que les prix des aliments augmentent.

ONUSIDA et PAM

Selon la matrice de la répartition des tâches de l’ONUSIDA, le rôle de chef de file du PAM en matière d’appui diététique et nutritionnel en fait le responsable de la fourniture de l’aide alimentaire et nutritionnelle, ainsi que de l’amélioration des actions menées au niveau national, par le biais de conseils, d’orientations et de soutien technique.

Le PAM est indispensable aux efforts entrepris pour intensifier les services VIH à destination des populations dont le sort est préoccupant d’un point de vue humanitaire. Il a commencé à intégrer le traitement et le soutien en matière de VIH aux activités interorganisations de préparation, de riposte et de remise en état en Amérique latine, aux Caraïbes et en Afrique.

De nombreux produits alimentaires permettant d’améliorer la santé et le bien-être des personnes recevant un traitement contre le VIH sont élaborés et testés. Le PAM est associé au soutien apporté aux études scientifiques menées sur l’efficacité de produits alimentaires spécialement conçus pour répondre aux besoins nutritionnels des personnes vivant avec le VIH.

Contribution unique au niveau national

Par le biais des gouvernements nationaux et des partenaires locaux, le PAM fournit une aide alimentaire et nutritionnelle aux personnes vivant avec le VIH et à leur famille lorsqu’elles sont dans une situation d’insécurité alimentaire. Cette aide peut faire la différence dans un ménage où le principal soutien est trop malade pour travailler. Le PAM fournit aussi des repas à l’école aux orphelins et à d’autres enfants touchés par le VIH. Il apporte par ailleurs une aide technique aux gouvernements nationaux afin de veiller à ce que les personnes vivant avec le VIH aient accès à une alimentation appropriée d’un point de vue nutritionnel et adaptée au traitement qu’elles reçoivent. De plus, le programme veille à ce que les personnes vivant avec le VIH soient en relation avec les mécanismes de soutien communautaires pour que l’apport de moyens de subsistance se poursuive sur le long terme.

PAM et « transport responsable »

Le PAM travaille avec des entreprises du secteur privé qui emploient des milliers de chauffeurs de camion pour transporter la nourriture et les marchandises nécessaires aux personnes dans le besoin. Cependant, dans toute l’Afrique australe, on constate que la prévalence du VIH est élevée le long des corridors commerciaux : le Programme alimentaire mondial, prenant sa responsabilité d’entreprise au sérieux, souhaite réduire le plus possible les risques d’infection à VIH.

L’année dernière, le PAM a amélioré ses services de prévention du VIH et ses services de santé à destination des ouvriers du transport au titre de son engagement à soutenir le « transport responsable ». Ce projet contribue à la protection de la santé et du bien être des transporteurs et des communautés locales avec lesquelles ils sont en contact sur tout leur trajet. Au Malawi, le projet pilote du centre de bien-être, soutenu par le PAM et TNT, est devenu une alliance indépendante à but non lucratif appelée North Star Foundation (NSF) dont l’ONUSIDA et la Fédération internationale des ouvriers du transport sont partenaires. A ce jour, cinq centres de bien-être ont été ouverts : deux au Malawi, un en Namibie, un au Swaziland et un en Zambie. Deux autres ouvriront au Zimbabwe en 2008. La Fondation NSF travaillera avec Family Health International à la création de 23 centres de bien-être dans huit pays d’Afrique orientale ces trois prochaines années.

Les bureaux de pays situés au Bénin, en Ethiopie, en Gambie, au Kenya, au Niger, en République démocratique du Congo et au Tchad travaillent de concert avec les Nations Unies et les ONG partenaires à la dispense de formations sur le VIH ainsi qu’à l’amélioration tant de l’accès aux services de santé que des politiques de lutte contre le VIH sur le lieu de travail à destination des ouvriers du transport.

Documents du PAM offrant de nouvelles orientations
Des bureaux de pays ayant demandé des orientations détaillées en matière de programmation de la lutte contre le VIH, plusieurs outils d’orientation ont récemment été élaborés. Un lien vers chacun d’entre eux se trouve sur la partie droite de cette page, sous « outils ».

Et maintenant

Le PAM peut aider à faire avancer le débat et à approfondir la compréhension des besoins nutritionnels des personnes vivant avec le VIH et des membres de leur famille en travaillant avec les autres coparrainants et en conseillant les principaux mécanismes de financement, tels le PEPFAR et le Fonds mondial. Le PAM peut aider à veiller à ce que les programmes de lutte contre le VIH/sida aux niveau national et communautaire, en particulier les programmes de traitement, comportent des volets nutritionnels prenant en compte la sexospécificité. Le PAM peut aussi appuyer et encourager des études scientifiques sur l’efficacité d’aliments formulés spécialement pour répondre aux besoins des personnes vivant avec le VIH.