Leadership et sida : Festus Mogae

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Reportage

Leadership et sida : Festus Mogae

20 octobre 2008

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le Prix Ibrahim, qui récompense la bonne gouvernance en Afrique, a été décerné à Festus Mogae, ex-Président du Botswana.

Le 20 octobre 2008, le Prix Ibrahim, qui récompense la bonne gouvernance en Afrique, a été décerné à Festus Mogae, ex-Président du Botswana.

Après avoir prononcé le nom du lauréat du prix Ibrahim 2008, Kofi Annan, Président du Comité d’attribution, a déclaré que « le remarquable leadership du Président Mogae avait garanti la continuité de la stabilité et de la prospérité d’un pays confronté à une pandémie de sida qui menaçait l’avenir du Botswana et de la population. »

« L’ex-Président botswanais a montré ce que la bonne gouvernance et la persévérance pouvaient permettre de réaliser lorsqu’un pays connaît des difficultés extrêmes. Le prix Ibrahim vient couronner les efforts que M. Mogae a entrepris pour freiner la propagation du VIH, non seulement au Botswana mais sur tout le continent. C’est un réel visionnaire et un exemple pour d’autres dirigeants du monde entier », a déclaré le Dr Peter Piot, Directeur exécutif de l’ONUSIDA.

De quelle façon le leadership de Festus Mogae a-t-il modifié la riposte botswanaise au sida ?

Festus Moda a présidé le Botswana de 1998 à 2008 et a fait de la riposte au sida l’une des priorités de son gouvernement. Même si le Botswana est un petit pays prospère, 24 % des adultes âgés de 15 à 49 ans y vivent avec le VIH. Le pays présente une prévalence du VIH parmi les plus élevées du monde et plus du tiers des décès d’enfants de moins de cinq ans est dû au sida.

Même si la population paie un aussi lourd tribut au VIH, le pays a réalisé des avancées importantes dans le cadre de la riposte à la maladie grâce à la bonne gouvernance des autorités et à l’attribution de ressources nationales considérables à la lutte contre le VIH.

Le Botswana a été le premier pays africain à s’engager dans un programme de distribution gratuite d’antirétroviraux à l’ensemble de ses citoyens vivant avec le VIH et se trouvant dans le besoin : en 2007, il a fourni un traitement contre le VIH à plus de 90 % des personnes en ayant besoin. De plus, le pays a fait de grands pas en matière de prévention de la transmission du VIH de la mère à l’enfant et de prise en charge des orphelins du sida.

Le Botswana a aussi été l’un des premiers pays à développer le dépistage volontaire du VIH et les services de conseil : depuis 2004, proposer un test VIH est un acte courant dans tous les lieux de soins.

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Le Président Festus Mogae (à gauche) a rencontré Mme Ann Veneman, Directrice exécutive de l'UNICEF et le Dr Peter Piot, Directeur exécutif de l'ONUSIDA durant leur visite officielle au Botswana en octobre 2007.
Photo: ONUSIDA

Le principal catalyseur des avancées réalisées dans le cadre de la riposte du Botswana au sida a été la création, en 2000, du Partenariat africain global contre le VIH/sida (ACHAP). Cette nouvelle collaboration vise à améliorer l’accès aux services VIH. Il s’agit d’un partenariat de développement public/privé lancé par le pays et qui rassemble le Gouvernement botswanais, la Fondation Bill et Melinda Gates, la société pharmaceutique Merck & Co., Inc. et la Fondation MSD.

Au moment du lancement de l’ACHAP, le Président Mogae, qui était toujours en fonctions, a insisté par écrit sur la nécessité de mettre en place soins et traitements parallèlement aux efforts de prévention visant à prendre en charge les personnes vivant déjà avec le VIH afin de veiller à ce qu’elles continuent de contribuer à leur vie de famille et à la croissance économique du pays.

« Champions de la lutte pour une génération sans VIH »

Bien que Festus Mogae ne soit plus Président du Botswana depuis le début de cette année, son engagement dans la lutte contre le sida en Afrique reste le même.

Le 5 août 2008, il a lancé le groupe des champions de la lutte pour une génération sans VIH, groupe de dirigeants africains connus qui demandent à leurs pairs de repenser et d’intensifier les efforts visant à empêcher la propagation du VIH. La Banque mondiale, l’ONUSIDA, l’Organisation mondiale de la Santé, la Fondation Bill et Melinda Gates, le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, ainsi que le PEPFAR sont les partenaires de cette initiative.

Ces champions - des dirigeants ayant une visibilité importante sur tout le continent et des chemins de vie très différents -, mobiliseront les instances dirigeantes et plaideront en faveur de l’adoption de politiques et de mesures efficaces relatives à la prévention du VIH. En tant que leaders d’opinion s’exprimant sans détour, ils s’efforceront d’initier le dialogue en matière de changement des normes comportementales et sociétales. Cette année, le leadership sera au cœur de la Journée mondiale de la lutte contre le sida. La remise du prix Ibrahim de la bonne gouvernance en Afrique à Festus Mogae est la marque de la reconnaissance de sa bonne gouvernance. L’héritage qu’il a laissé devrait inspirer d’autres dirigeants et les encourager à intensifier, dans leur pays, l’accès aux services de prévention, de traitement et de soins en matière de VIH.

Fondation Mo Ibrahim

La Fondation Mo Ibrahim a été créée en octobre 2006 et s’engage à soutenir la bonne gouvernance africaine. Le Comité d’attribution du prix est présidé par l’ancien Secrétaire général de l’ONU Kofi Annan et ses membres sont : Martti Ahtisaari, ex-Président de Finlande et lauréat du Prix Nobel ; Aïcha Bah Diallo, ex-ministre de l’Education en Guinée et Directrice de la Division de l’Education de base à l’UNESCO ; Mohamed El Baradei, Directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique et lauréat du Prix Nobel ; Mary Robinson, ex-Présidente de la République d’Irlande et ex-Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme ; et Salim Ahmed Salim, ancien Secrétaire général de l’Organisation de l’unité africaine et ex-Premier ministre tanzanien.