Pas de place pour la complaisance dans la lutte contre le VIH aux Caraïbes

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Reportage

Pas de place pour la complaisance dans la lutte contre le VIH aux Caraïbes

29 octobre 2008

20081029_UN_US_200.jpg (de gauche à droite) Michele Moloney-Kitts, Coordonnatrice adjointe de la lutte contre le sida, Département d’Etat : Dr Roy Austin, Ambassadeur des Etats-Unis à la Trinité-et-Tobago; Dr Karen Sealey, Directrice de l’Equipe d’appui aux régions pour les Caraïbes. Photo : Shirley Bahadur

Malgré les avancées réalisées dans le cadre de la riposte au sida aux Caraïbes, chaque jour, 38 personnes y meurent du sida et 55 autres y deviennent séropositives. Il s’agit là du message que le Dr Karen Sealy, Directrice de l’Equipe d’appui aux régions pour les Caraïbes, a clairement formulé lors de l’ouverture de la septième Conférence annuelle des chefs de mission des Etats-Unis sur le VIH/sida aux Caraïbes, qui s’est tenue à Port of Spain (Trinité-et-Tobago).

Cette réunion de haut niveau annuelle, qui s’est déroulée les 22 et 23 octobre, a été organisée par l’Ambassade des Etats-Unis à la Trinité-et-Tobago, en collaboration avec l’USAID et les Centers for Disease Control. Les ambassadeurs des Bahamas, de la Barbade, du Belize, de la Guyane, de la Jamaïque, de la République dominicaine, du Suriname et de la Trinité-et-Tobago y ont participé. Haïti était aussi représenté.

Un grand nombre de défis à relever a attiré leur attention. Dans la région, l’épidémie touche de plus en plus de jeunes femmes. Les personnes ayant certains comportements sont aussi touchées de façon disproportionnée, notamment les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes, les personnes qui vendent ou achètent des faveurs sexuelles, les consommateurs de crack ou de cocaïne et les prisonniers. La stigmatisation est répandue dans les petits pays insulaires de la région et la discrimination fondée sur les différentes orientations sexuelles y nourrit l’épidémie. Suite à la dépénalisation récente de l’homosexualité au Panama, les sept pays américains où l’homosexualité demeure un crime appartiennent tous à la région des Caraïbes.

Traitement et prévention du VIH

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(de gauche à droite) Patrick Manning, Premier ministre de la Trinité-et-Tobago ; Dr Roy Austin, Ambassadeur des Etats-Unis à la Trinité-et-Tobago ; Michele Moloney-Kitts, Coordonnatrice adjointe de la lutte contre le sida au Département d’Etat ; Dr Karen Sealey, Directrice de l’Equipe d’appui aux régions pour les Caraïbes. Photo : Trinidad Express

On constate cependant des avancées importantes dans plusieurs domaines, y compris en matière de traitement. Tandis qu’en 2003, 4 000 personnes recevaient un traitement antirétroviral, fin 2007, ce chiffre était passé à 30 000.

Dans l’allocution qu’il a prononcée lors de la Conférence, Patrick Manning, le Premier ministre de la Trinité-et-Tobago, a affirmé que son pays participait à cette remarquable avancée : « Le nombre de décès signalés a diminué de 50 %. Certaines personnes ont pu retrouver une vie relativement normale grâce aux antirétroviraux. » Il a aussi souligné que la complaisance représentait un danger certain.

Les résultats obtenus grâce aux traitements dans la région n’ont pourtant pas été assortis d’avancées dans le domaine de la prévention. Pour 50 personnes ayant reçu un traitement antirétroviral en 2007, 100 autres ont été infectées.

Plan présidentiel d'urgence d'aide à la lutte contre le sida

L’un des principaux sujets abordés a été la deuxième phase du Plan présidentiel d’urgence d’aide à la lutte contre le sida (PEPFAR) et la forme que sa mise en œuvre pourrait prendre aux Caraïbes. Au mois de juillet dernier, le Président Bush a signé la reconduction du PEPFAR pour les cinq années à venir à hauteur de 39 milliards de dollars E.-U. versés à la lutte contre le sida et au Fonds mondial. Jusqu’à présent, Haïti et la Guyane ont bénéficié de ces fonds. D’autres pays des Caraïbes sont prêts à recevoir l’aide qui sera fournie grâce à cette reconduction du PEPFAR. Bien que les détails concernant la forme sous laquelle la région en bénéficiera n’aient pas encore été décidés, l’ONUSIDA s’engage à veiller à ce que cette aide soit utilisée au mieux grâce à une étroite collaboration avec les partenaires de Washington et de la région, tels que le Partenariat Pan-Caraïbe contre le VIH/sida (PANCAP).

La Conférence a permis de fournir de nouvelles informations aux ambassadeurs des Etats-Unis en fonctions aux Caraïbes et de les encourager à user de leur position pour mettre l’accent sur l’épidémie et mieux soutenir le pays qui les accueille dans sa lutte. Les réunions précédentes avaient permis de renforcer le poids de la parole des ambassadeurs dans la région en matière de lutte contre le VIH/sida.

Conserver le VIH en tête des priorités

Le Dr Sealey, Directrice régionale de l’ONUSIDA, a demandé que le sida figure toujours en 2009 en tête du programme de travail des gouvernements. L’année prochaine, le Gouvernement de la Trinité-et-Tobago accueillera trois réunions importantes pouvant permettre de créer un nouvel élan régional dans la lutte contre le VIH : le Sommet des Amériques, les premiers Jeux des Caraïbes et la réunion des chefs de gouvernement des pays du Commonwealth.