La tournée du Directeur exécutif de l’ONUSIDA en Chine démarre avec un accent sur la société civile

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Reportage

La tournée du Directeur exécutif de l’ONUSIDA en Chine démarre avec un accent sur la société civile

23 novembre 2009

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Le Directeur exécutif de l’ONUSIDA, Michel Sidibé, a participé, aux côtés de représentants de l’État, de personnes vivant avec le VIH et d’organisations internationales, à une table ronde visant à examiner les enjeux et les perspectives liés à l’avenir du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme en Chine ainsi que le plan stratégique national du pays. Shanghai, 23 novembre 2009.
Photo : ONUSIDA

Cette semaine, le Directeur exécutif de l’ONUSIDA, Michel Sidibé, est arrivé à Shanghai pour la première étape d’une tournée en Chine. Au cours de celle-ci, il se rendra dans deux ville, Shanghai et Beijing, rendra public le rapport Le point sur l’épidémie de sida 2009 et s’entretiendra avec de nombreux partenaires de premier plan issus du gouvernement chinois et de la société civile. Le Directeur exécutif a entamé sa tournée par une cérémonie de remise de prix organisée par le bureau de la Chine de la Coalition internationale de la préparation au traitement (ITPC), un organisme qui œuvre à l’amélioration des conditions d’accès au traitement des personnes vivant avec le VIH aux niveaux local, régional et international.

À la cérémonie, des distinctions ont été décernées à des personnalités de la société civile, des agents du milieu médical, des représentants de l’État et des organismes, pour la contribution exceptionnelle qu’ils ont apportée à la riposte au sida en Chine dans les domaines de la mobilisation communautaire, du traitement et des soins et de la mise en œuvre de politiques.

Le docteur Cai Weiping, réputé pour les travaux qu’il conduits avec des personnes vivant avec le VIH, s’est vu accorder une récompense pour son action en matière de traitement et de soins. En recevant son prix, il a déclaré : « Depuis 26 ans que j’exerce la fonction de médecin, on m’a décerné beaucoup de distinctions, mais celle-ci est la première que je reçois de la communauté ou de mes patients. Ce n’est ni du gouvernement ni d’un hôpital qu’un médecin reçoit sa plus belle récompense, mais bel et bien des patients. »

Quand j’écoutais s’exprimer les personnes qui travaillent d’arrache-pied et s’emploient à donner la parole à ceux qui n’ont pas la possibilité de se faire entendre, j’ai eu l’impression que leur motivation ne résidait pas dans une récompense, mais dans le fait de sauver des vies, de mettre en place une justice sociale et de redonner sa chance à chacun.

Michel Sidibé, Directeur exécutif de l’ONUSIDA

Michel Sidibé a placé le dévouement des récipiendaires sur le devant de la scène. « Il me semble que ce qui est en jeu aujourd’hui, c’est le rétablissement de la dignité », a-t-il déclaré. « Quand j’écoutais s’exprimer les personnes qui travaillent d’arrache-pied et s’emploient à donner la parole à ceux qui n’ont pas la possibilité de se faire entendre, j’ai eu l’impression que leur motivation ne résidait pas dans une récompense, mais dans le fait de sauver des vies, de mettre en place une justice sociale et de redonner sa chance à chacun. »

Après avoir remis les prix, Michel Sidibé a déjeuné avec des professionnels et des volontaires d’organisations de la société civile de Shanghai. Étaient également présents des représentants d’organismes qui collaborent avec diverses populations clés, telles que les professionnel(le)s du sexe, les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes et les personnes transsexuelles.

Au cours du déjeuner, le Directeur exécutif s’est intéressé aux problèmes et difficultés que rencontrent ces populations et les organisations qui leur viennent en aide. Les participants étaient d’avis que la société civile pouvait apporter une contribution beaucoup plus importante à la riposte au sida non seulement à Shanghai mais aussi dans toute la Chine. Nombre d’entre eux estimaient que le gouvernement chinois devait collaborer plus étroitement avec les organisations non gouvernementales (ONG) et d’autres partenaires de la société civile, afin d’entrer en contact avec des populations clés, comme les professionnel(le)s du sexe et les consommateurs de drogues, et de leur fournir des services. Ces populations sont souvent réticentes à rechercher des services ou à accepter l’aide des organes de l’État, notamment en raison du fait que leur comportement est souvent criminalisé, ce qui a pour conséquence de les couper des services vitaux de prévention, de traitement et de soins.

Michel Sidibé a débattu de ces questions et fait savoir qu’il partageait ces opinions, en insistant sur l’importance fondamentale de la participation des ONG aux ripostes nationales au sida, notamment à l’élaboration de politiques et à la mise en place de services de prévention, de traitement et de soins. Le Directeur exécutif a félicité les participants pour leurs actions, tout en leur expliquant qu’il n’était pas aisé de parvenir à des changements sociaux ni de s’attaquer à des attitudes fortement ancrées dans les mentalités – deux entreprises qui demandent de la patience et de la détermination. Il les a néanmoins encouragés à poursuivre la lutte qu’ils mènent pour atteindre ces objectifs essentiels.