Le Ruanda lance un Agenda pour une action accélérée en faveur des femmes et des filles dans la réponse au VIH

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Reportage

Le Ruanda lance un Agenda pour une action accélérée en faveur des femmes et des filles dans la réponse au VIH

10 novembre 2010

La Première Dame du Ruanda salue Professeur Tlou, Directrice de l’Equipe ONUSIDA d’appui aux pays de l’Afrique orientale et australe, avec Dr Sezibera, ministre de la Santé. Photo: ONUSIDA

L’Agenda national pour une action accélérée en faveur des femmes, des filles, et de l’égalité des sexes dans le contexte du VIH 2010-2014 a été dévoilé le 10 novembre lors d’un événement organisé au Parlement, dans la capitale de Kigali.

L’événement était présidé par la Première Dame du Ruanda, Mme. Jeannette Kagame, ainsi que par la porte-parole du Parlement ruandais, Mme. Rose Mukantabana, le ministre de la Santé, le Dr. Richard Sezibera, et le Secrétaire exécutif de la Commission nationale de contrôle du sida le Dr. Anita Asiimwe, devant les membres des deux chambres du Parlement ruandais.

Le grand éventail de représentants présents à ce lancement faisait écho aux divers décideurs participant au développement du programme, qui comprend des institutions nationales, des partenaires en matière de développement, des organisations de société civile, et le secteur privé.

La Première dame a loué l’engagement du Ministère de la Santé, la Commission nationale pour le contrôle du sida, les partenaires en matière de développement et les organisations de société civile pour leur réponse au VIH par le biais d’une approche fondée sur des preuves.

Quelque 3 % de la population adulte du Ruanda vit avec le VIH. Dans les régions urbaines, la prévalence du VIH peut atteindre 7,3 %. La prévalence du VIH chez les femmes est de 3,6 %, considérablement plus élevée que celle des hommes, de 2,3 %.

Le Ruanda ne peut pas enrayer la propagation du VIH sans répondre aux femmes et aux filles. Il faut souligner l’importance que revêt une répartition équitable des ressources, la participation de femmes aux décisions et l’engagement des hommes et des garçons à cesser les normes nuisibles en matière de différences entre les sexes.

Mme. Jeannette Kagame, Première Dame du Ruanda

« Le Ruanda ne peut pas enrayer la propagation du VIH sans répondre aux femmes et aux filles. Il faut souligner l’importance que revêt une répartition équitable des ressources, la participation de femmes aux décisions et l’engagement des hommes et des garçons à cesser les normes nuisibles en matière de différences entre les sexes, » a déclaré la Première dame.  

Les jeunes femmes sont de loin plus infectées par le VIH que les jeunes hommes. Dans les régions urbaines, la prévalence du VIH est de 3,9 % chez les jeunes femmes, contre 1,1 chez les jeunes hommes.

Dans son introduction, la porte-parole du Parlement a noté, « Je suis convaincue que de grands efforts ont été réalisés dans notre pays pour enrayer la progression du VIH et pour prendre soin des personnes infectées ou affectées. Toutefois, nous avons encore un long chemin à parcourir pour atteindre l’objectif d’une génération sans sida. »

En s’adressant à cette assemblée, la Directrice de l’Equipe ONUSIDA d’appui aux pays de l’Afrique australe et de l’Est, le Professeur Sheila Tlou a aussi loué le leadership et la planification fondée sur des preuves démontrés par le gouvernement ruandais dans sa réponse au VIH. 

Le Ruanda a été nommé pays champion par l’ONUSIDA, afin qu’il partage les leçons apprises et qu’il serve d’inspiration aux efforts d’autres pays, dans le cadre d’une action accélérée au niveau des pays.

Nous reconnaissons, sans aucun doute, que se concentrer sur la réduction d’infections chez les femmes et les filles ne signifie pas cesser de travailler avec les hommes et les garçons.

Professeur Sheila Tlou, Directrice de l’Equipe ONUSIDA d’appui aux pays de l’Afrique orientale et australe

Le professeur Tlou a reconnu les objectifs ambitieux du Programme stratégique national du Ruanda sur le VIH/sida 2009-2012, atteignant 60 % des professionnels du sexe avec des programmes de prévention, augmentant le recours aux préservatifs à 90 % et encourageant une connaissance globale du VIH, pour atteindre 70 % d’ici 2012.

« Nous reconnaissons, sans aucun doute, que se concentrer sur la réduction d’infections chez les femmes et les filles ne signifie pas cesser de travailler avec les hommes et les garçons, » a ajouté le Professeur Tlou.

Selon l’enquête récente sur les comportements (Behavior Surveillance Survey, 2010), la prévalence du VIH chez les professionnels du sexe à Kigali-ville est de 59 %, s’élevant à plus de 90 % chez les personnes âgées de plus de 35 ans. Pour y répondre, le ministre de la Santé, le Dr. Richard Sezibera, a souligné le fait que la réponse au VIH n’est pas un exercice académique ; il s’agit d’un combat qui profite aux individus de notre pays. »