La délégation de l’ONUSIDA au Brésil augmente la sensibilisation autour de la prévention du VIH

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Reportage

La délégation de l’ONUSIDA au Brésil augmente la sensibilisation autour de la prévention du VIH

30 novembre 2010

(De gauche à droite) : Lucinha Araújo, fondatrice de la Viva Cazuza Society, tenant dans ses bras un nouveau-né séropositif ; S. Em. Festus Mogae, ancien président du Botswana ; Michel Sidibé, Directeur exécutif de l’ONUSIDA ; et le lauréat du Prix Nobel, Mohammed ElBaradei. Photo : ONUSIDA/Martino

Michel Sidibé, Directeur exécutif de l’ONUSIDA était accompagné d’une délégation de dirigeants et de personnalités reconnues internationalement, dont S. Em. Festus Mogae, l’ancien président du Botswana, et le lauréat du Prix Nobel, le Dr. Mohammed ElBaradei pour se rendre au Brésil afin de mobiliser les efforts de soutien et le dialogue autour de la prévention du VIH dans le monde.

Environ un tiers de toutes les personnes séropositives en Amérique centrale et du Sud vivent au Brésil. Bien que l’épidémie du VIH au Brésil soit relativement stable, on comptait 70 000 nouvelles infections au VIH en 2009. 

Un dialogue avec la société civile

« Dans la mesure où les taux d’infection au VIH dépassent les progrès des programmes de traitement, une révolution de la prévention est plus importante que jamais, si nous voulons que la réponse au sida soit durable », a dit M. Sidibé lors d’un entretien avec les organisations de société civile brésiliennes, lundi, à Rio de Janeiro.

Dans la mesure où les taux d’infection au VIH dépassent les progrès des programmes de traitement, une révolution de la prévention est plus importante que jamais, si nous voulons que la réponse au sida soit durable.

Michel Sidibé, Directeur exécutif de l’ONUSIDA

Selon Mlle. Gabriele Leite, fondatrice de l’organisme non gouvernemental Davida, une association travaillant avec les professionnel(le)s du sexe, les études récentes à Rio de Janeiro démontrent que le recours aux préservatifs parmi les professionnel(le)s du sexe et leurs clients est élevé, jusqu'à 92 %. « Les enquêtes ont démontré que la prévalence parmi les professionnel(le)s du sexe dans ce pays est en baisse », a-t-elle ajouté.

Richard Parker, Président de l’association contre le sida, ABIA, a dit que les femmes et les jeunes sont de plus en plus touchés par le VIH. Les pauvres et les personnes marginalisées, ainsi que les personnes vivant dans les régions rurales du pays, sont plus particulièrement vulnérables, a-t-il ajouté.

« S’il existe un seul défi dans notre réponse nationale au sida, c’est celui de la durabilité », a dit M. Parker, faisant écho aux commentaires d’autres participants à la discussion. « Renforcé par une économie forte, le Brésil n’est plus prioritaire en matière de financement parmi les agences de développement international », a-t-il dit.

Protéger les enfants affectés par le sida

Pendant son séjour à Rio de Janeiro, la délégation de l’ONUSIDA a également rendu visite à la Viva Cazuza Society, un organisme à but non lucratif qui prend soin d’orphelins et d’enfants vivant avec le VIH. Les enfants du centre reçoivent des traitements médicaux 24 heures sur 24 et bénéficient d’un grand nombre de services éducatifs et sociaux. A l’heure actuelle, 20 enfants séropositifs vivent au centre.

Après la mort de mon fils, je ne pouvais plus faire l’autruche et voir mourir d’autres enfants.

Lucinha Araújo, co-fondatrice de Viva Cazuza

Viva Cazuza a été fondée en 1990 par Lucinha et João Araújo, à la mémoire de leur fils, « Cazuza » un chanteur brésilien décédé de suites du sida.  « Le sida est contagieux, que ce soit entre guillemets ou pas », a dit Lucinha Araujo, alors qu’elle accueillait la délégation de l’ONUSIDA. « Après la mort de mon fils, je ne pouvais plus faire l’autruche et voir mourir d’autres enfants ».

Viva Cazuza travaille au sein d’écoles à Rio de Janeiro, où les enfants étudient pour réduire les préjugés et la discrimination. Les membres de l’organisation offrent aussi des cours gratuits dans la communauté, axés sur la prévention du VIH.