Les progrès de la Namibie dans sa riposte nationale au sida sont salués par le directeur exécutif de l’ONUSIDA lors de sa visite officielle dans le pays

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Reportage

Les progrès de la Namibie dans sa riposte nationale au sida sont salués par le directeur exécutif de l’ONUSIDA lors de sa visite officielle dans le pays

21 avril 2011

Le 20 avril, Michel Sidibé, le directeur exécutif de l’ONUSIDA a rencontré le Président namibien Hifikepunye Pohamba dans sa résidence officielle à Windhoek.
Photo : ONUSIDA/T. Figueira

Lors de sa visite officielle de deux jours à Windhoek, capitale de la Namibie, Michel Sidibé, le directeur exécutif de l’ONUSIDA, a félicité le Président Hifikepunye Pohamba et son gouvernement ainsi que les organisations de la société civile pour les progrès remarquables accomplis par le pays quant à l’inversion du cours de l’épidémie de sida.

« La riposte de la Namibie au VIH est clairement un exemple à suivre pour les autres pays », a déclaré M. Sidibé à l’issue de sa rencontre avec le Président Pohamba dans sa résidence officielle de Windhoek le 20 avril. « Je félicite le gouvernement de la Namibie et ses partenaires pour les résultats impressionnants auxquels nous assistons. »
Depuis 2001, le taux de nouvelles infections à VIH en Namibie a chuté de plus de 25 %, en particulier chez les jeunes. Plus de 72 % des namibiens ayant besoin d’un traitement antirétroviral en bénéficient actuellement. Les services de prévention de la transmission verticale du VIH touchent aujourd’hui 75 % des femmes enceintes séropositives, contre 45 % en 2007.

La riposte de la Namibie au VIH est clairement un exemple à suivre pour les autres pays. Je félicite le Gouvernement de la Namibie et ses partenaires pour les résultats impressionnants auxquels nous assistons.

Michel Sidibé, Directeur exécutif de l’ONUSIDA

Au cours de ces entretiens avec M. Sidibé, le Président Pohamba a fait part de sa préoccupation par rapport aux prévisions de financement à long terme de la lutte contre le sida en Namibie. Il a appelé à une solide prise en main par le pays de la riposte au VIH afin d’en assurer la pérennité. M. Pohamba a également souligné l’importance cruciale du renforcement des programmes de prévention et d’éducation en matière de VIH afin d’atteindre les objectifs d’accès universel du pays.

Un peu plus tard dans la journée, le directeur exécutif de l’ONUSIDA a réuni autour d’un déjeuner les ministres de la santé de tout le continent africain et d’autres acteurs majeurs de la riposte au VIH, dont Bience Gawanas, Commissaire de l’Union africaine, et Michel Kazatchkine, directeur exécutif du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme.
M. Sidibé a appelé ses invités à mobiliser les chefs d’État et les autres responsables au plus haut niveau afin qu’ils prennent part à la réunion de haut niveau sur le sida de l’Assemblée générale des Nations Unies qui se tiendra à New York du 8 au 10 juin prochains. Celle-ci offrira une occasion majeure de faire le point sur les progrès de la riposte mondiale au sida et de définir la voie à suivre pour continuer à aller de l’avant.

Le rôle clé de la société civile

Le 19 avril, M. Sidibé a félicité la société civile namibienne pour son rôle clé dans la suppression des restrictions de voyage pour les personnes vivant avec le VIH, restrictions que le gouvernement a levées en juillet 2010. Il a également insisté sur l’importance de tirer parti du secteur privé, de manière plus dynamique, afin d’élargir l’accès aux services VIH à toute les personnes qui en ont besoin.

Si nous ne visons pas les populations les plus à risque, nos efforts pour combattre le VIH resteront vains.

Linda Baumann, Directrice exécutive d’Outright Namibia

Des membres de la société civile ont exprimé un certain nombre d’inquiétudes, notamment à propos de la stérilisation forcée des personnes vivant avec le VIH et hospitalisées, la discrimination à l’égard des personnes séropositives au sein de l’armée, l’absence d’accès aux services VIH dans les prisons et le manque de concentration de l’action sur les populations les plus exposées au risque d’infection par le VIH, comme les professionnel(lle)s du sexe, les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes et les minorités sexuelles.

« Si nous ne visons pas les populations les plus à risque, nos efforts pour combattre le VIH resteront vains », a déclaré Linda Baumann, directrice exécutive d’Outright Namibia, une organisation non gouvernementale qui défend les droits des personnes lesbiennes, gays, bisexuelles, transgenres et hétérosexuelles en Namibie.

Prévenir la transmission verticale du VIH

M. Sidibé a également visité le service de maternité et de pédiatrie de l’hôpital Katutura de Windhoek qui s’efforce d’améliorer la santé des femmes vivant avec le VIH et d’empêcher la transmission du virus à leurs enfants.

Entre 2002, lorsque ce service a ouvert ses portes, et 2010, le pourcentage de femmes ayant bénéficié d’un dépistage et de conseils VIH avant et après leur accouchement a grimpé de 4,6 à  91 %. En 2010, près de 97 % des enfants nés dans ce service étaient séronégatifs.

Le directeur exécutif de l’ONUSIDA Michel Sidibé auprès du jeune Petrus Johannes à l’hôpital Katutura de Windhoek en Namibie. La mère de Petrus, Saima Andreas, a reçu une prophylaxie antirétrovirale dans cet hôpital au cours de sa grossesse et Petrus est ainsi né séronégatif.
Photo : ONUSIDA/T. Figueira

Pendant qu’il faisait le tour du service, M. Sidibé a rencontré Saima Andreas, une femme de 29 ans qui a été diagnostiquée séropositive en 2007. Saima a reçu une prophylaxie antirétrovirale au cours de sa grossesse et, l’année dernière, a donné naissance à un bébé séronégatif. « Les services que j’ai reçus dans cet hôpital nous ont donné à moi et à mon enfant un nouvel élan pour la vie », a-t-elle dit à M. Sidibé. « Je tiens à remercier le gouvernement et tout le personnel de ce service pour le soutien qu’ils apportent aux personnes vivant avec le VIH, en particulier aux mères. »

Malgré la réussite de ce service en matière de prévention des nouvelles infections à VIH chez les enfants, de nombreux problèmes demeurent, notamment le très grand nombre de patients, la faiblesse des systèmes de suivi des mères et de leurs enfants et le manque d’implication des hommes.

« J’exhorte les hommes à soutenir notre programme de réduction du taux de transmission du VIH aux enfants en Namibie », a déclaré Sœur Carolina Visagie, infirmière du service. « Ce programme pâtit du manque de soutien de la population masculine. »

Actuellement, seul 5 % des maris ou compagnons des femmes enceintes suivies dans le service ont subi un dépistage du VIH. En mars 2011, la Première dame de Namibie a lancé une campagne visant à encourager l’implication masculine dans la prévention des nouvelles infections à VIH chez les enfants.