L'ICASA 2011 met l'accent sur l'appropriation, l'engagement et le soutien de la riposte au sida en Afrique

Bookmark and Share

Reportage

L'ICASA 2011 met l'accent sur l'appropriation, l'engagement et le soutien de la riposte au sida en Afrique

04 décembre 2011

Le directeur exécutif de l'ONUSIDA à l'ouverture de la XVIe Conférence internationale sur le sida et les IST en Afrique (ICASA). Addis Ababa, dimanche 4 décembre. Photo : ONUSIDA|J.Ose

La XVIe Conférence internationale sur le sida et les IST en Afrique (ICASA 2011) a débuté le dimanche 4 décembre à Addis Ababa. Des délégués du monde entier se réunissent en Éthiopie pour discuter des défis liés au VIH auxquels est confrontée l'Afrique, ainsi que des stratégies futures pour consolider et développer des ripostes nationales au sida.

Le premier ministre éthiopien, S.E. Meles Zenawi a accueilli tous les participants et les a encouragés à participer pleinement et partager leurs expériences pour contribuer à l'élimination de l'épidémie de sida en Afrique. Le premier ministre a également reconnu la contribution importante des partenaires internationaux en matière de fourniture de traitements antirétroviraux, mais a insisté sur le fait qu'il est temps que l'Afrique s'approprie la riposte. « Il est urgent que l'Afrique dirige les innovations pour lutter contre le VIH », a déclaré le premier ministre Zenawi.

Nous sommes en passe d'éradiquer le sida - mais ce n'est qu'un début. Il reste beaucoup à faire

George W. Bush, ex-président des États-Unis d'Amérique

Le thème de la conférence cette année, « S'appropriée, déployer et durer » (Own, Scale-up and Sustain), a été choisi pour souligner la nécessité d'une appropriation et d'un engagement accrus dans la riposte au sida. La cérémonie d'ouverture a été lancée par l'ex-Président des États-Unis d'Amérique, George W. Bush, le directeur exécutif de l'ONUSIDA, Michel Sidibé, des jeunes femmes vivant avec le VIH, Melao Phillipus et le Professeur Robert Soudré, président de la Société de lutte contre le sida en Afrique. 

Dans son allocution, M. Sidibé a insisté sur le fait que 2012 serait une année charnière dans la riposte au sida. Il a félicité les progrès récents réalisés dans la recherche scientifique et l'extension de l'accès au traitement anti-VIH, mais a également mis en garde contre la perte de terrain en raison de la crise financière mondiale.

« Nous avons été témoins de progrès sans précédent. Mais les événements actuels m'effraient. Nous devons continuer d'investir dans les régions où nous engendrons des résultats », a déclaré M. Sidibé. « Mais pour déployer et faire durer les progrès réalisés, nous devons créer un nouveau cadre pour l'Afrique, basé sur l'appropriation du pays, la responsabilité partagée, la responsabilisation mutuelle et la justice sociale », a-t-il ajouté.

Nous devons créer un nouveau cadre pour l'Afrique, basé sur l'appropriation du pays, la responsabilité partagée, la responsabilisation mutuelle et la justice sociale

Michel Sidibé, directeur exécutif de l'ONUSIDA

Le Président Bush, qui voyage actuellement en Afrique pour promouvoir l'initiative « Pink Ribbon Red Ribbon » (Ruban rose Ruban rouge), s'est arrêté en Éthiopie pour participer à la conférence. Dans son allocution, le président Bush a félicité l'administration Obama pour son soutien continu à la riposte mondiale au sida. « Nous sommes en passe d'éradiquer le sida - mais ce n'est qu'un début. Il reste beaucoup à faire », a déclaré le président Bush. « En une période de crise économique, le peuple américain pourrait être tenté de se désengager du rester du monde. Mais nous ne pouvons pas battre en retraite. Rien n'est plus important que de sauver une vie. »

Représentant la jeunesse, Mlle Phillipus a dénoncé la non existence d'une éducation sexuelle complète et de services anti-VIH adaptés aux adolescents et aux jeunes dans la plupart des pays africains. Elle a souligné l'hétérogénéité des groupes de jeunes et les besoins divers qui ne sont pas satisfaits. Elle a déclaré que les besoins des jeunes parents n'étaient pas les mêmes que ceux des étudiants ou des jeunes professionnels. « J'appelle tous les délégués à définir les actions qui permettront aux jeunes de s'émanciper », a conclu Mlle Phillipus.

Sessions, ateliers et développement communautaire

L'objectif de l'ICASA 2011 est de disposer d'un forum pour mettre en relation les leaders politiques et nationaux, la communauté scientifique, les professionnels de santé, les communautés, les sociétés civiles, le secteur privé et les partenaires afin de déployer et de faire durer la riposte au sida. La conférence organise une série de sessions plénières et satellites, des ateliers et des programmes de développement communautaire, tous destinés à apporter un appui à la riposte au sida, à discuter de valeurs communes et à partager les meilleures pratiques.

Le premier ministre éthiopien, S.E. Meles Zenawi, qui récompense l'ex-président des États-Unis d'Amérique, George W. Bush, pour sa contribution à la riposte au sida. Photo : ONUSIDA|J.Ose

En outre, la conférence accueillera également un espace de dialogue communautaire et un réseau pour les droits de l'homme. L'espace de dialogue communautaire vise à témoigner des réalisations majeures dans les ripostes au sida et les difficultés auxquelles est confrontée l'action communautaire dans le monde. Le réseau pour les droits de l'homme est un espace ouvert où sont partagées les bonnes pratiques sur le VIH, la TB et les droits de l'homme en Afrique ainsi que les difficultés en matière de VIH et de droits de l'homme, communes à plusieurs pays du continent. Les sessions du réseau couvriront des thèmes clés tels que la pénalisation de la transmission et de l'exposition au VIH, les pratiques coercitives dans la santé sexuelle et reproductive, notamment le dépistage du VIH, la stérilisation et l'interruption de grossesse coercitives.

Accueillis par le gouvernement éthiopien, les partenaires internationaux de l'ICASA 2011 incluent le Programme commun des Nations Unies sur le VIH (ONUSIDA) et ses coparrainants, l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), le Fonds des Nations unies pour l'Enfance (UNICEF) et le Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA), le Plan présidentiel américain d'aide d'urgence à la lutte contre le sida (PEPFAR). La conférence s'achèvera le 8 décembre.