La lutte contre la stigmatisation, la discrimination et l'homophobie est essentielle à la réalisation de l'accès universel en Amérique latine

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Reportage

La lutte contre la stigmatisation, la discrimination et l'homophobie est essentielle à la réalisation de l'accès universel en Amérique latine

15 mars 2011

Plus de 90 délégués ont participé aux consultations, en Amérique latine, sur l'examen des avancées réalisées sur la voie de l'accès universel à la prévention, au traitement, aux soins et à l'appui en matière de VIH. Mexico, 2 et 3 mars 2011.

Le Secrétaire mexicain à la santé, le Dr José A. Córdova, a demandé aux pays d'Amérique latine de poursuivre leurs efforts de lutte contre la stigmatisation, la discrimination et l'homophobie dans la région. Le Dr Córdova était l'un des sept Ministres et Vice-ministres de la santé sur les quelque 90 délégués présents à l'examen des avancées réalisées sur la voie de l'accès universel dans le cadre de la riposte au sida. Ces consultations, qui se sont tenues à Mexico les 2 et 3 mars 2011, ont abouti à la formulation de recommandations régionales et à l'adoption d'une feuille de route sur la réalisation de l'accès universel à la prévention, au traitement, aux soins et à l’appui en matière de VIH d’ici 2015.

« Nous devons renforcer la démarche axée sur les droits de l'homme dans notre riposte au sida afin de créer des mécanismes garantissant l'absence de stigmatisation, discrimination ou homophobie dans les services publics et privés », a déclaré le Dr Córdova.

L'homophobie persistante, la violence sexiste, les persécutions et même les assassinats des personnes les plus vulnérables, par exemple les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH) et les personnes transsexuelles, ont été identifiés comme quelques-uns des principaux obstacles à l'accès aux services liés au VIH dans la région. Les participants ont considéré que le renforcement de systèmes de santé non discriminatoire à l'égard des personnes vivant avec le VIH et des personnes les plus vulnérables à l'infection constituait une priorité sur la voie de l'accès universel. L'amélioration de l'accès aux services juridiques lors de violations des droits de l'homme, de discrimination et de violence sexiste a également été soulignée.

Nous devons renforcer la démarche axée sur les droits de l'homme dans notre riposte au sida afin de créer des mécanismes garantissant l'absence de stigmatisation, discrimination ou homophobie dans les services publics et privés.

Le Secrétaire mexicain à la santé, le Dr José A. Córdova.

L'épidémie de sida dans la région est demeurée stable ces dix dernières années avec une prévalence du VIH de 0,5 %. La couverture des traitements antirétroviraux s'élève à 51 %, ce qui représente le chiffre le plus élevé au monde. Toutefois, les jeunes, les professionnels du sexe, les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes et les personnes transsexuelles continuent d’avoir un accès limité aux programmes de santé sexuelle et génétique qui offrent des informations, des compétences, des services et des moyens liés à la prévention de l'infection à VIH.

« La prévention du VIH auprès de la communauté transsexuelle en Amérique latine n’est possible que si leur identité est respectée dans les services de santé », a déclaré Marcela Romero, de REDTRANSLAC (Argentine).

Les participants ont affirmé que le VIH devait occuper une place stratégique dans les programmes politiques, notamment en matière d'éducation, de justice, d'égalité, de travail et de développement social. Cela garantirait l’engagement politique et la viabilité financière. D'après les participants, l'investissement issu de différents secteurs aurait un effet multiplicateur qui permettrait non seulement de réaliser les objectifs de l'accès universel mais aiderait également à réaliser les Objectifs du Millénaire pour le développement.

Les participants ont également recommandé le renforcement des relations entre gouvernements, organisations de la société civile et réseaux de personnes vivant avec le VIH dans la région. Il a été également proposé que l'achat d'antirétroviraux se fasse au niveau de la région et non de chaque pays afin de réaliser des économies d'échelle et d'accroître la couverture du traitement. Parmi les autres stratégies, il y avait l'amélioration de la production locale d'antirétroviraux.

« Si nous travaillons ensemble, nous pourrons apporter une riposte régionale unifiée à l'épidémie et ouvrir la voie à la durabilité en Amérique latine », a déclaré le Directeur régional de l'ONUSIDA, le Dr César Núñez.