Engagement politique pour l'élimination de l'infection à VIH chez les enfants du Burundi

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Reportage

Engagement politique pour l'élimination de l'infection à VIH chez les enfants du Burundi

09 novembre 2011

De gauche à droite : Rosine Cori Coulibaly, Coordonnatrice résidente des Nations Unies ; Meskerem Grunitzky-Bekele, Directrice régionale de l'ONUSIDA pour l'Afrique de l'Ouest et l'Afrique centrale ; Sabine Ntakarutimana, Ministre de la Santé et de la Lutte contre le VIH/sida ; Gervais Rufyikiri, Deuxième Vice-président du Burundi ; Pamela Slutz, Ambassadrice des États-Unis au Burundi.

Le Burundi est un petit pays densément peuplé d'Afrique subsaharienne où la prévalence du VIH s'élève à 2,97 % dans la population générale. C'est également l'un des 22 pays ayant contribué à l’élaboration du Plan mondial pour éliminer les nouvelles infections au VIH chez les enfants d'ici 2015 et maintenir leurs mères en vie, et s’étant engagé à mettre en œuvre ce plan.

Afin d’informer la population générale sur la possibilité d'une nouvelle génération sans VIH au Burundi et de la mobiliser pour atteindre cet objectif, le gouvernement burundais a supervisé le lancement national du Plan mondial fin octobre.

L'économie du Burundi, pays à faible revenu, a été fortement touchée par une longue guerre civile qui a eu des retombées considérables sur l'hygiène, les infrastructures et le développement humain. Dans ce contexte, la prévention des nouvelles infections à VIH chez les enfants est l'un des principaux défis que le pays doit relever, avec une couverture des services anti-VIH qui n'atteignait que 30 % des femmes enceintes fin 2010. Pour agir efficacement dans ce domaine, le Burundi a mis en place un plan national pour la période 2011-2015, inspiré de l'initiative mondiale.

« Chaque mari devrait accompagner sa femme à la consultation prénatale et demander en même temps qu’elle un dépistage du VIH », a déclaré Gervais Rufyikiri, Deuxième Vice-président du Burundi, à l'occasion du lancement. « L'implication des hommes est la clé du succès de cette initiative », a-t-il ajouté.

Chaque mari devrait accompagner sa femme à la consultation prénatale et demander en même temps qu’elle un dépistage du VIH

Gervais Rufyikiri, Deuxième Vice-président du Burundi

L'Ambassadrice des États-Unis au Burundi, Pamela Slutz, a souligné que pour aider le gouvernement à éliminer les nouvelles infections à VIH chez les enfants, le gouvernement des États-Unis, par l’intermédiaire du Plan américain d'aide d'urgence à la lutte contre le sida (PEPFAR), avait dédié 10 millions de dollars à la mise en œuvre de programmes appropriés dans le pays.

Dans son discours d'ouverture, la Ministre de la Santé et de la Lutte contre le VIH/sida, le Dr Sabine Ntakarutimana, a déclaré que les activités comme le planning familial, la santé reproductive et la lutte contre le VIH seront harmonisées au sein du système de santé pour promouvoir des résultats efficaces.

La Directrice régionale de l'ONUSIDA en Afrique de l'Ouest et en Afrique centrale, le Dr Meskerem Grunitzky-Bekele, qui représentait le Directeur exécutif de l'ONUSIDA lors du lancement, a souligné que le Burundi avait compris qu'il fallait agir dès maintenant. « Le prix à payer pour l'inaction du pays serait trop élevé pour les générations futures », a-t-elle déclaré.

Ce Plan mondial constitue la base du mouvement national visant à éliminer les nouvelles infections à VIH chez les enfants et à maintenir leurs mères en vie. Il a été développé selon un processus consultatif par une Équipe spéciale mondiale de haut niveau réunie par l'ONUSIDA et co-présidée par le Directeur exécutif de l'ONUSIDA, Michel Sidibé, et l'Ambassadeur Eric Goosby, coordonnateur pour les États-Unis de la lutte mondiale contre le sida. Il rassemble 30 pays et 50 représentants de la société civile, du secteur privé, des réseaux de personnes vivant avec le VIH et des organisations internationales qui mettront au point une feuille de route pour atteindre cet objectif d'ici 2015.