Les membres du Conseil de l’ONUSIDA observent la riposte au sida du Kenya

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Reportage

Les membres du Conseil de l’ONUSIDA observent la riposte au sida du Kenya

28 novembre 2011

Photo : ONUSIDA

Une délégation du Conseil de coordination du programme de l'ONUSIDA (CCP) vient d’achever une visite de terrain au Kenya. Elle a pu constater l'engagement solide du gouvernement en faveur d’une riposte au sida multisectorielle et intégrée qui inclut la coopération avec des organisations de la société civile en matière de planification et d'offre de services anti-VIH.

Le Kenya compte 40 millions d’habitants dont 1,6 million vivent actuellement avec le VIH. L'épidémie qui touche le pays est, par son ampleur, la deuxième en Afrique orientale et australe, et la quatrième à l’échelle du globe.

La délégation était constituée du président (El Salvador) du CCP, de son vice-président (Pologne), de représentants du Congo, de la Finlande, du Mexique, de la Thaïlande, d'ONG d'Afrique et d'Asie/Pacifique et du HCR et de la Directrice exécutive adjointe de l'ONUSIDA responsable de la gestion et des relations extérieures.

La délégation a rencontré des représentants gouvernementaux dont des membres du ministère d'État des Programmes spéciaux, du Centre national de contrôle du sida (NACC), du Programme national de contrôle du sida et des IST et d'organisations de la société civile.

« Nous avons eu le privilège de rencontrer beaucoup de représentants d’institutions et de personnes à l’origine des progrès accomplis par le Kenya dans sa riposte nationale au sida », a déclaré Jan Beagle, la Directrice exécutive adjointe de l'ONUSIDA responsable de la gestion et des relations extérieures. « Même si des difficultés demeurent, la volonté politique au plus haut niveau associée à l'activisme de la population et au soutien de tous les partenaires pour faire avancer la riposte au sida est pour nous très encourageante. »

Durant sa visite à Kibera, le plus grand bidonville d'Afrique de l'Est, la délégation a également rencontré des représentants de réseaux de personnes vivant avec le VIH, des enfants chefs de famille et des couples sérodifférents (dont un seul des partenaires est infecté par le VIH). Elle a aussi visité le projet Villages du Millénaire dans la province de Nyanza, où elle a pu voir un exemple d'approche intégrée axée sur la communauté et la famille où les mères paires, les défenseurs masculins et les agents de santé communautaires jouent un rôle clé dans la prévention des nouvelles infections à VIH parmi les enfants.

« Même si des difficultés demeurent, la volonté politique au plus haut niveau associée à l'activisme de la population et au soutien de tous les partenaires pour faire avancer la riposte au sida est pour nous très encourageante. »

Jan Beagle, Directrice exécutive adjointe de l'ONUSIDA responsable de la gestion et des relations extérieures

« Le centre de soins Gongo de Sauri est un bon exemple de services complets et intégrés rendus accessibles aux plus nécessiteux dans les milieux ruraux de manière efficace par un personnel bien formé », a déclaré le Dr Nieto, Directrice du programme national VIH/IST/sida du ministère de la Santé du Salvador et actuelle présidente du CCP. « Ce modèle donne des résultats et devrait être repris dans d'autres pays » a-t-elle ajouté.

La visite a également permis d'aborder le rôle crucial des leaders culturels et traditionnels et des organisations confessionnelles dans la réponse à la stigmatisation et à la discrimination à l'encontre des personnes vivant avec le VIH. La délégation a rencontré le Conseil des anciens de Luo et participé à une réunion d'organisations confessionnelles consacrée au rôle de ces organisations dans l’intensification de la prévention du VIH et la réponse à la stigmatisation et à la discrimination.

Les efforts du Kenya pour promouvoir une approche basée sur les droits pour les personnes vivant avec le VIH ont été mis en évidence lors de la rencontre entre la délégation et le tribunal spécial créé afin d'élargir l'accès à la justice des personnes affectées par le VIH. Ce tribunal, qui juge des affaires civiles de stigmatisation et de discrimination en relation avec le VIH, est l'un des premiers de ce type au monde.

Par ailleurs, la délégation a rencontré des représentants des populations les plus exposées au risque qui représentent 30 % de la transmission du VIH dans le pays. « Malgré un environnement juridique restrictif pour les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes, les professionnel(le)s du sexe et les consommateurs de drogues injectables, le Kenya a montré que les programmes peuvent être étendus aux populations les plus exposées au risque avec l'engagement des autorités nationales de lutte contre le VIH », a déclaré Nadia Rafif, la représentante d’une ONG africaine siégeant au CCP.

La riposte du Kenya au sida dépendant à plus de 80 % de fonds externes, la délégation a accueilli favorablement l'engagement du gouvernement de ce pays à réfléchir à un financement durable et à augmenter les ressources nationales allouées à la lutte contre le VIH.