Il est temps d'agir, d'après les participants à la table ronde scientifique sur le VIH

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Reportage

Il est temps d'agir, d'après les participants à la table ronde scientifique sur le VIH

03 octobre 2011

Les participants à la table ronde "Combler le fossé entre la science et la mise en œuvre : accélérer les progrès scientifiques pour atteindre l'objectif sud-africain de zéro nouvelle infection au VIH". Afrique du Sud, 30 septembre 2011.

 « Il est temps d'agir », a déclaré le Professeur Salim Abdool Karim, directeur du Centre pour le Programme de recherche sur le sida en Afrique du Sud (CAPRISA), à l'issue de la table ronde qui visait à rechercher des moyens d'accélérer la mise en application des nouvelles découvertes scientifiques. 

La table ronde s'intitulait Closing the gap between science and implementation: Accelerating science to get to South Africa’s vision of zero new HIV infections (Combler le fossé entre la science et la mise en œuvre : accélérer les progrès scientifiques pour atteindre l'objectif sud-africain de zéro nouvelle infection au VIH), et examinait des moyens de maximiser les opportunités engendrées par la recherche scientifique autour de la prévention du VIH l'année passée pour atteindre l'objectif du pays de réduire de moitié les nouvelles infections au VIH d'ici 2015.

À l'occasion d'une visite de sept jours en Afrique du Sud, le directeur exécutif de l'ONUSIDA, Michel Sidibé, a participé aux discussions qui se sont déroulées au Centre d'excellence de CAPRISA à l'Université du Kwazulu Natal. Il a déclaré : « L'année qui vient de s'écouler nous a offert des outils pour atteindre nos objectifs ; à présent, le défi est de les appliquer. »

Les discussions étaient axées sur les récentes découvertes scientifiques révolutionnaires qui ont donné les bases nécessaires pour élaborer un nouvel éventail de technologies de prévention du VIH––microbicides, circoncision médicale masculine et traitement préventif. Cependant, les participants s'inquiétaient des longs délais de mise en application de ces interventions salvatrices pour les personnes en ayant le plus besoin.  

L'une des principales questions abordées était le manque de financement pour la mise en application. « La recherche sur les microbicides ou les vaccins attirent de gros financements », a déclaré l'un des participants. « Mais les donateurs ne sont pas aussi rapides lorsqu'il s'agit de mettre en application la recherche scientifique. »

« Nous ne pouvons pas nous permettre d'attendre – un leadership déterminé est nécessaire pour enrayer l'épidémie », a déclaré le Professeur Abdool-Karim. « Face au coût, cela revient plus cher de ne rien faire », a-t-il ajouté.

L'année qui vient de s'écouler nous a offert des outils pour atteindre nos objectifs ; à présent, le défi est de les appliquer

Michel Sidibé, directeur exécutif de l'ONUSIDA

Outre les nouvelles technologies de prévention, les participants ont convenu que le conseil et le dépistage du VIH restent indispensables pour une prévention vigoureuse du VIH. Ils ont également insisté sur le fait que les pays très touchés par l'épidémie doivent établir des priorités et que les décideurs et les responsables de la mise en œuvre n'utilisent pas une approche unique pour la prévention du VIH mais plutôt des ripostes locales adaptées aux contextes locaux.

Un vaste éventail de parties prenantes s'est réuni pour engager le débat, notamment des chercheurs scientifiques, le gouvernement, la société civile et le secteur privé.

Le Professeur Quarrisha Abdool Karim, co-directeur scientifique de CAPRISA, a jugé la réunion « électrique » et a ajouté : « Pour la première fois, un groupe de personnes varié s'est rassemblé pour aborder la question. Il s'agit d'une question complexe à laquelle il n'est pas facile de répondre mais ceci marque le début des discussions sur notre objectif commun, à savoir éliminer les nouvelles infections au VIH. »