Reportage

Le Directeur exécutif de l'ONUSIDA félicite l'Algérie pour son rôle de leader régional et de pionnier dans la riposte au VIH

03 avril 2012

Le Directeur exécutif de l'ONUSIDA Michel Sidibé (à gauche) et le Président du Sénat algérien Abdelkader Bensalah lors de leur rencontre au siège du Conseil de la Nation à Alger le 2 avril.

La riposte précoce et rapide de l'Algérie à l'épidémie de VIH a permis de maintenir la prévalence du virus à un faible niveau, environ 0,1 % de la population. Depuis 1998, le gouvernement propose un traitement antirétroviral gratuit à toutes les personnes qui remplissent les conditions d'un tel traitement. Chez les enfants, les nouvelles infections à VIH ont quasiment disparu en Algérie.

Le 2 avril, lors d'une réunion avec le Président du Sénat algérien, Abdelkader Bensalah, le Directeur exécutif de l'ONUSIDA Michel Sidibé a félicité l'Algérie pour son excellence dans la riposte au sida, tant au niveau national que dans toute la région.

Durant sa rencontre avec M. Bensalah au siège du Conseil de la Nation à Alger, M. Sidibé a souligné le rôle crucial qu'a joué l'Algérie dans la mobilisation d'un engagement à haut niveau en faveur de la riposte au sida au sein de l'Union africaine et de la Ligue arabe. Il a fait remarquer la présidence algérienne du Groupe des 77 (G77) fournissait une importante plate-forme pour galvaniser davantage le soutien à la riposte régionale au VIH.

Évoquant l'un des thèmes de ses récentes missions en Afrique, M. Sidibé a félicité les dirigeants algériens pour le financement de plus de 93 % des programmes de lutte contre le VIH du pays au moyen de sources nationales. « En Afrique, beaucoup trop de pays restent très dépendants de l'aide extérieure pour la lutte contre le VIH. L'Algérie s'est approprié sa riposte au VIH et c'est un exemple à suivre pour les autres », a-t-il expliqué.

S'exprimant au nom du Président Abdelaziz Bouteflika, M. Bensalah a souligné que le gouvernement algérien espérait financer 100 % de sa riposte au sida dans les années à venir. Il a indiqué que l'Algérie s'engageait à respecter les objectifs de la Déclaration politique de 2011 sur le sida et ceux de la vision de l'ONUSIDA « zéro nouvelle infection à VIH, zéro discrimination et zéro décès dû au sida ».

Un appel en faveur d'une société plus inclusive

La religion a un rôle important à jouer dans la prévention du VIH et le traitement des questions autour de la consommation de drogues et de la sexualité

Le Ministre algérien des Affaires religieuses, M. Bouabdellah Ghlamallah

Lors d'une rencontre plus tard dans la journée avec le Ministre algérien des Affaires religieuses, M. Bouabdellah Ghlamallah, M. Sidibé a sollicité l'appui de ce dernier en faveur d'une société plus inclusive fondée sur la tolérance, la compassion et le respect de tous les êtres humains. Il a déclaré que les Musulmans pouvaient promouvoir la prévention du VIH en servant de lien entre les preuves scientifiques et le changement social.

M. Ghlamallah a réaffirmé le soutien du ministère aux personnes vivant avec le VIH et aux populations les plus exposées au risque d'infection à VIH. Il a expliqué que le ministère continuerait à soutenir El Hayet, une organisation non gouvernementale de personnes vivant avec le VIH, dans ses efforts en vue d'atteindre l'objectif de zéro discrimination.

« La religion a un rôle important à jouer dans la prévention du VIH et le traitement des questions autour de la consommation de drogues et de la sexualité », a ajouté le Ministre.

Un partenariat en faveur de la recherche sur le sida

Le Directeur exécutif de l'ONUSIDA Michel Sidibé (à gauche) et le Ministre algérien de la Santé, le Dr Djamel Ould Abbès, ont signé le 2 avril un accord pour la création d'un centre de recherche africain sur le sida à Tamanrasset, en Algérie.

Au cours de sa mission, le Directeur exécutif de l'ONUSIDA a signé un accord avec le Ministre de la Santé, le Dr Djamel Ould Abbès, pour la création d'un centre de recherche africain sur le sida à Tamanrasset, une ville du sud de l'Algérie. Ce centre, dont l'ouverture est prévue pour 2013, facilitera l'échange des connaissances et de l'expertise scientifiques au niveau régional dans le domaine du VIH et de la santé publique.

« Il s'agit d'un partenariat gagnant-gagnant entre l'ONUSIDA et le gouvernement algérien », a déclaré le Dr Ould Abbès, tout en indiquant que cette collaboration associerait l'expertise technique de l'ONUSIDA aux ressources nationales et aux contacts régionaux de l'Algérie.

Combattre la stigmatisation et la discrimination

Le 1er avril, lors d'une discussion avec des partenaires importants de la riposte au sida, notamment des professionnels de santé, des responsables gouvernementaux, des militants anti-sida, des personnes vivant avec le VIH et des représentants des Nations Unies, M. Sidibé a insisté sur la nécessité d'intensifier les efforts nationaux et régionaux pour mettre fin à la stigmatisation et à la discrimination.

« La stigmatisation place les personnes vivant avec le VIH et les populations les plus exposées au risque d'infection à VIH dans une situation de clandestinité », a expliqué M. Sidibé. « Elle empêche les populations vulnérables d'accéder aux services de santé et aux services anti-VIH dont elles ont besoin ».