Reportage

Le Secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-Moon lance le projet « Education First », pour que chaque enfant puisse aller à l'école

27 septembre 2012

Le Secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-Moon lors du lancement de la nouvelle initiative « Education First », en compagnie du Président sud-africain Jacob Zuma (à gauche) et de la Première ministre danoise Helle Thorning-Schmidt (à droite). 26 septembre 2012. Siège des Nations Unies, New York.
Photo : ONUSIDA/B. Hamilton

Le Secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-Moon a lancé une nouvelle initiative baptisée « Education First », pour que tous les enfants puissent aller à l'école, bénéficier d'une éducation de qualité et acquérir les valeurs de la citoyenneté mondiale.

« Nos objectifs communs sont simples. Nous voulons que les enfants suivent un enseignement primaire et puissent progresser vers un enseignement de plus haut niveau qui leur permettra de réussir dans la vie », a déclaré M. Ban. « Nous ne nous arrêterons pas tant que tous les enfants ne seront pas scolarisés. C'est notre mission, notre devoir ».

S'exprimant au nom de tous les enfants et de tous les jeunes, Chenor Bah, originaire de Sierra Leone, a présenté une pétition demandant le droit à l'éducation. « Envoyez-nous tous à l’école, préparez-nous aux emplois du XXIe siècle, [préparez-nous] à être des citoyens du monde capables de promouvoir la tolérance et la paix, avec une éducation complète sur la santé reproductive, et éclairés par la science », a déclaré M. Bah. « Vous êtes plus grands lorsque vous vous agenouillez pour aider un enfant », a-t-il ajouté.

« Education First » a pour but de mobiliser tous les partenaires, habituels et nouveaux, pour parvenir à la scolarisation de tous les enfants dans l'enseignement primaire avant l'échéance de 2015 fixée pour les Objectifs du Millénaire pour le Développement. D'après cette nouvelle initiative, 24 milliards de dollars supplémentaires sont nécessaires chaque année pour couvrir la non-scolarisation des enfants dans l'enseignement primaire et secondaire. « L'éducation demeure le plus important investissement que tout État puisse faire, en particulier en Afrique et dans les pays en développement », a indiqué le Président sud-africain Jacob Zuma.

Nos objectifs communs sont simples. Nous voulons que les enfants suivent un enseignement primaire et puissent progresser vers un enseignement de plus haut niveau qui leur permettra de réussir dans la vie

Ban Ki-Moon, Secrétaire général des Nations Unies

Animant la session, l'Envoyé spécial des Nations Unies pour l’éducation mondiale, Gordon Brown, a appelé la communauté internationale à investir massivement dans l'éducation. « Nous devons donner une voix et une chance aux jeunes », a-t-il déclaré.

Une aide de plus de 1,5 milliard de dollars a été promise par des partenaires du secteur privé lors de cet événement, dont 1 milliard de dollars versés par la Western Union Foundation et 500 millions par la MasterCard Foundation.

« Quand vous dirigez un pays, vous vous préoccupez beaucoup des statistiques : inflation, chômage, produit intérieur brut, etc., mais la statistique qui m'inquiète au plus haut point est celle qui concerne nos frais de scolarisation par rapport aux autres pays », a déclaré Julia Gillard, Première ministre australienne. « La réussite de nos enfants de 15 ans dans le système éducatif détermine l'avenir de notre économie et le caractère équitable de notre nation dans le futur », a-t-elle ajouté, tout en affirmant son soutien à cette initiative.

Animant la session, l'Envoyé spécial des Nations Unies pour l’éducation mondiale, Gordon Brown, a appelé la communauté internationale à investir massivement dans l'éducation.
Photo : ONUSIDA/B. Hamilton

Soulignant le rôle clé des enseignants dans l'éducation des enfants, la Directrice générale de l'UNESCO Irina Bokova a fait remarquer : « Il nous faut une nouvelle donne pour les enseignants. Il nous manque 1,7 milliard d'enseignants », a-t-elle indiqué. « Nous devons mettre les enseignants au premier plan, ils sont la colonne vertébrale de notre société », a ajouté Mme Bokova.

« Nous devons regarder au-delà des chiffres et investir dans le système éducatif pour obtenir de meilleurs résultats d'apprentissage », a déclaré le Dr Jim Kim, Président de la Banque mondiale. « Les pays doivent investir dans la santé et faciliter l'accès à l'école pour que le système éducatif fonctionne ».

Dans une tribune écrite pour le Huffington Post en appui à cette initiative, le Directeur exécutif de l'ONUSIDA Michel Sidibé a indiqué : « Education First est un modèle pour un avenir plus radieux, mais ne pourra pas réussir sans l'engagement solide de tous les secteurs de la société, y compris les gouvernements et les bailleurs de fonds, de même que les élèves et leurs familles. Et pour réussir il faudra des ressources et de la bonne volonté. Nous avons aujourd'hui une occasion historique de mettre fin à l'une des plus grandes menaces de notre époque pour l'humanité. Mettre fin au sida est possible, et l'éducation est l'une des clés du succès ».

Nous avons aujourd'hui une occasion historique de mettre fin à l'une des plus grandes menaces de notre époque pour l'humanité. Mettre fin au sida est possible, et l'éducation est l'une des clés du succès

Michel Sidibé, Directeur exécutif de l'ONUSIDA

L'ONUSIDA a participé à l'élaboration du document de stratégie d'« Education First ». Les illustrations de cette publication ont été créées par Sujean Rim, artiste résidente de l'ONUSIDA. « L'éducation est le plus beau cadeau que j'aie reçu et je suis contente de pouvoir soutenir cette initiative », a déclaré Mme Rim. « Les enfants du monde entier doivent avoir la possibilité et les compétences pour s'exprimer à travers les arts, les sciences et le sport ».

À l'heure actuelle, près de 61 millions d'enfants n'ont pas accès à l'enseignement primaire, dont 52 % de filles. De plus, 71 millions d'enfants qui pourraient prétendre à un enseignement secondaire ne bénéficient pas d'un enseignement après le primaire. Les enfants des pays en conflit représentent 42 % des enfants non scolarisés. D'autres obstacles à la scolarisation et la réussite scolaire incluent des frais inabordables, la discrimination fondée sur le sexe, le travail des enfants et le manque d'infrastructures. La nouvelle stratégie souligne également que les enfants orphelins à cause du sida ou d'autres facteurs requièrent un soin et une protection particuliers, tout comme les enfants victimes du travail forcé et de l'exploitation.