En marge du Sommet de l'Union africaine, le Président de l'Afrique du Sud déclare que l'Afrique doit résoudre efficacement les problèmes liés au VIH pour réduire la mortalité maternelle

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Reportage

En marge du Sommet de l'Union africaine, le Président de l'Afrique du Sud déclare que l'Afrique doit résoudre efficacement les problèmes liés au VIH pour réduire la mortalité maternelle

28 janvier 2013

Jacob Zuma, Président de l'Afrique du Sud, à la réunion du Nouveau Partenariat pour le développement de l'Afrique organisé en marge du 20e Sommet de l'Union africaine à Addis Abeba, Éthiopie, le 26 janvier 2013.
Photo : ONUSIDA/J.Ose

Le Président sud-africain Jacob Zuma demande aux leaders africains de résoudre efficacement les problèmes liés au VIH et ainsi d'éliminer l'une des principales causes de décès maternel sur le continent.

Le Président Zuma faisait partie de la quinzaine de chefs d'État et décideurs politiques présents à la Réunion de haut niveau dans le cadre de la Campagne pour l'Accélération de la Réduction de la Mortalité Maternelle en Afrique (CARMMA). Les leaders africains ont passé en revue les succès passés et les opportunités futures pour réduire la mortalité maternelle et infantile en Afrique.

« Le VIH est encore la cause de près de 40 % des décès maternels et infantiles en Afrique du Sud. Cela signifie que, si nous ne résolvons pas définitivement le problème du VIH, nous ne pourrons pas réduire la mortalité maternelle et infantile de façon significative », a affirmé le Président Zuma.

Il a précisé que, en raison de la progression de l'épidémie de VIH et de la baisse des dons, il était impératif que l'Afrique développe ses capacités locales de production de médicaments antirétroviraux destinés à traiter le VIH et de préservatifs masculins et féminins.

« Nous devons garantir que nous pouvons préserver les avancées que nous avons réalisées et qui sont recensées dans le Rapport mondial sur le sida 2012 de l'ONUSIDA, et que nous sommes capables d'étendre l'accès aux produits de base comme les préservatifs et les médicaments, et notamment les traitements antirétroviraux », a souligné le Président Zuma.

Le Dr Thomas Boni Yayi, Président sortant de l'Union africaine et Président du Bénin, est intervenu aux côtés du Président Zuma pour déclarer que, grâce à un leadership exceptionnel, les pays africains ont réussi à transformer la tragédie du sida en espoir.

Le Dr Boni Yayi a ainsi indiqué que « les percées en matière de prévention et de traitement ont été développées et appliquées, contribuant ainsi aux progrès constatés dans de nombreux pays. » Toutefois, il a aussi reconnu que « Malgré ces avancées, le sida est loin d'être éradiqué et l'autosatisfaction et les nombreuses priorités antagonistes impliquent que nous devons rester vigilants et engagés, aujourd'hui plus que jamais. »

Le VIH est encore la cause de près de 40 % des décès maternels et infantiles en Afrique du Sud. Cela signifie que, si nous ne résolvons pas définitivement le problème du VIH, nous ne pourrons pas réduire la mortalité maternelle et infantile de façon significative

Jacob Zuma, Président de l'Afrique du Sud

Le Président du Bénin a également fait référence à l'initiative Feuille de route pour la responsabilité partagée et la solidarité mondiale, adoptée par l'Union africaine en juillet 2012. « Notre Feuille de route pour la responsabilité partagée et la solidarité mondiale est un nouvel élément de la riposte de notre continent au sida, à la tuberculose et au paludisme », a ajouté le Dr Boni Yayi. « Elle optimise les retours des investissements en faveur de la lutte contre le sida, renforce la capacité du continent africain à fabriquer des médicaments de base de qualité, accroît la réciprocité de la responsabilisation et améliore la gouvernance. »   

Selon le rapport de l'Organisation mondiale de la santé, « Tendances de la mortalité maternelle », l'Afrique a réduit la mortalité maternelle de 41 % et la mortalité des enfants de moins de cinq ans de 33 % entre 1990 et 2010.

Le Dr Nkosazana Dlamini-Zuma, Présidente de la Commission de l'Union africaine, a fait remarquer que, alors que l'Afrique se félicite de ses succès, elle doit aussi réexaminer les problèmes qui demeurent pour trouver des solutions exhaustives. « Nous devons adopter une approche intégrée pour réduire la mortalité maternelle, néonatale et infantile dans le continuum de soins global », a-t-elle ajouté. « L'impact de nos efforts combinés doit être nettement supérieur à la somme de nos efforts individuels. » 

En mai 2009, la Conférence des Ministres de la Santé de l'Union africaine a lancé la CARMMA sous le thème « Accès universel à des services de qualité : améliorer la santé maternelle, néonatale et infantile », avec le slogan « L'Afrique s'impatiente ; aucune femme ne doit plus mourir en donnant la vie ». 37 pays ont mis en œuvre cette initiative au niveau national, en insistant sur un engagement politique de haut niveau, sur l'appropriation nationale et sur la mobilisation sociale en faveur des questions relatives à la santé maternelle, néonatale et infantile en Afrique.

La réunion a eu lieu en marge du 20e Sommet de l'Union africaine organisé à Addis Abeba, en Éthiopie, et a été ouverte par un discours du Secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-Moon.

Éradiquer le sida en Afrique

M. Ban a commenté le leadership exceptionnel qui a permis à l'Afrique de faire des progrès incommensurables dans la réduction des nouvelles infections à VIH et des décès liés au sida. Il a déclaré que ces progrès étaient imputables à « des politiques adaptées, un leadership fort et des partenariats mondiaux ainsi que des avancées scientifiques » ; il a aussi précisé que « Les Nations Unies continueront à vous soutenir étant donné que nous avons le même objectif, à savoir une génération sans sida et plus particulièrement l'éradication du VIH chez les nouveau-nés. »

Michel Sidibé, Directeur exécutif de l'ONUSIDA, rencontre le Dr Thomas Boni Yayi, Président du Bénin, et Makhtar Diop, Vice-Président de la Banque mondiale pour l'Afrique au 20e Sommet de l'Union africaine à Addis Abeba, 27 janvier 2013.
Photo : ONUSIDA/J.Ose

La riposte au sida a connu des progrès remarquables en Afrique. Selon le Rapport 2012 de l'ONUSIDA sur la Journée mondiale de lutte contre le sida, les nouvelles infections à VIH ont baissé de 50 % dans 13 pays d'Afrique. Le nombre d'enfants nouvellement contaminés par le VIH en Afrique subsaharienne a baissé de 24 % entre 2009 et 2011.

Tout en reconnaissant les progrès réalisés par l'Afrique dans la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), M. Ban a évoqué ses préoccupations concernant les obstacles restant à surmonter. « Je suis toujours encore inquiet au sujet des centaines de millions d'Africains qui vivent dans la pauvreté », a-t-il annoncé. « Nous devons accélérer nos efforts à l'approche de la date fatidique de 2015. »

Il a encouragé les leaders africains à participer à l'Événement spécial sur les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) à l'Assemblée générale des Nations Unies en septembre 2013, où les leaders mondiaux se réuniront pour discuter des OMD et de l'agenda pour le développement après 2015.

Respect des engagements de l'Afrique

L'ouverture du Sommet de l'UA a été précédée par la réunion du Comité d'Orientation des Chefs d'État et de Gouvernement chargé du NEPAD (HSGOC). À cette occasion, le Dr Ibrahim Mayaki, Secrétaire exécutif du NEPAD, s'est adressé à l'assemblée et a souligné la nécessité de continuer de militer en faveur de la responsabilisation mutuelle et du respect des engagements passés par les partenaires au développement en Afrique. « Nous élaborons actuellement avec la Commission de l'Union africaine et l'ONUSIDA un rapport sur la Responsabilité en matière de lutte contre le VIH et le sida, la tuberculose et le paludisme dans le cadre du G8/Afrique pour 2013 », a affirmé le Dr Mayaki.