Réunion d'experts sur l'élargissement de l'accès au traitement anti-VIH

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Reportage

Réunion d'experts sur l'élargissement de l'accès au traitement anti-VIH

10 septembre 2013

Fin 2012, 9,7 millions de personnes dans le monde avaient accès à un traitement antirétroviral dans les pays à revenu faible ou intermédiaire. Photo : ONUSIDA

Les experts appellent à élargir l'accès au traitement vital contre le VIH. Cet appel, lancé lors d'une réunion à New York les 4 et 5 septembre, suit les recommandations émises l'an dernier par la Commission mondiale indépendante sur le VIH et le droit concernant l'amélioration de l'accès au traitement anti-VIH.

Le rapport phare de la Commission mondiale recommande un nouveau cadre de propriété intellectuelle pour les produits pharmaceutiques, qui répondrait aux besoins urgents en matière de santé publique tout en préservant les droits des inventeurs.

« Bien que les droits de propriété intellectuelle aient vocation à stimuler l'innovation, la réalité montre que des protections excessives entravent l'accès à un traitement anti-VIH abordable ainsi qu'à d'autres médicaments essentiels », a expliqué Helen Clark, Administratrice du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), aux participants à la réunion organisée par le PNUD et l'ONUSIDA. « L'accès à des produits pharmaceutiques abordables et de qualité certifiée demeure une priorité urgente pour accomplir les OMD et améliorer la santé et le développement pour les populations pauvres et marginalisées », a ajouté Mme Clark.

Fin 2012, 9,7 millions de personnes dans le monde avaient accès à un traitement antirétroviral dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, contre seulement 300 000 personnes il y a 10 ans en arrière. Cependant, l'ONUSIDA et l'Organisation mondiale de la Santé estiment que 16 autres millions de personnes auraient besoin d'un traitement anti-VIH mais n'y ont pas accès.

« Nous avons besoin de solutions pour élargir l'accès au traitement vital contre le VIH et les recommandations de la Commission mondiale déterminent clairement comment une approche centrée sur les individus peut permettre de veiller à ce que personne ne soit laissé de côté », a déclaré Michel Sidibé, Directeur exécutif de l'ONUSIDA.

Bien que les droits de propriété intellectuelle aient vocation à stimuler l'innovation, la réalité montre que des protections excessives entravent l'accès à un traitement anti-VIH abordable ainsi qu'à d'autres médicaments essentiels.

Helen Clark, Administratrice du Programme des Nations Unies pour le Développement

L'Accord de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) sur les aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce, connu sous l'acronyme ADPIC, exige des pays qu'ils obéissent à des normes élevées de protection de la propriété intellectuelle, avec des critères de brevet qui octroient aux laboratoires pharmaceutiques des monopoles à long terme sur les médicaments. Lors de la signature de l'Accord sur les ADPIC en 1994, des clauses avaient été prévues pour permettre aux pays pauvres de produire ou d'importer des médicaments moins chers dans des circonstances spécifiques. Cependant, la pression des pays plus riches a souvent empêché l'application de ces clauses spéciales.

« C'est un véritable nouveau système de propriété intellectuelle pour les produits pharmaceutiques qui se trouve au cœur des recommandations de la Commission ; il ne suffit pas d'apporter quelques modifications au système existant », a expliqué J.V.R. Prasada Rao, ancien membre de la Commission.

Lors de la réunion, les débats ont porté sur les stratégies, la tactique et le calendrier à adopter face aux besoins croissants en matière de traitement anti-VIH, notamment les moyens de mieux appliquer les lois sur la propriété intellectuelle en faveur des pays à revenu faible ou intermédiaire. Les prochaines étapes sont en cours de discussion.

« Nous devons être encouragés par le fait que cette réunion se déroule à un moment clé de la discussion sur le programme pour le développement après 2015, qui nous offre des opportunités considérables », a indiqué Michael Kirby, ancien membre de la Commission.