Intensifier les efforts pour venir à bout de la violence sexiste en Namibie

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Reportage

Intensifier les efforts pour venir à bout de la violence sexiste en Namibie

02 avril 2014

Un nouveau rapport d'évaluation publié par Victims 2 Survivors et l'ONUSIDA se penche sur la riposte structurelle et institutionnelle à la violence sexiste en Namibie.

Le rapport a été diffusé lors de la célébration de l'Orange Day, une « Journée orange » organisée dans le monde entier le 25 de chaque mois sous le signe de la couleur officielle de la campagne du Secrétaire général des Nations Unies Tous unis pour mettre fin à la violence à l'égard des femmes.

Gender-based violence (GBV) in Namibia: an exploratory assessment and mapping of GBV response services in Windhoek (Violence sexiste en Namibie : étude et cartographie des services de lutte contre la violence sexiste à Windhoek) analyse les obstacles rencontrés par les victimes lorsqu'elles tentent d'accéder aux services. Il donne également des recommandations essentielles, notamment le renforcement des mécanismes de coordination multisectorielle, l'élaboration de normes et protocoles pertinents pour orienter les prestataires de services, l'intégration de la prévention de la violence sexiste et de l'appui aux victimes dans les programmes de santé reproductive et de lutte contre le VIH, et la mise en place d'un numéro d'appel national gratuit consacré à la violence sexiste.

Bience Gawanas, Conseillère spéciale auprès du Ministre de la Santé de Namibie, a mis en avant la nécessité d'un changement dans les normes du pays en matière de genre et la fin de la tolérance envers la violence sexiste. « Rendons visible ce qui est invisible et donnons une voix à celles qui n'en ont pas ».

Selon l'OMS, un tiers des Namibiennes ont connu ou connaîtront des violences commises par un partenaire intime au cours de leur vie. Neuf victimes de violence conjugale sur dix sont des femmes et 33 % des jeunes femmes sexuellement actives avant l'âge de 15 ans indiquent que leur première expérience sexuelle était forcée.

Dans son discours à la nation le 21 février, le Président namibien Hifikepunye Pohamba a mis en avant des mesures concrètes prises par le gouvernement pour contrer l'augmentation alarmante des violences faites aux femmes. Parmi ces mesures, la modification des lois constitutionnelles pour des exigences plus strictes en matière de mise en liberté sous caution, ainsi que le refus de la liberté conditionnelle et des peines de prison plus longues pour les auteurs de violences sexistes.

Le Président Pohamba a également décrété le 6 mars Journée nationale de prière pour l'action contre la violence sexiste en Namibie. « Les vies d'un trop grand nombre de femmes et de filles ont été détruites ou bouleversées », a déclaré le Président Pohamba. « La violence sexiste, sous toutes ses formes, ne devrait plus être tolérée en Namibie. Prions pour que notre pays soit plus sûr pour tout le monde, y compris nos femmes et nos filles ».

À l'occasion de l'Orange Day, le Père Richard Bauer a souligné l'importance d'impliquer les communautés religieuses dans la lutte contre la violence sexiste. « Les chefs religieux peuvent être des alliés essentiels si on leur donne les moyens d'intervenir, de prévenir et de guérir. Cela représente une immense charge de travail, mais nous pouvons y arriver si nous travaillons tous ensemble en tenant compte de nos forces mutuelles », ajoute-t-il.