Il y a un besoin urgent de régimes de protection sociale adaptés pour les personnes vivant avec le VIH

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Actualité

Il y a un besoin urgent de régimes de protection sociale adaptés pour les personnes vivant avec le VIH

30 juin 2014

Selon un nouveau rapport de l'Organisation internationale du Travail (OIT), les personnes vivant avec le VIH qui ont accès aux programmes de protection sociale bénéficient d'une série d'avantages, notamment d'avoir plus de chance de conserver leur emploi et que leurs enfants continuent d'être scolarisés, mais un trop grand nombre parmi les personnes les plus vulnérables sont hors de portée de ces programmes.

L'accès et l'impact de la protection sociale sur les travailleurs vivant avec le VIH et leur famille tire ses conclusions de la recherche menée dans quatre pays, le Guatemala, l'Indonésie, le Rwanda et l'Ukraine, qui développent ou améliorent actuellement leurs systèmes de sécurité sociale.

Dans tous les pays, une série de régimes de protection sociale sont utilisés pour aider les plus vulnérables et éviter la vulnérabilité croissante. Ces régimes comprennent l'établissement de programmes de réduction de la pauvreté en privilégiant les pauvres dans les stratégies de développement économique, en fournissant l'accès aux systèmes de sécurité sociale mais aussi plus d'opportunités de travail pour les femmes et en donnant l'assurance santé, les pensions et l'aide sociale pour les personnes et familles à faible revenu.

Le rapport note que les programmes de protection sociale peuvent réduire les désavantages, les inégalités et les obstacles structurels qui rendent les personnes plus vulnérables au VIH. Il révèle que dans les pays étudiés, entre 63% et 95% des personnes vivant avec le VIH qui ont accès à la protection sociale ont pu conserver leur emploi ou une certaine forme d'activité productive, 49-99% ont déclaré que leurs enfants restaient scolarisés et 72-86% ont pu accéder à un traitement antirétroviral vital.

Il note que les systèmes de protection sociale des quatre gouvernements sont beaucoup plus facilement accessibles aux personnes dans le cadre des secteurs public et formels. Les personnes vivant avec le VIH sont souvent dans l'économie informelle et donc beaucoup plus susceptibles de ne pas en bénéficier. Cela peut être un problème particulier pour les femmes et les populations les plus à risque.

Il y a une tendance à lutter contre le VIH en se concentrant sur l'ouverture à l'accès au traitement du VIH. L'étude souligne que pour être efficace, un filet de sécurité de la protection sociale qui fonctionne pour les personnes VIH-positives doit être multicouche, abordant les vulnérabilités sociales et économiques à plus grande échelle, et pas seulement de mettre à disposition les médicaments antirétroviraux gratuits.

L'accès au traitement antirétroviral maintient en vie les personnes vivant avec le VIH. Mais trop souvent, l'absence d'avantages plus larges de protection sociale maintient les femmes et les hommes et leurs familles dans un état de vulnérabilité et de pauvreté.

Alice Ouedraogo, Chef du Service du VIH/sida dans le monde du travail (ILOAIDS)

« L'accès au traitement antirétroviral maintient en vie les personnes vivant avec le VIH. Mais trop souvent, l'absence d'avantages plus larges de protection sociale maintient les femmes et les hommes et leurs familles dans un état de vulnérabilité et de pauvreté, » a déclaré Alice Ouedraogo, Chef du Service du VIH/sida dans le monde du travail de l'OIT qui a produit le rapport.

L'étude examine un certain nombre de défis à l'accès aux services comme le manque de prise de conscience que les programmes existent réellement ou que le processus impliqué dans l'obtention de services est trop compliqué ou trop lourd.

Il y a aussi la question des dépenses que chacun doit assumer, y compris les frais de transport pour se rendre dans les centres de santé et l'argent pour payer le traitement des infections opportunistes. L'OIT fait valoir qu'une combinaison de revenus, moyens de subsistance et aide à l'emploi est nécessaire en plus des services de santé pour encore augmenter l'impact de la protection sociale.

« Comme nous nous préparons au programme de développement post-2015, il est important d'investir dans des politiques et des programmes qui ne laissent personne au bord de la route, y compris les personnes vivant avec le VIH et des populations clés », a conclu Mme Ouedraogo.

Aditya Wardhana, Directeur exécutif de la Coalition sida Indonésie, a salué la nouvelle recherche et la lumière qui brille sur un secteur clé qui a, jusque là, bénéficié de relativement peu d'attention. Il a déclaré, « La recherche de l'OIT a ouvert un discours sur le besoin urgent d'un régime de protection sociale adapté pour les personnes vivant avec le VIH et des communautés touchées par le sida qui ont été longtemps négligées par le système de protection sociale existant. »