Communiqué de presse

Un rapport prévient que le maintien du niveau actuel de financement de la recherche sur la prévention du VIH pourrait freiner les chercheurs qui explorent des pistes prometteuses.

Vienne (20 juillet 2010) – Faisant suite aux avancées considérables de la recherche sur les vaccins et les microbicides, notamment aux résultats présentés aujourd’hui attestant d’une efficacité de 39 % du gel microbicide CAPRISA 004 testé auprès de femmes sud-africaines, un nouveau rapport publié ce jour avertit que le maintien du niveau actuel de financement de la recherche sur la prévention du VIH pourrait freiner l’obtention rapide de résultats par les chercheurs qui explorent des pistes prometteuses.

Ce rapport examine les investissements consacrés à la recherche sur la prévention du VIH en 2009 et conclut que la récession mondiale n’a pas affecté d’emblée les niveaux de financement de la recherche biomédicale sur la prévention du VIH. Le financement global est resté stable à 1,165 milliard de dollars des Etats-Unis d’Amérique environ pour les vaccins préventifs, les microbicides, la prophylaxie pré-exposition (PrEP) et la recherche opérationnelle liée à la circoncision.

Dans le contexte d’une crise économique qui a profondément affecté les économies et les investissements publics dans la recherche dédiée à la prévention du VIH, la stabilité du financement de cette prévention permet d’afficher un optimisme prudent. Toutefois, l’essentiel du financement 2009 impliquait vraisemblablement des ressources engagées alors que l’économie mondiale était nettement plus saine. Les engagements de financement actuels touchant à leur terme, la question se pose de savoir si les investisseurs seront en mesure de les renouveler aux mêmes niveaux. Par ailleurs, les auteurs du rapport font valoir que le maintien du niveau de financement actuel pour la recherche sur la prévention du VIH pourrait avoir de graves conséquences alors que les résultats des essais de prévention critiques appellent à poursuivre l’effort de recherche. Ils préviennent que les chercheurs risquent de ne pas disposer de ressources suffisantes pour saisir des occasions majeures en matière de prévention du VIH.

Advancing the Science in a Time of Fiscal Constraint: Funding for HIV Prevention Technologies in 2009, sixième rapport annuel du Groupe de travail sur le suivi des ressources allouées à la recherche sur les microbicides et les vaccins anti-VIH, a été présenté aujourd’hui lors de la XVIIIème Conférence internationale sur le sida à Vienne en Autriche. Il détaille les investissements en recherche biomédicale pour la prévention du VIH consentis par les secteurs public, philanthropique et commercial en 2009. Les vaccins anti-VIH ont continué à bénéficier de l’essentiel du financement, soit un total de 868 millions de dollars des Etats-Unis d’Amérique stable par rapport à 2008. L’investissement dans les microbicides, en baisse de 3 % par rapport à 2008, s’est élevé à 236 millions de dollars. Le financement de la prophylaxie pré-exposition (PrEP) a augmenté de 18 % par rapport à 2008 pour s’établir à 52 millions de dollars.

La stabilité de ces financements est encourageante, au vu de la baisse de 10 % du financement de la recherche sur les vaccins anti-VIH constatée en 2008, mais le Groupe de travail a identifié plusieurs motifs de préoccupation si le niveau de financement reste inchangé, notamment les coûts en forte hausse de la dernière phase de recherche clinique, la dépendance à l’égard d’un petit groupe d’investisseurs et l’homogénéité de ce groupe. De plus, le Groupe de travail souligne que les résultats des essais du microbicide CAPRISA 004, aussi enthousiasmants qu’ils soient, ne constituent en aucun cas la panacée en matière de microbicides à base d’antirétroviraux et que des recherches de confirmation et exploratoires financées de manière adéquate seront nécessaires.

Le Groupe de travail a mis en évidence une tendance globale depuis 2000 qui témoigne d’une augmentation du financement par les nouveaux investisseurs rejoignant la recherche sur la prévention du VIH. En 2009 cependant, la stabilité de ce financement était largement imputable à la participation en hausse ou stable du National Institutes of Health (NIH) aux Etats-Unis et de la Fondation Bill & Melinda Gates, qui ensemble ont assumé 79 % du financement des vaccins, 59 % de celui des microbicides et 70 % de celui de la PrEP.

« Avec cinq nouvelles infections chaque fois que deux personnes accèdent à un traitement, nous ne pouvons pas abandonner notre quête de nouveaux outils de prévention du VIH », a déclaré M. Michel Sidibé, Directeur exécutif de l’ONUSIDA. « Il faut renforcer et pérenniser les investissements dans ce domaine. »

« Nous ne devons pas seulement préconiser un financement et des engagements politiques accrus pour la recherche sur la prévention du VIH et la riposte mondiale au sida mais aussi nous efforcer de trouver des moyens astucieux et innovants pour utiliser les fonds disponibles afin de continuer à élargir nos interventions existantes et d’en identifier de nouvelles », a déclaré M. Mitchell Warren, Directeur exécutif de l’AVAC. « Les chercheurs spécialistes de la prévention du VIH, les personnes qui plaident cette cause et les bailleurs de fonds doivent s’engager à travailler ensemble pour garantir une utilisation optimale et pertinente de ressources limitées, tout en faisant en sorte que les interventions les plus prometteuses continuent à progresser. »

Les résultats récents et à venir de plusieurs études de premier plan pourraient infléchir radicalement la trajectoire de la recherche sur la prévention du VIH et nécessiter un financement accru. C’est le cas notamment des résultats de l’essai du vaccin contre le sida RV144 Thaï – il assure une modeste protection contre le VIH et prouve scientifiquement pour la première fois qu’un vaccin contre le sida est possible –, de l’essai CAPRISA 004 (preuve de concept) portant sur un microbicide annoncés hier lors de la Conférence sur le sida à Vienne, et de deux essais PrEP attendus cette année.

« La recherche en matière de prévention du VIH traverse une phase très stimulante », a déclaré M. Seth Berkley, Président-directeur général de l’Initiative internationale pour un vaccin contre le sida. « Ce champ de recherche est prêt à tirer parti des progrès scientifiques réalisés et la disponibilité ainsi que la souplesse du financement joueront un rôle primordial à cet égard. Les conditions de financement actuelles pourraient nous empêcher d’intégrer les découvertes récentes à nos essais à grande échelle, voire de conduire les plus critiques d’entre eux. »

« Nous devons faire en sorte que des ressources soient disponibles en permanence pour concrétiser la promesse de nouvelles avancées scientifiques susceptibles de sauver des millions de vies », a déclaré le docteur Zeda Rosenberg, Directrice générale du Partenariat international pour les microbicides. « Les microbicides, la PrEP, les vaccins et le traitement préventif commencent à montrer leur apport potentiellement énorme pour la prévention du VIH dans le cadre d’essais à grande échelle. Nous travaillons ensemble au développement de ces outils et à la réalisation de nos objectifs de santé dans le monde, et afin de réussir sur le terrain, nous devons disposer de ressources suffisantes pour suivre le rythme des avancées de la recherche. »

Depuis 2004, le Groupe de travail sur le suivi des ressources allouées à la recherche sur les microbicides et les vaccins anti-VIH produit des estimations sur les investissements en recherche et développement qu’il est possible de comparer d’une année sur l’autre en fonction de chaque technologie de prévention du VIH et pour les différentes sources de financement. Il soutient la Déclaration d’engagement sur le VIH/sida adoptée lors de la Session extraordinaire de l’Assemblée générale des Nations Unies de 2001 qui préconisait le développement de technologies de prévention durables et abordables comme les vaccins contre le VIH et les microbicides. Le Groupe de travail et d’autres acteurs exploitent également les informations collectées au fil des années pour suivre les niveaux d’effort, analyser l’incidence des tendances d’investissement et évaluer l’impact des politiques publiques visant à accélérer les progrès scientifiques.

Le Groupe de travail rassemble la Coalition pour le plaidoyer en faveur du vaccin contre le sida (AVAC), l’Initiative internationale pour un vaccin contre le sida (IAVI), le Partenariat international pour les microbicides (IPM) et le Programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida (ONUSIDA).

Vous trouverez de plus amples informations en ligne, à l’adresse www.hivresourcetracking.org.

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