Communiqué de presse

Une génération libérée du SIDA est possible si l’on se concentre sur les communautés affectées par le VIH qui sont les plus désavantagées, affirme un rapport de l’ONU pour la Journée mondiale de la lutte contre le SIDA

New York, le 30 novembre 2010 – Libérer l’humanité du SIDA en l’espace d’une génération, c’est possible si la communauté internationale redouble d’efforts pour fournir un accès universel à la prévention du VIH, aux traitements et à la protection sociale, déclare le rapport « Enfants et SIDA  : Cinquième bilan de la situation 2010 », rendu public aujourd’hui à New York. Pour atteindre ce but, cependant, il faudra toucher les membres les plus marginalisés de la société.

Si les enfants ont en général énormément bénéficié des progrès substantiels qui ont été accomplis dans les interventions contre le SIDA, des millions de femmes et d’enfants sont passés entre les mailles du filet à cause d’inégalités dues à leur sexe, à leur statut économique, à l’endroit où ils vivent, à leur niveau d’éducation ou à leur statut social. Il faudra surmonter ces obstacles pour arriver à un accès universel aux connaissances, aux soins, à la protection et à la prévention de la transmission mère-enfant (PTME) pour toutes les femmes et tous les enfants.

« Pour arriver à une génération libérée du SIDA, nous devons en faire davantage et atteindre les communautés les plus éprouvées. Chaque jour, près de 1000 bébés d’Afrique subsaharienne sont infectés par le VIH suite à la transmission du virus de la mère à l’enfant, a dit M. Anthony Lake, Directeur général de l’UNICEF. Notre cinquième bilan de la situation sur les enfants et le SIDA met certaines innovations en lumière, comme le « Kit mère-enfant », qui permet de fournir des traitements antirétroviraux vitaux à un nombre sans précédent de mères et de bébés. »

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a actualisé ses directives un peu plus tôt cette année pour assurer la qualité des services de PTME pour les femmes séropositives et leurs nourrissons. Dans les pays à bas et moyen revenu, 53 pour cent des femmes enceintes vivant avec le VIH ont reçu des antirétroviraux pour prévenir la transmission en 2009, contre 45 pour cent en 2008. C’est en Afrique australe et de l’Est qu’a eu lieu l’une des augmentations les plus spectaculaires : elle a progressé de dix points, passant de 58 pour cent en 2008 à 68 pour cent en 2009.

« Nous savons, grâce à de solides preuves, que l’élimination de la transmission du virus de la mère à l’enfant est possible, a déclaré le Dr Margaret Chan, Directrice générale de l’OMS.  Pour atteindre cet objectif, il est nécessaire en premier lieu d’améliorer bien davantage la prévention chez les femmes et les mères. »

Au niveau mondial, le SIDA reste l’une des premières causes de décès chez les femmes en âge de procréer et c’est l’une des principales causes de mortalité maternelle dans les pays où l’épidémie est généralisée. En Afrique subsaharienne, neuf pour cent de la mortalité maternelle est imputable au VIH et au SIDA.

« Environ 370 000 enfants naissent chaque année avec le VIH. Or, chacune de ces infections est évitable, a dit M. Michel Sidibé, Directeur exécutif d’ONUSIDA. Nous devons empêcher les mères de mourir et les bébés de se faire infecter par le VIH. C’est pourquoi j’appelle à l’élimination virtuelle de la transmission mère-enfant d’ici 2015. »

L’OMS a aussi publié de nouvelles directives sur les antirétroviraux pour le traitement des bébés et des enfants, ce qui devrait permettre à un bien plus grand nombre d’entre eux de bénéficier immédiatement d’un traitement de ce type.

Dans les pays à bas et moyen revenu, le nombre d’enfants de moins de 15 ans qui ont bénéficié d’un traitement est passé de 275 300 en 2008 à 356 400 en 2009. Cela signifie que 28 pour cent des 1,27 million d’enfants qui, selon les estimations, ont besoin d’antirétroviraux, en reçoivent.

Les nourrissons sont particulièrement vulnérables aux effets du VIH, ce qui donne un caractère particulièrement urgent à la campagne mondiale visant à établir un diagnostic précoce chez les bébés. Même s’il existe désormais un bien plus grand nombre de services permettant un diagnostic précoce dans beaucoup de pays, la couverture mondiale reste faible : seulement 6 pour cent en 2009. Faute de traitement, environ la moitié des bébés infectés par le VIH meurent avant leur deuxième anniversaire.

Dans la plupart des régions du monde, le nombre de nouvelles infections au VIH décline ou se stabilise. En 2001, environ 5,7 millions de jeunes de 15 à 24 ans vivaient avec le VIH. Fin 2009, ce chiffre était tombé à 5 millions. Dans neuf pays, cependant (tous situés en Afrique australe), un jeune sur vingt au moins vit avec le VIH.

Ce sont les jeunes femmes qui sont encore le plus durement touchées par l’infection, et dans de nombreux pays, le risque est plus grand pour celles qui ont moins de 25 ans. Au plan mondial, plus de 60 pour cent de tous les jeunes vivant avec le VIH sont de sexe féminin. En Afrique subsaharienne, la proportion approche les 70 pour cent.

« Nous devons nous préoccuper des inégalités entre les sexes, y compris celles qui font courir aux femmes et aux filles des risques disproportionnés de contracter le VIH et autres problèmes de santé sexuelle et procréative, a dit Mme Irina Bokova, Directrice générale de l’UNESCO. Tout en nous réjouissant d’une diminution de plus de 25 pour cent de l’incidence du VIH chez les jeunes dans 15 pays clés d’Afrique subsaharienne entre 2001 et 2009, nous devons faire tout notre possible pour que ces tendances positives se poursuivent et s’améliorent afin d’atteindre l’accès universel à la prévention, au traitement, aux soins et à l’appui nécessaires. »

Les adolescents continuent d’être infectés par le VIH parce qu’ils n’ont ni les connaissances ni l’accès aux services qui leur permettraient de se protéger. Pour libérer l’humanité du SIDA en l’espace d’une génération, il faudra éliminer les inégalités qui alimentent l’épidémie et protéger les personnes qui continuent de passer entre les mailles du filet. Des initiatives de protection sociale – notamment des transferts d’espèces ou des initiatives pour promouvoir l’accès aux services – ont un rôle important à jouer pour briser l’engrenage de la vulnérabilité. Le rapport insiste aussi sur l’importance de programmes pédagogiques adaptés aux jeunes les plus vulnérables – ceux qui ne sont pas scolarisés – pour leur donner des informations sur la prévention du VIH.

« Nous devons accroître les investissements dans l’éducation et la santé des jeunes, y compris la santé sexuelle et procréative, pour empêcher les infections au VIH et faire progresser la protection sociale, a dit Mme Thoraya Ahmed Obaid, Directrice exécutive de l’UNFPA, le Fonds des Nations Unies pour la population. Toucher les jeunes marginalisés, notamment les adolescentes vulnérables et les jeunes non scolarisés, doit rester une priorité. »

Centre de presse

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