Communiqué de presse

Les partenaires internationaux demandent une accélération de l’accès International à la circoncision masculine médicale et volontaire en Afrique orientale et australe

From left to right: UNAIDS Executive Director Michel Sidibé, former president of Botswana, Mr Festus Gontebanye Mogae, Ambassador Eric Goosby, United States Global AIDS Coordinator call for accelerated access to voluntary medical male circumcision in eastern and southern Africa, at ICASA 2011. 5 December 2011.
Credit: UNAIDS/ P. Wiggers

ADDIS ABABA/GENÈVE, 5 décembre 2011—Le Programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida (ONUSIDA) et le Plan présidentiel américain d’aide d’urgence à la lutte contre le sida (PEPFAR) ont lancé aujourd’hui un cadre d’action sur cinq ans pour accélérer l’intensification de la circoncision masculine médicale et volontaire (CMMV) pour la prévention du VIH. Ce cadre a été élaboré par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’ONUSIDA, le PEFPAR, la Fondation Bill & Melinda Gates et la Banque mondiale, en consultant les Ministres nationaux de la Santé. Il demande le déploiement et l’expansion immédiats des services de CMMV dans 14 pays prioritaires de l’Afrique orientale et australe.

« La circoncision masculine médicale et volontaire a un impact fort et il s’agit d’un outil de prévention rentable qui nous rapprochera de l’objectif que nous nous sommes fixés de parvenir à une génération sans VIH », a déclaré le Directeur exécutif de l’ONUSIDA Michel Sidibé, qui a dévoilé ce cadre d’action à l’occasion de la 16e Conférence internationale sur le VIH et les MST en Afrique (ICASA), avec des partenaires. « Chaque infection à VIH évitée, c’est de l’argent dans la banque et de l’espace fiscal pour l’avenir », a-t-il ajouté. Le coordonnateur pour la lutte mondiale contre le sida pour les États-Unis, Eric Goosby, et l’ancien Président du Botswana, Festus Mogae, se sont joints à Michel Sidibé lors du lancement du programme à Addis Ababa, en Éthiopie.

Il est incontestable que la CMMV, lorsqu’elle est pratiquée par des professionnels de la santé bien formés, réduit le risque de transmission sexuelle du VIH des femmes aux hommes d’environ 60%. Depuis 2007, l’OMS et l’ONUSIDA ont poussé les pays ayant une forte prévalence du VIH et de faibles niveaux de circoncision masculine, d’étendre l’accès à des services de CMMV sûrs.

La CMMV offre une excellente rentabilité. Des travaux récents de modélisation demandés par le PEPFAR et l’ONUSIDA ont montré qu’en parvenant à couvrir 80% de CMMV chez les adultes dans les 14 pays prioritaires, il serait possible de réaliser presque 20 millions de circoncisions chez les hommes âgés de 15 à 49 ans d’ici 2015. Une telle intensification coûterait au total 1,5 milliard de dollars et permettrait de faire une économie de 16,5 milliards de dollars net d’ici 2025 grâce aux traitements et aux coûts des soins qui auront été évités. Il est estimé que 3,4 millions nouvelles infections à VIH pourraient être évitées jusqu’à 2025.

À ce jour, l’intensification de la CMMV a été modeste dans la plupart des pays. Selon le cadre commun, plus de 550 000 hommes âgés de 15 à 49 ans ont été circoncis dans les 14 pays prioritaires avant 2010. C’est au Kenya, en particulier dans Province de Nyanza, que l’intensification de la CMMV a été la plus réussie. Alors que les progrès réalisés dans la mise en œuvre de programmes relatifs à la CMMV ont été plus limités dans les autres pays prioritaires, l’intensification de la CMMV s’est accélérée en 2010.

En reconnaissant l’importance du rôle de l’appropriation et de responsabilisation des pays quant aux systèmes de santé, le coordonnateur pour la lutte mondiale contre le sida pour les États-Unis Eric Goosby a déclaré que « le PEPFAR soutient avec force une appropriation nationale plus élevée et immédiate dans tous les pays prioritaires pour mettre en œuvre des stratégies élargies sûres et efficaces de circoncision masculine médicale et volontaire. La CMMV offre aux hommes une occasion sans précédent d’assumer un rôle proactif pour réduire leur risque de contracter le VIH, pour leur donner le pouvoir de protéger leur santé et la santé de leurs partenaires ».

Le nouveau cadre propose une action stratégique et coordonnée entre les partenaires aux niveaux local, national et mondial pour exploiter les ressources et s’atteler à atteindre les hommes adultes et adolescents avec les services de CMMV aussi rapidement et sûrement que possible. Cela permet de souligner que le leadership du pays est capital pour la réussite et la durabilité de cette phase initiale des programmes relatifs à la CMMV. Le but à long terme est d’offrir la CMMV à tous les jeunes enfants des pays prioritaires, en remplaçant ainsi le besoin de CMMV chez les adolescents et les adultes.

L’innovation au niveau de la prestation de services, de la logistique des chaînes d’approvisionnement, du déploiement de ressources humaines et des appareils médicaux, est encouragée pour améliorer l’efficacité, l’accès et la sécurité tout en créant une demande de services de CMMV. Le présent cadre pousse les gouvernements des 14 pays prioritaires de chercher des financements auprès d’un éventail de sources nationales et internationales — tout en veillant à s’appuyer davantage, sur le temps, sur les ressources nationales et locales.

En s’exprimant lors d’une conférence de presse, M. Festus Mogae a appelé les dirigeants à soutenir et à intensifier les programmes relatifs à la CMMV dans les 14 pays prioritaires. « Une forte collaboration entre les dirigeants politiques, traditionnels et religieux sera décisive pour intensifier sûrement et efficacement les services de CMMV » a déclaré M. Mogae, qui est le président de l’organisation non gouvernementale Champions for an HIV-Free Generation. Il a ajouté que « Le rôle clé des dirigeants religieux et traditionnels est de veiller à ce qu’il y ait un partenariat avec les communautés de sorte que la circoncision médicale réalisée comme un élément supplémentaire de la stratégie de prévention du VIH, conserve sa signification religieuse ou culturelle dans les communautés ».

La CVVM est un composant important du vaste ensemble de prévention du VIH. L’OMS, l’ONUSIDA et le PEPFAR recommandent une approche combinée de la prévention du VIH incluant l’utilisation correcte et cohérente des préservatifs masculins et féminins, le traitement des maladies sexuellement transmissibles ; la promotion de pratiques sexuelles plus sûres comme l’abstention de rapports sexuels sans pénétration ; la provision de thérapie antirétrovirale aux personnes séropositives au VIH qui sont éligibles pour recevoir un traitement ; ainsi que la circoncision masculine médicale et volontaire dans certains contextes.

La CMMV est une intervention salvatrice liée au VIH dont les avantages en termes de coûts sont importants. La CMMV est une intervention sanitaire unique qui confère une protection partielle à vie contre le VIH. Le cadre commun qui est lancé aujourd’hui inclut une intensification urgente et diffusée de la CMMV dans tous les pays prioritaires grâce à un effort coordonné et guidé par le pays.

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