Déclaration à la presse

De nouvelles données issues d'une étude à grande échelle apportent une nouvelle fois la preuve de l'efficacité de la circoncision dans la prévention du VIH chez les hommes

ROME/GENÈVE, 20 juillet 2011—Le Programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida (ONUSIDA) se réjouit de la publication de nouveaux résultats confirmant que la circoncision à grande échelle des hommes adultes contribue à la prévention du VIH. L'étude, qui a été réalisée dans le bidonville d'Orange Farm en Afrique du Sud, a fait état d'une réduction de 55 % de la prévalence du VIH et d'une diminution de 76 % de l'incidence du VIH chez les hommes circoncis.

Ces résultats ont été présentés aujourd'hui à Rome par l'Agence nationale française de recherche sur le sida et les hépatites virales, à l'occasion de la 6e conférence de l'IAS sur la pathogénèse, le traitement et la prévention du VIH. C'est la première fois qu'une étude démontre que la circoncision généralisée est efficace dans la prévention du VIH au niveau d'une communauté.

« La science montre que nous sommes au tournant de l'épidémie », a déclaré Michel Sidibé, directeur exécutif de l'ONUSIDA. « Il est maintenant urgent d'agir pour combler l'écart entre recherche scientifique et mise en œuvre concrète afin d'atteindre les millions de personnes qui attendent ces découvertes. La généralisation rapide des services de circoncision médicalisée chez les jeunes hommes sur la base du volontariat dans des environnements à forte prévalence du VIH permettra d'atteindre l'objectif de réduction de la transmission sexuelle du VIH de 50 % d'ici 2015 ».

Dans le cadre de cette étude, des services de circoncision gratuits ont été proposés à tous les hommes âgés de plus de 15 ans et 20 000 circoncisions ont ainsi été pratiquées sur une période de trois ans.  Entre 2007 et 2010, le pourcentage d'hommes circoncis est passé de 16 à 50 % chez les hommes âgés de 15 à 49 ans, avec un pic à 59 % chez les hommes âgés de 15 à 24 ans. Des études réalisées à l'échelle communautaire ne révèlent aucun changement dans les pratiques sexuelles. La population totale du bidonville d'Orange Farm est estimée à environ 110 000 habitants.

De nombreux pays africains soutiennent fortement la généralisation de la circoncision. Le Kenya fait figure de chef de file, avec la circoncision volontaire de 290 000 hommes au cours des trois dernières années, principalement dans la province de Nyanza. Comme cela a été dit lors de la conférence à Rome, les hommes qui ont été circoncis n'ont pas adopté de comportement plus risqué. En Tanzanie, où le gouvernement a présenté des plans pour la circoncision d'au moins 2,8 millions d'hommes et de jeunes garçons âgés de 10 à 34 ans sur une période de cinq ans, une campagne menée début 2011 a donné des résultats rapides avec la circoncision de plus de 10 000 hommes et jeunes garçons en six semaines.

Sa Majesté le roi Mswati III du Swaziland, en collaboration avec le ministère swazi de la Santé et le Plan présidentiel américain d’aide d’urgence à la lutte contre le sida, a récemment lancé un plan visant à organiser la circoncision médicalisée volontaire pour les 152 800 hommes âgés de 15 à 49 ans vivant au Swaziland. Ce pays présente le plus fort taux de prévalence du VIH au monde, estimé à 26 % des adultes âgés de 15 à 49 ans. Une déclaration de l'Ambassade américaine au Swaziland a estimé que le plan de circoncision pourrait permettre d'éviter près de 90 000 nouvelles infections au VIH et d'économiser plus de 600 millions de dollars au cours des dix ans à venir.    

Ces résultats et ces annonces font suite à d'autres percées scientifiques récentes dans la prévention du VIH : l'essai HPTN 052 présenté en mai a montré que la mise en œuvre précoce d'un traitement antirétroviral peut réduire le risque de transmission à un partenaire non infecté de 96 % ; les études partenaires PPrE et TDF2 présentées la semaine dernière montrent qu'un comprimé antirétroviral pris quotidiennement par des personnes non infectées par le VIH peut diminuer leur risque d'acquisition du VIH jusqu'à 73 % ; en novembre 2010, l'essai iPrEx mené chez les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes a fait état d'une réduction de 44 % de l'acquisition du VIH chez les hommes séronégatifs au VIH qui prenaient un comprimé antirétroviral une fois par jour ; enfin, les résultats de l'étude CAPRISA présentés en juillet 2010 ont montré qu'un gel antirétroviral, utilisé comme microbicide vaginal, avait une efficacité de 39 % dans la réduction du risque pour une femme d'être infectée par le VIH lors d'un rapport sexuel.

L'ONUSIDA souligne que malgré les récentes découvertes scientifiques, il n'existe toujours pas de méthode unique offrant une protection totale contre le VIH. Pour atteindre l'objectif visant zéro nouvelle infection au VIH, zéro discrimination et zéro décès dû au sida, l'ONUSIDA recommande fortement d'opter pour une combinaison de moyens de prévention du VIH. Ces moyens impliquent d'utiliser correctement et de façon cohérente les préservatifs masculins et féminins, d'attendre plus longtemps avant le premier rapport sexuel, d'avoir moins de partenaires, d'opter pour la circoncision masculine médicalisée, d'éviter les rapports sexuels avec pénétration et de veiller à ce que le plus grand nombre possible de personnes nécessitant un traitement antirétroviral puisse avoir accès à un tel traitement.

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