Communiqué de presse

La riposte mondiale au sida continue de progresser : un nombre record de personnes ont accès au traitement et le taux d’incidence du VIH a diminué de près de 25 %

30 ans après le début de l’épidémie mondiale de sida, l’ONUSIDA estime à 34 millions [30,9 millions–36,9 millions] le nombre de personnes vivant avec le VIH et à près de 30 millions [25 millions–33 millions] le nombre de personnes décédées de causes liées au sida depuis l’annonce du premier cas le 5 juin 1981.

(De gauche à droite) : Michel Sidibé, directeur exécutif de l’ONUSIDA ; Christina Rodriguez, co-fondatrice, Smart Youth ; Asha-Rose Migiro, secrétaire générale adjointe à la conférence de presse sur le SIDA 30 ans après : un tournant pour les nations, au siège des Nations Unies, New York le 3 juin 2011.
Photo : UNAIDS/B. Hamilton

NEW YORK/Genève, 3 juin 2011 – On estime à environ 6,6 millions le nombre de personnes sous traitement antirétroviral dans les pays à revenu faible ou intermédiaire à la fin 2010 – c'est-à-dire près de 22 fois plus qu’en 2001 – selon un nouveau rapport intitulé Le sida 30 ans après : un tournant pour les nations (en anglais) publié aujourd’hui par le Programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida (ONUSIDA).

1,4 million de personnes (chiffre le plus élevé jamais enregistré sur une année) ont été mises sous antirétroviraux en 2010 – bénéficiant ainsi d’un traitement vital. Selon le rapport, 420 000 enfants au moins recevaient un traitement antirétroviral à la fin 2010 – ce qui représente une augmentation supérieure à 50 % par rapport à 2008 (année pendant laquelle 275 000 enfants étaient sous traitement).

« L’accès au traitement va transformer la riposte au sida dans les dix prochaines années. Nous devons investir pour accélérer l’accès au traitement du VIH et découvrir de nouvelles thérapies » a déclaré M. Michel Sidibé, Directeur exécutif de l’ONUSIDA. « Le traitement antirétroviral recèle plus que jamais le potentiel pour changer la donne – il empêche non seulement les gens de mourir, mais il stoppe aussi les nouvelles infections à VIH chez les hommes, les femmes et les enfants ».

Sa déclaration fait suite à la publication (le 12 mai 2011) des résultats de l’essai HPTN052 qui ont révélé que si une personne vivant avec le VIH respecte un traitement antirétroviral efficace, le risque qu’elle transmette le virus à son ou sa partenaire sexuel(le) non infecté(e) peut être réduit de 96 %.

« Les pays doivent utiliser le meilleur de ce que la science peut offrir pour stopper les nouvelles infections à VIH et les décès liés au sida » a déclaré Mme Asha-Rose Migiro, Secrétaire générale adjointe des Nations Unies. « La riposte au sida se situe à un tournant. L’objectif de parvenir à l’accès universel à la prévention, au traitement, aux soins et à l’appui en matière de VIH doit devenir une réalité d’ici à 2015 ».

Les efforts de prévention du VIH donnent des résultats

Selon le rapport, le taux d’incidence du VIH a diminué de près de 25 % au niveau mondial entre 2001 et 2009. Il a été réduit de plus de 50 % en Inde et de plus de 35 % en Afrique du Sud ; ces deux pays abritent le plus grand nombre de personnes vivant avec le VIH de leur continent.

Le rapport a révélé qu’au cours de la troisième décennie de l’épidémie, les gens ont commencé à adopter des comportements sexuels à moindre risque, ce qui traduit l’impact des efforts de prévention du VIH et de sensibilisation au virus. Cependant, des carences importantes subsistent. Les jeunes hommes sont plus susceptibles d’être informés au sujet de la prévention du VIH que les jeunes femmes. Des enquêtes démographiques et sanitaires récentes révèlent que l’on estime à 74 % la proportion de jeunes hommes qui savent que les préservatifs sont efficaces pour prévenir l’infection à VIH, contre tout juste 49 % chez les jeunes femmes.

Ces dernières années, des progrès significatifs ont été enregistrés dans la prévention des nouvelles infections à VIH chez les enfants car de plus en plus de femmes enceintes séropositives ont accès à un traitement antirétroviral pendant la grossesse, l’accouchement et l’allaitement au sein. Le nombre d’enfants nouvellement infectés par le VIH en 2009 était inférieur de 26 % à ce qu’il était en 2001.

Environ 115 pays à revenu faible ou intermédiaire fournissent des schémas thérapeutiques optimaux aux femmes enceintes vivant avec le VIH, conformes aux recommandations de l’Organisation mondiale de la Santé. 31 pays utilisent toujours des schémas thérapeutiques qui ne sont pas jugés optimaux dans bon nombre de leurs programmes. L’ONUSIDA invite instamment tous les pays utilisant ces schémas à réviser leurs directives de traitement et à passer aux schémas optimaux recommandés par l’OMS.

Le sida n’est pas mort – des obstacles significatifs subsistent

D’après les dernières estimations de l’ONUSIDA, 34 millions [30,9 millions–36,9 millions] de personnes vivaient avec le VIH à la fin 2010 et près de 30 millions [25 millions–33 millions] de personnes étaient décédées de causes liées au sida depuis l’annonce du premier cas il y a 30 ans.

Malgré son élargissement, l’accès au traitement antirétroviral demeure très insuffisant. À la fin 2010, 9 millions de personnes admissibles au traitement n’y avaient toujours pas accès. Les enfants ont un accès plus limité au traitement que les adultes – 28 % seulement des enfants admissibles recevaient un traitement antirétroviral en 2009 (contre une couverture de 36 % pour les personnes de tous âges).

Alors que le taux d’incidence du VIH a diminué au niveau mondial, le nombre total de nouvelles infections reste élevé – à 7 000 environ par jour. La réduction mondiale du taux d’incidence du VIH masque des variations entre les régions. D’après le rapport, une diminution supérieure à la moyenne des nouvelles infections a été enregistrée en Afrique subsaharienne et en Asie du Sud-Est, alors que la région Amérique latine et Caraïbes affichait pour sa part une réduction plus modeste (inférieure à 25 %). Le taux d’incidence du VIH a augmenté en Europe orientale et dans la région Moyen-Orient et Afrique du Nord.

Dans pratiquement tous les pays, la prévalence du VIH parmi les populations exposées à un risque accru d’infection à VIH – les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes, les personnes qui consomment des drogues injectables, les professionnel(le)s du sexe et leurs clients, et les transgenres – est plus élevée que parmi les autres groupes de population. L’accès des populations plus exposées au risque d’infection aux services de prévention et de traitement est généralement plus limité du fait de lois répressives et discriminatoires, de la stigmatisation et de la discrimination. En avril 2011, 79 pays, territoires et zones criminalisaient les rapports sexuels entre adultes consentants de même sexe, 116 pays, territoires et zones criminalisaient certains aspects du commerce du sexe et 32 pays étaient dotés de lois autorisant la peine de mort pour des délits liés aux drogues.

Selon le rapport, les inégalités entre les sexes demeurent un obstacle majeur à des ripostes efficaces au VIH. Le virus est la première cause de décès parmi les femmes en âge de procréer et plus d’un quart (26 %) de l’ensemble des nouvelles infections à VIH à travers le monde touchent des jeunes femmes âgées de 15 à 24 ans.

Les ressources allouées à la riposte au sida diminuent

Selon le rapport, les investissements engagés dans la riposte au VIH dans les pays à revenu faible ou intermédiaire ont été multipliés par presque 10 entre 2001 et 2009, passant de US$ 1,6 milliard à US$ 15,9 milliards. Cependant, les ressources internationales consacrées à la lutte contre le VIH ont diminué en 2010. Bon nombre de pays à revenu faible sont massivement dépendants des financements externes. Dans 56 pays, les donateurs internationaux apportent 70 % au moins des ressources consacrées à la riposte au VIH.

« Je suis inquiet du fait que les investissements internationaux diminuent à un moment où les résultats positifs de la riposte au sida profitent aux personnes » a déclaré M. Sidibé. « Si nous n’engageons pas des fonds aujourd’hui, les montants qui devront être investis à l’avenir seront plusieurs fois plus élevés ».

Un cadre d’investissement 2011 proposé par l’ONUSIDA et des partenaires estime à US$ 22 milliards au moins les investissements qui seront nécessaires en 2015 – c'est-à-dire US$ 6 milliards de plus que le montant dont nous disposons aujourd’hui. Lorsque ces investissements sont orientés vers un ensemble de programmes prioritaires établis en fonction du type d’épidémie d’un pays, on obtient l’impact le plus fort. Le retour sur investissement d’un tel engagement devrait être de 12 millions de nouvelles infections à VIH évitées et de 7,4 millions de décès liés au sida évités d’ici à 2020. Le nombre de nouvelles infections devrait reculer d’environ 2,6 millions en 2009 à environ 1 million en 2015.

Points de vue sur le sida de 15 leaders mondiaux

Le rapport présente des commentaires de 15 leaders de la riposte mondiale au sida, notamment le Président de l’Afrique du Sud, M. Jacob Zuma, l’ancien Président des États-Unis d’Amérique, M. Bill Clinton, l’ancien Président de Brésil, M. Luiz Inácio Lula da Silva, le Président du Mali, M. Amadou Toumani Touré, et le Président de la Commission de l’Union africaine, M. Jean Ping. Les commentaires couvrent différents domaines tels que le financement de la riposte au sida, la coopération Sud-Sud, le leadership des jeunes, l’émancipation des femmes, les populations clés affectées, la consommation de drogues injectables, les droits humains, la stigmatisation et la discrimination, et l’intégration des systèmes.

Les jeunes conduisent la révolution de la prévention

Le rapport Le sida 30 ans après : un tournant pour les nations inclut également un article sur un événement récent qui a eu lieu à Robben Island, Afrique du Sud, où l’Archevêque Desmond Tutu, Co-président de la Commission de haut niveau de l’ONUSIDA sur la prévention du VIH, a passé le témoin du leadership à une nouvelle génération de jeunes leaders.

D’après le rapport, certains des plus importants succès de la prévention du VIH ont été enregistrés parmi les jeunes. Les données indiquent que les jeunes de nombreux pays durement touchés choisissent de plus en plus de retarder l’âge de leur premier rapport sexuel et d’éviter les comportements sexuels qui les exposent au risque d’infection à VIH.

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