Communiqué de presse

Plus de 80 pays ont augmenté d'au moins 50 % leurs investissements nationaux en faveur de la lutte contre le sida entre 2006 et 2011

Un nouveau rapport de l'ONUSIDA et son supplément indiquent que, tandis que les financements internationaux s'étiolent, de plus en plus de pays augmentent la part des investissements qu'ils consacrent à la lutte contre le VIH, et qu'un nombre record de 8 millions de personnes bénéficient aujourd'hui d'une thérapie antirétrovirale

De gauche à droite : Anuar Luna, GNP+, Svitlana Moros, Réseau mondial des personnes ukrainiennes vivant avec le VIH, Michel Sidibé, Directeur exécutif de l'ONUSIDA, l'Ambassadeur Eric Goosby, Coordonnateur de la lutte mondiale contre le sida pour le gouvernement américain, Amina Ibrahim, Objectifs pour le développement durable des Nations Unies, Mahmoud Mohieldin, Directeur général, Banque mondiale. 18 juillet 2012. Washington, DC.

WASHINGTON DC/GENÈVE, 18 juillet 2012 - Un nouveau rapport du Programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida (ONUSIDA) montre que le montant des fonds nationaux consacrés à la lutte contre le VIH a dépassé celui des investissements internationaux. Le rapport, intitulé Ensemble nous mettrons fin au sida, indique que les pays à faibles revenus et à revenus intermédiaires ont investi 8,6 milliards de dollars dans la riposte contre le sida, ce qui représente une augmentation de 11 % par rapport à 2010. Les financements internationaux sont toutefois restés stables, à leur niveau de 2008 (soit 8,2 milliards de dollars).

D'après le rapport, 81 pays ont augmenté de plus de 50 % leurs investissements nationaux consacrés au sida entre 2006 et 2011. Les investissements publics nationaux en faveur de la lutte contre le sida se sont développés au fur et à mesure que l'économie des pays à faibles revenus et à revenus intermédiaires se développait elle-aussi. À titre d'exemple, les dépenses publiques en Afrique subsaharienne, (hors Afrique du Sud) ont augmenté de 97 % au cours des cinq dernières années. Les fonds versés par l'Afrique du Sud proviennent d'ores et déjà à plus de 80% de sources de financement nationales, et le pays a quadruplé ses investissements nationaux entre 2006 et 2011.

« Nous vivons à l'ère de la solidarité internationale et de la responsabilité mutuelle », a déclaré Michel Sidibé, Directeur exécutif de l'ONUSIDA. « Les pays les plus durement touchés par l'épidémie sont en train de se prendre en charge et d'adopter une position de leader dans la riposte face au VIH. Cela ne suffit toutefois pas à stabiliser le niveau de l'assistance internationale, qui doit augmenter si nous voulons atteindre les objectifs fixés pour 2015. »

Afin d'accroître davantage l'implication de chaque pays, ainsi que la responsabilité mutuelle, l'Union africaine a mis en place une Feuille de route pour favoriser le partage des responsabilités et la solidarité internationale dans le cadre de la lutte contre le VIH/sida, la tuberculose et le paludisme en Afrique, avant la tenue de la XIXe Conférence internationale sur le sida à Washington, DC. L'organisation ouvre ainsi la voie vers la mise en place de financements plus diversifiés, plus équilibrés et plus durables dans le cadre de la lutte contre le sida d'ici 2015, et illustre le nouveau leadership et le poids de l'Afrique dans le paysage international de la lutte contre le sida.

Les pays du groupe BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) ont augmenté de plus de 120 % leurs dépenses publiques nationales en faveur de la lutte contre le VIH entre 2006 et 2011. Ces pays financent désormais plus de 75 %, en moyenne, des montants investis à l'échelle nationale dans la lutte contre le sida. En Afrique du Sud et en Chine, les sources de financement nationales représentent d'ores et déjà plus de 80 % de ressources consacrées à la lutte contre le sida, le gouvernement chinois s'est même engagé à financer intégralement la lutte dans les prochaines années. L'Inde s'est également engagée à augmenter de plus de 90 % ses financements nationaux lors de sa prochaine phase de lutte contre le sida. Le Brésil et la Russie financent déjà intégralement la lutte contre le sida avec des ressources nationales.

Parallélement, le financement de la communauté internationale pour la lutte contre le VIH est resté globalement stable entre 2008 et 2011, à hauteur de 8,2 milliards de dollars. Le financement des États-Unis représente près de 48 % de la totalité de l'aide internationale en faveur de la lutte contre le sida.

« Il est évident que ce n'est pas le moment de ralentir les efforts déployés au niveau international pour lutter contre le sida. Il faut au contraire tirer profit des progrès accomplis pour enfin aboutir à une génération sans sida », a indiqué l'ambassadeur Eric Goosby, coordinateur pour les États-Unis de la lutte mondiale contre le sida. « Les États-Unis ont clairement indiqué qu'ils continueraient à assumer leur part de responsabilité partagée, en réalisant des investissements intelligents qui permettront d'optimiser chaque dollar investi afin de sauver des vies. »

Bien que les investissements nationaux en faveur de la lutte contre le sida soient en augmentation, on constate un important déficit au niveau des financements internationaux en faveur de la lutte contre le VIH. On estime qu'en 2015, le déficit annuel sera de l'ordre de 7 milliards de dollars. Au cours de la réunion de haut niveau des Nations Unies sur le sida qui s'est tenue en 2011, les pays ont adopté une Déclaration politique sur le VIH/sida, via laquelle ils ont accepté d'augmenter leurs investissements en faveur de la lutte contre le VIH d'entre 22 et 24 milliards de dollars d'ici 2015. Pour atteindre cet objectif, il est nécessaire que tous les pays réalisent un effort concerté pour accroître les financements.

Nombre record de personnes sous traitement : de nombreuses vies sauvées

Bien que les ressources totales en faveur de la lutte contre le sida n'aient pas augmenté de manière significative, un nombre record de personnes ont désormais accès aux thérapies antirétrovirales. En 2011, huit millions de personnes au sein des pays à faible revenus et à revenus intermédiaires ont eu accès à des thérapies permettant de leur sauver la vie, soit 1,4 millions de personnes de plus qu'en 2010. Malgré l'importance du nombre de personnes ayant récemment initié un traitement, elles représentent seulement un peu plus de la moitié (54 %) des 14,8 millions de personnes éligibles.

Nombre de personnes bénéficiant d’une thérapie antirétrovirale par rapport à l’objectif fixé pour 2015, et nombre de décès liés au sida, pays à faible revenus et à revenus intermédiaires, 2003-2011

Le rapport souligne d'autre part les progrès considérables accomplis dans la réduction du nombre des nouvelles infections par le VIH chez les enfants. On estime ainsi que, depuis 2009, le nombre de nouvelles infections chez les enfants a chuté de 24 %. Environ 330 000 enfants ont été infectés en 2011, chiffre représentant presque la moitié de celui atteint en 2003 lors du pic de l'épidémie (570 000 cas).

Si l'on se réfère aux progrès réalisés pour étendre l'accès aux thérapies antirétrovirales et pour empêcher les nouvelles infections par le VIH chez les enfants, on peut en déduire que les pays sont sur la bonne voie pour atteindre les objectifs fixés par la déclaration politique de 2011 sur le VIH/sida : éliminer les nouvelles infections chez les enfants et faire en sorte que 15 millions de personnes bénéficient de thérapies antirétrovirales.

« Il est indispensable que tout le monde, dès aujourd'hui et pour toujours, bénéficie du traitement et de la prévention contre le VIH », a indiqué M. Sidibé. «Je pense que, tous ensemble, nous vaincrons le sida. La question n'est pas de savoir si nous y parviendrons, mais quand nous y parviendrons.»

Nombre de nouvelles infections par le VIH chez les enfants (entre 0 et 14 ans), 2001-2011, par rapport à l’objectif fixé pour 2015

L'augmentation du nombre de personnes ayant accès aux thérapies antirétrovirales permet de réduire le nombre de nouvelles infections. Les effets positifs de la thérapie antirétrovirale, qui permettent de réduire la charge virale des personnes porteuses du VIH, aident également à empêcher la transmission du VIH. L'évolution des comportements, combinés à l'évolution naturelle de l'épidémie et à l'augmentation de l'accès à la thérapie antirétrovirale, ont engendré une baisse continue du nombre des nouvelles infections par le VIH (plus de 20 % depuis 2011).

Le rapport, publié avant la tenue de la XIXe conférence internationale sur le sida à Washington DC, présente de nouveaux chiffres qui montrent que l'on estime à 34,2 millions le nombre de personnes vivant avec le sida en 2011. En 2010, l'ONUSIDA a indiqué qu'au moins 56 pays étaient parvenus à stabiliser ou à réduire de manière considérable le taux des nouvelles infections par le VIH. Cette tendance s'est confirmée puisque le nombre des nouvelles infections par le VIH a baissé de près de 20 % au niveau mondial au cours des 10 dernières années. Les nouvelles données montrent que 2,5 millions de personnes ont été infectées par le VIH, soit 100 000 de moins que les 2,6 millions de personnes infectées en 2010.

Environ 4,9 millions de jeunes gens sont atteints de VIH, 75 % d'entre eux vivant en Afrique subsaharienne. Au niveau mondial, les jeunes femmes ayant entre 15 et 24 ans restent le groupe le plus à risque au regard du VIH, et on estime que 1,2 millions de filles et de jeunes femmes ont été nouvellement infectées en 2011.

Chiffres clés sur le VIH en 2011 - Aperçu

  • 34,2 millions [entre 31,8 et 35,9 millions] de personnes dans le monde vivent avec le VIH
  • 2,5 millions [entre 2,2 et 2,8 millions] de personnes ont nouvellement été infectées par le VIH
  • 1,7 millions [ente 1,6 et 1,9 millions] de personnes ont succombé à des maladies liés au sida
  • Plus de 8 millions de personnes suivent une thérapie antirétrovirale

Approches axées sur les droits en matière de VIH

C'est la première fois, en 20 ans, que la conférence sur le sida se tient aux États-Unis - deux ans seulement après que le pays organisateur a levé les restrictions liés aux déplacements imposées aux personnes atteinte du VIH. Les données du rapport montrent toutefois que dans 46 pays, territoires et zones, il existe toujours des restrictions empêchant les gens atteints du VIH d'y entrer, d'y faire du tourisme ou d'y résider.

Le rapport considère que les approches axées sur les droits, lesquelles promeuvent l'égalité des sexes et le renforcement des communautés, sont essentielles pour toutes les composantes de la riposte contre le sida. Il souligne également l'avantage considérable des ripostes axées sur les communautés dans le cadre de la fourniture de services liés au VIH.

« Nous observons un puissant leadership et une importante participation de la société civile et des populations clés dans la riposte contre le sida en Europe orientale et en Asie centrale, mais l'épidémie continue de se développer rapidement dans ces régions, » a indique Svitlana Moroz, membre du Réseau ukrainien de personnes vivant avec le VIH. « Les politiques répressives contre les travailleurs du sexe, les personnes qui consomment des drogues ou les hommes ayant des relations sexuelles avec d'autres hommes, combinées avec la pénalisation de la transmission du VIH, sont autant de facteurs qui alimentent l'épidémie. Nous devons développer et soutenir des programmes de traitement intégré du VIH, de la tuberculose, de la toxicomanie et de l'hépatite virale, et trouver le juste équilibre entre le traitement et la prévention du VIH. »

Le rapport souligne que le soutien de la riposte contre le sida nécessitera une meilleure prise en charge par les pays et une plus grande solidarité internationale. Il met également l'accent sur la nécessité de disposer d'investissements durables et prévisibles, ainsi que sur le fait que les pays doivent être en mesure de mobiliser et d'utiliser les ressources de manière efficace et efficiente.

« Chaque dollar consacré à la lutte contre le sida représente un investissement et non pas une dépense, » a déclaré M. Sidibé. « Nous devons non seulement nous focaliser sur la réalisation des objectifs fixés pour 2015, mais également nous projeter au-delà en restant fermement concentrés pour atteindre la vision de zéro nouvelle infection à VIH, zéro discrimination et zéro décès liées au sida. »

Centre de presse

Téléchargez la version imprimable (PDF)


Contact

ONUSIDA Genève
Saira Stewart
tél. +41 22 791 2511
stewarts@unaids.org


Contact

Washington DC
Sophie Barton-Knott
tél. +1 202 735 46 05, +41 79 514 68 96
bartonknotts@unaids.org


Région/pays



Publications