Communiqué de presse

Un programme historique d'accès au diagnostic du VIH permettra d'économiser 150 millions de dollars et aidera à atteindre les nouveaux objectifs mondiaux de lutte contre le VIH

New York, 25 septembre 2014 - La société Roche vient d'annoncer le lancement d'un programme majeur d'accès mondial destiné à réduire considérablement le prix des tests de mesure de la charge virale du VIH dans les pays à revenu faible ou intermédiaire. Cette nouvelle initiative permet de fixer le prix plafond du test à 9,40 dollars US et de réduire ainsi de plus de 40% le prix moyen pratiqué par Roche dans les pays à revenu faible ou intermédiaire.  Une fois pleinement opérationnel, le programme d'accès mondial devrait permettre de réaliser plus de 150 millions de dollars US d'économie au cours des cinq prochaines années.

En améliorant l'accès aux tests de mesure de la charge virale, ce nouvel accord va permettre d'améliorer substantiellement la qualité des services de traitement du VIH et de renforcer les capacités nécessaires à l'atteinte de l'objectif mondial de suppression de la charge virale chez 90% des personnes sous traitement antirétroviral. Le prix élevé des tests de mesure de la charge virale est l'une des principales raisons pour lesquelles, à l'heure actuelle, moins d'un quart des personnes sous traitement antirétroviral ont accès aux tests de mesure de la charge virale.

Pour espérer mettre fin à l'épidémie de sida, il est donc essentiel d'accroître l'accessibilité financière et la disponibilité des tests de mesure de la charge virale. Afin de jeter les bases d'éradication de l'épidémie de sida d'ici 2030, la communauté internationale s'est fixé un nouvel objectif de traitement pour 2020 : parvenir à ce que 90% des personnes vivant avec le VIH connaissent leur statut sérologique, 90% des personnes diagnostiquées séropositives bénéficient d'un traitement antirétroviral et 90% des personnes sous traitement parviennent à un état de suppression de charge virale. À ce jour, plus de 13 millions de personnes reçoivent un traitement contre le VIH.

«Nous saluons cette baisse significative de prix qui répond à l'appel pressant des personnes vivant avec le VIH. Désormais, grâce aux tests de mesure de la charge virale, nous pouvons contribuer à ce que les traitements améliorent la qualité de vie des personnes», a déclaré Michel Sidibé, le directeur exécutif de l'ONUSIDA. «Je tiens à féliciter l'ensemble des partenaires pour cet accord qui intervient au bon moment. C'est un excellent exemple de partenariat public-privé à l'œuvre et du genre d'innovation dont nous avons besoin pour éradiquer l'épidémie de SIDA».

Grâce aux tests de mesure de la charge virale, les médecins et le personnel soignant intervenant dans les pays en développement peuvent s'assurer que leurs patients reçoivent le traitement approprié et maintenir leur charge virale à des niveaux indétectables. Cela permet de veiller à ce que les patients restent sains tout en prévenant la transmission du VIH.

L’Initiative pour l’accès au diagnostic, parrainée par l’ONUSIDA et lancée à l’occasion de la Conférence internationale sur le sida qui s’est tenue en Australie en juillet 2014, a lancé un appel à la communauté internationale afin de garantir des prix plus abordables pour les tests de mesure de la charge virale. Sous l’impulsion de l’Afrique du Sud et en partenariat avec l’Initiative Clinton pour l’accès à la santé (ou CHAI pour Clinton Health Access Initiative), l’ONUSIDA, le Fonds mondial et le Plan présidentiel américain d’aide d’urgence à la lutte contre le sida (PEPFAR), les fournisseurs ont été mis au défi de baisser les prix des tests de mesure de la charge virale et c'est la société Roche qui la première a proposé à la communauté touchée par le VIH une politique d’accès qui assurera la réalisation de ces objectifs. Parmi les autres partenaires de l'Initiative pour l’accès au diagnostic figurent l’Organisation mondiale de la Santé, les Centers for Disease Control and Prevention (CDC), la Société africaine pour la médecine de laboratoire, UNITAID, le Fonds mondial, le PEPFAR et l’Initiative Clinton pour l’accès à la santé et l’UNICEF.

«Nous saluons les efforts de tous les partenaires internationaux qui se sont unis pour que plus de 31 millions de personnes vivant avec le VIH et le sida dans les pays à revenu faible et intermédiaire puissent bénéficier de tests de mesure de la charge virale à ce prix réduit», a déclaré Bill Clinton, président de l’initiative du même nom. «Cela fait plus d’une décennie que l’Initiative Clinton pour l’accès à la santé est associée à l’Afrique du Sud dans sa lutte contre le VIH. Nous sommes honorés de travailler main dans la main avec un des gouvernements qui s'engagent en faveur du traitement du VIH, non seulement dans leur pays mais partout dans le monde».

L'Afrique du Sud est le premier acheteur de tests de mesure de la charge virale et son Service national de laboratoires de santé (ou NHLS pour National Health Laboratory Service) est chargé du plus important programme portant sur la charge virale du continent. LE NHLS a travaillé en étroite collaboration avec Roche et d’autres partenaires afin de créer un cadre dont pourront bénéficier non seulement les 2,5 millions de personnes sous traitement en Afrique du Sud, mais également des millions d’autres recevant un traitement antirétroviral en Afrique subsaharienne et au-delà.

«Pour mettre fin à l’épidémie de sida en Afrique du Sud, nous devons nous appuyer sur ces avancées positives qui vont nous permettre de garantir des services de traitement du VIH de la plus haute qualité, comme nous pouvons en juger d'après le nombre de personnes vivant avec le VIH qui sont parvenues à un état de suppression virale», a commenté le président de l’Afrique du Sud, M. Jacob Zuma. «Grâce à notre partenariat continu avec l’Initiative Clinton pour l’accès à la santé et l’ONUSIDA, l’Afrique du Sud a réussi à réduire significativement le prix par patient de ce test de diagnostic essentiel».

Le Programme pour l’accès mondial perpétue le leadership assuré de longue date par l'entreprise Roche, qui a joué un rôle important dans la riposte au sida.

«En tant que leader dans le domaine des tests de mesure de la charge virale, Roche soutient l’objectif 90-90-90 de l’ONUSIDA et l’Initiative pour l’accès au diagnostic en élargissant l’accès à des tests de VIH de qualité via la mise à disposition de test à des prix abordables au bénéfice des pays les plus touchés par la maladie. Sachant que 70 % des personnes vivant avec le VIH résident en Afrique subsaharienne, nous sommes convaincus que notre engagement peut vraiment faire la différence pour atteindre l'objectif de maîtrise de l'épidémie de VIH/sida de l'ONUSIDA».

Les principaux donateurs soutenant la lutte contre le sida ont favorablement accueilli le programme et se sont engagés à le mettre efficacement à profit en vue d'intensifier la pratique de tests de charge virale. «Le PEPFAR est déterminé à poursuivre les efforts visant à accroître l'utilisation de tests de mesure de la charge virale afin que les entités soutenues par le Plan puissent suivre les résultats de leurs patients, sachant que le but ultime est de parvenir à ce que l'ensemble des patients ait une charge virale indétectable, aussi bien pour leur propre santé que pour avancer dans la maîtrise de l'épidémie de VIH», a indiqué l’ambassadrice Deborah L. Birx, coordinatrice américaine de la lutte mondiale contre le sida. «Nous travaillons actuellement sur des programmes de déploiement en partenariat avec les pays afin de garantir que d’ici quatre ans tous les patients et cliniciens soutenus par le PEPFAR puissent disposer de données précises et de qualité sur le taux de charge virale». Le PEPFAR soutient actuellement le traitement antirétroviral de plus de quatre millions de patients, sans compter l’Afrique du Sud.

«Le Fonds mondial salue cette nouvelle initiative », a déclaré Mark Dybul, Directeur exécutif du Fonds mondial. «De nombreux programmes de traitement n’accordent pas encore la priorité à l’intensification des tests de charge virale, en grande partie en raison du coût élevé des technologies disponibles. Le programme d’accès de Roche représente à ce titre une incitation importante à l’élargissement rapide de l’accès aux tests de mesure de la charge virale».

L’Initiative Clinton pour l’accès à la santé a été créée en 2002 (à l’époque sous le nom d’Initiative Clinton sur le VIH/sida) pour soutenir les partenaires au niveau gouvernemental et répondre à la crise de VIH/sida dans les pays en développement. Le CHAI a initié ses travaux en Afrique du Sud en 2003 où il a soutenu les pouvoirs publics dans la mise en œuvre du premier plan national d'intensification du traitement du VIH. Depuis lors, le CHAI a aidé l’Afrique du Sud à économiser 900 millions de dollars sur le coût des antirétroviraux pour une période de 4 ans, a soutenu une initiative de dépistage qui a concerné 15 millions de personnes sur 15 mois et a aidé au déploiement du traitement du VIH sur plus de 4 000 centres de santé dans tout le pays.

Le rôle joué par l’Initiative Clinton pour l’accès à la santé dans l’élaboration du nouvel accord sur les tests de mesure de la charge virale a été rendu possible grâce à l'intervention du ministère britannique du Développement international (ou DFID pour Department of International Development),l'un des plus anciens et plus proches partenaires du CHAI. Le DFID finance des projets pionniers destinés à influer sur le marché des produits de santé essentiels tels que les médicaments, les vaccins, les systèmes de diagnostic et les contraceptifs. Il aide ainsi les organisations et les pouvoirs publics à affecter et dépenser plus efficacement leurs financements et améliore l’accès aux soins pour les personnes qui en ont le plus besoin. Le DFID travaille également en étroite collaboration avec les autorités sud-africaines, dont il soutient les efforts afin d’intensifier radicalement le traitement du VIH et de parvenir à une plus grande efficacité en matière de dépenses dans la lutte contre le VIH.

À propos de l'Initiative mondiale Clinton

Créée en 2005 par le président Bill Clinton, l'Inititative mondiale Clinton (ou CGI pour Clinton Global Initiative), appelle les leaders mondiaux à concevoir et mettre en œuvre des solutions innovantes pour faire face aux défis majeurs existants à l'échelle mondiale. Les assemblées générales annuelles convoquées par le CGI ont réuni plus de 180 chefs d'État, 20 lauréats du prix Nobel et des centaines de chefs d'entreprise, dirigeants de fondations ou d'ONG, principaux mécènes et représentants des médias. À ce jour, les membres de la communauté du CGI ont formalisé plus de 3 100 engagements d'action qui ont permis d'améliorer la vie de près de 430 millions de personnes dans plus de 180 pays.

Le CGI convoque également le CGI Amérique, un espace spécialement dédié à la recherche de solutions concertées pour la reprise économique aux États-Unis, ainsi que l'Université du CGI (CGI U), un forum qui permet de réunir les étudiants du premier et du second cycle en les invitant à relever les défis les plus urgents qui se présentent au sein de leur communauté ou à l'échelle mondiale. Pour plus d'informations, vous pouvez consulter la page clintonglobalinitiative.org et nous suivre sur Twitter, @ClintonGlobal, et Facebook, facebook.com/clintonglobalinitiative.

ONUSIDA

Le Programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida (ONUSIDA) guide et mobilise la communauté internationale en vue de concrétiser sa vision commune : « Zéro nouvelle infection à VIH. Zéro discrimination. Zéro décès lié au sida. » L’ONUSIDA conjugue les efforts de 11 institutions des Nations Unies – le HCR, l’UNICEF, le PAM, le PNUD, l’UNFPA, l’UNODC, ONU Femmes, l’OIT, l’UNESCO, l’OMS et la Banque mondiale. Il collabore étroitement avec des partenaires mondiaux et nationaux pour mettre un terme à l’épidémie de sida à l’horizon 2030 dans le cadre des Objectifs de développement durable. Pour en savoir plus, consultez le site unaids.org, et suivez-nous sur Facebook, Twitter, Instagram et YouTube.

Contact

UNAIDS
Sophie Barton-Knott
tél. tel. +41 79 514 6894
bartonknotts@unaids.org

Centre de presse

Téléchargez la version imprimable (PDF)