Reportage

Résultats d’enquêtes en population récentes

05 juillet 2007

1. Comment les résultats d’enquêtes en population ont-ils été utilisés pour réviser les estimations sur le sida ?

Depuis 2000, plusieurs pays mènent des enquêtes auprès de la population comprenant une composante sur la prévalence du VIH. Les premières ont été faites au Mali et en Zambie en 2001-2002. A la mi-2007, au total 26 pays d’Afrique subsaharienne avaient réalisé des enquêtes. En outre, les deux pays des Caraïbes les plus touchés par le VIH que sont Haïti et la République dominicaine avaient aussi mené des enquêtes auprès de la population, de même que l’Inde et le Cambodge en Asie.

Les informations fournies par les enquêtes ont permis de réviser les estimations publiées par l’ONUSIDA. Lorsque les résultats des enquêtes sont connus avant la publication du Rapport sur l’épidémie mondiale de sida (qui paraît tous les deux ans), l’ONUSIDA s’inspire des estimations de prévalence de l’enquête pour établir les siennes, d’où il résulte que les chiffres sont très proches. Comme le montre le tableau ci-joint, toutes les enquêtes sauf une (celle de l’Ouganda) ont révélé une prévalence plus faible que celle indiquée dans les estimations publiées précédemment sur la base des données de surveillance sentinelle.

Les résultats d’un certain nombre d’enquêtes n’ont toutefois été connus qu’après la publication du Rapport sur l’épidémie mondiale de sida 2006 de l’ONUSIDA. Ils ont, pour la plupart, déjà été intégrés dans les estimations régionales publiées dans le document ‘Le point sur l’épidémie de sida’ de 2006, notamment pour la Côte d’Ivoire, le Cambodge et Haïti. Il est intéressant de signaler que la récente enquête menée en République centrafricaine a révélé une prévalence de 6,2 % en 2006, contre l’estimation de 10,7 % publiée pour 2005. Dans d’autres pays d’Afrique subsaharienne, les estimations récentes tirées d’enquêtes de population sont proches des estimations publiées précédemment (Bénin, Mali (2006), Niger (2006), Zimbabwe). En Asie, outre l’Inde, le Cambodge a mené une enquête en population qui a révélé une prévalence plus faible (0,6 % en 2005) que ce qui avait été estimé précédemment (1,6 % en 2005).


2. Où peut-on s’attendre à des différences significatives entre les résultats des enquêtes en population et les estimations sur le sida ?

Des enquêtes en population comprenant une composante sur la prévalence du VIH sont actuellement prévues ou en cours dans plusieurs pays d’Afrique subsaharienne, notamment l’Erythrée, le Gabon, la Gambie, le Liberia, Madagascar et la République démocratique du Congo. Aucune enquête n’est prévue en dehors de l’Afrique subsaharienne, les autres pays affichant pour la plupart de faibles taux de prévalence ce type d’enquête ne peut leur être utile.


3. Quel est l’impact des différences entre les résultats des enquêtes de population et les estimations sur le sida?

D’après le document ‘Le point sur l’épidémie de sida 2006’, le nombre estimé de personnes vivant avec le VIH en 2006 était de 39,5 millions (fourchette 34,1-47,1 millions). Bien que plusieurs pays déclarent une baisse de la prévalence, le nombre total se situe bien dans la fourchette mondiale estimée pour 2006 et reste élevé.

On évaluait précédemment à 130 000 le nombre de personnes vivant avec le VIH au Cambodge (fourchette 74 000-210 000). Tout changement des estimations du Cambodge n’aurait de ce fait qu’un impact mineur sur les estimations régionales et mondiales. En Afrique subsaharienne également, on pense que les nouveaux chiffres auront peu d’impact sur la prévalence régionale (actuellement estimée à 5,9 % - soit 24,7 millions de personnes) et devraient se situer au beau milieu de la fourchette régionale (5,2 %-6,7 % - soit 21,8-27,7 millions de personnes).




Liens:

Tableau des résultats des dernières enquêtes de population (pdf, 8,51 Kb) (en anglais)
Davantage d’informations sur les estimations révisées en Inde
Davantage d’informations sur l’épidémiologie
Davantage d’informations sur la méthodologie

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