Reportage

Formation sur le thème des données de localisation et d’estimation de la taille des populations clés en Afrique occidentale et centrale

25 juin 2021

Alors que les populations clés et leurs partenaires sexuels représentent 69 % des nouvelles infections au VIH en Afrique occidentale et centrale, atteindre l’objectif 95–95–95 parmi ces groupes aura un impact significatif sur l’épidémie de VIH dans la région. Toutefois, les programmes à destination de ces populations sont insuffisants. Selon Frontline AIDS, entre 2016 et 2018 en Afrique occidentale et centrale, la région n’accordait que 2,4 % des investissements alloués à la lutte contre le VI au financement des programmes pour les populations clés.

Les informations stratégiques (données et analyses de qualité) sont cruciales à la riposte au VIH, pour garantir la reddition de comptes et pour fixer des objectifs ambitieux et mesurables dans le temps afin de suivre l’évolution. 

« On a beau toujours répéter le vieil adage « Mesurer, c’est savoir », il continue de s’appliquer à la riposte au VIH. Au fil des années, la collecte, l’analyse et la diffusion de données ont permis de mieux comprendre l’épidémie de VIH et ont aidé les programmes à atteindre les bonnes personnes au bon endroit et au bon moment », a déclaré Marie Engel, conseillère auprès de l’équipe d’appui aux régions de l’ONUSIDA pour l’Afrique occidentale et centrale.

Une trentaine de personnes issues de quatre pays (Sénégal, Côte d’Ivoire, Guinée et Guinée-Bissau) et appartenant majoritairement à des organisations au service des populations clés ont récemment participé à une session de formation à Saly au Sénégal. L’objectif consistait à renforcer leurs compétences concernant la collecte et l’analyse de données sur la localisation et l’estimation de la taille des populations clés. Au cours de cette rencontre, qui s’inscrivait dans un projet sous-régional appelé RECCAP financé par Expertise France et l’organisation non gouvernementale Enda Santé en collaboration avec l’Université Johns Hopkins, les participantes et participants ont reçu une formation aux méthodes fondamentales d’analyse statistique et d’estimation de la taille de populations, ainsi qu’aux outils de cartographie de la santé, ou encore à l’analyse et à la présentation des données collectées. L’ONUSIDA et l’Organisation mondiale de la Santé ont parrainé la participation de plusieurs personnes.

« Le développement des capacités locales permettra de mettre en place des programmes parfaitement adaptés à l’évolution des différentes situations en localisant les dynamiques de la vulnérabilité au VIH et en analysant l’influence des combinaisons sociospatiales sur les données épidémiologiques. La diversité des profils des participants et participantes sélectionnés et la pluralité des expériences de l’équipe de formation garantissent un transfert de connaissances et un véritable partage », a déclaré Daouda Diouf, directeur général d’Enda Santé.

Il reste à espérer que la formation permettra aux populations clés d’exercer leur leadership. Il s’agit en effet d’un élément essentiel pour garantir que les ripostes au VIH sont inclusives, équitables, efficaces, performantes et pérennes.