Le rapport annuel de l'UNFPA examine les liens entre VIH et changements climatiques

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Reportage

Le rapport annuel de l'UNFPA examine les liens entre VIH et changements climatiques

18 novembre 2009

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State of the Worlds Population, 2009
Credit: UNFPA

Pour atteindre ses objectifs, la riposte mondiale au sida devra s'attaquer non seulement au VIH, qui tend à gagner du terrain, mais également aux conséquences des changements climatiques, notamment les pénuries d'eau et de nourriture, l'augmentation de la pauvreté et la fréquence accrue des catastrophes naturelles. C'est ce que soutient le Rapport sur l'Etat de la population mondiale 2009, publié aujourd'hui par le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA).

Le rapport soutient de la même manière que le renforcement de la riposte à l'épidémie de sida permettra davantage aux individus, aux communautés et aux sociétés, de résister socialement aux menaces liées aux changements climatiques et de faire face aux conséquences de ces changements. Le VIH et les changements climatiques sont considérés comme deux problèmes profondément liés, une perception partagée par plusieurs institutions des Nations Unies, dont l'ONUSIDA et le Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE).

Avec comme sous-titre « Face à un monde qui change : les femmes, la population et le climat », le rapport sur l'Etat de la population mondiale place les femmes au centre des tentatives visant à affronter les changements climatiques et maintient que les politiques, les programmes et les initiatives diverses auront plus de chances d'atténuer les pires effets de ces changements s'ils prennent en compte les droits et les besoins des femmes.

Les femmes pauvres des pays pauvres sont les plus durement touchées par les changements climatiques, alors qu'elles y contribuent le moins.

Thoraya Ahmed Obaid, Directrice exécutive de l'UNFPA

On estime que les femmes sont plus touchées par les changements climatiques, en partie à cause du fait qu'elles représentent dans de nombreux pays la majorité de la main d'oeuvre agricole, laquelle subit de plein fouet les crises environnementales, et parce qu'elles n'ont que rarement la possibilité de contrôler leur propre vie et de profiter à égalité avec les homes d'opportunités génératrices de revenus ; elles ont plus de chances que les hommes d'être pauvres et de voir leur pauvreté empirer. Ainsi que le formule Thoraya Ahmed Obaid, Directrice exécutive de l'UNFPA, « les femmes pauvres des pays pauvres sont les plus durement touchées par les changements climatiques, alors qu'elles y contribuent le moins ». 

De nombreux exemples de conséquences extrêmes des changements climatiques sont cités, de la fonte des glaciers en Bolivie, à la destruction des cultures par les typhons aux Philippines, en passant par la sécheresse en Afrique australe et orientale et les inondations au Vietnam. Dans chaque scénario, les femmes doivent se battre pour continuer d'assurer leur propre subsistance et celle de leurs familles, voire lutter pour leur survie dans certains cas.

Selon le rapport, l'émancipation des femmes et des filles, notamment par des investissements dans la santé et l'éducation, contribue à stimuler le développement économique et à réduire la pauvreté, ce qui permet de mieux faire face aux conséquences des changements climatiques. Les filles plus éduquées auront davantage tendance, une fois adultes, à se protéger contre le VIH et à fonder des familles de petite taille et en bonne santé. En général, l'accès aux services de santé reproductive comme la planification familiale abaisse le taux de fertilité, ce qui contribue clairement à réduire l'impact potentiel des crises environnementales et à accroître les chances d'un développement durable.

« Les femmes doivent faire partie de tout accord sur les changements climatiques, non pas dans le cadre d'une réflexion après coup ou parce que cela est politiquement correct, mais parce que c'est ce qu'il faut faire », affirme Mme Obaid. « L'avenir de l'humanité dépend de notre capacité à mobiliser le potentiel de l'ensemble des êtres humains, et notamment celui des femmes. »

Le rapport sur l'Etat de la population mondiale 2009 soutient que l'égalité des sexes est confrontée à de nombreux défis ; il s'agit pourtant d'une nécessité urgente, non seulement pour améliorer la vie des femmes, mais également pour écarter les effets des crises environnementales. Ce sentiment d'urgence sera relayé auprès des dirigeants et des négociateurs, qui doivent se réunir lors de l'importante conférence sur les changements climatiques prévue en décembre à Copenhague. Il leur est demandé « d'entretenir une réflexion constructive » non seulement sur les objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre, mais également sur la population, la santé reproductive et l'égalité des sexes, et sur la manière de contribuer ainsi à l'avènement « d'un monde juste et écologiquement viable ».