Reportage

Organisation d’un Forum de lutte contre le VIH respectueux des droits de l’homme en Chine

06 juillet 2010

20100705_ChinaA_200Vice Minister Yin Li addressed the Forum on 5 July 2010

Pour la première fois en Chine, le gouvernement et la société civile ont constitué un partenariat afin d’apporter des idées novatrices et respectueuses des droits de l’homme au renforcement de la riposte nationale au VIH. Le Forum chinois de Beijing Ruban Rouge a été lancé le 5 juillet 2010 lors d’une réunion de haut niveau à laquelle ont participé le Vice-Ministre de la Santé, Yin Li, et plus de 100 représentants de la société civile, lesquels incluaient des organisations locales.

 

Le gouvernement chinois accorde une grande importance à la riposte au sida.

Yin Li, Vice-Ministre de la Santé

« Le gouvernement chinois accorde une grande importance à la riposte au sida », a déclaré le Vice-Ministre, Yin Li. « Les dirigeants de notre pays sont exemplaires dans la mobilisation et l’émulation de tous les secteurs de la société en faveur de la protection des droits fondamentaux des personnes vivant avec le VIH et le sida, dans la réduction des stigmatisations et des discriminations et dans l’ouverture vers l’avenir. »

20100705_ChinaA1_200Forum speakers respond to questions from the floor.

« La réunion d’aujourd’hui revêt une grande importance et il ne faudrait pas en sous-estimer la portée », a observé Steve Kraus, le Directeur régional de l’ONUSIDA pour l’Asie et le Pacifique. « La réussite des programmes nationaux de lutte contre le sida dépend de ce partenariat entre le gouvernement et la société civile qui favorise l’instauration d’un débat honnête et ouvert. »

 Ce n’est qu’en adoptant une approche centrée sur la personne humaine et en assurant la protection des droits de l’homme que nous pourrons mettre en œuvre les stratégies et les mesures de notre riposte au sida. Ce n’est aussi que par cette voie que nous pourrons élargir la portée de notre riposte et améliorer les conditions de vie des personnes vivant avec le VIH ou affectés par le virus.

Dr Wang Longde, président de l’Association chinoise de médecine préventive et président du comité de gestion intérimaire du Forum :

Le Dr Wang Longde, président de l’Association chinoise de médecine préventive et président du comité de gestion intérimaire du Forum a souligné : « Ce n’est qu’en adoptant une approche centrée sur la personne humaine et en assurant la protection des droits de l’homme que nous pourrons mettre en œuvre les stratégies et les mesures de notre riposte au sida. Ce n’est aussi que par cette voie que nous pourrons élargir la portée de notre riposte et améliorer les conditions de vie des personnes vivant avec le VIH ou affectés par le virus. »

Le comité de gestion intérimaire du Forum, qui compte 14 membres, inclut des représentants du gouvernement et de la société civile. Il sera remplacé, au terme de sa première année d’existence, par un comité de gestion dont les membres seront choisis à l’issue d’une vaste consultation menée auprès de la société civile et des autres parties prenantes.

Une approche fondée sur les droits de l’homme

20100705_ChinaB_200Mr Steve Kraus, Director UNAIDS RST Asia Pacific.

Thomas Cai est le fondateur d’AIDS Care China, un organisme qui fournit une aide de proximité contre le VIH, dont le travail a été reconnu aux niveaux national et international. Il est aussi l’un des membres du comité intérimaire. Il est persuadé que le Forum va permettre de nombreuses innovations.

« Ce Forum doit aller, et ira, au-delà des simples paroles », a expliqué Thomas Cai. « Certains sont, il est vrai, sceptiques quant à sa capacité à améliorer les choses. Ils doutent de son aptitude à être efficace, et non pas un simple coup médiatique. Notre objectif est, si l’on peut dire, de nous appuyer sur le VIH, en tant qu’« expérience acquise », pour renforcer les droits de l’homme au sein de l’approche qui constitue notre cadre d’action. »

Aller de l'avant

Le Forum a abordé un large éventail de questions comme la réforme des lois visant à protéger les droits des personnes vulnérables au VIH, ou vivant avec le virus, et la réduction des stigmatisations et des discriminations. Les débats ont aussi porté sur le renforcement des actions de prévention qui sont menées contre le VIH dans le respect des droits de l’homme en Chine.

« La prochaine étape consiste à transformer ces discussions en résultats concrets », a déclaré Mark Stirling, Coordinateur de l’ONUSIDA pour la Chine.

Les membres délégués du Forum ont déjà mis en évidence un certain nombre d’actions prioritaires :

  • Intégrer une approche respectueuse des droits de l’homme dans le prochain Plan d’action sur cinq ans pour le VIH/sida de la Chine (2011-2016)
  • Garantir la conformité des lois aux clauses antidiscriminatoires existantes et conduire un audit juridique pour évaluer les modalités des révisions et des abrogations législatives en cas de lois contraires
  • Créer un cadre normalisé permettant d’accorder des indemnités en cas d’infection au VIH due à l’utilisation de produits sanguins contaminés ou à la vente de lots de sang
  • Assurer l’enregistrement et la reconnaissance juridique des organisations non gouvernementales et communautaires
  • Favoriser le dialogue entre les Ministères de la Santé, de la Sécurité publique et de la Justice pour examiner la manière dont le travail sur la réduction des risques pourrait être renforcé en vue de diminuer les risques d’infection parmi les consommateurs de drogues injectables, les professionnels du sexe et les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes.

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