Reportage

Les dirigeants du monde se concentrent sur l'élimination de la transmission du VIH de la mère à l'enfant d'ici 2015

20 septembre 2010

Michel Sidibé, lors de son intervention au petit-déjeuner de l'UNICEF. Photo: UNAIDS/Hamilton

L'élimination virtuelle de la transmission du VIH de la mère à l'enfant d'ici 2015 et l'établissement de liens entre les objectifs du Millénaire pour le développement 4 (réduire de la mortalité infantile), 5 (améliorer la santé maternelle) et 6 (combattre le VIH/sida, le paludisme et d'autres maladies) furent au centre des débats d'une session de travail qui s'est déroulée le 21 septembre à New York dans le cadre d'un événement organisé par l'UNICEF, l'OMS et l'ONUSIDA en marge du Sommet sur les OMD.

Michel Sidibé, Directeur exécutif de l'ONUSIDA, a déclaré lors de son intervention  : « Il faut rompre l'isolement du sida et exploiter les investissements consentis pour la lutte internationale contre le sida afin de progresser dans tous les OMD. » 

Cette session de travail réunissait des représentants de haut niveau des pays, des directeurs d'organisations internationales, des représentants de la société civile et des délégués des pays donateurs. 

Le VIH demeure une des principales cause de mortalité chez les femmes en âge de procréer à travers le monde. Il est également une cause de mortalité maternelle et de mortalité chez les moins de cinq ans dans plusieurs pays. Bien que l'offre de services éprouvés de prévention de la transmission du VIH de la mère à l'enfant a bel et bien éliminé ce type de transmission dans les pays à revenus élevés, ce sont plus de mil enfants dans les pays à revenu faible et intermédiaire qui sont infectés chaque jour par le VIH par transmission durant la grossesse, l'accouchement et l'allaitement au sein.

Chaque année, près de 430 000 enfants naissent avec le VIH et selon un nouveau rapport publié la semaine dernière par l'OMS, l'UNICEF, l'UNFPA et la Banque mondial, le recul de 35 % du taux de mortalité maternelle à travers le monde depuis 1990 est terni par l'existence de difficultés dans de nombreux pays d'Afrique sub-saharienne, surtout à cause du VIH. Au Botswana, la mortalité maternelle a augmenté de 133 % entre 1990 et 2008. Ce chiffre est de 80 % pour l'Afrique du Sud et de 38 % pour le Kenya. Dans certains pays, plus de la moitié des décès maternels est imputable au VIH ; citons par exemple le Botswana (77 %), le Swaziland (75 %), le Lesotho (59 %), le Zimbabwe (53 %) et l'Afrique du Sud (43 %). Ces chiffres soulignent le caractère indivisible des OMD et mettent en évidence les liens entre les OMD 5 et 6.

Comme l'ont rappelé les participants, il existe un consensus entre la communauté internationale et les gouvernement sur la faisabilité de l'intensification de la prévention de la transmission du VIH de la mère à l'enfant (PTME) et sur la nécessité d'accélérer cette dernière. 

L'ONUSIDA a identifié la PTME parmi les 10 domaines d'action conjointe par les coparrainants de l'ONU. L'appel du Directeur exécutif de l'ONUSIDA en faveur de l'élimination virtuelle de la transmission de la mère à l'enfant est devenu un cri de rassemblement pour la sensibilisation, la mobilisation des ressources et les actions à tous les niveaux.

 Lors de la séance, les intervenants ont rappelé que, malgré les progrès remarquables affichés par de nombreux pays, il fallait intensifier les efforts pour offrir les services de PTME à toutes les femmes et à tous les enfants. 

Les participants s'accordent à dire que l'élimination effective de la TME va nécessiter un leadership politique continu, l'engagement des pays et l'appui des donateurs.  L'élimination de la TME d'ici 2015 requiert également un renforcement des systèmes de soin de santé plus larges et ces deux facteurs dépendront de la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement 4, 5 et 6 et contribueront à celle-ci.