Le Secrétaire général des Nations Unies intervient contre la discrimination fondée sur l'orientation sexuelle

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Reportage

Le Secrétaire général des Nations Unies intervient contre la discrimination fondée sur l'orientation sexuelle

30 janvier 2012

Intervention du Secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, au 18e Sommet annuel de l'Union africaine. Addis Abeba, Éthiopie.
Photo : ONUSIDA/J.Ose

Le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, a insisté sur la nécessité d'ancrer le développement du continent africain dans le respect des droits de l'homme. « La Déclaration universelle des droits de l'homme est une promesse qui s'adresse à tous, en tous lieux et en tous temps », a déclaré M. Ban lors du 18e Sommet annuel de l'Union africaine.

M. Ban a noté que la discrimination fondée sur l'orientation sexuelle ou l'identité de genre était une injustice ignorée, voire sanctionnée par de nombreux États. « Ceci a incité certains gouvernements à traiter certaines personnes comme des citoyens de seconde zone ou encore des criminels. La lutte contre cette discrimination est problématique. Mais nous devons nous tenir aux idéaux de la Déclaration universelle », a souligné M. Ban.

Actuellement, on estime que 76 pays et régions dans le monde disposent de lois criminalisant les relations sexuelles entre adultes consentants du même sexe––cinq imposent la peine de mort. L'ONUSIDA considère la criminalisation des personnes selon leur orientation sexuelle comme un déni des droits de l'homme et une menace pour la santé publique dans le contexte de la riposte au VIH. Ces lois discriminatoires poussent les personnes à vivre en marge et les empêchent d'accéder aux services anti-VIH.

Les pays tels que les États-Unis et le Royaume-Uni ont déjà modifié leurs dispositions concernant l'aide extérieure afin de s'assurer que les droits des minorités sexuelles sont respectées. Ces pays utiliseront leur assistance pour protéger les droits de l'homme et œuvrer en faveur d'une non discrimination, et travailleront avec des organisations internationales pour mettre fin à la discrimination contre les populations gays et lesbiennes.

La Déclaration universelle des droits de l'homme est une promesse qui s'adresse à tous, en tous lieux et en tous temps

Ban Ki-moon, Secrétaire général des Nations unies

En 2009, la Haute Cour de Delhi a rejeté une loi qui criminalisait les rapports sexuels entre adultes consentants. Cette position a également reçu le soutien du gouvernement indien, dans son affidavit transmis à la Cour suprême. Mais tous les pays n'adoptent pas l'approche indienne.

En juin 2010, le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), avec l'assistance du Secrétariat de l'ONUSIDA, a lancé la Commission mondiale sur le VIH et le droit. L'objectif de la Commission est de sensibiliser sur l'impact de l'environnement juridique dans les ripostes nationales au VIH. Elle vise à s'axer sur la manière dont les lois et les forces de l'ordre peuvent soutenir, plutôt que bloquer, les ripostes efficaces au VIH.

L'ONUSIDA appelle tous les gouvernements à garantir le respect des droits humains des hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes, des populations lesbiennes et transsexuelles par le rejet des lois interdisant les relations sexuelles entre adultes consentants dans le privé ; la mise en exécution de lois pour protéger ces groupes contre la violence et la discrimination ; la promotion de campagnes de lutte contre l'homophobie et la transphobie et l'assurance que les besoins de santé fondamentaux sont satisfaits.