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Contester les lois de consentement parental pour accroître l'accès des jeunes aux services anti-VIH vitaux

23 juillet 2014

Il reste de sérieux défis pour atteindre les adolescents du monde avec le VIH, les services de santé sexuelle et reproductive et les services de réduction des risques. La situation est particulièrement préoccupante car c'est le seul groupe d'âge où les décès liés au sida sont en augmentation, et les décès liés au sida sont le deuxième facteur dans la mortalité des adolescents au plan mondial.

Une session de la Conférence internationale sur le sida à Melbourne, en Australie, le 23 Juillet a exploré l'un des principaux obstacles qui empêche les jeunes d'avoir accès aux interventions : la nécessité du consentement parental avant qu'ils ne soient autorisés à bénéficier de services comme le conseil et le dépistage du VIH ainsi que les programmes aiguilles-seringues. La session a appris que dans l'Afrique subsaharienne, par exemple, au moins 33 pays avaient des critères fondés sur l'âge ou d'autres critères spécifiques pour pouvoir accéder au conseil et au dépistage du VIH.

Tout en reconnaissant que les parents, les tuteurs et l'État ont l'obligation de protéger les jeunes contre les risques, les participants ont discuté de l'évolution des capacités des adolescents à accéder, de façon indépendante, aux programmes pouvant potentiellement sauver des vies. Daniel McCartney de l'International Planned Parenthood Federation et membre du pacte pour la transformation sociale, une coalition de 26 organisations dirigées par des jeunes, soutenue par l'ONUSIDA, a présenté les résultats d'une enquête mondiale en ligne sur la jeunesse relative aux lois et aux exigences de consentement parental à la session.

L'enquête fait ressortir que 72% des personnes interrogées estiment que les lois exigeant le consentement parental ne sont pas un bon moyen d'impliquer leurs parents dans la prise de décision sur leur santé sexuelle et reproductive et sur la réduction des risques. 38% affirment qu'ils n'ont pas toujours été en mesure d'accéder aux services appropriés sans restriction, quand ils en avaient besoin, une situation qui les a laissé avec un sentiment de discrimination et d'impuissance.

Les participants ont convenu d'utiliser les résultats de l'enquête pour plaider à ce que les pays revoient leur politiques basées sur l'âge légal, sur les entraves réglementaires et sociales pour accéder à des services de santé spécifiques et à s'efforcer de faire en sorte que les jeunes se sentent responsabilisés et en charge de leur propre santé sexuelle et bien-être.

Déclarations

« Les jeunes ont besoin de services de réduction des risques. Mais le consentement parental reste un obstacle majeur à l'accès aux programmes aiguilles-seringues pour les jeunes. »

Anita Krug, Youth RISE

« Mes parents ont accepté mon orientation sexuelle et mon statut sérologique, mais beaucoup de jeunes n'ont pas cette chance. »

Gautam Yadav, Youth Voices Count

« Le chemin vers la fin de l'épidémie de sida est un voyage vers l'inclusion et à la justice sociale. »

Luiz Loures, Directeur exécutif adjoint de l'ONUSIDA

« Pour faciliter l'accès aux services, nous avons besoin d'une meilleure compréhension de ce que sont les barrières qui existent afin de pouvoir les éliminer. »

Aram Barra, Espolea