Déclaration à la presse

L'ONUSIDA se félicite de la publication de résultats venant démontrer l'efficacité des médicaments antirétroviraux pour prévenir les nouvelles infections à VIH

GENÈVE, 24 février 2015 — L'ONUSIDA se félicite vivement des résultats d'essais cliniques communiqués à l'occasion de la session 2015 de la conférence sur les rétrovirus et les infections opportunistes (CROI), qui s'est ténue à Seattle, aux États-Unis d'Amérique. Deux études montrent que l'utilisation associée des antirétroviraux ténofovir et emitricitabine en prophylaxie préexposition (PrEP) est efficace à 86 % pour prévenir les nouvelles infections à VIH chez les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes.

Une troisième étude rapporte une efficacité de 96 % dans la prévention de nouvelles infections à VIH au sein de couples sérodifférents (composés d'une personne vivant avec le VIH et d'une personne séronégative), lorsque le partenaire séronégatif a accès à la PrEP et que le partenaire séropositif bénéficie d'un traitement antirétroviral. 

«Ces nouveaux résultats constituent une percée importante dans les efforts déployés pour offrir des options efficaces de prévention du VIH aux hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes au sein de couples sérodifférents» a souligné Michel Sidibé, Directeur exécutif de l'ONUSIDA. «Ces résultats majeurs arrivent à point nommé et vont nous permettre de faire progresser les efforts engagés à l'échelle mondiale pour mettre fin à l'épidémie de sida d'ici 2030».

L'étude PROUD, réalisée au Royaume-Uni, a porté sur plus de 500 hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes à haut risque d'infection à VIH. La moitié des participants s'est vu administrer un comprimé par jour de ténofovir et d'emitricitabine dès le début des essais, l'autre moitié n'a commencé la PrEP qu'un an après. D'après les résultats présentés à la CROI, les participants ayant pris un comprimé par jour de ténofovir et d'emitricitabine ont présenté des taux d'infection au VIH inférieurs de 86 % à ceux des participants dont la prise de traitement a été différée.

Les résultats présentés par les organisateurs de l'étude franco-canadienne IPERGAY ont également montré l'efficacité significative de la PrEP. Dans le cadre de l'étude IPERGAY, près de 450 hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes à haut risque d'infection à VIH ont participé aux essais. La moitié d'entre eux prenait quatre comprimés de ténofovir et d'emitricitabine, deux avant et deux après les rapports sexuels ; l'autre moitié recevait un placebo. D'après les résultats présentés, 86 % des participants ayant pris les comprimés actifs avant et après un rapport sexuel ont été protégés d'une infection à VIH.

Dans ces deux dernières études, les essais ont été modifiés afin de proposer des médicaments antirétroviraux actifs à l'ensemble des participants, après que l'analyse intermédiaire des résultats ait montré un effet positif significatif.

Le projet de démonstration de la PrEP entre partenaires a recruté plus de 1 000 couples sérodifférents en Ouganda et au Kenya. Au sein de chaque couple sérodifférent, le partenaire séropositif s'est vu proposer un traitement antirétroviral et le partenaire séronégatif une PrEP. Un modèle de simulation par ordinateur a calculé que l'efficacité de la PrEP associée à un traitement précoce était de l'ordre de 96 %.

Les résultats du projet de démonstration de la PrEP entre partenaires laissent penser que l'utilisation de la PrEP comme passerelle potencielle en faveur des couples sérodifférents — administrée lorsque la personne séropositive commence un traitement et jusqu'à ce que les risques de transmission du virus diminuent — se révèle très efficace pour réduire les nouvelles infections à VIH. 

Une autre étude réalisée en Afrique du Sud, l'essai FACTS 001, a montré que l'utilisation de gel vaginal ténofovir à 1 %, dans un contexte d'observance modérée avec 50 à 60 % des expositions intervenant en présence de gel, n'avait aucun effet préventif sur les nouvelles infections à VIH parmi les jeunes femmes à haut risque d'infection à VIH. Malgré des résultats décevants, cette étude a néanmoins fourni des données précieuses sur l'urgente nécessité de trouver de nouvelles options efficaces de prévention du VIH qui fonctionnent pour les jeunes femmes.

L'ONUSIDA félicite chaleureusement les chercheurs qui ont mené ces quatre études d'importance majeure sur les approches de prévention du VIH parmi les populations en ayant le plus besoin. Pour les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes à haut risque d'infection à VIH et pour les couples sérodifférents, la PrEP, proposée comme l'un des éléments du paquet de mesures de prévention du VIH, est une option de prévention supplémentaire très efficace.

Afin de progresser dans les efforts menés pour mettre fin à l'épidémie de sida d'ici 2030, l'ONUSIDA rappelle qu'il est nécessaire d'avoir une approche combinée de prévention du VIH mêlant des approches biomédicales, de changement comportemental et structurelles.

ONUSIDA

Le Programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida (ONUSIDA) guide et mobilise la communauté internationale en vue de concrétiser sa vision commune : « Zéro nouvelle infection à VIH. Zéro discrimination. Zéro décès lié au sida. » L’ONUSIDA conjugue les efforts de 11 institutions des Nations Unies – le HCR, l’UNICEF, le PAM, le PNUD, l’UNFPA, l’UNODC, ONU Femmes, l’OIT, l’UNESCO, l’OMS et la Banque mondiale. Il collabore étroitement avec des partenaires mondiaux et nationaux pour mettre un terme à l’épidémie de sida à l’horizon 2030 dans le cadre des Objectifs de développement durable. Pour en savoir plus, consultez le site unaids.org, et suivez-nous sur Facebook, Twitter, Instagram et YouTube.

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