Actualité

Investir dans la production locale de médicaments est une priorité

15 octobre 2014

Si l'objectif mondial ambitieux mais réaliste de mettre fin au sida d'ici 2030 doit se concrétiser, les services de prévention du VIH, de dépistage, de traitement et de conseil doivent être élargis rapidement. L'un des éléments essentiels de cette action est d'assurer un approvisionnement durable en matériel de diagnostic et en médicaments de haute qualité dans les pays les plus touchés.

Une réunion de haut niveau organisée le 14 octobre à Genève, en Suisse, s'est penchée sur la façon dont les pays pouvaient améliorer l'accès aux médicaments et développer leur production nationale avec l'aide d'investissements publics et privés.

Organisée par la Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement et l'ONUSIDA, cette session s'inscrivait dans le cadre du Forum mondial de l'investissement 2014. Sur le thème Investir dans l'accès aux médicaments et la production locale dans les pays en développement, elle a réuni des représentants gouvernementaux, des laboratoires pharmaceutiques, de hauts responsables politiques, des dirigeants d'organisations internationales, des représentants de la société civile et les médias.

Dans son discours d'ouverture, le Directeur exécutif de l'ONUSIDA Michel Sidibé a mis en avant le rôle critique des médicaments antirétroviraux dans la riposte au sida, ainsi que le bénéfice potentiel du financement innovant. Il a invité les gouvernements et la communauté des investisseurs à envisager de nouvelles approches de collaboration.

Les participants ont étudié les opportunités et les difficultés posées par les modèles d'investissement du secteur public, public-privé et privé pour la production pharmaceutique nationale et leur impact sur l'accès au matériel de diagnostic et aux médicaments, en particulier les médicaments antirétroviraux génériques.

Ils ont noté que l'élargissement de l'accès au traitement anti-VIH présentait d'importants avantages, non seulement pour les bénéficiaires et leurs familles, mais aussi pour les économies dans leur ensemble, compte tenu de la productivité et de la longévité accrues et de la réduction des dépenses de santé à long terme. La production locale de médicaments antirétroviraux pourrait aussi ouvrir la voie à une progression générale de l'industrie pharmaceutique, générant des capacités de recherche et développement et augmentant l'autonomie, avec des agendas de recherche localement réactifs qui répondent aux besoins émergents, comme par exemple dans le cas de l'épidémie de virus Ebola. Les participants ont également pris acte de la nécessité de développer des compétences nationales par le biais de la formation, de l'importance de l'assurance qualité et de la régulation pharmaceutique, ainsi que de la nécessité d'avoir des installations de laboratoire et des protocoles de test qui peuvent être rapidement étendus à grande échelle.

Tous sont tombés d'accord pour dire qu'il est aujourd'hui fondamental de faire des gestes concrets pour promouvoir l'investissement dans l'accès aux médicaments locaux et à la production locale, car le coût de l'inaction serait bien trop élevé.

Déclarations

« La santé n'est pas un coût, ce n'est pas une dépense ; la santé est un investissement. »

Michel Sidibé, Directeur exécutif de l'ONUSIDA

« La production locale de médicaments doit être une initiative mondiale. »

Greg Perry, Directeur exécutif du Medicines Patent Pool

« Les priorités des donateurs évoluent. Lorsque je n'ai pas pu obtenir des médicaments anti-VIH de qualité, j'ai dû être hospitalisé pendant un mois. Des changements de ce type ont un impact sur la vie des gens. »

Rico Gustav, Responsable Développement communautaire, Réseau mondial des personnes vivant avec le VIH

« Grâce à la mobilisation de la société civile, la production nationale de médicaments antirétroviraux génériques est devenue la politique du gouvernement thaïlandais. »

Krisana Kraisintu, Directrice de l'Organisation pharmaceutique gouvernementale de Thaïlande

« Ce qu'il faut, c'est une technologie moderne et peu complexe facile à utiliser. »

Roland Göhde, Directeur général, Sysmex Partec GmbH