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Le Bénin adopte une nouvelle loi en faveur de la prévention, la prise en charge et l’élimination de l’infection au VIH
20 février 2026
20 février 2026 20 février 2026L'ONUSIDA salue la promulgation par le Président de la République du Bénin, Patrice Talon, de la loi 2026-02 le 9 février 2026. Cette loi se concentre sur la prévention et la prise en charge du VIH, et permettra d'accélérer les progrès vers l'élimination du sida en République du Bénin.
La nouvelle loi est l'aboutissement d'un processus initié en 2013 et relancé en 2020 sous la direction du Programme Santé de Lutte contre le Sida (PSLS). Cette révision s'imposait en raison des limites importantes de la loi de 2006, qui reposait principalement sur une approche punitive, coercitive et stigmatisante.
La loi précédente était incompatible avec les normes relatives aux droits humains. Elle permettait de nombreuses violations de la confidentialité, criminalisait les comportements liés au VIH et renforçait la marginalisation des populations clés. Elle était en décalage avec les bonnes pratiques de santé publique, qui doivent être fondées sur la prévention, l'inclusion et le respect des droits humains.
La loi de 2026 est désormais alignée sur les normes internationales en matière de droits humains et réaffirme plus particulièrement le droit à la non-stigmatisation et à la non-discrimination. Elle renforce le respect de la vie privée et la protection des données, garantit l'accès aux soins, à la prévention et aux services liés au VIH, et reconnaît les populations clés, notamment les professionnel(le)s du sexe, les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes, les personnes qui s'injectent des drogues, les personnes transgenres, les migrant(e)s et les détenu(e)s, entre autres. Elle améliore considérablement les droits des détenu(e)s et réduit les dispositions pénales à l'encontre des personnes vivant avec le VIH en reconnaissant le caractère strictement volontaire de la divulgation du statut sérologique.
« Le processus de validation de la loi sur le VIH au Bénin a été rendu possible grâce à un leadership national fort, une collaboration exceptionnelle entre l'ONUSIDA et le PNUD, le soutien indéfectible du Coordonnateur régional des Nations Unies, un suivi technique étroit avec le ministère de la Santé, des financements catalytiques de l'ONUSIDA, du PNUD et d'Expertise France, ainsi qu'une forte implication des parlementaires — transformant les données probantes en volonté politique, et la volonté politique en une législation transformatrice », a déclaré Yayé Diallo, Directrice pays sortante de l'ONUSIDA pour le Togo et le Bénin.
Ces progrès sont le résultat d'un plaidoyer coordonné et d'actions de partenariat collaboratif à tous les niveaux, impliquant la Directrice exécutive de l'ONUSIDA Winnie Byanyima, qui en avait fait une priorité lors de sa visite au Bénin en septembre 2024.
Le bureau régional de l'ONUSIDA, le Réseau juridique mondial sur le VIH (HIV Legal Network) et le PNUD ont fourni un appui technique. Le Fonds mondial et Expertise France ont apporté un soutien financier, s'ajoutant aux efforts combinés de diverses parties prenantes au niveau local, à savoir le PSLS, le CNLS-TP (Conseil National de Lutte contre le VIH/Sida, la Tuberculose, le Paludisme, les Hépatites, les Infections Sexuellement Transmissibles et les Épidémies), le parlement et ses institutions (IPaB - Institut Parlementaire du Bénin), le caucus des femmes parlementaires et les commissions parlementaires, ainsi que les organisations de la société civile, y compris les réseaux de personnes vivant avec le VIH et les populations clés. Avec cette nouvelle loi et un suivi rigoureux de son application, le Bénin est résolument engagé dans sa marche vers l'élimination du sida d'ici 2030.
« L'ONUSIDA, l'Équipe pays des Nations Unies et les partenaires, dont Expertise France, saluent la détermination politique du Bénin et sa nouvelle législation pionnière sur le VIH. En centrant la loi sur les groupes vulnérables et les jeunes, qui représentent 35 % des nouvelles infections, le Bénin fait un pas de géant vers l'accès universel au traitement du VIH et vers l'objectif ultime de mettre fin au sida en tant que menace pour la santé publique d'ici 2030 », a déclaré Christian Mouala, Représentant et Directeur du bureau multipays de l'ONUSIDA pour la Côte d'Ivoire, le Togo et le Bénin.
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