Press Statement

L'ONUSIDA est profondément préoccupée par les répercussions du durcissement d'une loi contre les personnes LGBTQ au Sénégal

L'ONUSIDA exhorte le Président à ne pas promulguer le projet de loi et appelle le Sénégal à préserver les services de santé vitaux, notamment la prévention, le traitement et la prise en charge du VIH.

GENÈVE/DAKAR, 18 mars 2026 — Le 12 mars 2026, le Parlement du Sénégal a voté massivement en faveur de peines plus sévères pour les « actes contre nature », incluant l'homosexualité ainsi que la promotion ou l'encouragement de l'homosexualité. L'ONUSIDA est profondément préoccupée par les implications de cette décision sur les acquis de santé publique du pays et exhorte le Président à ne pas promulguer le projet de loi.

Le texte final adopté comprend une clause de sauvegarde essentielle en matière de santé publique, à laquelle l'ONUSIDA exhorte le Sénégal à se conformer. Cette clause stipule : « Toutefois, les activités menées par les structures et organisations de santé dûment agréées dans le cadre des politiques de santé publique ne seront pas considérées comme des infractions au titre du présent article. »

L'ONUSIDA reconnaît et valorise le partenariat de longue date du Sénégal dans la lutte contre le VIH. Le Ministère de la Santé et le Conseil national de lutte contre le sida ont collaboré avec des partenaires pour garantir que les personnes vivant avec le VIH puissent accéder aux soins dont elles ont besoin et que la prévention atteigne les populations les plus exposées au risque. Ces acquis ont sauvé des vies et représentent un investissement du peuple sénégalais dans sa propre santé et son avenir.

Le Sénégal est cependant confronté à des défis considérables dans sa réponse au VIH, et l'ONUSIDA l'exhorte à maintenir une attention soutenue sur les données probantes en matière de santé publique, le cadre juridique et les partenariats communautaires nécessaires pour produire un impact et assurer une riposte durable, avec des services essentiels accessibles aux personnes les plus vulnérables.

Au Sénégal, 79 % des personnes vivant avec le VIH ont accès au traitement salvateur ; cependant, entre 2010 et 2024, les nouvelles infections à VIH ont augmenté de 36 % au Sénégal, faisant du pays l'un des quatre seuls pays de la région Afrique de l'Ouest et du Centre à enregistrer une hausse des nouvelles infections.

Les données probantes montrent que la criminalisation pousse les personnes à se détourner des services de santé. Les lois pénales aggravent également la stigmatisation et la discrimination à l'encontre de groupes déjà marginalisés. Une riposte efficace au VIH, fondée sur des données probantes solides en matière de santé publique et sur des protections garantissant l'accès aux services pour les personnes les plus vulnérables, est urgente pour le Sénégal.

L'ONUSIDA appelle les autorités gouvernementales à :

  • Assurer la mise en œuvre pleine et effective de l'exemption de santé publique consacrée dans le projet de loi, par des orientations ministérielles claires et une sécurité juridique pour les organisations et les travailleurs de la santé.
  • Protéger la confidentialité des informations médicales et la relation entre patient et prestataire de soins en tant que fondements non négociables d'un système de santé fonctionnel.
  • Veiller à ce que les organisations communautaires assurant la prévention du VIH, le dépistage, le soutien au traitement, la réduction des risques et la prise en charge puissent continuer à opérer sans crainte de poursuites judiciaires.
  • Maintenir les canaux de financement internationaux et les cadres de partenariat qui soutiennent la prestation de services liés au VIH, et garantir aux donateurs et aux partenaires de mise en œuvre la clarté juridique nécessaire à la poursuite de leur engagement.
  • S'engager dans un dialogue ouvert avec les autorités sanitaires, la société civile et les partenaires des Nations Unies afin de surveiller l'impact du projet de loi sur l'accès aux services et de prendre des mesures rapides lorsque les acquis de santé publique sont menacés.

Mettre fin au sida implique d'atteindre toutes les personnes, en particulier celles les plus exposées au risque d'infection à VIH. L'ONUSIDA reste déterminée à travailler avec le Sénégal pour mettre fin au sida en tant que menace pour la santé publique dans le pays.

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