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Elargissement et intensification nécessaires du dépistage intégré de la tuberculose et du VIH pour lutter contre des épidémies liées

24 mars 2009

Bien que presque toujours évitable et soignable, la tuberculose est l’une des principales causes de décès parmi les personnes vivant avec le VIH à travers le monde. Sur les 33 millions de personnes qui vivent avec le virus, 20 % seulement connaissent leur statut sérologique et une infime fraction d’entre elles (2 % en 2007) ont fait l’objet d’un dépistage de la tuberculose, selon le rapport annuel de l’Organisation mondiale de la Santé sur la lutte mondiale contre la tuberculose présenté aujourd’hui.

Le VIH renforce considérablement l’épidémie de tuberculose en Afrique subsaharienne où jusqu’à 80 % des patients tuberculeux sont co-infectés par le VIH, selon le rapport. Infection respiratoire qui se propage comme un simple rhume, la tuberculose sollicite un système immunitaire déjà affaibli par le VIH.

« Nous devons empêcher que les personnes qui vivent avec le VIH décèdent de la tuberculose » a déclaré M. Michel Sidibe, Directeur exécutif de l’ONUSIDA. « L’accès universel à la prévention, au traitement, aux soins et à l’appui en rapport avec le VIH doit inclure la prévention, le diagnostic et le traitement de la tuberculose. Lorsque l’on combine les services de lutte contre le VIH et la tuberculose, des vies sont sauvées ».

"Nous devons empêcher que les personnes qui vivent avec le VIH décèdent de la tuberculose. L’accès universel à la prévention, au traitement, aux soins et à l’appui en rapport avec le VIH doit inclure la prévention, le diagnostic et le traitement de la tuberculose. Lorsque l’on combine les services de lutte contre le VIH et la tuberculose, des vies sont sauvées."

M. Michel Sidibe, Directeur exécutif de l’ONUSIDA

Le rapport Lutte mondiale contre le tuberculose 2009 présente une évaluation actualisée de l’épidémie de tuberculose et les progrès accomplis dans la lutte contre la maladie. Il indique qu’au niveau mondial, 16 % seulement des patients tuberculeux connaissent leur statut sérologique VIH, de sorte que la majorité des patients tuberculeux séropositifs au VIH ne savent pas qu’ils vivent avec le virus et n’ont pas accès au traitement du VIH.

Des progrès ont cependant été enregistrés dans ce domaine et l’on dénombre de plus de plus de patients traités pour la tuberculose qui font l’objet d’un dépistage du VIH, en particulier en Afrique. En 2004, 4 % seulement des patients tuberculeux de cette région avaient été soumis à un test de dépistage du VIH, mais en 2007, ce taux est passé à 37 % et dans certains pays (Kenya, Lesotho, Malawi, Rwanda et Swaziland) plus de 70 % des patients tuberculeux connaissent leur statut sérologique VIH.

Grâce à une augmentation des tests VIH chez les patients tuberculeux, un nombre croissant de personnes reçoivent des traitements appropriés, mais ce nombre ne représente cependant qu’une petite partie de ceux qui en ont besoin. En 2007, 200 000 patients tuberculeux séropositifs au VIH ont suivi un traitement au co-trimoxazole pour prévenir les infections opportunistes et 100 000 étaient sous traitement antirétroviral.

Des services intégrés de lutte contre la tuberculose et le VIH sont nécessaires
Pendant de longues années, les efforts engagés pour s’attaquer à la tuberculose et au VIH ont pour la plupart été menés séparément malgré un chevauchement épidémiologique entre les deux maladies. Une collaboration plus étroite entre les programmes de lutte contre la tuberculose et le VIH conduira à une prévention et des traitements plus efficaces de la tuberculose chez les personnes vivant avec le VIH et à des gains significatifs en termes de santé publique.

La publication du rapport aujourd’hui coïncide avec la journée mondiale de lutte contre la tuberculose et avec le 3ème Forum des membres du Partenariat Halte à la tuberculose qui réunit 1 500 personnes à Rio.

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La tuberculose, le VIH, l'accès universel et les droits de l'homme à l'ordre du jour de la visite du Directeur exécutif de l'ONUSIDA au Brésil

23 mars 2009


(from left) Executive Director, UNAIDS Michel Sidibé and Director, Stop TB Department WHO, Dr Mario Raviglione during the press conference launch of Global TB Control 2009, 24 March 2009.
Credit: UNAIDS/D. Ramalho

M. Michel Sidibé, Directeur exécutif de l'ONUSIDA, se trouve cette semaine au Brésil, afin de sensibiliser davantage au lien entre épidémies de VIH et de tuberculose, à l'accès universel aux services de prise en charge du VIH, et à la nécessité de s'atteler au problème de la stigmatisation et de la discrimination dans la riposte au sida au Brésil.

Plus tôt dans la journée à Rio de Janeiro, M. Sidibé a participé au lancement international du rapport annuel de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) sur la lutte contre la tuberculose.

Bien que la tuberculose soit une maladie qu'il est possible de prévenir et de soigner, elle constitue néanmoins une des premières causes de mortalité parmi les personnes vivant avec le VIH à l'échelle mondiale. Sur les 33 millions de personnes vivant avec le VIH dans le monde, 20% seulement connaissent leur état sérologique et seule une très faible part de cette population, 2% en 2007, a subi un test de dépistage de la tuberculose selon le Rapport mondial 2009 sur la lutte contre la tuberculose.

"L'accès universel à la prévention, aux traitements et à la prise en charge médico-sociale du VIH doit également intégrer la prévention, le diagnostic et le traitement de la tuberculose. La prise en charge combinée du VIH et de la tuberculose permet de sauver des vies."

M. Michel Sidibé, Directeur exécutif de l'ONUSIDA

« Nous devons faire en sorte que les personnes vivant avec le VIH ne meurent plus de la tuberculose », a déclaré M. Sidibé. « L'accès universel à la prévention, aux traitements et à la prise en charge médico-sociale du VIH doit également intégrer la prévention, le diagnostic et le traitement de la tuberculose. La prise en charge combinée du VIH et de la tuberculose permet de sauver des vies.»

Plusieurs personnalités étaient également présentes aux côtés du Directeur exécutif de l'ONUSIDA pour le lancement du rapport : le Dr Michel Kazatchkine, Directeur exécutif du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, M. Mr Hiroki Nakatani, Sous-Directeur général du Département VIH/sida, tuberculose, paludisme et maladies tropicales négligées de l'OMS, le Dr Mario Raviglione, Directeur du Département Halte à la tuberculose, et le Dr Marcos Espinal, Secrétaire exécutif du Partenariat Halte à la tuberculose.

Le lancement du rapport fait partie des manifestations organisées à l'occasion de la Journée mondiale de la tuberculose, qui a lieu pendant le 3e Forum du Partenariat Halte à la tuberculose, lequel s'est ouvert le 23 mars à Rio de Janeiro. M. Sidibé prononcera un discours lors de la clôture du forum le 25 mars.

En début de semaine, M. Sidibé se rendra à Brasília, où il rencontrera des hauts responsables du Gouvernement brésilien, notamment le groupe parlementaire sur le VIH au Congrès national et les ministres des affaires étrangères, des politiques de la femme, de la santé et des droits de l'homme.

Afin d'amplifier le message de l'ONUSIDA visant à soutenir les personnes affectées par le VIH et à contrer les lois faisant obstacle à la riposte au sida, M. Sidibé rencontrera plusieurs acteurs de la société civile agissant dans les domaines de la sensibilisation au problème du VIH, de la protection des droits de l'homme, de la lutte contre la stigmatisation et la discrimination, en particulier à l'égard des personnes plus vulnérables vis-à-vis du VIH. Une rencontre réunira des délégués nationaux de groupes représentant des personnes vivant avec le VIH, des jeunes, des femmes, des lesbiennes, des gays, des personnes bisexuelles et des personnes transsexuelles, afin de débattre de ces questions dans le contexte à la fois local et national.

A Rio de Janeiro, des visites sont prévues à des organisations qui assurent des services essentiels auprès des enfants et des jeunes. L'une de ces organisations, la Sociedade Viva Cazuza, est une organisation à but non lucratif qui apporte un soutien aux enfants, aux jeunes et aux adultes qui vivent avec le VIH, en assurant tout un éventail de services qui vont du conseil et du test VIH à l'administration de traitements antirétroviraux, sous l'égide du système de soins de santé de la ville de Rio de Janeiro. Au-delà du soutien matériel, la Sociedade Viva Cazuza propose également un site web par l'intermédiaire duquel les gens peuvent poser leurs questions concernant le VIH ou tout autre problème de santé sexuelle à des experts.

En Amérique latine, le Brésil a la plus importante épidémie de VIH et abrite plus de 40% des personnes (730 000) vivant avec le virus sur le continent, suivi par le Mexique qui compte 200 000 personnes séropositives. Le pays récolte cependant les fruits de sa volonté résolue d'assurer un accès aux services de prévention et de traitement du VIH, ce qui a permis de stabiliser l'épidémie et de diminuer de moitié le taux de mortalité due au sida entre 1996 et 2002.

Le 30 mars, M. Sidibé se joindra à Mme Nilcéa Freire, Ministre des Politiques de la Femme, pour l'inauguration du premier centre axé sur la réhabilitation des hommes violents à l'égard des femmes. Situé à Nova Iguaçu, une commune de l'agglomération de Rio de Janeiro, le centre mettra l'accent sur des programmes d'éducation visant à mettre un terme à la violence domestique. Dix autres centres de ce type sont prévus dans le pays.

M. Sidibé terminera sa visite officielle en fin de journée par un discours aux délégués réunis pour l'ouverture du Symposium mondial sur l'implication des hommes et des garçons dans l'égalité entre les sexes.

Il s'agit de la première visite officielle de Michel Sidibé au Brésil depuis sa nomination au poste de Directeur exécutif de l'ONUSIDA.

La tuberculose, le VIH, l'accès universel et les droits de l'homme à l'ordre du

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‘Swing’ et ‘Sisters’: activités de proximité parmi la communauté engagée dans le commerce du sexe en Thaïlande

19 mars 2009


Michel Sidibé, Directeur exécutif de l’ONUSIDA a visité les deux organisations cette semaine afin de mieux comprendre comment elles effectuent leurs activités de proximité parmi la communauté engagée dans le commerce du sexe à Pattaya.
Photo: ONUSIDA/Vinai Dithajohn 

Cheminant dans la foule, Surang Janyan salue de la main son amie Gop, qui est l’une des nombreuses personnes qu’elle croisera ce soir le long de la Walking Street de Pattaya – une longue rue qui longe l’un des quartiers chauds de la Thaïlande.

Surang Janyam est la Fondatrice et Directrice de Swing, une petite association qui apporte son appui aux professionnel(le)s du sexe en Thaïlande. Elle se rend régulièrement chez Gop vers minuit pour s’assurer qu’elle ou ses employé(e)s n’ont besoin de rien. Gop est propriétaire de l’un des bars les plus populaires de Pattaya, le ‘Wild West Boys’, où se rendent les hommes pour assister au spectacle et pour passer un peu de temps avec les professionnels du sexe qui y travaillent, au bar ou en privé pour fournir des services sexuels.

Près de 70 professionnels du sexe travaillent pour Gop, et Surang connaît bien un grand nombre d’entre eux. « Les membres de Swing viennent nous parler et nous donner des préservatifs, » explique Gop. « Et ils expliquent aux garçons comment les utiliser correctement. » Les membres et bénévoles de Swing distribuent plusieurs milliers de préservatifs chaque mois et fournissent des renseignements sur le VIH et sur la manière de se protéger du virus.

Le VIH parmi les professionnel(le)s du sexe et l’accès aux services constituent l’un des grands défis de la riposte au sida en Thaïlande. Il est extrêmement important que les professionnel(le)s du sexe aient accès aux services de prévention et de traitement du VIH sans avoir à craindre la discrimination.

Michel Sidibé, Directeur exécutif de l’ONUSIDA

« Le VIH parmi les professionnel(le)s du sexe et l’accès aux services constituent l’un des grands défis de la riposte au sida en Thaïlande, » explique Michel Sidibé, Directeur exécutif de l’ONUSIDA. « Il est extrêmement important que les professionnel(le)s du sexe aient accès aux services de prévention et de traitement du VIH sans avoir à craindre la discrimination. »

Swing travaille avec un grand nombre de bars et surtout de propriétaires de bars. « Il est important de gagner la confiance des propriétaires de bars pour avoir accès aux professionnel(le)s du sexe eux/elles-mêmes, » précise Patrick Brenny, Coordonnateur de l’ONUSIDA en Thaïlande. « Le faible niveau – environ 28% – des connaissances relatives au VIH parmi les professionnel(le)s du sexe en Thaïlande est préoccupant et il est important de pouvoir leur apporter les compétences nécessaires pour qu’ils/elles puissent se protéger ainsi que leurs clients. »

Plus loin dans la rue, Surang rencontre une autre de ses amies, Nueng, qui travaille pour Sisters, le premier service de conseil en Thaïlande dédié exclusivement à la communauté transsexuelle. Pendant la haute saison, Pattaya reçoit quelque 1000 personnes transsexuelles.

« Nous avons créé le centre en 2005 pour obtenir l’appui du public et une meilleure acceptation de la communauté transsexuelle à Pattaya, » déclare Nueng, qui est responsable des activités de proximité de Sisters. « Avant la création de notre centre, la communauté transsexuelle n’avait aucun lieu où se réunir et ne savait à qui s’adresser pour obtenir conseil et soutien. Il y avait des services pour les professionnel(le)s du sexe hommes et femmes, mais rien pour les personnes transsexuelles, nous étions isolées et les gens ne nous comprenaient pas. » 

Pattaya est devenu le lieu favori de permission des soldats américains durant la guerre du Viet Nam et est depuis lors une des points chauds du tourisme sexuel qui attire des milliers de visiteurs chaque année.

Sisters, comme Swing, dispose d’un centre d’accueil à Pattaya, qui offre des services médicaux, le conseil, l’acquisition de compétences ainsi que des activités sociales comme le maquillage, le sport et la cuisine.

Nueng est elle-même transsexuelle et comprend donc bien la stigmatisation et la discrimination auxquelles sont confrontées les professionnelles du sexe transsexuelles.
« Nous rencontrons bien des problèmes en raison de notre transsexualité, » explique-t-elle. « Si nous tentons d’accéder aux services de santé, le personnel est souvent bien peu aimable avec nous et nous traite injustement. C’est pourquoi nous essayons d’offrir un soutien à nos sœurs transsexuelles et de mieux sensibiliser la communauté afin que les gens nous acceptent mieux. »

Nueng porte un T-shirt que le groupe a fait imprimer, afin les membres de l’association soient facilement reconnues lorsqu’elles travaillent. Les T-shirts sont rose vif et portent les mots ‘Sisters, notre autre foyer’.

Michel Sidibé, Directeur exécutif de l’ONUSIDA a visité les deux organisations cette semaine afin de mieux comprendre comment elles effectuent leurs activités de proximité parmi la communauté engagée dans le commerce du sexe à Pattaya.

La collaboration avec les professionnel(le)s du sexe pour définir leurs besoins et plaider en faveur de politiques et programmes susceptibles d’améliorer leur santé, leur sécurité et leur participation à la riposte au sida est une stratégie avérée et un élément essentiel de l’approche de l’ONUSIDA.

‘Swing’ et ‘Sisters’: activités de proximité parmi la communauté engagée dans le

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Les préservatifs et la prévention du VIH

19 mars 2009

[Initialement publié en 2004, actualisé en 2009]


L’utilisation du préservatif est une composante essentielle d’une stratégie complète, efficace et durable de prévention et de traitement du VIH.
Photo: ONUSIDA.

L’utilisation du préservatif est une composante essentielle d’une stratégie complète, efficace et durable de prévention et de traitement du VIH.La prévention est le fondement de la riposte au sida. Les préservatifs sont une composante essentielle et font partie intégrante de programmes complets de prévention et de soins, et il faut accélérer leur promotion. En 2007, on estimait à 2,7 millions le nombre de personnes nouvellement infectées par le VIH. 45 % d’entre elles environ étaient des jeunes de 15 à 24 ans et les jeunes filles sont exposées à un risque d’infection plus important que les garçons.

Le préservatif masculin en latex est la seule technologie disponible la plus efficace pour réduire la transmission sexuelle du VIH et d’autres infections sexuellement transmissibles.

La recherche de nouvelles technologies de prévention, telles que les vaccins contre le VIH et les microbicides, continue d’avancer, mais les préservatifs resteront le principal outil de prévention pour un très grand nombre d’années encore. Les préservatifs sont une composante essentielle des stratégies de prévention que les personnes peuvent choisir de combiner à différents moments de leur vie pour réduire leur risque d’exposition sexuelle au VIH. Celles-ci incluent : retarder l’âge du premier rapport sexuel, s’abstenir sexuellement, prendre des risques moindres en étant – et en restant – fidèle à son partenaire lorsqu’aucun des deux partenaires n’est infecté, réduire le nombre de partenaires sexuels, utiliser correctement et régulièrement des préservatifs(1), se faire circoncire.

Des données concrètes probantes générées par une recherche élargie portant sur des couples hétérosexuels dont l’un des partenaires est infecté par le VIH révèlent qu’une utilisation correcte et régulière du préservatif réduit de manière significative le risque de transmission du virus de l’homme à la femme et de la femme à l’homme(2). Des études de laboratoire montrent que les préservatifs masculins en latex sont imperméables aux agents infectieux contenus dans les sécrétions génitales(3). Pour garantir sécurité et efficacité, la fabrication des préservatifs doit respecter les normes internationales les plus strictes. Ils doivent être fournis conformément aux procédures d’assurance de la qualité établies par l’OMS, l’UNFPA et l’ONUSIDA, et conservés à l’abri de sources directes de chaleur. Les programmes de prévention doivent s’assurer que des préservatifs de haut niveau de qualité sont accessibles pour ceux qui en ont besoin quand ils en ont besoin, et que les personnes ont les connaissances et les compétences nécessaires pour les utiliser correctement.

Il faut vraiment que les préservatifs soient facilement accessibles partout dans le monde, soit gratuitement soit à prix réduit, et promus d’une manière qui contribue à dépasser les obstacles sociaux et personnels à leur utilisation.

Les gens sont plus susceptibles d’utiliser des préservatifs lorsqu’ils peuvent les obtenir gratuitement ou à des prix fortement subventionnés. Une promotion efficace du préservatif cible non seulement la population générale mais également les personnes les plus exposées au risque d’infection à VIH, en particulier les femmes, les jeunes, les professionnel(le)s du sexe et leurs clients, les consommateurs de drogues injectables et les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes. L’UNFPA estime que l’offre actuelle de préservatifs dans les pays à revenu faible et intermédiaire est très inférieure à ce qui serait nécessaire (disponibilité insuffisante de préservatifs)(4). Malgré cette insuffisance, les financements internationaux destinés à l’achat de préservatifs n’ont pas augmenté ces dernières années. Il faut mettre en œuvre des actions collectives à tous les niveaux pour soutenir les efforts des pays, en particulier ceux qui sont tributaires de l’aide extérieure pour acheter, promouvoir et distribuer des préservatifs.

L’éducation à la prévention du VIH et la promotion des préservatifs doivent dépasser les obstacles liés à des facteurs complexes sexospécifiques et culturels.

Les jeunes filles et les femmes se voient régulièrement refuser des informations sur les préservatifs et l’accès à ceux-ci. Elles n’ont souvent pas les moyens de négocier l’utilisation des préservatifs. Dans de nombreux milieux, les hommes se montrent réticents à les utiliser et il faut en avoir conscience lorsque l’on conçoit des programmes de promotion des préservatifs. Les préservatifs féminins peuvent offrir aux femmes un meilleur moyen de contrôle pour se protéger. Les femmes resteront cependant extrêmement vulnérables à l’exposition au VIH jusqu’à ce que les hommes et les femmes partagent des pouvoirs équitables lorsqu’ils prennent des décisions relatives à leurs relations mutuelles.

Les préservatifs ont joué un rôle décisif dans les efforts de prévention du VIH dans de nombreux pays.

Les préservatifs ont aidé à réduire les taux d’infection à VIH là où le sida est déjà installé, limitant une propagation plus large du virus dans des milieux dans lesquels l’épidémie reste concentrée dans des groupes spécifiques de population.

Les préservatifs ont aussi encouragé une plus grande généralisation des comportements sexuels à moindre risque. Une étude récente sur l’épidémie de sida en Ouganda a confirmé qu’une utilisation accrue du préservatif, parallèlement à un report à un âge plus élevé du premier rapport sexuel et à une réduction du nombre de partenaires sexuels, était un facteur important de la diminution de la prévalence du VIH dans les années 90(5). Les efforts de la Thaïlande pour déstigmatiser les préservatifs et les promouvoir de manière ciblée auprès des professionnel(le)s du sexe et de leurs clients ont considérablement réduit les infections à VIH parmi ces groupes de population et contribué à limiter la propagation de l’épidémie à la population générale. Au Cambodge, un politique similaire a aidé à stabiliser la prévalence nationale tout en réduisant substantiellement la prévalence parmi les professionnel(le)s du sexe. En outre, la campagne précoce et dynamique de promotion des préservatifs auprès de la population générale et des groupes vulnérables au Brésil a contribué avec succès à lutter durablement contre l’épidémie.

Un accès élargi au traitement antirétroviral met en évidence le besoin et le caractère opportun d’une accélération de la promotion du préservatif.

Dans les pays industrialisés, les succès des thérapies antirétrovirales en matière de réduction des maladies et de prolongation de la vie peuvent altérer la perception des risques associés au VIH(6). La perception d’un risque faible et une certaine confiance excessive dans les progrès peuvent conduire les gens à avoir des rapports sexuels non protégés du fait d’une utilisation réduite ou irrégulière des préservatifs. La promotion d’une utilisation correcte et régulière des préservatifs dans les programmes de traitement antirétroviral et dans les services de planning familial et de santé reproductive, est essentielle pour limiter les nouveaux risques de transmission du VIH. Il est nécessaire d’élargir et d’intensifier rapidement le conseil et le test du VIH pour répondre aux besoins de prévention de toutes les personnes, qu’elles soient séropositives ou séronégatives au VIH.

1 ONUSIDA. Rapport sur l’épidémie mondiale de sida 2004, page.72.
2 Holmes K, Levine R, Weaver M. Efficacité du préservatif pour la prévention des infections sexuellement transmissibles. Bulletin de l’Organisation mondiale de la Santé. Genève. Juin 2004.
3 OMS/ONUSIDA. Note d’information sur l’efficacité du préservatif pour la prévention des infections sexuellement transmissibles, y compris le VIH. Genève. Août 2001.
4 UNFPA. Rapport 2007 sur l’Appui des donateurs en matière de produits contraceptifs et de préservatifs pour la prévention des IST/du VIH.
5 Singh S, Darroch J.E, Bankole A. A, B et C en Ouganda : le rôle de l’abstinence, de la monogamie et de l’utilisation du préservatif dans la diminution du VIH. The Alan Guttmacher Institute. Washington DC. 2003.
6 Gremy I, Beltzer N. Risque d’infection à VIH et utilisation du préservatif parmi la population hétérosexuelle adulte en France entre 1992 et 2001 : retour au point de départ ? (en anglais) AIDS 2004;18:805-9.

 

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Réunion du Forum des dirigeants de la région Asie-Pacifique

19 mars 2009

Le 7ème comité de direction du Forum des dirigeants de la région Asie-Pacifique (APLF) s’est réuni aujourd’hui dans la capitale thaïlandaise, Bangkok, pour analyser les progrès accomplis et définir des voies à suivre concernant les actions en matière de VIH dans la région.

La réunion a été ouverte par le Directeur exécutif de l’ONUSIDA, Michel Sidibé, qui a encouragé les dirigeants à mettre l’accent sur le partenariat, afin de créer une véritable riposte exhaustive à l’épidémie.

La réunion était présidée par Lady Roslyn Morauta, l’Ambassadrice australienne pour le VIH, qui a formulé des observations préliminaires sur les mesures prises concernant les recommandations émises à la 6ème réunion du comité de direction de l’APLF.

Le comité de direction se réunit une fois par an pour examiner les progrès et orienter les futures stratégies et activités en matière de mobilisation du leadership. L’APLF travaille avant tout au niveau des pays, par l’intermédiaire des bureaux de pays de l’ONUSIDA qui, de leur côté, travaille en partenariat avec les gouvernements, des organisations de la société civile et le secteur privé pour faire progresser la riposte au sida en Asie-Pacifique.

Sur l’invitation du gouvernement thaïlandais, le Directeur exécutif de l’ONUSIDA a passé la semaine en Thaïlande où il a rencontré des partenaires du gouvernement et de la société civile. Durant son séjour, M. Sidibé s’est également entretenu avec le Premier ministre thaïlandais, Abhisit Vejjajiva.

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Le Directeur exécutif de l'ONUSIDA en visite en Thaïlande

16 mars 2009


M. Michel Sidibé, Directeur exécutif de l'ONUSIDA (gauche) avec le Premier Ministre de la Thaïlande.
Photo: Gouvernement de la Thaïlande

Sur l'invitation du Gouvernement thaïlandais, M. Michel Sidibé, Directeur exécutif de l'ONUSIDA, se trouve cette semaine en Thaïlande pour débattre des progrès réalisés par ce pays dans la riposte au sida et examiner divers projets, afin de mieux cerner comment les actions de prévention et de traitement du VIH peuvent faire la différence dans la vie des gens.

Aujourd'hui, M. Sidibé a reçu à Bangkok les partenaires de la société civile de la région. Cette réunion avec les partenaires nationaux et régionaux a permis d'aborder la question d'une collaboration plus étroite dans la riposte au sida.

Pendant son séjour, M. Sidibé rencontrera le Premier ministre ainsi que les ministres de la santé publique, de l'intérieur et des affaires étrangères. La Thaïlande est considérée comme un leader visionnaire de la riposte au sida, notamment grâce à la mise en place à grande échelle de services de prévention de la transmission du VIH de la mère à l'enfant. Le pays possède également d'expertise en matière de services de conseil sur le VIH, de dépistage et de services de santé sexuelle et reproductive destinés aux jeunes ; ce sujet fait partie des points qui seront abordés en détails par M. Sidibé avec le Ministre de la Santé Publique.


During his country visit to Thailand, UNAIDS Executive Director, Michel Sidibé met with representatives from the Thai and Regional Civil Society, Bangkok, 17 March 2009.
Photo: ONUSIDA/P. de Noirmont/Asiaworks

Plus tard dans la semaine, M. Sidibé se rendra dans la station balnéaire de Pattaya, où un projet de proximité sur la prévention du VIH a pour objectif l'amélioration de la santé des hommes, des femmes et des personnes transsexuelles qui vendent des services sexuels aux touristes. Pattaya, qui était autrefois un tranquille village de pêcheurs, est devenu une destination mondialement connue pour le « tourisme sexuel ».   

M. Sidibé terminera sa visite en s'adressant aux dirigeants asiatiques lors de l'ouverture du Forum Asie-Pacifique sur le leadership.

Cette visite sera la première visite officielle de Michel Sidibé en Asie depuis sa nomination au poste de Directeur exécutif de l'ONUSIDA.

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3% des habitants de la capitale des Etats-Unis vivent avec le VIH

16 mars 2009


The District of Columbia HIV/AIDS Epidemiology Update 2008 report.

 

Selon un rapport publié aujourd'hui par des fonctionnaires de la santé des services en charge du VIH/sida du district de Columbia, au moins 3% des habitants de Washington D.C. vivent avec le VIH.

Ce rapport indique que les rapports sexuels entre hommes sont le mode principal de transmission du VIH dans le district, suivis de près par les rapports hétérosexuels et la consommation de drogues injectables.

Les résultats publiés aujourd'hui par les autorités de santé américaines montrent que la complaisance n'a pas sa place dans la riposte au sida. Nous devons continuer à apprendre les uns des autres et à travailler ensemble – à la fois dans les pays en développement et dans les pays à revenus élevés – pour garantir l'accès universel aux services de prévention, de traitement et de prise en charge médico-sociale du VIH pour tous les citoyens.

Paul de Lay, Directeur exécutif adjoint par intérim de l'ONUSIDA et Directeur du département Evidence, Suivi et Politiques.

« Les résultats publiés aujourd'hui par les autorités de santé américaines montrent que la complaisance n'a pas sa place dans la riposte au sida », a déclaré Paul de Lay, Directeur exécutif adjoint par intérim de l'ONUSIDA et Directeur du département Evidence, Suivi et Politiques.

« Nous devons continuer à apprendre les uns des autres et à travailler ensemble – à la fois dans les pays en développement et dans les pays à revenus élevés – pour garantir l'accès universel aux services de prévention, de traitement et de prise en charge médico-sociale du VIH pour tous les citoyens. »

Le Rapport épidémiologique actualisé sur le VIH/sida dans le district de Columbia en 2008 indique que tous les groupes de population de Washington sont touchés par le VIH : plus de 4% des Afro-américains, 2% des Latino-américains et 1,4% des Américains de race blanche vivent avec le VIH. Cependant, les hommes afro américains, qui représentent 76% des personnes vivant avec le VIH, sont touchés d'une manière disproportionnée.

Ces résultats reflètent le schéma généralement observé dans l'ensemble des Etats Unis, où les minorités raciales et ethniques sont affectées d'une manière disproportionnée par l'épidémie de VIH. Bien que les Afro-américains ne représentent qu'environ 13% de la population totale (Bureau du recensement des Etats-Unis, 2006), 48% des nouveaux cas d'infection par le VIH ont été recensés dans cette population en 2005.

L'épidémie de VIH aux Etats-Unis est l'une des plus importantes au monde, avec 1,2 million de personnes vivant avec le VIH selon les estimations (ONUSIDA, 2008).

3% des habitants de la capitale des Etats-Unis vivent avec le VIH

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Un nouveau Registre des indicateurs relatifs au VIH améliore l’accès à des indicateurs de qualité

13 mars 2009

L’ONUSIDA annonce le lancement d’un outil centralisant les informations relatives aux indicateurs utilisés pour suivre la riposte à l’épidémie de VIH. Grâce au Registre des indicateurs, les administrateurs chargés du suivi et de l’évaluation peuvent, pour la première fois, consulter les définitions exhaustives de l’ensemble des indicateurs clés dans une seule et même base de données.

Des approches coordonnées en matière de suivi et d’évaluation conditionnent la production d’informations fiables et récentes relatives à l’épidémie de sida et à la riposte dans l’ensemble des pays et des régions. L’utilisation de définitions et d’indicateurs normalisés aide les pays à mesurer leurs progrès vers l’accès universel à la prévention, au traitement, aux soins et à l’appui dans le domaine du VIH, ainsi qu’à prendre des mesures fondées sur des données probantes et à garantir la responsabilisation.

Le registre permet aux utilisateurs de sélectionner des indicateurs appropriés pour suivre l’épidémie et la riposte d’un pays. Il fait en outre ressortir précisément les indicateurs harmonisés qui ont été adoptés par une multitude d’organismes multilatéraux et d’organisations internationales.

Un outil précieux en matière de suivi national

Le Registre des indicateurs est une base de données unique qui comprend de très nombreuses fonctions. Ses principaux destinataires sont les autorités nationales de coordination sida, lorsqu’elles procèdent à la définition ou à l’examen du plan du suivi et de l’évaluation de leur riposte nationale au VIH, ainsi que les exécutants, dans le cadre du suivi de leurs programmes VIH. L’utilisation du registre permet aux pays :

  • List item 1- d’avoir accès aux informations sur toute la gamme d’indicateurs disponibles ;
  • de sélectionner des indicateurs adaptés à leur épidémie et à leur riposte ;
  • de gérer et de partager leur propre série d’indicateurs spécifiques ;
  • d’utiliser des outils de normalisation pour l’élaboration de nouveaux indicateurs le cas échéant ;   
  • d’exporter des définitions d’indicateurs aux formats PDF, Word, Excel et SDMX, pour la collecte de données par des applications telles que le Système d’information sur la riposte des pays (CRIS).

Non seulement cet outil permet d’effectuer une évaluation comparative des indicateurs existants, mais il peut également s’appliquer à des indicateurs récemment créés, pour garantir la collecte d’informations de première qualité. L’introduction d’outils de normalisation dans le Registre des indicateurs est une initiative entièrement nouvelle permettant d’améliorer la qualité et la cohérence des indicateurs relatifs au VIH.

Des fonctionnalités complémentaires seront ajoutées l’année prochaine, notamment des classements indépendants des indicateurs à l’aide d’un nouvel outil de normalisation des indicateurs, élaboré par un groupe de travail technique du Groupe de référence ONUSIDA pour le suivi et l'évaluation (MERG), constitué notamment de représentants de diverses institutions des Nations Unies, de donateurs bilatéraux, de représentants de pays et de membres de la société civile.

L’élaboration du Registre des indicateurs est une initiative pluriinstitutions, soutenue par l’Organisation mondiale de la Santé, l’UNICEF, le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, le Plan d’urgence du Président des États-Unis pour la lutte contre le sida, et le Secrétariat de l'ONUSIDA. Elle est encadrée par le MERG, qui fixe les normes relatives aux indicateurs et à leur utilisation.

Pour accéder au Registre des indicateurs : www.indicatorregistry.org

Pour plus d’informations, veuillez contacter M. Taavi Erkkola (erkkolat@unaids.org).

Un nouveau Registre des indicateurs relatifs au VIH améliore l’accès à des indic

Feature Story

Face au sida, il faut en faire plus pour protéger les droits des femmes à l’héritage et à la propriété

13 mars 2009


Elizabeth Mataka, Envoyée spéciale des Nations Unies pour le VIH/sida en Afrique.
Photo: PNUD

Si davantage de femmes doivent pouvoir éviter l’infection à VIH, les lois sur l’héritage et la propriété doivent être revisitées, révisées, ou mieux appliquées. Il s’agissait là d’un des messages clés qui se sont dégagés lors d’une importante manifestation sur les droits des femmes à l’héritage, à la terre et au logement dans le contexte du VIH, qui s’est tenue hier, 12 mars, en marge de la 53ème session de la Commission de la condition de la femme au Siège des Nations Unies à New York.

La discussion a rassemblé toute une gamme d’orateurs, notamment Elizabeth Mataka, Envoyée spéciale des Nations Unies pour le VIH/sida en Afrique, et Rose Gawaya, Conseillère principale pour les questions de genre, Pratique du PNUD sur le VIH/sida, basée à Johannesburg, Afrique du Sud. La manifestation était axée sur l’examen du travail d’innovation qui a été effectué pour accroître l’accès des femmes, à la terre et au logement – et pour qu’elles en aient le contrôle et se les approprient – afin de tenter d’atténuer les répercussions du sida. Des stratégies réalistes et concrètes, s’étendant des communautés au niveau international, ont été passées en revue.

"L’inégalité des droits des femmes en matière d’héritage et de propriété ne permet pas aux femmes d’avoir accès aux ressources qui aideraient à réduire leur vulnérabilité au VIH et à améliorer leur capacité à faire face aux conséquences de l’épidémie."

Elizabeth Mataka, Envoyée spéciale des Nations Unies pour le VIH/sida en Afrique

Mme Mataka a souligné la vulnérabilité accrue des femmes du fait du sida et a exhorté les gouvernements à harmoniser des lois et une législation souvent contradictoires. Elle a déclaré « L’inégalité des droits des femmes en matière d’héritage et de propriété ne permet pas aux femmes d’avoir accès aux ressources qui aideraient à réduire leur vulnérabilité au VIH et à améliorer leur capacité à faire face aux conséquences de l’épidémie. »

La question de ces droits pour les femmes est d’une importance capitale lorsque l’on aborde le VIH. Quand le conjoint d’une femme meurt du sida, elle risque de perdre son foyer et ses terres, son héritage et ses moyens de subsistance. Cela peut la mettre dans une situation où elle sera forcée d’avoir des relations et des comportements qui la rendent plus vulnérable au virus. Les membres du panel ont rappelé que lorsque les femmes peuvent s’approprier les terres et en avoir le contrôle, et avoir accès aux droits à la propriété, elles ont une plus vaste gamme de choix, sont beaucoup plus capables d’exercer leur autonomie et, en fin de compte, sont mieux à même de se protéger. 

Les membres du panel ont recommandé, ainsi que la révision et la mise en œuvre des lois existantes sur l’héritage, un meilleur accès à l’information et aux experts juridiques, des partenariats améliorés parmi les organisations œuvrant dans ce domaine et des réseaux renforcés pour accroître la sensibilisation à ces problématiques, avec l’accent mis sur les femmes au sein de la communauté en tant qu’importants moteurs du changement. Elles ont également suggéré d’utiliser davantage les médias et des manières de partager et de présenter les messages, tout en soulignant la nécessité d’accroître la portée des recherches.

Parmi les autres membres du panel figuraient notamment Jeanmarie Fenrich, Fordham Leitner Centre for International Law and Justice ; Seodi White, Women and Law in Southern Africa (Malawi) ; Esther Mwaura, GROOTS Kenya, Commission Huairou ; et Anne Gathumbi, Initiative de l’Open Society pour l’Afrique de l’Est, Initiative loi et santé.

Cette manifestation a été organisée par le PNUD, la Commission Huairou et Soros/OSI, avec l'appui de l'ONUSIDA, de GROOTS, du CIRF, du Fordham Law Leitner Center et de WLSA Malawi.

Feature Story

Consommation de drogues injectables : entretien avec le Chef de l'équipe Prévention, soins et appui de l'ONUSIDA

12 mars 2009

La Commission des stupéfiants (CND) tiendra sa 52e session à l'Office des Nations Unies de Vienne du 11 au 20 mars 2009. Cette session permettra aux gouvernements d'évaluer les progrès accomplis dans la réalisation des objectifs définis en 1998, lors de la Session spéciale de l'Assemblée générale des Nations Unies sur les drogues illicites.

Dans un entretien, M. Michael Bartos, Chef de l'équipe Prévention, soins et appui
 de l'ONUSIDA, nous fait part de son opinion sur les progrès réalisés par la Commission dans le traitement du lien entre drogues injectables et VIH.

La 52e session de la Commission des stupéfiants se tient 11 ans après l'importante Session spéciale de l'Assemblée générale des Nations Unies sur les drogues illicites de 1998. Où en sommes-nous aujourd'hui dans le traitement du lien entre VIH et consommation de drogues ?

Onze années, dont une année de réflexion, se sont écoulées entre la Session spéciale de l'Assemblée générale des Nations Unies sur les drogues illicites de 1998 et la session de la Commission des stupéfiants (CND) qui se tient cette année à Vienne. La Commission et son groupe ministériel de haut niveau examineront les progrès réalisés depuis 1998, la situation actuelle et les prochaines étapes de la réponse au problème mondial de la drogue.

Le VIH n'est qu'un des aspects de ce problème. A la CND, il est abordé dans le contexte de la « réduction de la demande » ; les membres examineront les moyens permettant de traiter à la fois les méfaits directs de la consommation de drogues et les risques associés à cette consommation, notamment la contamination par le VIH.

 

"Nous avons donc maintenant une parfaite connaissance du lien fondamental entre VIH et consommation de drogues ; nous sommes en outre tout à fait conscients du fait que ce lien doit être brisé, si nous voulons espérer juguler les épidémies de VIH dans de nombreuses régions du monde."

M. Michael Bartos, Chef de l'équipe Prévention, soins et appui de l'ONUSIDA

Depuis 1998, nous sommes devenus beaucoup plus conscients des intrications entre la consommation de drogues et l'épidémie de VIH. En 1998, nous pouvions déjà voir à quel point le VIH s'était propagé parmi les consommateurs de drogues injectables ; nous savions également que la consommation de drogues injectables constituait un moyen de propagation très efficace du VIH d'un pays à l'autre. Toutefois, à cette époque, on ne cernait pas encore totalement l'étendue du problème potentiel représenté par ce mode de propagation. Par exemple, en Russie, où la consommation de drogues injectables constitue le principal vecteur de l'épidémie, seuls quelques cas d'infections par le VIH étaient recensés avant le début des années 1990. On parle maintenant d'un million de personnes contaminées par le VIH dans ce pays. De fait, durant les années 1990, les cas de contamination par le VIH parmi les consommateurs de drogues injectables ont littéralement explosé en Russie ainsi que dans un certain nombre d'autres pays.

Nous avons donc maintenant une parfaite connaissance du lien fondamental entre VIH et consommation de drogues ; nous sommes en outre tout à fait conscients du fait que ce lien doit être brisé, si nous voulons espérer juguler les épidémies de VIH dans de nombreuses régions du monde.

Quels sont les principaux problèmes rencontrés dans les actions portant sur le VIH et la consommation de drogues ?

Plusieurs problèmes font obstacle à un traitement correct de la question de la propagation du VIH chez les consommateurs de drogues injectables. D'abord, la consommation de drogues injectables ou non est illégale dans la plupart des pays. Par conséquent, ces comportements et les moyens de les contrôler tombent sous l'autorité de la police.

Ce problème a un rapport avec celui du VIH, dans la mesure où les stratégies de prévention les plus efficaces sont celles qui intègrent les personnes les plus touchées. Il demeure très difficile pour les consommateurs de drogues injectables de soutenir qu'ils peuvent, devraient et, en fait, doivent faire partie de la solution au problème du sida, au lieu d'être simplement perçus comme un élément de ce problème et envoyés en prison ou dans des camps de traitement.

Les consommateurs de drogues injectables sont tenus à l'écart de la plupart des actions sociales, y compris les actions contre le VIH. Un des défis majeurs consiste à trouver des moyens pour aider d'une part, les consommateurs de drogues à accéder aux services de prise en charge du VIH, et d'autre part, les organisations assurant des services auprès de ces personnes, notamment des services de prise en charge du VIH.

Une collaboration entre les services de police et les organisations travaillant sur le sida est-elle possible ?

De réels progrès ont été réalisés là où les autorités de police et les consommateurs de drogues ont trouvé un intérêt à travailler ensemble dans le but d'agir sur les risques liés à la consommation de drogues injectables. Les moyens permettant à des mesures policières préventives de contribuer à la riposte au sida sont l'un des axes que nous devons nous examiner attentivement.

Sur quels points l'ONUSIDA va-t-il insister dans les débats de la Commission des stupéfiants ?

La Commission des stupéfiants sera l'occasion pour l'ONUSIDA d'attirer l'attention sur l'ampleur du problème. Il n'existe pratiquement aucun pays dans le monde qui ne possède pas au moins une faible population de consommateurs de drogues injectables. Des estimations récentes, réalisées sous l'égide du groupe de référence du système des Nations Unies sur la consommation de drogues injectables, montrent que le monde compte environ 16 millions de consommateurs de drogues, dont 3 millions vivent avec le VIH. Ces personnes représentent donc une part assez considérable de la population totale touchée par l'épidémie. En fait, 30% des personnes touchées par l'épidémie de VIH dans le monde, en dehors de l'Afrique subsaharienne, sont des consommateurs de drogues injectables.

 

"De nombreux consommateurs de drogues injectables sont exclus des programmes de traitement du VIH et des services de santé sexuelle, car les personnes à la tête de ces programmes estiment que les consommateurs de drogues sont incapables de suivre un tel traitement régulièrement."

M. Michael Bartos, Chef de l'équipe Prévention de l'ONUSIDA

Maintenant, bien qu'il soit important d'attirer l'attention sur l'ampleur du problème, il est plus important encore de déplacer cette attention sur l'ampleur de la réponse à apporter à ce problème. Un certains nombre de pays à travers le monde sont en train d'opter pour une mise en oeuvre à grande échelle de services de réduction des risques, afin de traiter le problème du VIH chez les consommateurs de drogues injectables.

Ces services incluent l'accès à des traitements de substitution des opioïdes à base de méthadone et de buprénorphine permettant aux consommateurs de drogues d'agir sur leur addiction. D'autres services comprennent l'accès à des traitements de la toxicomanie, à des informations sur la santé sexuelle, à des préservatifs, ainsi qu'à des traitements antirétroviraux pour les consommateurs de drogues qui en ont besoin.

De nombreux consommateurs de drogues injectables sont exclus des programmes de traitement du VIH et des services de santé sexuelle, car les personnes à la tête de ces programmes estiment que les consommateurs de drogues sont incapables de suivre un tel traitement régulièrement.

Les services d'échange d'aiguilles et de seringues ont prouvé leur efficacité en évitant l'utilisation par les consommateurs de drogues d'un matériel d'injection contaminé, ces situations constituant un moyen très efficace pour le virus de se propager.

Un certain nombre de pays sont en train d'accroître l'accès à tout un ensemble de services. Certains pays comme l'Indonésie ont réalisé des progrès impressionnants dans ce domaine. La Malaisie a pris des engagements à haut niveau visant à aborder ces questions dans sa population de consommateurs de drogues. La Chine travaille très sérieusement sur des moyens permettant d'étendre l'accès aux services en rapport avec le VIH et la consommation de drogues à l'ensemble de la population concernée. La même chose s'observe dans de nombreuses régions de l'Inde et du Bangladesh, où des engagements importants ont été pris dans ce domaine. Il en va de même en Asie de l'Est et du Sud-Est où des progrès importants ont été réalisés. En Europe orientale et en Asie centrale, certains signes montrent que les pays dans lesquels la riposte au VIH chez les consommateurs de drogues injectables a été la plus efficace envisagent de généraliser l'accès à de tels services.

Attendez-vous de cette session de la Commission des stupéfiants des avancées sur la question de la réduction des risques ? Que peut-on faire, sur le plan politique, pour que la réduction des risques figure sur l'agenda des Etats membres ?

 

"Il est très difficile pour les pays à travers le monde de trouver le bon équilibre, ou d'arriver à un consensus sur cet équilibre, entre d'une part, la volonté d'empêcher la population de consommer des drogues, et d'autre part, le souhait de réduire les méfaits associés à cette consommation."

M. Michael Bartos, Chef de l'équipe Prévention de l'ONUSIDA

La Déclaration d'engagement sur le VIH/sida adoptée en 2001 par la Session extraordinaire de l'Assemblée générale des Nations Unies sur le VIH/sida constitue un engagement clair en faveur des diverses approches fondées sur la réduction des risques. Cet engagement a été réitéré en 2006 par l'Assemblée générale dans sa Déclaration politique sur le VIH/sida. Cependant, le terme « réduction des risques » reste contesté dans le contexte de la « lutte contre la drogue », un sujet abordé très sérieusement par la Commission des stupéfiants.

Au-delà de la terminologie, la réduction des risques est également contestée dans la réalité. Il est très difficile pour les pays à travers le monde de trouver le bon équilibre, ou d'arriver à un consensus sur cet équilibre, entre d'une part, la volonté d'empêcher la population de consommer des drogues, et d'autre part, le souhait de réduire les méfaits associés à cette consommation.

Selon moi, un fort sentiment se dessine à travers le monde qui tend à placer les approches fondées sur la santé publique et la réduction des risques au premier plan du discours mondial sur la question. Toutefois, il ne se traduit toujours pas dans les politiques de nombreux pays.

Nous avons une situation où, dans certains pays, les autorités anti-drogues, qui travaillent sur la question de la consommation de drogues et du VIH, ne savent même pas ce que font leurs homologues des autorités sanitaires en matière de riposte au VIH chez les consommateurs de drogues injectables.

Une des priorités de l'ONUSIDA et de l'Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC), notre principal coparrainant sur ces questions, est de réunir les autorités anti-drogues, les autorités sanitaires travaillant sur le sida et les autorités carcérales, afin qu'elles discutent de leurs propres stratégies et qu'elles recensent ensemble les obstacles à des stratégies efficaces permettant de traiter ces problèmes intriqués dans un environnement carcéral ou dans le contexte du maintien de l'ordre public, des services de prise en charge du VIH ou des services de santé.

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