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Les experts d'Afrique orientale et australe appellent à réaffirmer les engagements en matière d'éducation sexuelle et de services de santé

09 août 2013

Lors d'une récente réunion au Botswana, un groupe de haut niveau composé de spécialistes de l'éducation et de la santé sexuelle et reproductive d'Afrique orientale et australe a mis en avant la nécessité d'une éducation sexuelle de bonne qualité, prenant en compte l’égalité des genres, qui préparera les adolescents à la puberté, aux relations, tout en permettant d'éviter les grossesses non désirées et le VIH. Ils ont également insisté sur le fait que les pays doivent fournir un meilleur accès à des services de santé adaptés aux besoins des jeunes, qui proposent des moyens de contraception, des tests confidentiels de dépistage du VIH et des IST, des moyens de prévention, un traitement et des soins anti-VIH, le suivi des grossesses et un accouchement sans danger, ainsi que des options sûres en cas de grossesse non désirée. Le mariage des enfants et la violence sexiste ont été cités comme les obstacles actuels qui empêchent les adolescents et les jeunes de parvenir à faire valoir leurs droits à l'éducation et à la santé.

Les participants ont également demandé aux ministres de la santé et de l'éducation de la région de signer un nouvel engagement à travailler en étroite collaboration afin d’améliorer l'accès à une éducation sexuelle et des services de santé de haute qualité. Cet engagement, qui doit être signé en décembre 2013, avant la Conférence internationale sur le sida en Afrique, nécessitera la réalisation par les pays d’une analyse précise des besoins réels des jeunes, et la volonté de repenser les normes sociales concernant la sexualité des jeunes.

Cette réunion, qui s'est tenue à Gabarone, au Botswana, les 30 et 31 juillet, était la première rencontre en face à face de ce groupe de haut niveau, présidé par le Professeur Sheila Tlou, Directrice régionale de l'ONUSIDA et ancienne membre du Parlement et Ministre de la Santé du Botswana. La Première dame de Tanzanie, Mama Selma Kikwete, a ouvert la réunion.

Quotes

Nous allons travailler main dans la main avec les jeunes, les parents et les communautés en général, pour faire en sorte que nos dirigeants mettent leur bien-être au centre des préoccupations nationales et du partage des ressources.

Sheila Tlou, Directrice de l'équipe de l'ONUSIDA d'appui aux régions pour l'Afrique orientale et australe

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Le Secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-Moon lance le projet « Education First », pour que chaque enfant puisse aller à l'école

27 septembre 2012

Le Secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-Moon lors du lancement de la nouvelle initiative « Education First », en compagnie du Président sud-africain Jacob Zuma (à gauche) et de la Première ministre danoise Helle Thorning-Schmidt (à droite). 26 septembre 2012. Siège des Nations Unies, New York.
Photo : ONUSIDA/B. Hamilton

Le Secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-Moon a lancé une nouvelle initiative baptisée « Education First », pour que tous les enfants puissent aller à l'école, bénéficier d'une éducation de qualité et acquérir les valeurs de la citoyenneté mondiale.

« Nos objectifs communs sont simples. Nous voulons que les enfants suivent un enseignement primaire et puissent progresser vers un enseignement de plus haut niveau qui leur permettra de réussir dans la vie », a déclaré M. Ban. « Nous ne nous arrêterons pas tant que tous les enfants ne seront pas scolarisés. C'est notre mission, notre devoir ».

S'exprimant au nom de tous les enfants et de tous les jeunes, Chenor Bah, originaire de Sierra Leone, a présenté une pétition demandant le droit à l'éducation. « Envoyez-nous tous à l’école, préparez-nous aux emplois du XXIe siècle, [préparez-nous] à être des citoyens du monde capables de promouvoir la tolérance et la paix, avec une éducation complète sur la santé reproductive, et éclairés par la science », a déclaré M. Bah. « Vous êtes plus grands lorsque vous vous agenouillez pour aider un enfant », a-t-il ajouté.

« Education First » a pour but de mobiliser tous les partenaires, habituels et nouveaux, pour parvenir à la scolarisation de tous les enfants dans l'enseignement primaire avant l'échéance de 2015 fixée pour les Objectifs du Millénaire pour le Développement. D'après cette nouvelle initiative, 24 milliards de dollars supplémentaires sont nécessaires chaque année pour couvrir la non-scolarisation des enfants dans l'enseignement primaire et secondaire. « L'éducation demeure le plus important investissement que tout État puisse faire, en particulier en Afrique et dans les pays en développement », a indiqué le Président sud-africain Jacob Zuma.

Nos objectifs communs sont simples. Nous voulons que les enfants suivent un enseignement primaire et puissent progresser vers un enseignement de plus haut niveau qui leur permettra de réussir dans la vie

Ban Ki-Moon, Secrétaire général des Nations Unies

Animant la session, l'Envoyé spécial des Nations Unies pour l’éducation mondiale, Gordon Brown, a appelé la communauté internationale à investir massivement dans l'éducation. « Nous devons donner une voix et une chance aux jeunes », a-t-il déclaré.

Une aide de plus de 1,5 milliard de dollars a été promise par des partenaires du secteur privé lors de cet événement, dont 1 milliard de dollars versés par la Western Union Foundation et 500 millions par la MasterCard Foundation.

« Quand vous dirigez un pays, vous vous préoccupez beaucoup des statistiques : inflation, chômage, produit intérieur brut, etc., mais la statistique qui m'inquiète au plus haut point est celle qui concerne nos frais de scolarisation par rapport aux autres pays », a déclaré Julia Gillard, Première ministre australienne. « La réussite de nos enfants de 15 ans dans le système éducatif détermine l'avenir de notre économie et le caractère équitable de notre nation dans le futur », a-t-elle ajouté, tout en affirmant son soutien à cette initiative.

Animant la session, l'Envoyé spécial des Nations Unies pour l’éducation mondiale, Gordon Brown, a appelé la communauté internationale à investir massivement dans l'éducation.
Photo : ONUSIDA/B. Hamilton

Soulignant le rôle clé des enseignants dans l'éducation des enfants, la Directrice générale de l'UNESCO Irina Bokova a fait remarquer : « Il nous faut une nouvelle donne pour les enseignants. Il nous manque 1,7 milliard d'enseignants », a-t-elle indiqué. « Nous devons mettre les enseignants au premier plan, ils sont la colonne vertébrale de notre société », a ajouté Mme Bokova.

« Nous devons regarder au-delà des chiffres et investir dans le système éducatif pour obtenir de meilleurs résultats d'apprentissage », a déclaré le Dr Jim Kim, Président de la Banque mondiale. « Les pays doivent investir dans la santé et faciliter l'accès à l'école pour que le système éducatif fonctionne ».

Dans une tribune écrite pour le Huffington Post en appui à cette initiative, le Directeur exécutif de l'ONUSIDA Michel Sidibé a indiqué : « Education First est un modèle pour un avenir plus radieux, mais ne pourra pas réussir sans l'engagement solide de tous les secteurs de la société, y compris les gouvernements et les bailleurs de fonds, de même que les élèves et leurs familles. Et pour réussir il faudra des ressources et de la bonne volonté. Nous avons aujourd'hui une occasion historique de mettre fin à l'une des plus grandes menaces de notre époque pour l'humanité. Mettre fin au sida est possible, et l'éducation est l'une des clés du succès ».

Nous avons aujourd'hui une occasion historique de mettre fin à l'une des plus grandes menaces de notre époque pour l'humanité. Mettre fin au sida est possible, et l'éducation est l'une des clés du succès

Michel Sidibé, Directeur exécutif de l'ONUSIDA

L'ONUSIDA a participé à l'élaboration du document de stratégie d'« Education First ». Les illustrations de cette publication ont été créées par Sujean Rim, artiste résidente de l'ONUSIDA. « L'éducation est le plus beau cadeau que j'aie reçu et je suis contente de pouvoir soutenir cette initiative », a déclaré Mme Rim. « Les enfants du monde entier doivent avoir la possibilité et les compétences pour s'exprimer à travers les arts, les sciences et le sport ».

À l'heure actuelle, près de 61 millions d'enfants n'ont pas accès à l'enseignement primaire, dont 52 % de filles. De plus, 71 millions d'enfants qui pourraient prétendre à un enseignement secondaire ne bénéficient pas d'un enseignement après le primaire. Les enfants des pays en conflit représentent 42 % des enfants non scolarisés. D'autres obstacles à la scolarisation et la réussite scolaire incluent des frais inabordables, la discrimination fondée sur le sexe, le travail des enfants et le manque d'infrastructures. La nouvelle stratégie souligne également que les enfants orphelins à cause du sida ou d'autres facteurs requièrent un soin et une protection particuliers, tout comme les enfants victimes du travail forcé et de l'exploitation.

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Un rapport historique sur le VIH chez les jeunes zambiens met en évidence les défis et trace la voie à suivre

20 avril 2012

Un nouveau rapport fournit une synthèse et une analyse exhaustives des données récentes, des lacunes et des défis de prévention, de traitement, de soins et d'appui en matière de sida chez les jeunes zambiens.

Pour les jeunes zambiens, la riposte au sida a engendré un grand nombre de succès importants, avec un déclin considérable de 25 % de l'incidence de VIH ces dix dernières années, un report des premières relations sexuelles et une diminution du nombre de partenaires sexuels. Cependant, selon un nouveau rapport révolutionnaire, l'épidémie de sida continue d'exercer un effet considérable sur la jeunesse du pays, en particulier les jeunes femmes, et la route est longue avant d'avoir une génération sans VIH.

Situation Assessment of the HIV Response among Young People in Zambia fournit une synthèse et une analyse exhaustives des données récentes, des lacunes et des défis de prévention, de traitement, de soins et d'appui en matière de sida chez cette tranche d'âge clé. Il a été lancé à l'occasion d'une réunion de haut niveau qui s'est déroulée les 17 et 18 avril à Lusaka.

L'événement était parrainé par l'équipe commune des Nations Unies sur le sida en Zambie, en collaboration avec le Conseil national de lutte contre les VIH/sida/IST/TB (NAC) et les Ministères de la santé, de l'éducation, de la jeunesse et des sports, et du développement communautaire, de la santé des mères et des enfants.

« Nous devons réduire le nombre de nouvelles infections au VIH parmi les jeunes si vous voulons atteindre les objectifs fixés dans la Déclaration politique sur le sida 2011 », a déclaré le Ministre adjoint de la jeunesse et des sports, Nathaniel Mubukwanu. « Nous nous engageons à continuer de développer des interventions de fort impact en utilisant une combinaison de stratégies de prévention du VIH pour riposter efficacement à l'épidémie », a-t-il ajouté.

De bons progrès mais il reste quelques lacunes

L'évaluation, qui se concentre sur les enfants âgés de 10 à 24 ans, montre que l'incidence de VIH a baissé entre 2001 et 2009 parmi les jeunes et que la proportion de jeunes ayant des rapports sexuels avant l'âge de 15 ans a diminué de moitié, passant d'environ 17 % en 2000 à près de 8 % en 2009. Une augmentation du nombre de jeunes ayant fait un dépistage du VIH et reçu leurs résultats a également été observée, passant de 7 % en 2005 à 34 % en 2009.

Donner aux jeunes un accès au dépistage du VIH, aux préservatifs, à la circoncision masculine et d'autres services de santé reproductive, notamment l'éducation sexuelle, aidera considérablement la Zambie à atteindre la vision de l'ONUSIDA : zéro nouvelle infection au VIH, zéro discrimination et zéro décès lié au sida

Helen Frary, coordinatrice de pays de l'ONUSIDA, Zambie

Malgré ces avancées, la prévalence du VIH parmi les jeunes reste élevée. En 2007, la prévalence parmi les jeunes de 15 à 19 ans, par exemple, était de 6 % pour les femmes et 4 % pour les hommes.

Ceci est dû à plusieurs facteurs. Le Dr Clement Chela, directeur général du NAC, citant le rapport, a indiqué que ces facteurs comprenaient : « Une méconnaissance du VIH, l'inégalité des sexes, la pauvreté et la combinaison des transactions sexuelles et des rapports sexuels intergénérationnels, le mariage précoce, la consommation d'alcool, la pression des pairs et les mauvaises attitudes vis-à-vis de la promotion du préservatif parmi les jeunes. »  Les données indiquent que seuls 53 % se sont révélés favorables à une éducation sur les préservatifs pour la prévention du VIH chez les jeunes.

Le rapport souligne également l'absence d'un programme d'éducation sexuelle complet à l'attention des élèves des écoles mais la présence d'une forte stigmatisation envers les jeunes sur le traitement de leurs pairs.

La route tracée

L'une des principales recommandations du rapport pour accroître la protection des jeunes est la promotion de leur engagement important dans la conception et la mise en œuvre de politiques et de programmes anti-VIH. Ceci peut se faire en bâtissant leur capacité comme agents de change et prestataires de services et en les encourageant à générer de la demande concernant les services liés au VIH.

En tant que représentant de la jeunesse, Chipasha Mwansa a acquiescé tout en espérant que les recommandations de ses pairs soient prises avec le sérieux qu'elles méritent : « On ne peut rien faire pour la jeunesse sans l'engagement actif des jeunes. »

Selon le rapport, pour répondre aux besoins des jeunes, il faudrait renforcer l'accès aux préservatifs, au conseil et au dépistage du VIH, à la circoncision masculine et changer les attitudes concernant la communication auprès des jeunes à l'intérieur et à l'extérieur de l'école. En outre, les services accueillants pour les jeunes doivent être étendus à l'échelle des établissements de santé et communautaire, y compris des services qui intègrent des soins et un traitement du VIH ainsi qu'une protection juridique des adolescents vivant avec le virus.

Helen Frary, coordinatrice de pays de l'ONUSIDA, a noté qu'une approche pluridisciplinaire était nécessaire. « Donner aux jeunes un accès au dépistage du VIH, aux préservatifs, à la circoncision masculine et d'autres services de santé reproductive, notamment l'éducation sexuelle, aidera considérablement la Zambie à atteindre la vision de l'ONUSIDA : zéro nouvelle infection au VIH, zéro discrimination et zéro décès lié au sida. »

Pour garantir des progrès mesurables en Zambie, les Nations unies se sont engagées à travailler avec les Ministères et les parties prenantes compétents pour traduire ces principales recommandations — et d'autres — en plan d'action clair, chiffré et assorti d'un calendrier qui mette la jeunesse au cœur du débat.

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Forum des jeunes de l'UNESCO : Les jeunes conduisent la révolution de la prévention du VIH

21 octobre 2011

Lamia Jouini engage avec les co-délégués une discussion informelle le troisième jour du Forum des jeunes de l'UNESCO.

Comment est-ce que la jeunesse mondiale peut maximiser son potentiel en tant qu'agent dynamique pour un changement social, politique et économique pour améliorer ses conditions de vies, sa santé et la société dans laquelle elle vie ? Le 7e Forum des jeunes de l'UNESCO qui s'est tenu à Paris du 17 au 20 octobre a rassemblé près de 250 jeunes délégués de 193 États membres ainsi que des centaines d'observateurs de la société civile afin d'essayer de trouver des réponses à cette question clé.

Sur le thème « Comment les jeunes conduisent le changement », le Forum a exploré les innombrables voies par lesquelles les jeunes remodèlent le monde. Les trois sous-thèmes ont étudié les jeunes dans la vie politique et publique, brisant les barrières de l'emploi et la lutte contre l'exclusion des jeunes, la vulnérabilité et la violence. 

Le VIH reste un domaine majeur de vulnérabilité des jeunes avec les 15-24 ans représentant près de 40% des nouvelles infections parmi les adultes dans le monde entier. Le troisième jour du Forum, plus de 30 jeunes délégués du monde entier ont engagé une discussion informelle sur les questions relatives au VIH et l'activisme sur le sida.

Pendant la séance organisée par l'UNESCO, les délégués étaient encouragés à contribuer à la riposte au VIH dans leurs pays d'origine. Ils ont partagé diverses opinions et idées, apprenant des expériences des uns et des autres. 

« Je ne savais même pas qu'il existait quelque chose comme un préservatif féminin ! Cela montre simplement le manque d'information, » commente Lamia Jouini de Tunisie avec un léger sourire, membre de la fédération internationale de l'association d'étudiants en médecine. Sur une note plus sérieuse elle ajoute « La situation du VIH est mauvaise dans de nombreux pays, nous devrions vraiment ajuster notre travail aux besoins des jeunes. »

Les diverses discussions touchaient des questions comme la stigmatisation et la discrimination, le manque d'éducation sexuelle de bonne qualité dans les écoles et l'accès aux produits comme des préservatifs de qualité.

J'étais très impressionnée par le travail que les jeunes fournissent pour s'éduquer eux-mêmes ainsi que leurs pairs défiant ainsi la stigmatisation !

Joanna Herat, une spécialiste de programme dans la section VIH et SIDA auprès de l'UNESCO.

« J'étais très impressionnée par le travail que les jeunes fournissent pour s'éduquer eux-mêmes ainsi que leurs pairs, défiant la stigmatisation, » dit Joanna Herat, une spécialiste de programme dans la section VIH et SIDA auprès de l'UNESCO qui a animé la discussion. « De nombreux délégués ont quitté la séance avec un fort sentiment de dévouement pour plaider en faveur de l'éducation liée au VIH dans leur pays d'origine. »

Développer une relation symbiotique entre les jeunes et l'UNESCO en tant qu'organisation a également été considéré comme critique. Les délégués ont profité de l'occasion pour faire part aux représentants de l'UNESCO de leurs besoins et de leurs priorités en tant que défenseurs et bénéficiaires. L'agence de l'ONU, à son tour, a été en mesure d'identifier les militants et, avec eux, le suivi d'un engagement par des pairs ainsi que les opportunités de développement du leadership.

La discussion informelle reflétait les aspirations du 7e Forum des jeunes dans son ensemble : pour encourager les jeunes à être une force qui fait une différence dans le monde et d'être une force qui conduit le changement.

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S'adapter à l'épidémie actuelle : l'UNESCO lance sa nouvelle stratégie de lutte contre le sida

18 octobre 2011

La nouvelle stratégie de lutte contre le sida de l'UNESCO vise à faire face à l'évolution de l'épidémie de sida.

L'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO) a récemment lancé une nouvelle stratégie de lutte contre le sida pour faire face à l'évolution de l'épidémie de sida.

La stratégie articule la contribution de l'UNESCO avec la stratégie de l'ONUSIDA « Objectif zéro » et appelle à accélérer l'accès universel à la prévention, au traitement, aux soins et à l'appui en matière de VIH.

« Toute l'organisation est mobilisée à l’échelle internationale, régionale et nationale, avec des activités appropriées sur le plan culturel, qui transforment les relations entre les sexes et s’appuient sur des éléments probants. L'approche interdisciplinaire qui nous caractérise est une force bien adaptée à l'éradication du VIH », a déclaré la Directrice générale de l'UNESCO, Irina Bokova.

Le lancement a été présidé par Qian Tang, Sous-Directeur général pour l'éducation de l'UNESCO, accompagné de Jan Beagle, Directrice exécutive adjointe de l'ONUSIDA responsable de la gestion et des relations extérieures, et de Mark Richmond, Coordinateur général de l'UNESCO pour le VIH et le sida.

Les autres intervenants incluaient Lady Cristina Owen-Jones, Ambassadrice de bonne volonté de l’UNESCO pour le programme d’éducation et de prévention contre le VIH, le Pr Luc Montagnier, lauréat du prix Nobel de médecine, Patricia Machawira, conseillère régionale sur le sida de l'UNESCO pour l'Afrique de l'Est et l’Afrique australe, et Pablo Torres Aguilera, responsable des jeunes vivant avec le VIH de l’organisation Dance4Life.

Toute l'organisation est mobilisée à l’échelle internationale, régionale et nationale, avec des activités appropriées sur le plan culturel, qui transforment les relations entre les sexes et s’appuient sur des éléments probants. L'approche interdisciplinaire qui nous caractérise est une force bien adaptée à l'éradication du VIH

Irina Bokova, Directrice générale de l'UNESCO

Dans son discours, Mme Beagle a loué la nouvelle stratégie de l'UNESCO et le rôle clé de l'organisation dans la promotion de l'engagement du secteur de l'éducation dans les ripostes nationales au sida. « La stratégie de lutte contre le sida de l'UNESCO s'attaque à des défis critiques pour protéger les jeunes contre les infections au VIH et met en particulier l’accent sur la promotion de ripostes complètes au VIH dans le secteur de l'éducation. »

Avec la nouvelle stratégie, l'éducation sur la prévention du VIH sera intégrée dans le contexte plus large de la promotion de la santé pour veiller à ce que l’ensemble des filles, des garçons, des jeunes femmes et des jeunes hommes aient accès à une éducation complète en matière de santé. De plus, la stratégie de l'UNESCO décrit trois priorités:

  • renforcer les capacités nationales pour des ripostes au VIH efficaces et durables dans le secteur de l'éducation ;
  • assurer une éducation plus complète à la sexualité et sur le VIH ;
  • faire avancer l'égalité des sexes et protéger les droits de l'homme.

L'UNESCO espère que sa nouvelle stratégie de lutte contre le sida renforcera le rôle pivot du secteur de l'éducation dans une riposte au sida efficace. Mieux informés sur les questions du VIH et de la santé dans un environnement enrichissant et propice à l’apprentissage, les jeunes pourront faire des choix plus éclairés pour vivre de manière plus sûre et en meilleure santé.

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Bâtir des connaissances, des compétences et de l'espoir dans les écoles d'Afrique australe

07 octobre 2011

Élèves participant à une intervention « Parole positive » à Luanda, Angola
Photo : UNESCO

Les élèves et les enseignants de quatre pays d'Afrique australe profitent d'un ambitieux programme de lutte contre le VIH, dirigé par l'UNESCO. Depuis ses débuts en 2008, le programme vise à renforcer la riposte contre le sida du secteur de l'éducation en Angola, au Lesotho, en Namibie et en Swaziland.   

Intitulé « Building knowledge, skills and hope: HIV and AIDS education for African children » (Bâtir des connaissances, des compétences et de l'espoir : éducation des enfants africains sur le VIH et le sida), ce projet sur trois ans consiste à améliorer le cursus et les supports pédagogiques sur le VIH. Il vise également à soutenir la formation des enseignants grâce à de meilleures directives de programmes et de politiques. Le programme est destiné à renforcer les systèmes de soin et de soutien aux enseignants et au personnel éducatif touchés par le VIH ainsi que d'améliorer l'éducation sur le sida dans des centaines d'écoles. 

Mis en place par l'UNESCO et financé par la Fondation Virginio Bruni Tedeschi, le projet a été mis en oeuvre dans le cadre de l'Initiative mondiale de l'ONUSIDA pour l'éducation et le VIH/sida (EDUCAIDS) et a renforcé les travaux continus des différents ministères de l'éducation de chaque pays.

Selon l'UNESCO, le résultat a été le repositionnement du secteur éducatif au centre de la riposte nationale contre le sida dans les quatre pays. Des réformes sont en cours dans tous les pays impliqués dans le projet afin d'intégrer le VIH et l'éducation sexuelle dans le cursus des écoles et les institutions de formation des enseignants.  

L'initiative a donné lieu à un certain nombre d'innovations telles que la mise en place des premiers réseaux nationaux d'enseignants touchés par le VIH. « Depuis le lancement de cette initiative, nous partageons nos expériences, nos craintes, nos espoirs et nos rêves », a déclaré Nelao Martin, un enseignant vivant avec le VIH et membre du EduSector Support Network on Health and HIV en Namibie. « Quelqu'un, quelque part, a forcément déjà traversé les mêmes difficultés et est parvenu à les gérer. »

Depuis le lancement de cette initiative, nous partageons nos expériences, nos craintes, nos espoirs et nos rêves. Quelqu'un, quelque part, a forcément déjà traversé les mêmes difficultés et est parvenu à les gérer.

Nelao Martin, un enseignant vivant avec le VIH et membre du EduSector Support Network on Health and HIV en Namibie

Les premiers groupes de soutien pour enfants et adolescents touchés par le sida ont été établis. De la même manière, en partenariat avec des associations de personnes vivant avec le VIH, de nouvelles approches sont utilisées pour sensibiliser les élèves séropositifs dans les écoles. Des sessions de « Parole positive » ont été mises en place grâce auxquelles les témoignages et les expériences personnels de jeunes éducateurs ouvertement séropositifs ont permis aux élèves de « mettre un visage » sur le virus. 

Nkuebe Peete, un séropositif de 23 ans vivant au Lesotho a participé à ces interventions : “Je suis fier de faire part de mon histoire et de mon expérience à des jeunes pour qu'ils ne fassent pas les mêmes erreurs et aident ceux qui vivent avec le VIH. Ceci a donné un nouveau sens à ma vie. J'ai à présent le sentiment d'être une meilleure personne qu'avant. »

En outre, des supports d'enseignement et d'apprentissage innovants ont été développés comme la série de livres audio sur le VIH destinés aux élèves de classes primaires au Swaziland. La plupart des supports de sensibilisation d'élèves plus âgés ont été développés par les élèves eux-mêmes de façon créative et interactive. L'une des approches particulières impliquait les salons nationaux et régionaux « PhotoVoice » qui présentaient les témoignages d'élèves et d'enseignants séropositifs. Au total, les activités du projet ont atteint plus de 4 000 écoles, 17 000 enseignants et près d'un demi million d'élèves.

De nouvelles initiatives sont en cours de développement, sur les fondements posés par le projet. Par exemple, en mai 2011, le ministère de l'éducation de Namibie a mandaté et débloqué un budget pour l'introduction d'enseignants à temps plein dans le seul but de dispenser une éducation, des directives et du conseil en sciences de la vie dans les écoles primaires et secondaires. 

Le Lesotho et le Swaziland sont sur le point d'adopter des politiques qui reconnaissent l'impact du sida sur leurs systèmes éducatifs. Ces politiques appellent à l'intégration de stratégies pour une prévention et des soins adaptés aux besoins des élèves et des enseignants. Des efforts similaires ont été déployés en Angola, qui s'attaque à la formulation d'une stratégie et d'une politique sur le VIH au sein du secteur de l'éducation. 

Les partenaires du projet estiment que le programme a considérablement contribué à améliorer la riposte contre le sida dans les secteurs éducatifs des quatre pays. D'après Majoele Likonelo Hlasoa, directrice de la planification du Ministère de l'éducation et de la formation au Lesotho : « Lorsque j'ai rejoint le Ministère de l'éducation, j'ignorais ce que le secteur éducatif pouvait et devait faire à propos du VIH, qui était selon moi une question de santé publique sous la responsabilité du Ministère de la santé. Depuis que j'ai été exposée au plan d'action d'EDUCAIDS, j'ai changé d'avis et j'ai une réelle connaissance des enjeux. »

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NewGen Asia : aider les jeunes leaders à trouver leur « voix »

27 août 2011

Michel Sidibé, directeur exécutif de l'ONUSIDA, en plein débat avec de jeunes participants lors du lancement de l'initiative NewGen Asia.
Photo : ONUSIDA/Kim

Environ un demi-million de jeunes âgés de 15 à 24 ans vivent avec le VIH en Asie et dans le Pacifique. Dans cette région, une très grande partie des nouvelles infections au VIH concerne les jeunes issus des populations les plus exposées, à savoir les professionnel(le)s du sexe, les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes, les personnes transsexuelles et les consommateurs de drogues injectables.

Pour garantir l'accès aux services anti-VIH aux personnes qui en ont besoin, les jeunes doivent s'exprimer d'une voix forte et être mieux représentés dans la riposte au sida. Une initiative baptisée New Generation (NewGen) Asia a pour but de développer la capacité de la nouvelle génération de jeunes leaders issus de ces populations à faire entendre leur voix.

Lancé le 27 août dans le cadre du 10e congrès international sur le sida dans la région de l'Asie et du Pacifique à Busan, en Corée du Sud, le programme NewGen, piloté par le groupe de travail interinstitutions Asie-Pacifique sur les jeunes issus des populations les plus touchées (Asia-Pacific Inter-Agency Task Team for Young Key Affected Populations), est passé à la vitesse supérieure avec une manifestation destinée à présenter le programme de tutorat des jeunes leaders de NewGen et à lancer officiellement une nouvelle formation au leadership.

« Vous n'êtes pas seulement les leaders de demain, vous êtes aussi les leaders d'aujourd'hui », a déclaré Michel Sidibé, directeur exécutif de l'ONUSIDA. « Le leadership, c'est l'engagement, le courage et la lutte pour le bien de tous. Nous pouvons construire un monde meilleur grâce à votre énergie ».

Le leadership, c'est l'engagement, le courage et la lutte pour le bien de tous. Nous pouvons construire un monde meilleur grâce à votre énergie

Michel Sidibé, directeur exécutif de l'ONUSIDA

Dans le cadre de cet événement, NewGen Asia a convié autour d'un déjeuner 30 référents de haut niveau et les nouveaux leaders de la jeunesse, principalement issus des populations les plus touchées, que ces référents vont encourager et soutenir. Les référents sont des personnalités venues d'horizons très divers, notamment de la société civile, des Nations Unies et des gouvernements, mais aussi des jeunes qui possèdent déjà une solide expérience en matière de leadership. Parmi eux figurent Ursula Schaefer-Preuss, vice-présidente de la Banque asiatique de développement, Khartini Slamah, présidente du Réseau transgenre d'Asie-Pacifique, et Jimmy Dorabjee du Réseau asiatique des consommateurs de drogues.

Un exercice d'échange à double sens

« Je pense que le programme de tutorat de NewGen est une initiative très importante pour aider à stimuler le dialogue entre, d'une part, les jeunes leaders issus des populations les plus touchées par le sida, qui sont souvent stigmatisés ou vivent des situations difficiles, et, d'autre part, les référents qui peuvent les aider à avoir une vision et un leadership », a expliqué la référente Ursula Schaefer-Preuss, vice-présidente de la Banque asiatique de développement. 

Gerard Ompad, un jeune participant qui possède une expérience dans la prévention du VIH, pense quant à lui que l'initiative de NewGen va lui permettre de devenir un défenseur plus efficace des besoins et des préoccupations de sa communauté. « Je suis ravi de participer à cette initiative. Cette formation va nous donner les moyens, en tant que jeunes issus des communautés les plus touchées, de devenir de vrais leaders et de développer nos compétences en matière de sensibilisation. Il est vital que les jeunes s'approprient la riposte au sida et le leadership de cette riposte ; il s'agit d'une avancée considérable pour la région », a-t-il ajouté.

Au cours d'un déjeuner très animé, les référents et leurs jeunes élèves ont discuté de leurs attentes et planifié différentes activités pour l'année à venir. De l'avis général, l'exercice s'est traduit par un véritable échange à double sens.

Une formation au leadership de cinq jours

Cet événement a également fourni un cadre au lancement d'une formation au leadership de cinq jours pour les jeunes issus des populations les plus touchées et ceux qui travaillent avec eux. Les cours sont préparés et dispensés par une équipe d'experts techniques de Youth LEAD, un réseau régional de groupes engagés dans une lutte active pour la prévention du VIH. Les membres de Youth LEAD sont aussi fortement impliqués dans le programme de tutorat, en collaboration avec des experts du milieu universitaire et des partenaires de l'ONU. 

Il est vital que les jeunes s'approprient la riposte au sida et le leadership de cette riposte ; il s'agit d'une avancée considérable pour la région

Gerard Ompad, jeune participant au projet NewGen Asia

Les cours incluent des informations sur le VIH et sur les populations les plus touchées et mettent particulièrement l'accent sur une formation fondée sur les compétences, notamment en matière de sensibilisation, de communication et de leadership.

Réitérant son engagement en faveur de l'implication des jeunes dans la riposte au sida, Youth LEAD, en collaboration avec le Fonds des jeunes leaders pour la lutte contre le VIH, a également lancé un appel aux initiatives menées par les jeunes qui visent à répondre aux besoins des personnes les plus touchées par le VIH en Asie du Sud-Est et dans le Pacifique pour sa campagne de financement 2011-2012.

Tous espèrent que l'initiative NewGen, active sur plusieurs fronts, tirera de vrais bénéfices de l'engagement effectif accru des principales communautés qui payent le plus lourd tribut à l'épidémie de sida dans la région.

Anupama Rao Singh, directrice régionale de l'UNICEF pour l'Asie orientale et le Pacifique, a commenté en ces termes l'importance de l'initiative de NewGen :

« Les jeunes les plus touchés par l'épidémie de sida sont au cœur de la révolution pour la prévention en Asie et dans le Pacifique. L'initiative NewGen, avec le soutien du groupe de travail régional interinstitutions, va permettre de renforcer le leadership des jeunes pour la défense des politiques et des programmes qui les concernent et de préparer une nouvelle génération d'agents du changement pour la riposte au sida dans la région ».

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C'est possible : faire plus en associant la santé sexuelle et reproductive et les ripostes au VIH

09 juin 2011

Dr Babatunde Osotimehin
Photo : UNFPA

L'association de la santé sexuelle et reproductive et du VIH est d'une importance critique. Dans le monde, plus de 80 % des infections au VIH sont transmises par voie sexuelle. En outre, la mauvaise santé sexuelle et reproductive et le VIH sont alimentés par des causes similaires telles que la pauvreté, l'accès limité aux services, le manque d'informations adéquates, l'inégalité des sexes et la marginalisation sociale.

Le 8 juin, à l'occasion d'un événement parallèle de la Réunion de haut niveau sur le sida de l'Assemblée générale qui se tient à New York cette semaine, la question sur la manière précise de renforcer ces associations a été explorée. L'événement était parrainé par l'ONUSIDA, l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO), le Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA), l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) et la Fédération internationale pour la planification familiale (IPPF).

La session hautement interactive a examiné la question à travers le prisme de cinq thématiques : le rapport coût/efficacité et les économies des associations, la prévention de la transmission mère-enfant par le biais d'une plateforme de santé sexuelle et reproductive, une éducation sexuelle complète pour les jeunes, la fin de la violence sexiste et les droits de l'homme des personnes vivant avec le VIH.

Du bon sens

Dans son élocution d'ouverture, Dr Babatunde Osotimehin, Directeur exécutif de l'UNFPA, a expliqué comment l'intégration de services de santé sexuelle et reproductive et anti-VIH relevait du bon sens. Ces services incluent le dépistage du VIH et d'autres infections sexuellement transmissibles, la prévention de la transmission mère-enfant, l'appui en matière de fertilité et l'accès à des préservatifs, une contraception et des informations adéquates.  Il a insisté sur les implications d'une politique plus vaste et des droits de l'homme.

« L'association de la santé sexuelle et reproductive et du VIH va au-delà de l'intégration de services de santé », a-t-il déclaré. « Cela exige que nous fortifions la plateforme des droits de l'homme, pour mettre fin à la stigmatisation, à la violence et à la discrimination. »

Les droits de l'homme et le droit à la santé ont été cités comme le coeur d'une plus grande intégration de services.  Un agenda de droits de l'homme plus vaste peut également être développé, qui aille au-delà de la dispense de services et s'attaque à des réformes juridiques, comme celles ayant trait au droit à l'information et à la liberté face à la violence, aux abus et à la contrainte.

Partager des idées et des expériences

Les participants ont partagé leurs idées et leurs expériences sur la manière dont ceux qui travaillent dans les domaines du VIH et de la santé sexuelle et reproductive ont associé leurs efforts pour rendre les interventions plus efficaces de façon plus créative et innovante, notamment des stratégies visant à renforcer le traitement comme option de prévention.

Il a été souligné que les soins axés sur la mère et l'enfant pouvaient améliorer la santé sexuelle et reproductive et l'incidence du VIH. Pour de nombreuses femmes, la grossesse constitue le point d'entrée dans le système de santé où elles peuvent bénéficier d'une série d'interventions, notamment d'une prévention et d'un traitement du VIH intégrés dans les soins maternels de routine, la planification familiale et la prévention et la prise en charge des infections sexuellement transmissibles et de la violence sexiste.

La discussion a également montré qu'une éducation sexuelle complète correctement mise en oeuvre à échelle nationale peut supposer des économies de coûts, en évitant les infections au VIH, d'autres IST et grossesses non désirées.

Les participants ont examiné la manière dont les hommes pouvaient bénéficier d'une intégration plus vaste. Par exemple, dans les pays où la circoncision masculine volontaire est implantée comme moyen de prévention en matière de VIH, le nombre d'hommes accédant à ces services sexuels et reproductifs, comme la prévention de la transmission mère-enfant et le traitement des IST, a augmenté. 

La réunion s'est clôturée sur l'accord que l'association de la santé sexuelle et reproductive et de la riposte au VIH, en particulier dans un climat d'austérité, est une passerelle vers le renforcement de l'agenda des droits des l'homme et des systèmes de santé.

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UNESCO: L’efficacité de l’éducation sexuelle des jeunes

06 mai 2011

Les élèves travaillent avec les agents de l’État kenyan sur l’éducation sexuelle
Photo: UNESCO/Centre kenyan pour l’étude de l’adolescence

Les programmes d’éducation sexuelle peuvent s’avérer extrêmement rentables, en particulier lorsqu’ils sont obligatoires, adaptés des modèles existants et intégrés au programme scolaire de base. Telle est la principale conclusion d’une étude majeure publiée par l’UNESCO au cours d’une réunion de l’équipe spéciale interinstitutions de l’UNESCO à New York, le 27 avril 2011.

Cette étude, intitulée Coût et efficience : analyse des programmes d’éducation sexuelle dans six pays, analyse divers programmes en Estonie, en Inde, en Indonésie, au Kenya, aux Pays-Bas et au Nigeria. Elle met en avant les économies importantes qui peuvent être réalisées dans plusieurs cas. Elle montre également que les programmes obligatoires sont plus efficaces, car ils couvrent l’ensemble des élèves, et ont donc des incidences plus fortes et des retombées plus larges.

En Estonie, par exemple, un programme national d’éducation sexuelle a été introduit et relié à des services de santé sexuelle et génésique accessibles et adaptés aux jeunes. Entre 2001 et 2009, quelque 13 490 « événements sanitaires » ont été évités, dont près de 2 000 infections à VIH, pour un coût potentiel de 67 825 USD par patient, environ 4 300 grossesses non désirées et plus de 7 000 infections sexuellement transmissibles.

Nous disposons désormais des données et des analyses nécessaires pour étayer plus solidement l’argumentation en faveur d’un investissement dans les programmes scolaires d’éducation sexuelle, en particulier dans les pays les plus touchés par l’épidémie et qui font l’objet d’une attention prioritaire dans la nouvelle stratégie de l’ONUSIDA pour 2011-2015.

Mark Richmond, coordinateur général de l’UNESCO pour le VIH et le sida

Le rapport de l’UNESCO contient une ventilation détaillée des coûts par apprenant pour chaque programme d’éducation sexuelle dans les six pays. Ils vont de 6,90 USD au Nigeria à 32,80 USD aux Pays-Bas. Les coûts sont beaucoup plus élevés dans des programmes pilotes de moindre envergure, par exemple au Kenya et en Indonésie.

D’après Mark Richmond, coordinateur général de l’UNESCO pour le VIH et le sida, cette étude phare donne une assise économique à l’argument selon lequel l’éducation sexuelle est essentielle à la prévention du VIH chez les jeunes.

« Nous disposons désormais des données et des analyses nécessaires pour étayer plus solidement l’argumentation en faveur d’un investissement dans les programmes scolaires d’éducation sexuelle, en particulier dans les pays les plus touchés par l’épidémie et qui font l’objet d’une attention prioritaire dans la nouvelle stratégie de l’ONUSIDA pour 2011-2015. »

La réduction de la transmission sexuelle du VIH de moitié d’ici 2015, notamment chez les jeunes, est l’un des objectifs de la Stratégie de l’ONUSIDA. Toutefois, le rapport mondial de l’ONUSIDA de 2010 montre que les jeunes en savent peu sur la prévention, et que 40 % du total des nouvelles infections chez les adultes se produit chez les jeunes de 15 à 24 ans. Le rapport de l’UNESCO vient s’ajouter au fait que l’on reconnaît peu à peu que l’éducation sexuelle à l’école peut fortement contribuer à améliorer la connaissance qu’ont les jeunes de la prévention du VIH.

Équipe spéciale interinstitutions sur l’éducation

Constituée en 2002, l’équipe spéciale interinstitutions sur l’éducation est convoquée par l’UNESCO et réunit les coparrainants de l’ONUSIDA, les institutions bilatérales, les donateurs privés et les partenaires de la société civile en vue d’accélérer la riposte au VIH du secteur de l’éducation et d’en améliorer la coordination et l’harmonisation.

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Un nouvel Observatoire aide à lutter contre le VIH dans les prisons d’Amérique latine et des Caraïbes

20 avril 2011

Observatoire du VIH dans les prisons

Échafauder une lutte efficace contre le VIH dans les établissements pénitentiaires est un volet essentiel de la riposte au sida aux niveaux national, régional et mondial. Pour définir des normes de prévention et de traitement en matière de VIH ainsi que de protection et de promotion des droits des prisonniers, il est important de recueillir autant de données que possibles sur l’épidémie dans les prisons. Le nouvel Observatoire du VIH dans les prisons récemment créé en Amérique latine et aux Caraïbes devrait devenir le principal dépositaire régional de ces informations essentielles.

L’Observatoire (Observatorio VIH y Cárceles de Latinoamérica y el Caribe en espagnol) rassemble les données de 23 pays, accessibles sur un site Internet. Son objectif est principalement d’aider les gouvernements et la société civile à définir et à mettre en œuvre des politiques nationales de lutte contre le VIH dans les prisons fondées sur des normes internationales. L’Observatoire fonctionne en espagnol depuis mi-février et une version anglaise sera lancée le 30 avril 2011.

L’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (UNODC) mène cette initiative avec l’aide de l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), de l’Organisation panaméricaine de la santé (OPS), de la Banque mondiale, du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et de l’ONUSIDA.

Selon José Vila del Castillo, Conseiller régional de l’UNODC, « L’Observatoire montre bien comment le système des Nations Unies est « Uni dans l’action ». La lutte contre le VIH dans les prisons de la région est devenue une priorité. L’Observatoire est un outil important qui permet de catalyser les processus de réforme des prisons et les programmes liés au VIH et aux prisons. »

La lutte contre le VIH dans les prisons de la région est devenue une priorité. L’Observatoire est un outil important qui permet de catalyser les processus de réforme des prisons et les programmes liés au VIH et aux prisons.

José Vila del Castillo, Conseiller régional de l’UNODC

Offrant un espace public permanent de réflexion et de dialogue éclairé, l’Observatoire virtuel élabore des méthodes de recueil, de traitement, d’analyse et de validation des données scientifiques glanées sur ce qui fonctionne et les meilleurs procédés en matière de lutte contre le VIH dans les prisons. Il mettra l’accent sur les informations existantes et encouragera la poursuite des recherches. Une formation et un appui technique sont également fournis par des annuaires de référence, des consultations en ligne, des forums de discussion et des salles de classe virtuelles.

En Amérique latine et aux Caraïbes, comme ailleurs, de nombreux prisonniers sont vulnérables au VIH en raison de plusieurs facteurs, notamment le manque de connaissances sur le virus, la surpopulation carcérale, le manque de protection et de services de santé de qualité, et la violence.

Dans toute la région où des données sont disponibles, plusieurs pays enregistrent une prévalence au VIH supérieure chez les prisonniers. Par exemple, selon les données recueillies par l’UNODC cette année au Pérou, il y a plus de huit fois plus de personnes vivant avec le VIH en prison qu’en liberté (4,03 % contre 0,4 %). En Bolivie, la situation est encore plus frappante. Les mêmes sources montrent que dans les neuf prisons du pays, 10 % des prisonniers sont signalés comme étant séropositifs, alors que la prévalence est de 0,2 % dans la société.

César Antonio Núñez, directeur de l’équipe d’appui aux régions (Amérique latine), est convaincu que l’Observatoire donnera un précieux point de vue sur la vie d’une population oubliée : « L’Observatoire va nous permettre de connaître la véritable situation du VIH dans le système carcéral et mettra en avant les questions relatives aux droits de l’homme. C’est probablement dans le domaine du VIH et des prisons que l’engagement de l’ONUSIDA à être le porte-parole des sans-voix est le plus nécessaire et le mieux adapté. »

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