Feature Story
Le combat d’une femme contre le sida en Ukraine
13 mars 2007
13 mars 2007 13 mars 2007
L’histoire de Tatiana Semikop commence en 1994, alors qu’elle travaillait à la police criminelle d’Odessa. Cette année-là, Tatiana fit la connaissance d’un jeune garçon de 11 ans vivant avec le VIH, qui ne savait pas où, ni vers qui se tourner pour obtenir de l’aide et du soutien. A l’époque, Tatiana en savait très peu sur le sida mais voulait aider ce garçon. Elle décida d’en apprendre plus et de découvrir comment il pouvait obtenir de l’aide. Mais plus elle cherchait, plus elle réalisait qu’il n’y avait en fait que très peu d’aide disponible.
« J’étais choquée, » dit Tatiana. Et d’ajouter : « Je n’arrivais pas à croire que personne dans le district ou même en ville ne pouvait me donner l’information que je recherchais. Personne ne semblait rien savoir, c’était comme si cette maladie n’existait pas. »
En savoir plus
Au cours de ses recherches pour en savoir plus sur le sida, Tatiana entendit parler d’un atelier organisé par l’ONUSIDA pour apporter aux forces de police des informations sur la prévention du VIH. Grâce à cet atelier, elle acquit des connaissances essentielles sur les problèmes complexes liés au sida en Ukraine, et sur les divers types d’interventions nécessaires pour arrêter la propagation de la maladie.
L’Ukraine fait face à l’épidémie de sida la plus sévère d’Europe. A la fin 2005, près de 400 000 personnes vivaient ave le VIH en Ukraine et la prévalence du VIH chez l’adulte était estimée à plus de 1,4%. L’épidémie en Ukraine s’est principalement concentrée dans les populations considérées comme les plus ‘exposées au risque’ et 60% des personnes vivant avec le VIH consomment des drogues injectables.
« L’utilisation de matériel d’injection non-stérile est le moteur principal de l’épidémie de sida en Ukraine, » dit Anna Shakarishvili, Coordonnateur de l’ONUSIDA en Ukraine. Et elle ajoute : « Plus de 45% des nouvelles infections au VIH rapportées dans la première moitié de 2006 concernent des personnes consommant des drogues injectables. Mais la transmission par voie sexuelle de l’infection à partir des consommateurs de drogue augmente aussi rapidement, et le nombre d’enfants nés de mères positives au VIH continue à s’accroître ».

Une approche sans précédent
A travers son travail dans la police, Tatiana rencontre régulièrement des consommateurs de drogues injectables et pour elle il était logique de commencer par axer son travail de prévention dans ce domaine. Avec son aide, l’Ukraine a lancé et réalisé ses premiers projets de réduction des risques liés à la consommation de drogues injectables.
Une caractéristique unique de ces programmes était la coopération avec les forces de police et l’accord du Maire de la ville d’Odessa – un point de vue novateur dans le pays à ce moment-là.
« Nous n’arrivions pas à croire que nous avions réellement osé adopter une approche aussi unique et sans précédent, » dit un des sept membres de la petite équipe qui a démarré le projet pilote. « Cela n’avait encore jamais été fait en Ukraine. »
Après ces modestes débuts, il existe aujourd’hui en Ukraine des programmes axés sur les consommateurs de drogues injectables et le VIH, qui sont devenus des outils de prévention du VIH reconnus et respectés de tous.
Douze ans plus tard
Douze ans après avoir été confrontée pour la première fois au problème du sida, Tatiana Semikop est devenue lieutenant-colonel de la police, elle est l’auteur d’une thèse sur les caractéristiques psychologiques du travail de la police en rapport avec le sida et elle dirige une des organisations non gouvernementales d'entraide et de lutte contre le sida les plus efficaces en Ukraine – Vera, Nadezhda, Lubov (‘Confiance, Espoir et Amour’). En mars de cette année, Tatiana Semikop a pour la deuxième fois été désignée ‘’Femme de l’année’’ des forces de police de la ville d’Odessa pour son engagement et son dévouement soutenus à la riposte au sida.
Inspirés par l’exemple de leur mère, les enfants de Tatiana ont suivi ses traces. Sa fille de 16 ans, Nina, donne des conférences sur le sida dans son école secondaire, participe à divers projets et écrit des articles sur le sida pour un journal de la ville. Son fils de 24 ans, Evgeny, est déjà devenu coordonnateur d’un des projets d'entraide et de lutte contre le sida à Odessa.
Vera, Nadezhda, Lubov
L’organisation de Tatiana, ‘Vera, Nadezhda, Lubo’, fournit divers services à Odessa et dans les districts voisins – y compris une unité mobile spéciale de conseil et de test volontaires, qui permet aux professionnelles du sexe d’avoir accès au test VIH et au dépistage des infections sexuellement transmissibles sur leur lieu de travail et qui aide les femmes qui ont subi des violences dans le cadre familial.

L’organisation compte plus de 100 membres. Elle fournit des services d’information et de formation sur le sida et d’autres problèmes connexes à des institutions éducatives, en ville et dans les régions rurales. Vera, Nadezhda, Lubov publie également un journal qui s’adresse aux personnes qui consomment des drogues injectables, aux professionnel(le)s du sexe et aux gens vivant avec le VIH.
Tatiana est particulièrement fière de la création d’un centre communautaire pour les personnes vivant avec le VIH et pour les personnes les plus exposées au risque d’infection à VIH. « Nous organisons des randonnées dans la nature, des vacances et des expositions photographiques itinérantes, un groupe d’entraide et un club de rencontres, » dit-elle.
Travailler sur les problèmes liés au sida est devenu une source d’inspiration pour Tatiana et ses collègues. Plusieurs employés de l’organisation ont eu l’expérience de la dépendance à la drogue et ont eu connaissance de l’existence de l’organisation alors qu’ils cherchaient de l’aide. Aujourd’hui, ils ont reçu une formation et une expérience professionnelle, ils sont devenus des employés indispensables qui se sont engagés à aider les autres à traverser des situations de vie similaires.
« L’explication de notre succès est très simple », dit Tatiana. « Nous croyons en ce que nous faisons, et nous voyons tous les jours le fruit de nos efforts ».
Liens:
En savoir plus sur l’Ukraine
Lire aussi: La Conférence européenne sur le sida: Responsabilité et partenariat – Ensemble contre le VIH/sida
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27 septembre 2023
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La Coupe du monde de cricket partenaire de la sensibilisation au sida
11 mars 2007
11 mars 2007 11 mars 2007
Photo: ONUSIDA/ICC
Parmi les célébrations marquant l’ouverture, le dimanche 11 mars 2007, de la Coupe du monde de cricket dans les Caraïbes, les joueurs et les spectateurs du monde entier ont été appelés à réfléchir à la vie des enfants et des jeunes de la région vivant avec le VIH ou affectés par celui-ci.
Le message faisait partie intégrante des efforts conjoints du Conseil International du Cricket (ICC), de l’ONUSIDA, de l’UNICEF et du Partenariat des médias caraïbes sur le VIH/sida (CMBP) en vue d’appeler l’attention sur les problèmes des enfants et des jeunes affectés par le VIH dans la région et de souligner la nécessité d’intensifier l’action face au sida dans la région.
La Coupe du monde est le point d’orgue de la saison annuelle de cricket. Plus de deux milliards de téléspectateurs seront devant leur poste pendant les sept semaines de la compétition, pour suivre la bataille que se livreront 16 équipes pour prendre part à la finale, qui aura lieu à la Barbade le 28 avril 2007.
Activités de sensibilisation au sida
Par le biais des nombreuses activités qui auront lieu pendant les sept prochaines semaines, le public, en particulier les jeunes âgés de 15 à 24 ans, sera informé sur la stigmatisation et la discrimination entourant le VIH et sur la manière de se protéger contre le virus. Le partenariat est un des éléments de l’engagement de l’ICC à promouvoir « l’esprit du cricket » et son impact positif sur la société, et à soutenir la campagne lancée en 2005 par l’UNICEF, l’ONUSIDA et d’autres partenaires.
« L’esprit du cricket est une composante particulière de notre sport et constitue un concept qui va au-delà des limites du terrain de sport », explique Percy Sonn, le Président de l’ICC. Et d’ajouter : « Nous espérons que l’éventail d’activités mis en place lors de la Coupe du monde de cricket contribuera de manière importante à la sensibilisation et à la réduction de la stigmatisation entourant le VIH dans les Caraïbes et dans le monde toujours grandissant du cricket.
Une série de messages vidéo soutenant la campagne « Unissons-nous pour les enfants contre le sida », enregistrée par 28 des meilleurs joueurs de cricket du monde y compris le capitaine australien Ricky Ponting et le capitaine indien Rahul David, sera diffusée à la télévision et lors des matches.

Photo: ONUSIDA/ICC
Les joueurs et les officiels de chaque équipe porteront le ruban rouge et bleu de la campagne lors de leurs premiers matches et de la finale. Par ailleurs, les joueurs visiteront dans les Caraïbes des programmes de soutien à des enfants et des jeunes affectés par le VIH.
Parmi les événements de cette coupe du monde, le Caribbean Broadcast Media Partnership sur le VIH/sida – une coalition de plus de 50 diffuseurs de 23 pays et territoires caraïbes – lancera également la première campagne VIH/sida multipartenaires menée par des médias, sous le nom de LIVE UP! La campagne a pour objectif d’encourager les populations des Caraïbes, en particulier les jeunes, à envisager ce qu’ils peuvent faire pour endiguer la propagation du VIH.
« La portée exceptionnelle des médias dans les Caraïbes nous offre une occasion unique d’éduquer le public sur la prévention du VIH et sur les moyens de combattre la stigmatisation et la discrimination qui entourent la maladie, » note la Présidente du Comité directeur du Partenariat, Allyson Leacock. « En faisant ce que nous faisons le mieux, c’est-à-dire communiquer avec nos voisins, nous aidons notre public à rester en bonne santé et bien informé, et travaillons tous ensemble à réduire l’impact du VIH dans notre région. »
Le sport, une force de changement
Le cricket est populaire dans plusieurs des pays les plus touchés par le sida, y compris l’Inde et l’Afrique du Sud. Ensemble, ces deux pays comptent 11 millions des 40 millions de personnes vivant avec le VIH dans le monde.
Dans les Caraïbes, l’ONUSIDA estimait à 250 000 le nombre de personnes vivant avec le VIH en 2006, dont 15 000 étaient des enfants de moins de 15 ans.
« Les jeunes d’aujourd’hui n’ont jamais connu un monde sans sida. Les sportifs célèbres – tels que les meilleurs joueurs de cricket du monde – peuvent servir de modèles pour la jeune génération d’aujourd’hui et lui transmettre des connaissances relatives au sida, » remarque le Dr Peter Piot, Directeur exécutif de l’ONUSIDA. « Le sport est une force de changement qui peut briser les barrières, développer l’estime de soi et enseigner des aptitudes et des comportements sociaux. En soulignant les problèmes liés au sida, la Coupe du monde de cricket et ses stars montrent précisément le genre de riposte exceptionnelle qui est nécessaire pour faire face au défi exceptionnel que constitue le sida. »”
Pour plus d’information sur les activités relatives au sida autour de la Coupe du monde de cricket et pour accéder aux annonces du service public veuillez svp visiter les liens suivants (en anglais):
Page spéciale sur la Coupe du monde de cricket
Conseil international du cricket
Campagne Live Up
Partenariat des médias caraïbes sur le VIH/sida
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Conférence européenne sur le sida 2007
11 mars 2007
11 mars 2007 11 mars 2007Les représentants de 27 pays de l’Union européenne et de pays avoisinants se sont rencontrés à Brême, en Allemagne, pour discuter des moyens de renforcer le leadership politique dans la riposte au sida. Plus de 600 personnes étaient présentes à la conférence, qui était organisée par le Gouvernement fédéral allemand dans le cadre de sa Présidence de l’Union européenne en 2007. Le jour de l’ouverture, le Dr Peter Piot, Directeur exécutif de l’ONUSIDA, a parlé de l’épidémie dans la région et des actions nécessaires pour la freiner. Le second jour de la conférence, des ateliers ont eu lieu sur de nombreux aspects essentiels de la riposte au sida dans la région, y compris des exposés sur les droits humains, les migrations, la discrimination, la sexospécificité et sur les problèmes relatifs au commerce du sexe, à la consommation de drogues injectables et aux hommes qui ont des rapports sexuels avec des hommes.
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Le Dr Peter Piot, Directeur exécutif de l’ONUSIDA, s’entretient avec Mme Angela Merkel, Chancelière de la République fédérale d’Allemagne, à la Conférence européenne sur le sida 2007 à Brême, Allemagne, les 12-13 mars 2007. |
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Mme Angela Merkel, Chancelière de la République Fédérale d’Allemagne, lors de son discours à la Conférence européenne sur le sida 2007 à Brême, Allemagne, les 12-13 mars 2007. |
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Le Dr Peter Piot, Directeur exécutif de l’ONUSIDA, lors de son discours à la Conférence européenne sur le sida 2007 à Brême, Allemagne, les 12-13 mars 2007. |
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Mme Ulla Schmidt, Ministre allemande de la santé, lors de la conférence de presse de clôture de la Conférence européenne sur le sida 2007 à Brême, Allemagne, les 12-13 mars 2007. |
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Le Dr Peter Piot, Directeur exécutif de l’ONUSIDA, visitant le stand de l’ONUSIDA avec Son Altesse la Bégum Aga Khan et Mme Ulla Schmitt, Ministre allemande de la santé, lors de la Conférence européenne sur le sida 2007 à Brême, Allemagne, les 12-13 mars 2007. |
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Le Dr Peter Piot, Directeur exécutif de l’ONUSIDA, rencontre M. Yuriy Poliachenko, le Ministre ukrainien de la santé, lors de la Conférence européenne sur le sida 2007 à Brême, Allemagne, les 12-13 mars 2007. |
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M. Kevin De Cock, Directeur du département VIH/sida de l’Organisation mondiale de la Santé, au cours d’un atelier sur le rôle de l’Union européenne et des pays européens dans la riposte mondiale au sida, lors de la Conférence européenne sur le sida 2007 à Brême, Allemagne, les 12-13 mars 2007. |
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Mme Sophia Kistling, Directrice du programme de l’Organisation internationale du Travail sur le sida, au cours d’un atelier sur le rôle de l’Union européenne et des pays européens dans la riposte mondiale au sida, lors de la Conférence européenne sur le sida 2007 à Brême, Allemagne, les 12-13 mars 2007. |
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Mme Nina Ferencic, Conseillère régionale de l’UNICEF sur le sida en Europe centrale et orientale, au cours d’un atelier sur la coopération transfrontalière en Europe, lors de la Conférence européenne sur le sida 2007 à Brême, Allemagne, les 12-13 mars 2007. |
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Mme Dorothee Eckertz, Chef des opérations de la Banque Mondiale, s’exprimant sur l’expérience acquise en matière de réduction des risques dans la région européenne élargie, lors d’un atelier sur les droits humains à la Conférence européenne 2007 sur le sida. |
Photos: N.Wolff
Liens:
Lire aussi
Lire le discours du Directeur exécutif de l’ONUSIDA (pdf, 43,0 Kb) (en anglais)
Lire le discours de la Chancelière d’Allemagne fédérale (en allemand)
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Conférence européenne sur le sida 2007
11 mars 2007
11 mars 2007 11 mars 2007
Le Dr Peter Piot, Directeur exécutif de l’ONUSIDA, avec Mme
Angela Merkel, Chancelière de la République fédérale
d’Allemagne.
La ville de Brême, en Allemagne du nord, est le cadre choisi par le Gouvernement fédéral allemand pour accueillir la Conférence « Responsabilité et Partenariat – Ensemble contre le VIH/sida » de la Présidence allemande du Conseil de l’Union européenne.
L’Allemagne a mis sur pied cette conférence dans le cadre de son engagement à faire du sida sa priorité en termes de santé pendant la Présidence allemande de l’Union européenne en 2007. Le Gouvernement allemand a récemment réaffirmé son engagement en annonçant un investissement de 400 millions d’Euros pour son plan d’action sida en 2007.
La conférence, qui a lieu les 12-13 Mars, devrait attirer plus de 600 personnes venant de toute l’Europe, y compris des ministres et représentants de 27 pays européens et avoisinants. Mme Angela Merkel, Chancelière fédérale allemande, y prononcera le discours liminaire, et le Dr Peter Piot, Directeur exécutif de l’ONUSIDA, parlera le jour de l’ouverture de l’épidémie dans la région et des actions à mener pour la freiner.
La conférence fait suite aux rencontres de Dublin et Vilnius en 2004, où les ministres européens participants ont signé des déclarations novatrices sur l’intensification de l’action politique contre le sida.
Le second jour de la conférence comprendra des ateliers sur de nombreux aspects essentiels de la riposte au sida dans la région, y compris des exposés sur les droits humains, les migrations, la discrimination, la sexospécificité, et sur les problèmes relatifs au commerce du sexe, à la consommation de drogues injectables et aux hommes qui ont des rapports sexuels avec des hommes.

Le Dr Peter Piot, Directeur exécutif de l’ONUSIDA, avec Mme
Ulla Schmitt, Ministre allemande de la santé.
A l’issue de la conférence, les ministres de la santé présents devraient signer une déclaration réaffirmant les engagements pris à Dublin et Vilnius dans le but d’augmenter le leadership politique face au sida au niveau national, régional et international.
L’ONUSIDA coordonne en ce moment une étude des rencontres de 2004, avec l’appui financier du Ministère allemand de la santé qui a récemment annoncé l’octroi de 400 000 Euros pour le lancement du projet.
« L’Allemagne est un partenaire estimé de l’ONUSIDA, » dit Bertil Lindblad, Directeur régional de l’ONUSIDA pour l’Europe. « Cette année est importante pour l’Allemagne qui préside à la fois l’UE et le G8, et son engagement à faire du sida sa priorité en termes de santé est une décision non seulement louable, mais réellement nécessaire. »
Liens:
Lire le discours du Directeur exécutif de l’ONUSIDA (pdf, 43,0 Kb) (en anglais)
Lire le discours de la Chancelière fédérale allemande (en allemand)
Visionner les photos
Visiter Germany 2007 – le site de la Présidence de l’Union européenne
Lire l’article de l’Organisation internationale du Travail - Le VIH/sida et les lieux de travail en Europe: Porter la lutte contre le sida dans les ateliers
Lire l’article du Gouvernement fédéral allemand
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Journée internationale des femmes : La fin de l’impunité pour les violences à l’égard des femmes
08 mars 2007
08 mars 2007 08 mars 2007Au cours d’une visite à Bangkok, Thaïlande, le Dr Peter Piot, Directeur exécutif de l’ONUSIDA a rencontré le Premier Ministre de Thaïlande et commémoré la Journée internationale de la femme avec le Secrétaire exécutif de la Commission économique et sociale des Nations Unies pour l’Asie et le Pacifique et avec Mme Joana Merlin-Scholtes, Coordonnateur résident des Nations Unies et Représentant résident du PNUD en Thaïlande.
Le Dr Piot a en outre publié une déclaration soulignant la nécessité de s’attaquer aux inégalités entre les sexes et à la féminisation de l’épidémie de sida. « Les femmes, que ce soit dans leur foyer ou à l’extérieur, doivent avoir le pouvoir économique, social et politique de défendre leurs droits et de se protéger, elles et leurs familles de la violence et de la maladie. » Il a également déclaré que « pour faire cesser la féminisation de l’épidémie et l’épidémie elle-même, nous devons procéder à des changements juridiques, mais aussi sociaux, culturels et économiques mettant en question certaines des caractéristiques sociales et normes sexospécifiques les plus répandues qui continuent à alimenter l’épidémie de sida. »
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Le Dr Peter Piot, Directeur exécutif de l’ONUSIDA, lors de sa rencontre avec le Général Surayud Chulanont, Premier Ministre de Thaïlande, Government House (bâtiment Thai koo Fah). 8 mars 2007 |
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Le Dr Peter Piot, Directeur exécutif de l’ONUSIDA, s’entretient avec Mme Joana Merlin-Scholtes, Coordonnateur résident des Nations Unies en Thaïlande au Centre de conférences des Nations Unies à Bangkok, Thaïlande, à l’occasion de la Journée internationale de la femme, 8 mars 2007. |
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De g. à dr. : Mme Joana Merlin-Scholtes, Coordonnateur résident des Nations Unies en Thaïlande et Représentant résident du PNUD en Thaïlande, le Dr Peter Piot, Directeur exécutif de l’ONUSIDA et M. Kim Hak-Su, Sous-secrétaire général des Nations Unies et Secrétaire exécutif de la CESAP, au Centre de conférences des Nations Unies à Bangkok, Thaïlande, à l’occasion de la Journée internationale de la femme, 8 mars 2007. |
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De g. à dr. : le Dr Peter Piot, Directeur exécutif de l’ONUSIDA, Mme Joana Merlin-Scholtes, Coordonnateur résident des Nations Unies en Thaïlande et Représentant résident du PNUD en Thaïlande, M. Kim Hak-Su, Sous-secrétaire général des Nations Unies et Secrétaire exécutif de la CESAP, Mme Jean D'Cunha, Directeur du Programme régional de l’UNIFEM (Asie de l’Est et du Sud-Est) et Mme Thelma Kay, Directeur de la Division des problèmes sociaux émergents, CESAP, au cours de la séance d’ouverture des manifestions à l’occasion de la Journée internationale de la femme, Centre de conférences des Nations Unies à Bangkok, Thaïlande. 8 mars 2007. |
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M. Kim Hak-Su, Sous-secrétaire général des Nations Unies et Secrétaire exécutif de la CESAP au cours de son discours d’ouverture à l’occasion de la Journée internationale de la femme, Centre de conférences des Nations Unies à Bangkok, Thaïlande. 8 mars 2007. |
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Le Dr Peter Piot, Directeur exécutif de l’ONUSIDA au cours de son intervention à l’occasion de la Journée internationale de la femme, Centre de conférences des Nations Unies à Bangkok, Thaïlande. 8 mars 2007. |
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Mme Thelma Kay, Directeur de la Division des problèmes sociaux émergents à la CESAP, au cours de la manifestation organisée à l’occasion de la Journée internationale de la femme 2007 au Centre de conférences des Nations Unies à Bangkok, Thaïlande. 8 mars 2007. |
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Mme Jean D'Cunha, Directeur du Programme régional de l’UNIFEM (Asie de l’Est et du Sud-Est) au cours de la manifestation organisée au Centre de conférences des Nations Unies à Bangkok, Thaïlande, à l’occasion de la Journée internationale de la femme, le 8 mars 2007. |
Toutes les photos au Centre de conférences des Nations Unies : Daniel Tshin
Liens:
Lire la déclaration du Directeur exécutif de l’ONUSIDA : - S’attaquer aux problèmes sexospécifiques et au sida : une obligation absolue (pdf, 29,3 Kb) (en anglais)
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Journée internationale de la femme : entretien avec Purnima Mane
08 mars 2007
08 mars 2007 08 mars 2007
Purnima est une spécialiste renommée des sciences humaines et des questions sexospécifiques en santé internationale, en particulier dans le domaine du sida. Purnima a été pendant plus de 12 ans Professeur associé à l’Institut Tata des sciences humaines de Mumbai, en Inde, avant d’entrer au Programme mondial de lutte contre le sida de l’Organisation mondiale de la santé à Genève en 1994. A l’ONUSIDA, elle a fait œuvre de pionnier dans le domaine de la sexospécificité et du sida et dirigé le Bureau exécutif jusqu’en 1999. Après un passage au Population Council à New York en 1999 puis au Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, Purnima est revenue à l’ONUSIDA en 2004 au poste de Directeur du Département Politiques, Evidence et Partenariats. Elle est co-auteur ou éditeur de quatre ouvrages, dont l’un des premiers volumes sur les aspects sociaux et culturels du sida en Inde et elle a fondé la revue Culture, Health and Sexuality dont elle est aussi rédactrice. A l’occasion de la Journée internationale de la femme, Purnima nous rappelle à quel point les femmes sont plus vulnérables au VIH que les hommes et combien la violence à leur endroit accroît leur vulnérabilité.
Chère Purnima, c’est aujourd’hui la Journée internationale de la femme. Pouvez-vous nous dire comment et pourquoi les femmes sont particulièrement touchées par l’épidémie de sida ?
Les femmes représentent près de la moitié de toutes les personnes vivant avec le VIH. Selon les statistiques les plus récentes, 17,7 millions de femmes adultes vivent aujourd’hui avec le VIH. Ce chiffre est le plus élevé jamais atteint et les tendances montrent qu’il est en hausse. Chaque jour, 7000 femmes contractent une infection à VIH. L’expression ‘féminisation de l’épidémie’ est loin de refléter l’énormité de la situation…Plus de 25 ans après le début de l’épidémie, les inégalités entre les sexes restent l’un des principaux moteurs de l’infection à VIH. Toutefois, les ripostes au sida ne s’attaquent généralement pas aux facteurs sociaux, culturels et économiques qui rendent les femmes plus vulnérables au VIH et cela leur fait supporter une part excessive des conséquences de l’épidémie. Les femmes et les filles ont moins accès à l’éducation et à l’information sur le VIH, elles jouissent rarement de l’égalité dans le mariage et dans les relations sexuelles et sont généralement chargées des soins aux membres de la famille et de la communauté souffrant de maladies liées au sida. Lorsqu’elles sont infectées par le VIH, les femmes ont une probabilité plus grande d’être privées de traitement et confrontées à la discrimination. Pour être plus efficaces, les ripostes au sida doivent s’attaquer aux facteurs qui continuent à exposer les femmes au risque d’infection.
Selon vous, quelle serait l’intervention la plus susceptible de réduire le risque d’infection à VIH pour une femme ?
Il est évident qu’une solution unique n’y suffira pas, mais si je devais n’en choisir qu’une, je dirais que l’éducation est cruciale. Envoyer toutes les filles à l’école et faire en sorte qu’elles parviennent à la fin de l’école secondaire doit devenir LA priorité partout. Chaque année de scolarité supplémentaire permet aux filles d’acquérir des compétences vitales et d’améliorer leurs chances de gagner leur vie. Les filles qui terminent leur éducation secondaire savent davantage de choses sur le VIH – à la fois pour prévenir l’infection et pour décider de ce qu’il faut faire si elles se croient infectées. Elles tendent à avoir moins de partenaires sexuels au cours de leur vie et ont une probabilité plus grande de recourir aux préservatifs. En offrant aux femmes de meilleures options et une plus grande indépendance économique, l’éducation leur apporte des connaissances, des compétences et des opportunités essentielles. Cela signifie qu’elles peuvent faire des choix éclairés – par exemple en retardant leur mariage et leurs grossesses, en ayant des bébés en meilleure santé et en évitant les comportements à risque – et qu’elles connaissent mieux leurs droits.

Cette année, le thème de la Journée est Mettre fin à l’impunité des auteurs d’actes de violence à l’égard des femmes et des filles : pouvez-vous nous en dire plus ?
La violence à l’égard des femmes reste un phénomène répandu mais largement occulté qui prive les femmes partout dans le monde de leur santé, de leur bien-être et de leur vie. Dans de nombreux endroits, la violence à l’égard des femmes et le VIH sont intimement liés.
Les formes de violence les plus répandues sont perpétrées par les partenaires intimes des femmes. Un pourcentage stupéfiant (40–60%) de femmes questionnées au Bangladesh, en Ethiopie, au Pérou, à Samoa, en Thaïlande et en République-Unie de Tanzanie déclarent avoir été physiquement et/ou sexuellement agressées par leurs partenaires. Les lois susceptibles de protéger les femmes de ces agressions n’existent pas, ne sont pas assez fermes ou sont insuffisamment appliquées pour faire réellement la différence. Les normes sociales de nombre de pays excusent les violences au sein de la famille comme étant une question privée, même normale, ce qui laisse des millions de femmes sans espoir de recours juridique. Mais il n’y a rien de normal ou d’inévitable dans la violence faite aux femmes. Les attitudes peuvent et doivent changer.
Comment la violence à l’égard des femmes accroît-elle leur risque d’infection par le VIH ?
La violence à l’égard des femmes est souvent associée à un risque accru d’infection à VIH. Des études en Afrique du Sud et en Tanzanie montrent que les femmes qui ont fait l’objet de violences ont jusqu’à trois fois plus de risque d’être infectées par le VIH que les femmes qui n’en ont pas subies.
La violence – ou la crainte de la violence – empêche aussi de nombreuses femmes et filles de découvrir ou de divulguer leur sérologie VIH ou d’accéder aux services sida essentiels. Au Cambodge, la crainte de la violence familiale semble être l’une des raisons pour lesquelles un nombre étonnamment faible de femmes ont recouru aux services de conseil et de test VIH dans certains dispensaires prénatals. Dans un dispensaire de Zambie, quelque 60% des femmes qui avaient droit à un traitement antirétroviral gratuit ont choisi de ne pas le suivre notamment parce qu’elles craignaient la violence et l’abandon si elles devaient divulguer leur sérologie VIH à leurs partenaires. La crainte de la violence empêche aussi les femmes de demander à être protégées ou à négocier des rapports sexuels à moindre risque.
Que fait-on pour contribuer à abaisser les violences faites aux femmes ?
Des initiatives prometteuses sont en cours pour contribuer à réduire les violences faites aux femmes. Certaines d’entre elles, comme Stepping Stones, qui existe maintenant dans près de 30 pays et Men as Partners en Afrique du Sud, s’appuient sur des ateliers organisés dans les communautés pour mettre en question les stéréotypes liés au sexe et réaménager les rapports de pouvoir. D’autres, telles que le Gender Violence Recovery Center au Kenya et le Centre cambodgien de crise pour les femmes offrent un abri, des services médicaux et un conseil, y compris des services liés au VIH ou une orientation-recours, aux femmes qui ont subi des violences familiales et des agressions sexuelles. Ces activités doivent être élargies, soutenues et intégrées dans les stratégies nationales de lutte contre le sida. Les gouvernements partout dans le monde se sont engagés à éliminer la violence à l’égard des femmes. C’est le moment de faire encore davantage.
Quelles sont les mesures immédiates qui pourraient réduire les violences faites aux femmes et abaisser leur risque d’infection par le VIH ?
Les pouvoirs publics doivent promulguer et appliquer des lois susceptibles de prévenir la violence à l’égard des femmes. En parallèle, ils doivent aussi formuler des stratégies et des approches pour assurer que ceux qui doivent faire respecter la loi – fonctionnaires, police, pouvoir judiciaire, agents de santé, services sociaux, etc. – le font réellement et soutiennent les victimes de violence. Nous devons en outre élaborer et financer des programmes dans les communautés pour contribuer à changer les normes sociales qui excusent la violence faite aux femmes et perpétuent son acceptabilité. Il s’agit donc de donner aux femmes, aux hommes, aux garçons et aux leaders communautaires une éducation concernant les droits des femmes et la nécessité de changer des normes de masculinité préoccupantes.
Nous devons aussi nous efforcer d’élargir l’accès des femmes aux services d’appui et aux ressources afin qu’elles puissent échapper à ces relations humiliantes qui menacent leur intégrité et s’en remettre.
Il est important que les plans nationaux de lutte contre le sida prévoient des stratégies en vue de réduire la violence à l’égard des femmes et intègrent les mesures de prévention de la violence dans les services généraux de prévention et de traitement du VIH.
Liens:
Visionner le documentaire "Women are 2… Finding Solutions" (en anglais)
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Des experts internationaux examinent la question de la circoncision masculine
07 mars 2007
07 mars 2007 07 mars 2007Des experts venus du monde entier se réunissent cette semaine à Montreux, en Suisse, pour examiner les résultats de récents essais montrant que la circoncision masculine réduit de près de 60% le risque qu’un homme contracte le VIH au cours de rapports sexuels vaginaux. Ces résultats, annoncés en décembre 2006 et détaillés dans de récents articles publiés dans la revue The Lancet ont suscité intérêt et débat dans le monde du VIH. La circoncision masculine constitue-t-elle un pas en avant aussi important que le prétendent ses partisans ?
Le Dr Kim Dickson, du Département VIH/sida de l’Organisation mondiale de la Santé, est une personnalité reconnue et respectée dans le domaine de la santé reproductive et du VIH. Elle coordonne actuellement le groupe de travail commun OMS/ONUSIDA sur la circoncision masculine et la prévention du VIH ainsi que l’Equipe spéciale interinstitutions sur la circoncision masculine et la prévention du VIH. Elle a aimablement accepté de répondre à nos questions concernant la réunion et les résultats qu’on en attend.
Unaids.org : Dr Dickson, vous coordonnez le groupe de travail commun OMS/ONUSIDA sur la circoncision masculine et la prévention du VIH. Pouvez-vous nous dire pourquoi l’OMS et l’ONUSIDA organisent cette réunion sur la circoncision masculine ?
KD: Lorsque les Instituts nationaux de la santé des Etats-Unis ont décidé, en décembre 2006, de mettre un terme à deux essais qu’ils finançaient au Kenya et en Ouganda sur la circoncision masculine et le VIH, il nous est apparu que nous devions évaluer la circoncision masculine en tant qu’intervention éventuelle de santé publique dans la riposte au sida. Les essais, présentés récemment en détail dans The Lancet, ont confirmé plusieurs études antérieures qui avaient observé que la circoncision masculine réduisait de manière significative le risque pour un homme de contracter le VIH au cours de rapports sexuels vaginaux.
Il était important que l’Organisation mondiale de la Santé et le Programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida examinent les résultats de ces recherches et réfléchissent à ce qu’ils signifient pour les politiques et programmes de prévention du VIH dans les pays. Il a donc été décidé de réunir autour d’une table autant de parties prenantes que possible pour examiner un grand nombre des questions soulevées par la circoncision masculine et en débattre, et si possible apporter une orientation et des recommandations aux Etats Membres et aux autres entités intéressées.
Unaids.org: Combien de participants suivront-ils cette réunion et que représentent-ils ?
KD: Nous avons invité les chercheurs des essais à présenter leur méthodologie et leurs résultats. Nous avons également invité d’autres scientifiques, représentant diverses disciplines, telles que les sciences sociales, les droits humains et les communications, qui poseront aux chercheurs des questions ne figurant pas nécessairement dans le cadre de leurs essais. Nous avons en outre 16 représentants des Etats Membres et 11 de la société civile, dont des spécialistes de la santé de la femme et un représentant du Réseau mondial des personnes vivant avec le VIH, qui présenteront leur propre analyse des résultats et parleront des problèmes qu’ils rencontrent dans leurs pays et dans le contexte de leurs activités.
Nous nous sommes attachés à inviter des personnes représentant des opinions diverses. Enfin, nous avons également huit organismes de financement et six partenaires d’exécution qui se joindront aux discussions. Au total nous attendons près de 80 participants à Montreux. Il va sans dire que nous nous attendons à des débats intenses qui soulèveront de nombreuses questions délicates.
Unaids.org: Qu’attendez-vous de cette réunion ?
KD: Le résultat le plus immédiat, c’est le débat qui se tiendra cette semaine. C’est la première fois qu’un tel éventail de parties échangent leurs vues et débattent des conséquences de la circoncision masculine en tant que mesure supplémentaire de prévention dans le cadre de la riposte au sida. A ce stade, nous ne pouvons anticiper les résultats. Nous terminerons peut-être notre réunion avec davantage de questions que nous ne l’avons commencée, mais j’espère qu’il sera répondu à certaines des questions au moins et que nous serons en mesure de formuler quelques recommandations.
La réunion définira également les prochaines étapes de notre action. Dans tous les cas le rapport de la réunion sera rendu public peu après la réunion.
Enfin, je tiens à souligner une fois encore que notre objectif est d’examiner la circoncision masculine en tant que méthode supplémentaire de prévention qui devra toujours faire partie d’un ensemble complet de mesures qui comprend, entre autres, l’utilisation correcte et systématique des préservatifs masculins et féminins, le report du début de l’activité sexuelle et la réduction du nombre des partenaires sexuels. La réunion examinera comment renforcer notre communication afin de ne pas entraver les autres méthodes de prévention si nous souhaitons élargir les services de circoncision masculine.
Si les Nations Unies décident de formuler des orientations à l’intention des pays sur la circoncision masculine en tant qu’intervention de santé publique aux fins de la prévention du VIH, il faudra la promouvoir comme intervention ‘supplémentaire’ aux autres mesures actuelles de prévention du VIH et non pas comme alternative. Les gens doivent comprendre que la circoncision masculine ne confère pas une protection complète et ils doivent être encouragés à utiliser plus d’une méthode de prévention parmi les choix qui leur sont offerts.
Liens:
Lire les trois parties de la série sur la circoncision masculine :
Partie 1 – La circoncision masculine: contexte, critères et culture
Partie 2 – La circoncision masculine et le VIH: la recherche aujourd’hui
Partie 3 – Aller de l’avant: politique et action des Nations Unies sur la circoncision masculine
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L’ONUSIDA publie ses ‘Directives pratiques pour l’intensification de la prévention du VIH’
06 mars 2007
06 mars 2007 06 mars 2007
Photo: ONUSIDA/K.Hesse
L’ONUSIDA publie ses Directives pratiques pour l’intensification de la prévention du VIH en vue de l'accès universel afin d’aider les décideurs et les planificateurs dans les pays à renforcer leur action de prévention du VIH.
Les Directives reconnaissent que l’accès universel ne signifie pas seulement accroître et pérenniser l’accès aux traitements antirétroviraux pour tous ceux qui en ont besoin, mais aussi faire en sorte que tous les individus, notamment ceux qui sont le plus vulnérables au VIH, soient en mesure de prévenir l’infection à VIH afin de réduire le nombre des nouvelles infections, qu’on estimait à 4,3 (3,6-6,6) millions en 2006.
Les Directives demandent aux instances nationales de lutte contre le sida, conformément à l’esprit des ‘Trois Principes‘ - d’apporter leur leadership pour coordonner et renforcer leurs activités nationales de prévention du VIH. Pour ce faire, les pays sont encouragés à ‘connaître leur épidémie’ en identifiant les comportements et conditions sociales qui sont le plus fréquemment associés à la transmission du VIH, qui empêchent ceux qui sont le plus vulnérables au VIH d’accéder à l’information et aux services liés au VIH et à y recourir. Connaître leur épidémie permet aux pays de ‘connaître leur riposte’, en reconnaissant les organisations et communautés qui contribuent à la riposte ou pourraient le faire et en évaluant de manière critique la mesure dans laquelle la riposte existante répond aux besoins de ceux qui sont le plus vulnérables à l’infection par le VIH.
Photo: ONUSIDA/G.Pirozzi
Le Dr Peter Piot, Directeur exécutif de l’ONUSIDA, a déclaré : « Nous encourageons les pays à connaître leur épidémie, car nous avons appris, au cours des 25 dernières années, que l’épidémie évolue constamment. Il est important que les pays fassent le point, afin de déterminer dans quels groupes et pourquoi les nouvelles infections à VIH se produisent.
Comprendre cela permet aux pays d’étudier, de planifier, d’assortir et de hiérarchiser les priorités de leur riposte nationale en vue de répondre à ces besoins. »
L’ONUSIDA utilise trois catégories de scénarios épidémiologiques : pour des épidémies peu actives, concentrées ou généralisées. A des fins de planification, les Directives proposent un scénario supplémentaire, le scénario hyperendémique. Ce dernier s’applique aux régions, telles que les pays à forte prévalence d’Afrique australe, où le VIH circule dans la population générale par des réseaux sexuels – en particulier les rapports sexuels avec des partenaires multiples et parallèles et une utilisation faible et peu systématique du préservatif – et une prévalence dans la population adulte supérieure à 15%. Plusieurs scénarios peuvent se produire à l’intérieur des pays et régions et l’épidémie peut évoluer d’un scénario à un autre selon la riposte, la dynamique sous-jacente et les moteurs de l’épidémie.
Pour aider les pays à hiérarchiser les priorités de leur riposte, les Directives présentent une synthèse des mesures essentielles et avérées de prévention qu’ils peuvent appliquer pour ‘adapter leurs plans de prévention’ en fonction des scénarios épidémiologiques et répondre ainsi aux besoins des populations dont les taux de VIH sont les plus élevés et qui sont le plus exposées au risque de VIH.
Photo: ONUSIDA/L.Gubb
Faire correspondre la riposte nationale à l’épidémie et hiérarchiser les priorités exige des pays qu’ils fixent des objectifs de prévention ambitieux, réalistes et mesurables en rapport avec leur épidémie. Il s’agit ainsi de fixer des buts, de définir des résultats, des réalisations et des processus afin que les services de prévention du VIH soient offerts aux populations dans les lieux où ils sont le plus nécessaires.
Les Directives soulignent la nécessité de se fonder en permanence sur l’information stratégique, par exemple les enquêtes comportementales, pour mesurer et vérifier qu’ils parviennent vraiment à leurs objectifs.
Le Dr Purnima Mane, Directeur du Département Politiques, Evidence et Partenariats explique que « L’intention fondamentale de ces directives est de faire que les pays encouragent leurs leaders et leurs communautés à connaître leurs épidémies et à faire correspondre leur action de prévention aux besoins prioritaires. Il est essentiel d’assurer une couverture suffisante des populations les plus exposées au risque et les plus vulnérables pour atteindre l’Objectif 6 du Millénaire pour le développement ; et de mettre en place une action urgente pour combattre les facteurs qui alimentent l’épidémie, dont la stigmatisation liée au VIH, les violations des droits de la personne et les inégalités entre les sexes. »
Les Directives pratiques de l’ONUSIDA pour l’intensification de la prévention du VIH en vue de l’accès universel ont été élaborées en collaboration avec les Coparrainants de l’ONUSIDA, des partenaires internationaux, des gouvernements, des leaders de la société civile et d’autres experts. Elles s’appuient sur le Document d’orientation politique de l’ONUSIDA sur l’intensification de la prévention du VIH et sur le Plan d’action de l’ONUSIDA sur l’intensification de la prévention du VIH.
Liens:
Directives pratiques pour l’intensification de la prévention du VIH en vue de l’accès universel (pdf, 1.97MB)
Document d’orientation politique de l’ONUSIDA sur l’intensification de la prévention du VIH (pdf, 2.88MB)
D’autres informations sur l’initiative S’unir pour la prévention du VIH
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27 septembre 2023
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Aller de l’avant : politique et action des Nations Unies relatives à la circoncision masculine (3ème partie)
02 mars 2007
02 mars 2007 02 mars 2007Dans cette dernière partie de notre série spéciale sur la circoncision masculine et ses liens avec la réduction de l’infection à VIH, http://www.unaids.org/ examine les décisions et développements attendus des Nations Unies par le biais d’un entretien spécial avec le Dr Catherine Hankins, Conseiller scientifique principal à l’ONUSIDA.
Du 6 au 8 mars 2007, des experts en santé publique de l’Organisation mondiale de la Santé, de l’ONUSIDA et d’autres organisations partenaires se réuniront à Montreux, Suisse, pour examiner la question certes d’actualité mais souvent épineuse de la circoncision masculine et de ses liens avec la prévention du VIH, et pour définir la ligne que conseilleront les Nations Unies aux pays concernant les implications politiques et programmatiques des résultats des recherches récentes.
A l’approche de la consultation, le Dr Catherine Hankins, Conseiller scientifique principal à l’ONUSIDA, nous offre une avant-première des diverses questions qui pourraient y être débattues, ainsi que certaines réflexions sur ses résultats possibles et sur les actions éventuelles des Nations Unies.
unaids.org : Dr Hankins, vous travaillez sur la question de la circoncision masculine et de son impact sur le VIH depuis plusieurs années – comment les résultats actuels corroborent-il les affirmations des scientifiques selon lesquelles il y aurait un lien entre la circoncision et la baisse des infections à VIH ?
CH : Depuis de nombreuses années, les chercheurs et scientifiques ont noté que les régions d’Afrique subsaharienne où la circoncision est courante, par exemple dans les pays d’Afrique de l’Ouest, ont des niveaux d’infection à VIH assez faibles, alors que les pays d’Afrique australe, où la circoncision est rare, ont les taux les plus élevés. Avant même de disposer des données de ces trois essais contrôlés randomisés, de multiples études avaient permis d’observer que la circoncision masculine s’accompagnait d’un risque réduit d’infection à VIH. Les résultats de ces trois essais indiquent que la circoncision apporte entre 50% et 60% de protection contre l’infection à VIH.
Un autre essai conduit par des chercheurs de l’Université Johns Hopkins afin de définir l’effet de la circoncision masculine sur le risque de transmission du VIH aux partenaires féminines est actuellement en cours en Ouganda et ses résultats sont attendus en 2008.
Que font les Nations Unies de ces nouvelles données confirmant que la circoncision masculine réduit le risque de contracter le VIH ?
Si ces résultats démontrent que la circoncision masculine réduit le risque d’infection à VIH chez les hommes, les organismes des Nations Unies participant à ces travaux soulignent qu’elle ne confère pas une protection complète contre le VIH ; nous devons nous assurer que les hommes et les femmes comprennent qu’un homme circoncis peut encore être infecté par le virus et que, s’il est séropositif au VIH, il peut infecter ses partenaires sexuel(le)s.
La semaine prochaine, l’OMS, le Secrétariat de l’ONUSIDA et leurs partenaires examineront en détail les résultats des essais au cours d’une consultation qui formulera des recommandations précises relatives à l’expansion et/ou à la promotion de la circoncision masculine. Ces recommandations devront tenir compte de plusieurs questions essentielles, notamment les problèmes culturels et de droits de la personne entourant la promotion de la circoncision masculine ; le risque de complications d’une intervention qui s’effectuera dans toutes sortes de situations différentes ; la probabilité que la circoncision masculine entrave ou entre en synergie avec les comportements de protection et les stratégies de prévention du VIH en cours ; et les implications en matière de financement et de ressources humaines dans différents contextes de fourniture de services.
Pour soutenir les pays ou les institutions qui décident d’élargir leurs services de circoncision masculine, nous élaborons avec nos partenaires des directives techniques concernant les approches éthiques, cliniques et programmatiques fondées sur les droits. Nous préparons aussi des directives concernant la formation, la mise en place de normes et les méthodes de certification.
Quels sont quelques-uns des grands problèmes entourant l’expansion des services de circoncision masculine qui seront soulevés au cours de la consultation ?
Plusieurs questions épineuses se posent en lien avec la promotion de la circoncision masculine en tant qu’intervention de santé publique aux fins de la prévention du VIH. La circoncision chez l’homme adulte comporte un risque plus élevé d’effets secondaires que lorsqu’elle pratiquée chez le nourrisson et elle doit être réalisée par des agents de santé qualifiés, dans des conditions matérielles et sanitaires convenables et s’accompagner d’un conseil et d’un suivi appropriés avant et après l’intervention. Il est réellement nécessaire de faire comprendre la différence entre les interventions de circoncision masculine pratiquées pour obtenir des avantages en matière de santé et les mutilations génitales féminines auxquelles s’opposent les Nations Unies et dont on sait qu’elles n’ont aucun avantage sur le plan de la santé et s’accompagnent de conséquences potentiellement graves pour les femmes et les filles.
Il nous faut aussi tenir compte des questions culturelles : dans des cultures ou des traditions religieuses dans lesquelles la circoncision masculine n’est pas acceptée, sa promotion pourrait être difficile. Il ne fait aucun doute que nous devons absolument faire en sorte qu’hommes et femmes soient bien conscients de ce que la circoncision masculine n’est pas une panacée – elle ne confère pas une protection complète et ne signifie pas que les gens peuvent abandonner les précautions de sexualité à moindre risque qu’ils appliquaient jusqu’ici, par exemple le recours aux préservatifs masculins ou féminins, le report du début de l’activité sexuelle, l’abstention de rapports sexuels avec pénétration et la réduction du nombre des partenaires sexuels. Nous devons poursuivre la promotion des mesures de prévention en association et faire en sorte que la circoncision masculine soit perçue comme une mesure supplémentaire qui doit être adoptée en parallèle avec les autres stratégies pour prévenir la transmission sexuelle du VIH. Nous ne voulons pas qu’une augmentation des comportements à risque mette en péril les avantages. Si les Nations Unies s’engagent dans la promotion de la circoncision masculine en tant qu’intervention de santé publique aux fins de la prévention du VIH, cela se fera en la considérant comme une intervention complémentaire à intégrer dans l’ensemble des mesures actuelles de prévention du VIH et non pas comme une alternative.
L’efficacité de la communication sur la question sera cruciale et ce sera l’occasion de renforcer les messages relatifs à la nécessité d’une approche globale de la prévention qui encourage les individus à adopter plusieurs des choix de prévention qui leur sont proposés.
La circoncision masculine sera-t-elle un élément de l’action de prévention du VIH dans toutes les situations ?
Les pays à forte prévalence du VIH et à faibles niveaux de circoncision masculine pourraient être parmi les premiers à envisager la possibilité d’intégrer cette intervention dans leurs programmes de prévention du VIH. D’autres pays pourraient décider d’offrir de tels services à des populations particulières qui pourraient tirer avantage du supplément de protection que peut apporter la circoncision masculine.
Les Nations Unies et leurs partenaires sont pleinement conscients des problèmes culturels et religieux que pourrait poser la circoncision masculine, c’est pourquoi elle ne devra jamais être imposée, mais sa promotion éventuelle devra se faire d’une matière acceptable sur le plan culturel dans les situations où elle n’est généralement pas pratiquée.
Quels sont les risques de la circoncision masculine ?
Comme toutes les interventions chirurgicales, la circoncision n’est pas sans risques. Une circoncision pratiquée par des individus non qualifiés dans de mauvaises conditions d’hygiène et avec un matériel mal entretenu ou de mauvaise qualité peut entraîner des complications graves, immédiates comme à long terme, et même la mort. Néanmoins, lorsque les professionnels de santé sont qualifiés et équipés pour pratiquer cette intervention en toute sécurité, le taux de complications postopératoires est inférieur à 5% et une vaste majorité d’entre elles peut être résolue par des méthodes simples et appropriées de soins postopératoires.
Certains récits de complications graves, dont l’amputation du pénis et la mort après des circoncisions masculines pratiquées dans des situations traditionnelles ont été rapportés. Il est difficile de donner des chiffres des séquelles négatives dans toutes les situations, notamment en raison de la rareté d’études bien documentées sur les taux des complications dans les pays à revenu faible ou intermédiaire.
Est-ce nécessaire d’améliorer les pratiques de circoncision masculine ?
Absolument. Il faut agir dès maintenant pour améliorer les pratiques de circoncision dans de nombreuses régions et pour faire en sorte que les prestataires de soins de santé et le public disposent des informations les plus récentes concernant les risques et avantages de cette procédure pour la santé. Nombre de garçons et d’hommes qui souhaitent être circoncis n’ont pas accès à des services sûrs ni à une prise en charge postopératoire s’ils subissent des complications. Quels que soient les avantages en matière de prévention du VIH, il est maintenant de plus en plus important d’améliorer la sécurité des pratiques actuelles. Là où la circoncision est légale, les autorités doivent faire en sorte que les praticiens soient convenablement formés et qualifiés pour la pratiquer. Un suivi est également nécessaire pour veiller à ce que ces interventions soient faites en toute sécurité et que les praticiens non qualifiés ne soient plus autorisés à pratiquer des circoncisions dangereuses.
La circoncision masculine soulève-t-elle des questions de droits humains ?
Oui, comme c’est le cas pour toutes les interventions médicales et sanitaires. Conformément aux principes acceptés sur le plan international en matière d’éthique et de droits de l’homme, l’ONUSIDA et l’OMS estiment qu’aucune intervention chirurgicale ne doit être pratiquée si elle entraîne des conséquences négatives pour la santé ou l’intégrité corporelle et si on ne peut en attendre aucun avantage pour la santé. En outre, aucune intervention chirurgicale ne doit être pratiquée sur une personne sans son consentement éclairé, ou le consentement des parents ou tuteurs lorsqu’un enfant n’est pas en mesure de donner son consentement.
La circoncision masculine implique un acte chirurgical et l’ablation d’une partie du corps, c’est pourquoi elle ne doit être pratiquée que sous les conditions suivantes : a) les participants sont pleinement informés des éventuels risques et avantages de l’intervention ; b) les participants donnent leur consentement éclairé ; et c) l’intervention peut être pratiquée dans des conditions de complète hygiène par des praticiens convenablement formés et bien équipés, disposant du suivi postopératoire nécessaire.
Quels effets pourrait-on attendre sur l’épidémie de VIH si la circoncision masculine était pratiquée couramment dans les pays où elle ne l’est pas actuellement ?
Un groupe international d’experts a effectué un exercice de modélisation mathématique sur l’impact d’un programme de circoncision masculine universelle en Afrique subsaharienne sur l’incidence du VIH, en supposant que le programme fonctionne comme il l’a fait à Orange Farm, Afrique du Sud, et que tous les hommes seront circoncis d’ici 10 ans. Le modèle prédit que 5,7 millions d’infections et 3 millions de décès pourraient être évités en 20 ans parmi les hommes comme parmi les femmes. Il reste bien des inconnues dans ce modèle mais il prévoit que la circoncision masculine apportera un avantage potentiel important, analogue à celui d’un vaccin partiellement efficace. Mais il est important de noter que le modèle montre également que la circoncision masculine à elle seule ne pourra pas éliminer l’épidémie de VIH en Afrique subsaharienne.
La circoncision masculine pourrait-elle éliminer le risque d’infection à VIH ?
Non. La circoncision masculine à elle seule n’empêchera certainement pas les hommes d’être infectés par le VIH. Et elle n’empêchera pas des femmes d’être infectées par des hommes qui ont été circoncis. La circoncision doit être considérée comme l’une des méthodes réduisant le risque de VIH et qui comprennent l’abstention de rapports sexuels avec pénétration, le report du début de l’activité sexuelle, la réduction du nombre de partenaires sexuels et l’utilisation correcte et systématique du préservatif masculin ou féminin. La circoncision masculine réduit le risque d’infection à VIH au cours des rapports vaginaux, mais on ne sait pas si elle peut avoir un effet sur les autres voies de transmission sexuelle du VIH : le partenaire passif d’un rapport anal pourrait ne pas bénéficier d’un risque réduit dû à la circoncision de son partenaire et s’il s’agit d’un homme, n’aura pas un risque réduit en raison de sa propre circoncision. On ne sait pas non plus si la circoncision masculine réduit le risque d’infection à VIH pour le partenaire actif au cours d’un rapport anal. Enfin la circoncision masculine n’a aucun effet dans le cas de la transmission du VIH par consommation de drogues injectables.
Etant donné toutes ces considérations, est-il probable que les Nations Unies recommandent que les hommes adultes se fassent circoncire pour se protéger du VIH ?
C’est précisément ce qui sera débattu au cours de la consultation et les partenaires devraient donner à la fin de la rencontre d’une semaine des informations concernant leurs débats et les éventuelles prochaines étapes.
Quoi qu’il en soit, les Nations Unies et leurs partenaires vont certainement souligner que la circoncision masculine ne confère pas une protection complète contre le VIH. Par conséquent, elle ne remplacera jamais les autres méthodes connues de prévention efficaces telles que l’utilisation correcte et systématique du préservatif, masculin et féminin, la réduction du nombre des partenaires sexuels, le report du début de l’activité sexuelle et l’abstention de rapports sexuels avec pénétration. Il est très important pour nous d’insister sur le fait qu’un homme circoncis, s’il est séropositif au VIH, peut toujours infecter ses partenaires sexuel(le)s s’il n’utilise pas de préservatif au cours de rapports sexuels avec pénétration.
Liens:
Lire la première partie - La circoncision masculine: contextes, critères et culture
Lire la deuxième partie - La circoncision masculine et le VIH : la recherche aujourd’hui
Lire aussi : réunion d’experts internationaux de la circoncision masculine
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L’héritage d’une star du rock aide des enfants vivant avec le VIH
01 mars 2007
01 mars 2007 01 mars 2007
« Où qu’il soit, il applaudit, » dit avec émotion Maria Lucia Araujo de la réaction qu’aurait son fils Cazuza en voyant le foyer pour enfant ‘Viva Cazuza’, créé à sa mémoire.
Cazuza, un des artistes les plus connus du Brésil, est mort en 1990 à Rio de Janeiro d’une maladie liée au sida ; il avait 32 ans. Aujourd’hui, 65 enfants vivant avec le VIH bénéficient du soutien de la Sociedade Viva Cazuza, une organisation sans but lucratif financée par les droits d’auteur de ses chansons et consacrée à aider des enfants vivant avec le VIH.
En février 1989, Cazuza est devenu la première personnalité brésilienne à annoncer publiquement qu’il était séropositif au VIH. Après sa mort, Maria Lucia Araujo a fondé le foyer pour enfants vivant avec le VIH.
Maria Lucia Araujo ne savait rien du VIH ou du sida lorsqu’elle a appris le diagnostic de son fils. « Lorsqu’il m’a annoncé qu’il était séropositif, j’ai pensé qu’il serait remis d’ici un an, » dit-elle. Le décès de son fils a bouleversé sa vie. Mariée à un homme riche, elle n’avait pas besoin de travailler, mais il lui fallait faire quelque chose. « Je serais devenue folle et je n’aurais plus pu dormir si je n’avais rien fait, » ajoute-t-elle.
C’est pourquoi elle a ouvert ce foyer, le premier de ce type à Rio. Depuis son ouverture, l’organisation a aidé 67 enfants. Avec l’arrivée des médicaments antirétroviraux, la santé des enfants s’est améliorée. « Les enfants fréquentent les écoles locales et ont une vie active comme tous les autres enfants du quartier, » affirme Maria Lucia Araujo.

L’ONUSIDA estime que 2,3 millions d’enfants de moins de 15 ans vivent avec le VIH dans le monde et, d’après un récent rapport de l’UNICEF, quelque 15,2 millions d’enfants de moins de 18 ans ont perdu un de leurs parents ou les deux en raison du sida.
« Il est vraiment nécessaire d’aider les enfants vivant avec le VIH au Brésil, » déclare le Dr Laurent Zessler, Coordonnateur de l’ONUSIDA au Brésil. « Nous devons faire en sorte que ces enfants ne subissent aucune discrimination. Les enfants vivant avec le VIH peuvent poursuivre l’école et vivre une vie active et bien remplie ; on ne peut pas permettre que le VIH leur vole leur enfance, » ajoute-t-il.
« Depuis la mort de mon fils, la nature du virus a beaucoup changé ; ce n’est plus la maladie des gay, aujourd’hui toujours plus de femmes sont touchées. Elles n’ont souvent aucune idée qu’elles sont séropositives et transmettent le virus à leurs enfants sans le savoir, » déclare Maria Lucia.
Les enfants suivent des voies diverses avant d’arriver au foyer. L’un des 24 enfants vivant actuellement dans la maison est Danielle, 15 ans, qui est arrivée il y a dix ans avec sa sœur après le décès de sa mère car son père ne pouvait pas faire face. Au cours de son séjour, elle a établi de bons rapports avec son père et espère pouvoir un jour vivre avec lui.
José, du Paraguay, a été trouvé à l’âge de trois ans abandonné et très malade dans un hôpital à la frontière paraguayenne. Aujourd’hui, à neuf ans, José veut devenir cinéaste.

L’organisation soutient aussi de jeunes adultes qui ont quitté leur famille. Une fois pas semaine, le dispensaire du foyer est ouvert aux adultes séropositifs au VIH, afin qu’ils viennent y chercher leurs antirétroviraux. Comme pour tous les Brésiliens séropositifs, le traitement antirétroviral est offert gratuitement par le gouvernement.
En plus d’un appui matériel, la Sociedade Viva Cazuza maintient aussi un site Internet sur lequel le public peut poser des questions sur le sida à des experts. Ces derniers répondent à environ 12 000 questions chaque mois. Maria Lucia est choquée par les questions que l’on pose encore 20 ans après l’apparition du sida au Brésil. « Les questions les plus courantes restent les suivantes : ‘Comment attrape-t-on la maladie ?’ ou ‘Comment puis-je me protéger contre cette maladie ?’ Le sida ce n’est pas comme le cancer pour lequel les experts ne savent pas vraiment ce qui le provoque ou comment le prévenir – pour prévenir le sida, c’est simple, utilisez un préservatif, » dit-elle encore.
Maria Lucia est devenue une porte-parole de premier plan de la lutte contre le sida et paraît régulièrement à la télévision. Elle estime que l’héritage de son fils ne réside pas seulement dans ‘ses magnifiques chansons’, mais aussi dans le fait d’annoncer ouvertement qu’il était infecté pas le VIH et en poursuivant ses apparitions publiques malgré la progression de la maladie. « Il a énormément œuvré pour éduquer les gens et aider à réduire la discrimination à l’égard des personnes vivant avec le VIH, » conclut-elle.
Photos: ONUSIDA/J. Spaul
Liens:
Site Internet de la Sociedade Viva Cazuza (en portugais ou en anglais uniquement)
Site Internet de Cazuza (en portugais ou en anglais uniquement)
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