Feature Story

La circoncision masculine et le VIH : la recherche aujourd’hui (2ème partie)

28 février 2007

Dans la deuxième d’une série en trois parties sur la question de la circoncision masculine et de ses liens avec la baisse de l’infection à VIH, www.unaids.org examine les résultats des recherches actuelles.


Le sujet fait les grands titre, suscite le débat et fait grimacer et croiser les jambes de certains des hommes présents. La circoncision masculine et ses liens avec le VIH est l’une des questions les plus fréquemment abordées ces dernières années dans le cadre de la riposte au sida, les résultats de recherche les plus récents amenant peut-être un changement dans la manière dont la circoncision masculine sera pratiquée et mise en œuvre à l’avenir dans le cadre de la prévention du VIH.

Dans les milieux scientifiques, les liens observés entre la circoncision masculine et l’infection à VIH ne sont pas nouveaux. Depuis des années, les chercheurs dans le domaine du sida observent que bien des groupes ethniques africains qui pratiquent la circoncision des garçons ou des jeunes hommes connaissent des taux de VIH plus faibles que ceux qui ne le font pas et que les pays musulmans d’Afrique, où la circoncision est pratiquement universelle, ont beaucoup moins de cas de sida que les pays à majorité chrétienne.

Des essais effectués en Afrique du Sud, au Kenya et en Ouganda ont maintenant tous démontré que la circoncision masculine réduit de manière significative le risque qu’un homme contracte le VIH. Les trois séries d’essais ont montré que les hommes circoncis ont jusqu’à 50% et 60% moins de risque de contracter le VIH au cours d’un rapport hétérosexuel.


Résultats des recherches

La première preuve a été présentée en 2005, lorsqu’une étude en Afrique du Sud, financée par l’Agence nationale française de recherches sur le sida (ANRS) et connue sous la dénomination 'd’essai d’intervention d’Orange Farm', a été interrompue avant terme en raison des données montrant que les hommes qui avaient été choisis de manière aléatoire pour une circoncision connaissaient 60% d’infections à VIH de moins que les hommes appartenant au groupe contrôle.

En décembre 2006, sur la recommandation de leur conseil de suivi des données et de la sécurité (DSMB), deux études analogues en Ouganda et au Kenya ont été interrompues avant leur terme par les Instituts nationaux de la santé (NIH) des Etats-Unis parce que les résultats intermédiaires montraient un effet important de la circoncision masculine sur la prévention de l’infection à VIH chez les hommes. L’essai réalisé à Kisumu, Kenya par des chercheurs de l’Université de Nairobi, de l’Université de l’Illinois à Chicago, de l’Université du Manitoba, et RTI International, comprenant 2784 hommes entre 18 et 24 ans, a montré une baisse de 53% des infections à VIH chez les hommes circoncis par rapport aux hommes non circoncis.

En Ouganda, l’essai effectué au Rakai par des chercheurs de l’Université Makerere, de l’Institut ougandais de recherche en virologie, de l’Université Johns Hopkins et de l’Université Columbia de New York, comprenant 4996 hommes entre 15 et 49 ans, a montré que la circoncision chez l’homme adulte réduisait de 51% le risque d’être infecté par le VIH.

Le Dr Anthony Fauci, Directeur de l’Institut national des allergies et des maladies infectieuses des NIH, a déclaré que l’institut avait stoppé les deux essais avant leur terme et offert la circoncision à tous les hommes qui y participaient. Les essais ont commencé en 2005 et devaient se poursuivre jusqu’au milieu de 2007.


La biologie


La circoncision masculine implique l’ablation chirurgicale du prépuce, la peau qui recouvre l’extrémité du pénis. Des recherches antérieures montrent que l’ablation du prépuce est associée à plusieurs avantages sanitaires dont une baisse des infections des voies urinaires inférieures chez les bébés de sexe masculin qui sont circoncis et une baisse du risque de contracter certaines inflammations et problèmes de santé liés au prépuce.

Les chercheurs estiment que la circoncision masculine réduit le risque d’infection à VIH car elle supprime un tissu présent dans le prépuce qui est particulièrement vulnérable au virus et parce que la zone située sous le prépuce est facilement éraflée ou blessée durant les rapports sexuels. « Les hommes non circoncis sont peut-être aussi plus vulnérables aux infections sexuellement transmissibles qui à leur tour accroissent le risque de contracter une infection par le VIH, car la région située sous le prépuce offre aux germes un milieu humide et sombre où se développer, » ajoute le Dr Catherine Hankins, Conseiller scientifique principal à l’ONUSIDA.


Pas une panacée

Les résultats des essais d’Afrique du Sud, de l’Ouganda et du Kenya indiquent que, dans certaines situations, la circoncision de l’homme adulte pourrait devenir une méthode importante à ajouter aux stratégies de prévention du VIH chez les hommes. « Les essais indiquent que la circoncision masculine peut abaisser à la fois le risque d’infection d’un individu et, peut-on espérer, la rapidité avec laquelle le VIH se répand dans une communauté, » ajoute le Dr Fauci.

Mais les experts – y compris les organismes des Nations Unies qui œuvrent dans ce domaine – insistent sur le fait que la circoncision n’est pas une panacée. Elle ne confère pas une protection complète contre l’infection à VIH ; elle ne fait que réduire le risque, pour un homme, de contracter le virus.

La circoncision ‘n’est pas le remède miracle, mais elle est une intervention potentiellement importante, » déclare le Dr Kevin M. De Cock, Directeur du Département VIH/sida de l’Organisation mondiale de la Santé.

« Les hommes comme les femmes doivent comprendre qu’un homme circoncis peut toujours être infecté par le virus et s’il est séropositif au VIH, il peut infecter ses partenaires sexuel(le)s, » rappelle le Dr Hankins.

« La circoncision masculine ne remplacera jamais les autres méthodes efficaces de prévention et devra toujours être considérée comme l’une des composantes d’un ensemble global de prévention du VIH comprenant l’utilisation correcte et systématique des préservatifs masculins ou féminins, la réduction du nombre des partenaires sexuels, le report du début de l’activité sexuelle et l’abstention de rapports sexuels avec pénétration, » dit-elle encore.

Sécurité, hygiène et communication

Pour faire en sorte que les opérations soient sûres et pratiquées dans de bonnes conditions d’hygiène, la circoncision masculine ne doit être effectuée que par des praticiens qualifiés dans de bonnes conditions sanitaires, et entourée de principes tels que le consentement éclairé, la confidentialité, le conseil et la sécurité. « Si l’on souhaite encourager la circoncision masculine, il faut le faire d’une manière culturellement adaptée et il convient d’offrir aux gens une information adéquate et correcte sur la prévention du VIH afin de leur éviter de développer un sentiment de fausse sécurité et d’adopter des comportements à risque, » ajoute le Dr Hankins.

Ces considérations et d’autres questions liées à la riposte au sida, notamment le fait que la circoncision masculine pourrait être une intervention coûteuse, qu’il convient de poursuivre les recherches pour déterminer si la circoncision masculine réduit le risque de transmission du VIH, en particulier aux partenaires de sexe féminin, ainsi que les diverses questions liées à l’éthique et aux droits humains soulevées par la circoncision masculine, feront l’objet d’une consultation des Nations Unies qui se tiendra à Genève dès le 5 mars. L’OMS, le Secrétariat de l’ONUSIDA et leurs partenaires examineront en détail les résultats des essais et formuleront, s’ils le jugent opportun, des recommandations politiques spécifiques en faveur de l’élargissement et/ou de la promotion de la circoncision masculine.

« La circoncision masculine est une question complexe qui implique parfois des débats difficiles sur des problèmes de culture, de tradition, de religion, d’appartenance ethnique, de droits humains et de sexospécificité. La consultation constituera un excellent forum pour faire avancer le débat et la politique au sein des Nations Unies, » conclut le Dr Hankins.



Liens:

Lire la première partie - La circoncision masculine: contexte, critères et culture 
Lire la troisième partie - Aller de l’avant : politique et action des Nations Unies relatives à la circoncision masculine

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Circoncision masculine : contexte, critères et culture (1ère partie)

26 février 2007

La circoncision masculine et ses liens avec l’infection à VIH font les grands titres des médias et suscitent le débat partout dans le monde, c’est pourquoi le site web de l’ONUSIDA http://www.unaids.org/ , dans la première d’une série en trois parties, examine de plus près les raisons historiques, traditionnelles et toujours davantage sociales de la pratique de la circoncision masculine dans le monde.

 

La circoncision masculine est l'une des interventions chirurgicales les plus anciennes et les plus courantes qui soient connues ; elle est entreprise généralement pour marquer son identité culturelle ou son appartenance religieuse.

Sur le plan historique, la circoncision masculine était pratiquée parmi les anciennes populations sémitiques, notamment chez les Egyptiens et les personnes de confession juive, les plus anciennes peintures mentionnant la circoncision dans un temple et sur des peintures murales égyptiens remontant à environ 2300 av. J.-C.

Avec les progrès de la chirurgie au XIXe siècle et la mobilité croissante du XXe siècle, l'intervention a été introduite dans certaines cultures qui ne la pratiquaient pas auparavant, pour des raisons à la fois sanitaires et sociales.

Selon les estimations actuelles, quelque 30% de tous les hommes à travers le monde – à savoir environ 670 millions d'hommes – sont circoncis. Sur ce nombre, environ 68% sont de confession musulmane, moins de 1% de confession juive et 13% sont des Américains non musulmans et non juifs.

« Les recherches récentes montrant que la circoncision masculine réduit considérablement le risque, pour un homme, de contracter le VIH entraîne un intérêt renouvelé pour cette pratique et la communauté scientifique cherche à comprendre ce que cela va signifier pour la prévention du VIH, » déclare le Dr Catherine Hankins, Conseiller scientifique principal à l'ONUSIDA. « En examinant les déterminants de la circoncision masculine et l'acceptabilité de cette pratique dans des sociétés qui ne l'utilisent pas, cela nous permet de mieux comprendre comment avancer à partir de ces récents résultats de recherche. »

Pratiques religieuses

Dans la religion juive, les bébés de sexe masculin sont traditionnellement circoncis le huitième jour après la naissance, à condition qu'il n'y ait aucune contre-indication médicale. La circoncision est justifiée, dans le livre saint juif la Torah, par l'alliance conclue entre Abraham et Dieu, dont le signe extérieur est la circoncision de tous les juifs de sexe masculin. La Torah spécifie : « Voici l’alliance que vous avez à garder, alliance établie entre moi et vous, et tes descendants après toi : tout mâle parmi vous devra être circoncis » (Genèse 17:10). La circoncision masculine reste pratiquement universelle parmi les populations juives.

L’Islam est le plus grand groupe religieux à pratiquer la circoncision masculine. Comme dans la foi d’Abraham, les populations musulmanes pratiquent la circoncision pour confirmer leur rapport à Dieu et la pratique est également connue sous le nom de ‘tahera’, qui signifie purification. Avec la propagation mondiale de l’Islam dès le VIIe siècle après Jésus-Christ, la circoncision masculine est largement adoptée dans des peuples qui ne la pratiquaient pas jusqu’alors. L’âge de la circoncision n’est pas clairement défini dans l’Islam, mais le prophète Mahomet a recommandé qu’elle soit pratiquée à un âge précoce et il aurait circoncis ses propres fils sept jours après leur naissance. De nombreux Musulmans la pratiquent donc à ce moment-là, mais un Musulman peut être circoncis à n’importe quel âge entre la naissance et la puberté.

Les Chrétiens coptes d’Egypte et les Chrétiens orthodoxes d’Ethiopie – deux des plus anciennes formes survivantes du Christianisme, pratiquent la circoncision masculine qui n’est pas prescrite dans les autres formes de Christianisme. Dans le Nouveau Testament, Saint Paul écrit : « …en Jésus-Christ, ce qui a de la valeur, ce n’est ni la circoncision ni l’incirconcision… » (Galates 5:6) et une Bulle papale publiée en 1442 par l’Eglise catholique romaine souligne que la circoncision masculine n’est pas nécessaire : « Par conséquent elle ordonne strictement à tous ceux qui se glorifient du nom de Chrétiens, de ne pratiquer la circoncision ni avant ni après le baptême, car qu’ils y placent ou non leur espérance, elle ne peut être pratiquée sans perdre le salut éternel ». Des discussions sur la circoncision masculine tenues dans des groupes thématiques en Afrique subsaharienne ne sont pas parvenues à un consensus clair sur la compatibilité de la circoncision masculine avec la foi chrétienne.

Certaines églises chrétiennes en Afrique du Sud s’y opposent, la considérant comme un rituel païen, alors que d’autres, dont l’église Nomiya au Kenya, exigent la circoncision pour être admis dans la congrégation et les participants de groupes thématiques en Zambie et au Malawi ont mentionné des croyances analogues, affirmant que les Chrétiens doivent pratiquer la circoncision puisque Jésus lui-même était circoncis et que la Bible enseigne la pratique.

Ethnicité

La circoncision est pratiquée pour des raisons non religieuses depuis des milliers et des milliers d'années en Afrique subsaharienne ainsi que dans de nombreux groupes ethniques partout dans le monde notamment chez les Aborigènes australasiens, les Aztèques et les Mayas dans les Amériques, parmi les habitants des Philippines et de l’Est de l’Indonésie ainsi que dans diverses îles du Pacifique, dont Fidji et la Polynésie.

Dans la majorité de ces cultures, la circoncision fait partie intégrante des rites de passage vers l’âge adulte, mais à l’origine, elle pourrait bien avoir été un test de bravoure et d’endurance. « La circoncision est également associée à des facteurs tels que la masculinité, la cohésion sociale entre garçons du même groupe d’âge qui sont circoncis en même temps, l’identité et la spiritualité, » explique le Dr Hankins.

L’ethnographe Arnold Van Gennep dans son ouvrage de 1909 ‘Les Rites de Passage’, décrit divers rites d’initiation présents dans de nombreux rituels de circoncision. Ces rituels comportent trois étapes : la séparation du reste de la société ; une période durant laquelle le néophyte subit sa transformation ; et enfin la réintégration dans la société dans un nouveau rôle social.

Ce processus s’explique sur un plan psychologique, car l’ambiguïté dans les rôles sociaux crée des tensions et une reclassification symbolique est nécessaire lorsque les individus s’approchent de cette transition entre la période où ils sont définis comme des enfants et celle où ils sont définis en tant qu’adultes. Cette explication est renforcée par le fait qu’un grand nombre de ces rituels attachent une signification particulière à la circoncision qui justifie son but dans ce contexte, » dit encore le Dr Hankins. Par exemple, certains groupes ethniques dont les Dogon et les Dowayo d’Afrique de l’Ouest et les Xhosa d’Afrique du Sud considèrent le prépuce comme l’élément féminin du pénis, dont l’ablation (couplée à diverses épreuves) fait de l’enfant un homme.

La tradition joue un rôle majeur pour de nombreux groupes ethniques. Parmi les populations de l’Etat de Bendel, au sud du Nigéria, 43% des hommes déclarent que leur motivation pour la circoncision, c’est le maintien des traditions. Dans certaines sociétés où la circoncision est la norme, les hommes non circoncis sont ostracisés. Pour les tribus Lunda et Luvale en Zambie, ou les Bagisu d’Ouganda, il est inacceptable de rester non circoncis, à un point où la circoncision forcée des garçons plus âgés n’est pas rare. Parmi les Xhosa d’Afrique du Sud, les hommes qui n’ont pas été circoncis peuvent subir des formes extrêmes de punition, dont des brimades et des coups.

La circoncision en tant qu’affirmation sociale

Les raisons sociales entourant la circoncision masculine sont de plus en plus courantes. Selon le Dr Hankins, « Le désir de se conformer est une motivation importante dans les endroits où la majorité des garçons le sont. »

Une enquête conduite à Denver, Etats-Unis, où la circoncision a lieu peu après la naissance, a relevé que les parents, en particulier les pères, des garçons nouveau-nés, donnent une raison sociale comme déterminant principal du choix de la circoncision (p. ex. ne voulant pas que le fils ‘ait l’air différent’ de son père).

Aux Philippines, où la circoncision est pratiquement universelle et a lieu généralement entre 10 et 14 ans, une enquête parmi des garçons a montré que deux tiers des participants à l’étude avaient choisi d’être circoncis simplement ‘pour éviter de ne pas être circoncis’, et 41% estimaient que cela faisait ‘partie de la tradition’. Les préoccupations sociales semblent également être la raison première de la circoncision en Corée du Sud où 61% de répondants d’une étude estiment qu’ils seraient tournés en ridicule par leurs pairs s’ils n’étaient pas circoncis.

Ce désir ‘d’appartenance’ est probablement aussi le principal facteur expliquant les forts taux de circoncision chez les hommes adultes parmi les immigrants vers Israël venus de pays qui ne pratiquent pas la circoncision (principalement les pays de l’ex-Union soviétique).

Dans plusieurs pays, des facteurs économiques influencent également la prévalence de la circoncision, notamment les pays où la pratique est plus récente comme les pays industrialisés de langue anglaise. Au début de la circoncision au Royaume-Uni, vers la fin du XIXe et le début du XXe siècle, c’est dans la haute société qu’elle était le plus répandue. Aux Etats-Unis, un examen des 4,7 millions de nouveau-nés circoncis dans l’ensemble du pays entre 1988 et 2000 a aussi trouvé une association significative avec l’assurance privée et un statut socio-économique élevé.

Avantages sanitaires et sexuels perçus

Plus récemment, la pratique de la circoncision dans le monde industrialisé s’est accrue parce qu’on a pensé qu’elle apportait une meilleure hygiène et réduisait les risques d’infection.

Aux Etats-Unis en 1983, une étude sur des nouveau-nés a montré que les mères citaient l’hygiène comme premier facteur déterminant leur choix de la circoncision pour leurs fils et au Ghana, la circoncision masculine est considérée comme une purification de l’enfant après la naissance.

L’amélioration de l’hygiène est également citée par 23% de 110 garçons circoncis aux Philippines et en Corée du Sud, les principales raisons données en faveur de la circoncision étant ‘l’amélioration de l’hygiène pénienne’ (71% et 78% respectivement) et la prévention de maladies telles que le cancer du pénis, les maladies sexuellement transmissibles et le VIH. Dans la Province de Nyanza, au Kenya, 96% des hommes non circoncis et 97% des femmes, quelle que soit leur opinion concernant la circoncision masculine, affirment être convaincus qu’il est plus facile de rester propre pour un homme circoncis.

Une amélioration perçue de l’attirance et de la performance sexuelles peut également motiver la circoncision. Une enquête parmi des garçons aux Philippines a révélé que 11% d’entre eux pensaient que les femmes préfèrent avoir des rapports sexuels avec un homme circoncis et que c’était là une des raisons de le faire et 18% des hommes participant à une étude en Corée du Sud affirmaient que la circoncision pouvait augmenter le plaisir sexuel. Dans la Province de Nyanza, au Kenya, 55% des hommes non circoncis pensaient que les femmes préfèrent les rapports sexuels avec des hommes circoncis. De même la majorité des femmes le pensaient, même s’il est probable que la plupart des femmes de Nyanza n’ont jamais eu de relations sexuelles avec un homme circoncis. Dans le nord-ouest de la Tanzanie, des hommes plus jeunes associaient la circoncision au plaisir sexuel accru pour les hommes comme pour les femmes et dans le district de Westonaria, en Afrique du Sud, la moitié des hommes environ déclaraient que les femmes préféraient des partenaires circoncis.

Demande accrue probable

Les estimations mondiales de 2006 suggèrent que 30% environ des hommes — soit un total approximatif de 670 millions d’hommes — sont circoncis.

Les derniers résultats des recherches suggérant que les hommes circoncis ont un risque significativement plus faible de contracter une infection à VIH, il est probable que la demande de services de circoncision masculine sûrs et abordables va rapidement augmenter.

« Maintenant que l’on a montré que la circoncision masculine peut réduire le risque d’infection par le VIH, il faut faire en sorte que les hommes comme les femmes comprennent que cette intervention ne fournit pas une protection complète contre l’infection à VIH, » précise le Dr Hankins, qui rappelle que ces questions seront examinées lors d’une Consultation internationale sur le thème ‘La circoncision masculine et la recherche sur la prévention du VIH – implications politiques et programmatiques’, qui se tiendra à Montreux du 6 au 8 mars 2007. « La circoncision masculine ne doit être considérée que comme l’un des éléments d’un ensemble complet de prévention du VIH, comprenant l’utilisation correcte et systématique du préservatif, masculin et féminin, la réduction du nombre des partenaires sexuels, le report du début de l’activité sexuelle et l’abstention de rapports sexuels avec pénétration.

Tout comme les traitements en association constituent la meilleure stratégie pour traiter le VIH, la prévention en association constitue la meilleure stratégie pour éviter de contracter ou de transmettre le VIH. Il conviendra aussi d’agir pour améliorer la sécurité des pratiques de circoncision dans de nombreux pays et pour faire en sorte que les agents de santé comme la population disposent d’informations actualisées sur les risques et les avantages pour la santé de la circoncision masculine, » conclut-elle.



Liens:

Lire la deuxième partie - La circoncision masculine et le VIH : la recherche aujourd’hui

Lire la troisième partie - Aller de l’avant : politique et action des Nations Unies relatives à la circoncision masculine

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Male circumcision and HIV: a web special series

23 février 2007

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Male circumcision is one of the world’s oldest surgical practices; carvings depicting circumcisions have been found in ancient Egyptian temples dating as far back as 2300 BC.

In recent months, the issue of male circumcision and its links to the transmission of HIV has hit the headlines and sparked debates across the world. Trials in Kenya, Uganda and South Africa have now all shown that male circumcision significantly reduces a man’s risk of acquiring HIV.

As UNAIDS, the World Health Organization and other partners prepare to look at how to take these findings forward, in terms of UN guidance to countries on policy and programming, at a consultation to be held in Geneva from 5-8 March 2007, www.unaids.org takes an in-depth look at the issue of male circumcision in a special three-part series. Where did male circumcision originate, who practices it and why? These questions and others relating to the history and determinants of male circumcision will be considered in part one of the series – ‘Male Circumcision: context, criteria and culture’, published on Monday 26 February. On Wednesday 28 February, part two –‘Male circumcision and HIV: The here and now’ will summarize current research findings on male circumcision and HIV acquisition. Part three, to be published on Friday 2 March will discuss future action and developments from the United Nations and feature a special interview with UNAIDS Chief Scientific Adviser, Dr Catherine Hankins.


Male Circumcision: context, criteria and culture (Part 1)
Male Circumcision and HIV: the here and now (Part 2)
Moving forwards: UN policy and action on male circumcision (Part 3) 

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Le VIH et les réfugiés

23 février 2007

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Selon la Convention de 1951 relative au Statut des Réfugiés, « Un réfugié est une personne qui, craignant avec raison d’être persécutée du fait de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques, se trouve hors du pays dont elle a la nationalité et qui ne peut ou, du fait de cette crainte, ne veut se réclamer de la protection de ce pays. »

Les conflits, les persécutions et la violence touchent des millions de personnes dans le monde, les contraignant au déracinement et les forçant à chercher refuge dans un pays différent.

A la fin de 2005, on comptait 8,4 millions de réfugiés dans le monde. Sur ce nombre, environ 30% se trouvaient en Afrique subsaharienne, 29% en Asie centrale et du Sud-Ouest, en Afrique du Nord et au Moyen-Orient et 23% en Europe.

Le déplacement des populations hors de leur pays d'origine a un impact énorme sur leur vie et sur la vie des communautés qui les reçoivent.

Les conflits et les déplacements rendent les femmes et les enfants extrêmement vulnérables au risque d'infection par le VIH. Les réfugiés doivent lutter pour satisfaire leurs besoins les plus fondamentaux, tels que la nourriture, l'eau et le logement, c'est pourquoi les femmes et les filles sont souvent contraintes d'échanger des services sexuels pour de l'argent, de la nourriture ou une protection.

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« Les femmes et les jeunes filles sont souvent affectées de manière disproportionnée par le déplacement. Elles ont besoin d'une attention particulière pour ce qui est de la prévention du VIH, y compris une protection contre la violence et l'exploitation, » déclare le Dr Purnima Mane, Directeur du Département Politiques, Evidence et Partenariats de l'ONUSIDA.

D'autres problèmes se posent et les réfugiés n'ont souvent pas accès aux produits et aux programmes de prévention du VIH. L'accès à une prise en charge et à un soutien de base dans le domaine du VIH ne reçoit que rarement une attention suffisante. Si des améliorations ont eu lieu dans la disponibilité des thérapies antirétrovirales dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, rares sont les réfugiés qui y ont accès.

« Nous luttons pour que les réfugiés aient le même accès aux services VIH que la population locale. Certains pays d'Afrique australe fournissent gratuitement des médicaments antirétroviraux aux réfugiés comme à la population hôte par le biais des services gouvernementaux, » déclare le Dr Paul Spiegel, responsable de l'unité VIH du Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR).

Un grand nombre de pays hôtes sont déjà accablés par le poids du VIH et n'ont souvent ni la possibilité ni la volonté d'offrir les services liés au VIH dont auraient besoin les réfugiés et auxquels ils ont droit aux termes des lois internationales relatives aux réfugiés et aux droits de l'homme.

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Pour réduire le risque d'infection par le VIH et améliorer l'accès des réfugiés à la prévention, au traitement, à la prise en charge et au soutien dans le domaine du VIH, l'ONUSIDA a élaboré, en collaboration avec l'un de ses Coparrainants, le HCR, une nouvelle note de politique générale axée particulièrement sur les actions à entreprendre pour prévenir le VIH et atténuer ses effets sur les réfugiés et les communautés hôtes.

Ce document se concentre sur les phases d'urgence et de post-urgence et suggère des actions que pourraient entreprendre les gouvernements, la société civile et les partenaires internationaux pour faire en sorte que les lois relatives aux réfugiés et aux droits de l'homme soient appliquées et que les besoins des réfugiés soient intégrés dans les politiques et programmes nationaux de lutte contre le VIH.

 


Photos: ONUSIDA

Lire la note de politique générale sur le VIH et les réfugiés (en anglais uniquement)

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L’ONUSIDA dans les pays

21 février 2007

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En 2005 et au début de 2006, le paysage de la riposte au sida a considérablement changé. Le pessimisme mondial entourant la propagation sans frein de la maladie dans le monde en développement a reculé devant les efforts impressionnants déployés pour élargir l'accès aux traitements. Dans un nombre croissant de pays des régions les plus fortement touchées, on a pu observer que les efforts de prévention portaient leurs fruits et les taux de VIH notifiés ont commencé à baisser, en particulier parmi les jeunes.

La communauté internationale avait répondu aux appels urgents en augmentant considérablement les ressources financières destinées à lutter contre la maladie.

Certes des millions de personnes continuaient de mourir chaque année, mais cette évolution laissait espérer qu'il y avait une lueur au bout du tunnel. Alors que cela était inimaginable un ou deux ans auparavant, on pouvait commencer à penser fournir un accès à des services de prévention, de traitement, de prise en charge et de soutien dans le domaine du VIH à tous ceux qui en ont besoin.

Au cours de cette période, l'ONUSIDA a concentré l'appui qu'il apporte aux pays dans deux domaines principaux. Le premier consistait à améliorer l'architecture de la riposte au sida pour s'adapter à une complexité croissante, à des ressources en hausse et à la participation de nouveaux acteurs. Il fallait pour cela aider les pays à concrétiser trois principes essentiels -- les ‘Trois Principes’ à savoir un cadre national de lutte contre le sida, une autorité de coordination et un système de suivi et d'évaluation. Cette concentration des efforts a été rendue possible grâce à la Cellule mondiale de réflexion pour une meilleure coordination entre les organismes multilatéraux et les donateurs internationaux dans la riposte au sida, un débat international de haut niveau sur la manière d’intégrer et de mieux coordonner l'appui extérieur dans les programmes nationaux de lutte contre le sida.

La deuxième priorité de l'action dans les pays consistait à obtenir un engagement politique en faveur d'une expansion considérable des services de prévention, de traitement, de prise en charge et de soutien. Par le biais du processus de l’accès universel les pays et régions ont évalué la situation de leur épidémie, identifié les obstacles qui entravent l'expansion des services et commencé l'élaboration de plans en vue de l'élargissement des services essentiels.

En parallèle, l'action de base du Secrétariat et des Coparrainants de l'ONUSIDA se poursuivait sans relâche, un appui technique étant fourni pour la mise en place des programmes de traitement antirétroviral, la distribution de produits clés de prévention tels que les préservatifs, la formation des enseignants et des éducateurs pour les pairs parmi les jeunes et la formulation des réformes politiques nécessaires pour combattre la stigmatisation et la discrimination à l'égard des personnes vivant avec le VIH.

Pendant cette période, on a également insisté davantage sur la nécessité de comprendre les dimensions régionales de l'épidémie de sida, notamment les différentes façons dont la maladie se répand dans diverses parties du monde et comment mieux partager les expériences réalisées dans des pays qui se ressemblent.

Cette publication examine l'action de l'ONUSIDA dans les pays en 2005 et au début de 2006, dans le contexte des activités régionales et mondiales entreprises sur la voie de l'accès universel. Plutôt que de rapporter chacune des actions entreprises par l'ONUSIDA à l'échelon pays, ce rapport examine les principaux axes de cette action et les illustre par des exemples dans différents pays.

 



Liens:

Télécharger le rapport complet  (pdf, 1.50 Mb)

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Sois malin – protège-toi

14 février 2007



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Photo: Al jazeera

Michael Ballack est connu et admiré dans le monde entier pour ses qualités de footballeur mais il poursuit aujourd’hui un nouveau but en allant au-devant des jeunes partout dans le monde pour leur parler de prévention du VIH dans un nouveau message d’intérêt public de l’ONUSIDA (en anglais seulement).

Ce message, généreusement produit par Al Jazeera, a été filmé au célèbre stade de Stamford Bridge, le stade du Club de Chelsea, où Michael joue depuis qu’il a quitté le Bayern de Munich en 2006.

Michael aide les gens à faire les bons choix et à prévenir la propagation du VIH en figurant dans cette vidéo de 30 secondes pour l'ONUSIDA. Son message tourne autour de métaphores sportives : « Sur le terrain, tu peux jouer dur et prendre des risques pour marquer. Mais avec le VIH tu joues avec ta vie – alors sois malin et protège-toi. »

« Beaucoup de gens connaissent les footballeurs, ils les admirent et je pense que nous devrions tous combattre le sida ensemble, » a déclaré Michael Ballack lors du tournage du clip.

Dans la vidéo, Ballack donne des messages essentiels de prévention du VIH tout en démontrant les qualités de footballeur qui l’ont rendu célèbre. Les statistiques du sida apparaissent sur le grand écran du stade : « Pendant un match de football de 90 minutes, plus de 500 personnes seront mortes du sida, dont 180 auront moins de 25 ans. » Après avoir lu les statistiques, Michael passe du rôle de joueur à celui d’arbitre, il siffle, secoue la tête, et plutôt que de brandir un carton rouge, il montre un préservatif rouge. Cette épidémie doit cesser et il y a un moyen simple : la prévention du VIH !

Michael Ballack a accepté sa désignation au poste de Représentant spécial de l'ONUSIDA en mai 2006 et il s'est engagé à sensibiliser le public des stades au VIH. Il explique : « Le sida c'est l'affaire de tous. Le sport et notamment le football peuvent contribuer à supprimer les barrières sociales et à éliminer la stigmatisation entourant le VIH... je veux que les jeunes d'aujourd'hui soient informés sur le sida. »

 




Voulez-vous gagner un sweatshirt ONUSIDA signé par Michael Ballack ?

Répondez à cette question: « Combien de personnes ont-elles contracté une infection à VIH en 2006 ? »

Trouvez la réponse et bien d’autres informations sur le VIH et le sida sur le site www.unaids.org
Envoyez votre réponse à competition@unaids.org en donnant votre nom et votre adresse postale d’ici au 31 mars 2007.

Le tirage au sort aura lieu le 2 avril 2007. Les gagnants seront avertis directement par l’ONUSIDA et les prix seront envoyés par la poste.

 



Liens:

Lire les déclarations des participants
Voir le clip de Michael Ballack (la video s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre)
Lire la note aux diffuseurs (en anglais uniquement)  
Aller sur la page du Représentant spécial de l'ONUSIDA Michael Ballack

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Renforcer la collaboration en matière de sida

13 février 2007

Ces dernières années, l'Espagne s'est fortement engagée dans la riposte au sida et a collaboré avec l'ONUSIDA sur un large éventail de problèmes liés au sida et au développement social. L'Espagne a montré un engagement particulier dans plusieurs domaines de la riposte au sida, notamment : la réduction de la stigmatisation et de la discrimination, la promotion de l'égalité entre les sexes, les améliorations des services de santé et le développement des efforts de prévention du VIH.

Le Directeur exécutif de l'ONUSIDA était en Espagne entre le 9 et le 12 février pour des rencontres avec des fonctionnaires du gouvernement en vue de trouver les moyens de développer la collaboration et de renforcer la riposte à l'épidémie.

Au cours de sa visite, le Dr Piot a rencontré la Ministre espagnole de la Santé, Elena Salgado, à Madrid pour discuter de la collaboration entre l'ONUSIDA et le Gouvernement espagnol et pour l'informer des derniers faits nouveaux de la riposte au sida.

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De G à D : le Ministre basque du Logement et des Affaires sociales, Javier Madrazo, le Directeur exécutif de l'ONUSIDA, le Dr Peter Piot, et le Ministre basque de la Santé, Gabriel Inclán. Vitoria-Gasteiz, 12 février 2007..


Le Dr Piot s'est également rendu au Pays basque où il a rencontré les membres dirigeants du Gouvernement basque dont le Président Juan José Ibarretxe, le Ministre de la Santé, Gabriel Inclán, ainsi que le Ministre du Logement et des Affaires sociales, Javier Madrazo.

Pendant cette visite, le Dr Piot a signé un Accord de coopération sur plusieurs années entre l'ONUSIDA et le Gouvernement basque. L'accord, le premier de ce type entre les deux institutions, porte sur deux domaines particuliers du soutien et de la collaboration, le premier étant l'intensification des efforts de prévention du VIH en Europe centrale et orientale et le second l'appui à l'ONUSIDA pour élargir la riposte au sida au Rwanda.

Le Gouvernement basque a également annoncé qu'il prévoyait d'organiser un séminaire sur la prévention du VIH avec la participation d'experts mondiaux dans ce domaine afin de discuter des moyens d'élargir les efforts de prévention en Amérique latine, en Afrique subsaharienne et en Europe centrale et orientale.

Au cours de sa visite, le Dr Piot a également rencontré des représentants de la société civile et d'autres professionnels travaillant dans le domaine du sida au Pays basque, afin de mieux connaître leur travail.

Au cours de ces discussions, le Dr Piot a souligné que l’intensification de l'engagement de la société civile dans la riposte au sida constituait une priorité de l'ONUSIDA tout comme le fait de garantir que les personnes vivant avec le VIH soient considérées comme des partenaires égaux dans le processus de l'élargissement en vue de l'accès universel à la prévention, au traitement, à la prise en charge et au soutien dans le domaine du VIH, de la planification à la mise en œuvre.

La visite s'est achevée au musée Guggenheim de Bilbao, où le Dr Piot a prononcé une conférence publique sur l'avenir de l'Afrique et l'épidémie de sida. La conférence était organisée par le musée dans le cadre d'un programme éducatif visant à donner des visions diverses du continent africain.



Liens:

Musée Guggenheim Bilbao
Art africain contemporain et sida

Feature Story

Art africain contemporain et sida

09 février 2007

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L’art africain est généralement perçu par les sociétés occidentales comme appartenant au folklore ou à l’artisanat. Ce n’est que vers la fin du XXe siècle que les soi-disant critiques d’art ont réexaminé le caractère exceptionnel de l’art africain contemporain, qui a enfin trouvé sa place dans la conscience culturelle des pays occidentaux.

En 1986, une exposition tenue à Paris a joué un rôle crucial dans le changement des perceptions concernant l’art contemporain non occidental. Cette exposition, intitulée Magiciens de la terre, montrait des œuvres d’artistes contemporains de tous les continents. C’est à partir de cet événement que fut créée la Contemporary African Art Collection (C.A.A.C – Collection d’art africain contemporain) par le collectionneur Jean Pigozzi, devenu l’un des plus grands promoteurs de l’art africain.

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La collection de Pigozzi, l’une des plus importantes du monde, comprend des œuvres d’artistes qui vivent et travaillent en Afrique subsaharienne, et qui utilisent divers modes d’expression, allant de la peinture à la sculpture, à la vidéo et au multimédia.

L’intérêt de la collection et de la plus grande partie de l’art contemporain africain réside dans le fait que les artistes se sont libérés de la tutelle esthétique des modèles occidentaux et expriment des idées locales ou universelles dans un langage, une iconographie et une forme qui leur sont propres. Les artistes africains vivent et travaillent en contact étroit avec leur public et ils sont au fait des affaires tant locales que mondiales. De plus, la représentation des problèmes de la collectivité est devenue un schéma fréquent qui souligne l’importance de la communauté dans la société africaine.

Cheri Samba, l’un des peintres les plus célèbres du Congo, explique : « Mon art fait partie intégrante de mon milieu. Il tire son inspiration du peuple, il se préoccupe du peuple et il est fait pour lui » (1).

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L’art africain plonge ses racines dans sa propre réalité, ce qui fait des artistes des chroniqueurs de leur époque. La tradition, la nature, les mythes et la vie quotidienne sont les sources d’inspiration de l’œuvre des artistes africains contemporains. Mais pour tous ces artistes, le sida et son impact sur leurs sociétés ont une influence inévitable sur leur conception de l’art.

Le sida a modifié la vie de millions de personnes, en particulier en Afrique subsaharienne, et son impact est enraciné dans la perception qu’ont les artistes de leur communauté. Leurs œuvres reflètent, de diverses façons, les effets de l’épidémie de sida sur les sociétés dans lesquelles ils vivent. Et l’art peut, et en fait doit, jouer un rôle important dans la riposte au sida.

La proximité des artistes africains avec leur communauté et le fait qu’ils utilisent un langage commun à tous, les place dans une situation idéale pour sensibiliser les gens à l’épidémie tout en provoquant la réflexion et le dialogue autour des questions liées au sida telles que la stigmatisation, la pauvreté, les inégalités entre les sexes et les droits humains.

 

Art et sida : La collection de l’ONUSIDA

A fin 2006, l’ONUSIDA a inauguré sa collection Art et sida dans son nouveau siège de Genève, un bâtiment qu’il partage avec l’Organisation mondiale de la Santé.

« Nous avons beaucoup de chance d’avoir reçu en prêt des œuvres de la collection Jean Pigozzi, » déclare Annemarie Hou, conservatrice de la collection de l’ONUSIDA. « Plusieurs des œuvres ont suscité des conversations de couloir et des discussions animées – lorsque nous avons entendu les gens parler des œuvres, nous avons su que la collection était un succès. »

La collection de l’ONUSIDA Art et sida est composée de pièces de qualité muséale qui provoquent réflexion et dialogue. L’accent a été mis, dans un premier temps, sur l’art et les artistes africains, dont les pièces ont été rassemblées grâce au soutien généreux des artistes, des collectionneurs et des donateurs.

 


Photos: UNAIDS/O. O'Hanlon
(1) Cheri Samba, 100% Africa, TF Editores & FMGB Guggenheim Bilbao Museoa, Bilbao, 2006, p.142

 


Note: Les œuvres de 25 artistes de la collection Jean Pigozzi ont été exposées au Musée Guggenheim de Bilbao, Espagne, du 12 octobre 2006 au 18 février 2007 dans une exposition intitulée  100% Afrique.

Feature Story

Des guérisseurs traditionnels se joignent à la lutte contre le sida

07 février 2007

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UNAIDS/M.Jensen

La médecine traditionnelle africaine est souvent la principale, et parfois même la seule, option de soins de santé accessible à bien des personnes vivant en Afrique subsaharienne.

Des essais d’association entre les soins de santé biomédicaux et traditionnels à l’intention des personnes vivant avec le VIH ont commencé au début des années 1990 lorsque l’Organisation mondiale de la Santé a recommandé que la médecine traditionnelle soit intégrée aux ripostes nationales au VIH.

« Partout dans le monde, les gens ont toujours recherché les conseils à la fois des médecins et des tradipraticiens pour toutes sortes de problèmes physiques, psychiques et spirituels. Le VIH n’est donc pas une exception, » déclare Purnima Mane, Directeur du Département Politiques, Evidence et Partenariats à l’ONUSIDA. « Nous avons le devoir de faire en sorte que les gens aient accès aux meilleurs soins possibles, » ajoute-t-elle.

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UNAIDS/L.Gubb


Parmi les premières tentatives d’association des meilleurs éléments des deux systèmes, on note plusieurs projets d’étude de l’efficacité des remèdes traditionnels à base de plantes pour le traitement des maladies liées au VIH. Des études portant sur la perception qu’ont les tradipraticiens des infections sexuellement transmissibles et de l’infection à VIH ont également été effectuées. Suite à cette collecte d’information, des projets de collaboration ont été lancés pour former les tradipraticiens aux fonctions d’éducateurs et de conseillers chargés de donner des informations sur le VIH et les infections sexuellement transmissibles dans leurs communautés et parmi leurs pairs.

Un de ces projets portait sur les guérisseurs Inanda de la vallée des Mille Collines au KwaZulu Natal, Afrique du Sud. En 2000, les leaders communautaires ont demandé de l’aide pour renforcer leur riposte à l’épidémie de sida. Ils ont identifié des tradipraticiens locaux susceptibles de jouer un rôle important. En réponse à leur demande, des spécialistes en sciences sociales et des médecins ont entamé un partenariat avec les guérisseurs locaux sur des projets de prévention du VIH.

Un groupe de quelque 16 à 20 guérisseurs ont participé à des ateliers une journée par mois, pour s’informer sur la transmission, la prévention, le traitement et la prise en charge du VIH. Des discussions avaient lieu sur les pratiques sexuelles traditionnelles et culturelles, susceptibles de prévenir la transmission du VIH et sur la sexualité à moindre risque au-delà des préservatifs.

Des traitements à base de plantes telles que Sutherlandia frutescens, aussi connue sous le nom de ‘buisson à cancer’, qui est produite sous forme de comprimés et améliore l’appétit et le système immunitaire, ont été examinés tout comme d’autres médicaments traditionnels utilisés par les guérisseurs.

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WHO/UNAIDS/P.Virot

Des orateurs invités ont parlé de l’utilisation des plantes médicinales et les guérisseurs, qui étaient invités à suivre un cours dans une pépinière de plantes médicinales, ont par la suite créé un jardin de ces plantes.

La coordination des besoins du patient dans le cadre de la famille et de la communauté a constitué une part importante des débats. Traditionnellement, les guérisseurs adoptent des méthodes holistiques pour soigner les problèmes et les maladies au cours de leurs consultations et, si le patient demeure au cœur de la prise en charge, on accorde tout autant d’importance au contexte socioculturel, dans lequel le réseau de soutien et l’interaction avec la famille sont essentiels.

« Nous devons trouver d’autres moyens de faciliter et de soutenir la contribution unique des tradipraticiens à la riposte au sida, » relève Andy Seale, Chef des Partenariats avec la société civile à l’ONUSIDA.

Grâce à des rencontres régulières, les guérisseurs ont mis en place un réseau de soutien et ils s’appuient mutuellement pour des questions d’orientation-recours ainsi que de ressources. On relève de plus en plus de nouveaux moyens de stimuler à la fois les réseaux de recours au secteur officiel de la santé et ceux des tradipraticiens.

Les échos du travail des guérisseurs d’Inanda s’élargissent de plus en plus et un nombre croissant de personnes demandent un test VIH, un conseil et un soutien par le biais des tradipraticiens. L’espoir est revenu dans la vallée des Mille Collines avec le désir de faire la différence. 




Dans le cadre de sa collection des meilleures pratiques, l’ONUSIDA a publié des directives pratiques destinées à aider les autorités sanitaires à instaurer des rapports productifs entre tradipraticiens et professionnels de la médecine, pour renforcer la riposte au sida. Télécharger les directives.


Autre lien:

ONUSIDA "Collection Meilleures Pratiques" : Tirer les leçons de l'expérience

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Des jobs chics pour les personnes vivant avec le VIH

02 février 2007

En Algérie, la mode la plus récente, les couleurs les plus ‘in’ et les coupes les plus branchées vont être au cœur d’une initiative liée au sida et destinée à aider les personnes vivant avec le VIH à retrouver un travail.
L’Association algérienne des personnes vivant avec le VIH, El Hayet, a lancé un projet pilote à l’intention des séropositifs, dans le cadre duquel les participants seront formés à la production de vêtements de haute couture et de prêt-à-porter.
La formation est conçue et dirigée par un couturier professionnel et le cours permettra aux participants d’apprendre les méthodes et techniques de l’industrie de la mode, notamment, le dessin, la coupe, le stylisme et la couture. Les candidats qui réussiront le cours pourront obtenir une reconnaissance officielle de leur nouveau métier auprès de la Chambre nationale du commerce et de l’artisanat.

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Zohira Merah, présidente de El Hayet avec
le maître d'atelier, M. Redouane

« La société algérienne peut être impitoyable, » déclare Zohira Merah, présidente d’El Hayet. « Mais les personnes vivant avec le VIH ont le droit de travailler, d’être créatives et de subvenir à leurs besoins, sans avoir à dépendre de dons ou de charité, » ajoute-t-elle.

Le programme sur 12 mois a commencé en septembre 2006, avec l’appui du Secrétariat de l’ONUSIDA et de deux Coparrainants de l’ONUSIDA, l’OIT et le PNUD. Le projet a été rendu possible par des subsides du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme.
L’initiative offre des possibilités économiques novatrices aux participants qui seront payés pendant les 12 mois de leur formation. En outre, tous les vêtements créés pendant l’année seront vendus et les fonds provenant de leur vente utilisés pour aider des personnes vivant avec le VIH en Algérie. « Le volet économique du projet contribuera d’une part à attirer de nouveaux candidats et d’autre part à faire en sorte que ces personnes restent motivées pour élaborer des plans de carrière à plus long terme, » déclare Zohira Merah.
« Dans ce monde, nous devons apprendre à nous débrouiller, c’est pourquoi je me suis inscrite, » indique l’une des participants. « Il est difficile de trouver un emploi dans la société d’aujourd’hui, en particulier pour une femme. Je vis avec le VIH depuis 12 ans et ce cours me donne une chance de prendre le contrôle de ma vie et d’être indépendante. Lorsque je l’aurai terminé, je serai en mesure de transmettre ce que j’ai appris à d’autres personnes vivant avec le VIH ou affectées par le virus, et c’est très gratifiant, » ajoute-t-elle.
A la fin du cours, les personnes vivant avec le VIH auront la possibilité d’accéder à une indépendance économique durable grâce à l’accord signé entre l’Agence nationale de gestion du microcrédit et El Hayet. Des formateurs spécialisés aideront les participants intéressés ayant réussi le cours à présenter une demande de microcrédit allant de 400 à 5500 dollars remboursable sur cinq ans maximum.
« Ce projet est un bel exemple d’application du principe de la participation accrue des personnes vivant avec le VIH, » indique Andy Seale, Chef des Partenariats avec la société civile à l’ONUSIDA. « Des solutions à plus long terme du type de cet atelier en Algérie sont un élément essentiel de la riposte au sida, » ajoute-t-il.
« Avec la généralisation de la thérapie antirétrovirale qui permet de prolonger la vie, nous devons de plus en plus assurer aux personnes vivant avec le VIH des occasions d’exprimer tout leur potentiel de membres de la société productifs et indépendants sur le plan économique. Cela signifie souvent une réintégration dans le monde du travail, mais ce processus peut être difficile étant donné la stigmatisation et la discrimination qui entourent encore l’infection à VIH. Ce projet montre bien comment on peut, en réfléchissant, faciliter ce processus, » estime Kate Thomson, Conseillère en matière de partenariats à l’ONUSIDA.

 


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