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Maroc : réunion pour renforcer la riposte au sida sur le lieu de travail

10 juillet 2009

Le monde du travail est un volet essentiel de la lutte efficace contre l’épidémie de sida, qui touche les personnes les plus actives économiquement au sein de chaque population. Dans le monde entier, la majorité des personnes vivant avec le virus sont des travailleurs. Pour faire face à cette tâche, au Maroc, le ministère de l’Emploi, en collaboration avec l’Organisation internationale du travail (OIT) et l’ONUSIDA, a accueilli un atelier national de deux jours sur les programmes VIH sur le lieu de travail, à Casablanca, à la fin du mois de juin.

Réunissant des acteurs de plusieurs secteurs, la réunion a aussi compté parmi ses participants des représentants de syndicats, de ministères, d’employeurs et d’entreprises, d’ONG, de personnes vivant avec le VIH, de médecins et d’experts. Il s’agit de la première réunion de cette taille et portée ; plus de 60 sujets ont été étudiés.

L’initiative du ministère de l’Emploi visant à élaborer un plan sectoriel sur les programmes VIH sur le lieu de travail fait du Maroc un pays pionnier par rapport à d’autres pays à faible prévalence.

Le Dr Moucharafou Idohou, Coordonateur national du projet (OIT) au Bénin

Le principal objectif de cet atelier était de progresser sur la voie de l’élaboration d’un plan stratégique de lutte contre le sida. Ce plan comportant trois volets comprendrait : la prévention du VIH sur le lieu de travail ; les soins et l’appui aux personnes vivant avec le virus et la lutte contre la stigmatisation et la discrimination ; et la gestion et la coordination de la lutte contre le sida.

Pour réaliser cet objectif, la première journée de la réunion a été consacrée à l’étude de la riposte du Maroc au sida dans le monde du travail à ce jour. Cela a comporté une discussion sur les difficultés rencontrées et les enseignements tirés lors de l’élaboration de programmes VIH dans ce secteur. Les principes et lignes directrices de l’OIT, avec un accent sur le Recueil de directives pratiques du BIT sur le VIH/sida et le monde du travail, adopté en 2001, ont aussi été étudiés.

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Il a été noté que beaucoup de bon travail a déjà été réalisé par plusieurs personnes et organisations, notamment l’Association Marocaine de Lutte contre le Sida (ALCS), SIDA-ENTREPRISES Maroc (réseau national d’entreprises travaillant sur des programmes relatifs au VIH et aux IST sur le lieu de travail), les syndicats et les médecins du travail. Cependant, tous rencontrent un certain nombre de difficultés à inclure la riposte au sida dans le monde du travail.

Le Dr Moucharafou Idohou, Coordonateur national du projet (OIT) au Bénin, s’est rendu à la Conférence pour présenter les principaux moyens d’action de l’OIT et mettre en commun les données d’expérience recueillies lors d’actions menées sur le lieu de travail en Afrique de l’Ouest francophone. Il a déclaré qu’il se réjouissait des avancées réalisées à ce jour. « Je félicite les autorités marocaines pour leur engagement dans la riposte au sida sur la base d’une démarche multisectorielle incluant le lieu de travail. L’initiative du ministère de l’Emploi visant à élaborer un plan sectoriel sur les programmes VIH sur le lieu de travail fait du Maroc un pays pionnier par rapport à d’autres pays à faible prévalence. »

La lutte contre le sida sur le lieu de travail représente un moyen d’action décisif sur la voie de la réalisation de l’accès universel. Nous devons porter une attention particulière aux travailleurs les plus à risque en matière d’infection à VIH et au secteur informel.

Dr Kamal Alami, Coordonnateur de l’ONUSIDA au Maroc

Tout en travaillant à l’élaboration d’un plan stratégique, les participants ont examiné un certain nombre de domaines. Ils ont examiné comment avancer vers la mise en œuvre d’un programme à destination des plus vulnérables, à savoir les travailleurs mobiles et les travailleurs du secteur informel.
De plus, il est nécessaire de renforcer les capacités des organisations d’employeurs, des syndicats et des autres institutions des entreprises tout en mobilisant leurs ressources pour la prévention et les activités éducatives en matière de VIH et pour la lutte contre la stigmatisation et la discrimination. Il a aussi été débattu de la façon de poursuivre la sensibilisation aux droits de l’homme liés au VIH et à ses effets sur les entreprises, ainsi que de la création d’un cadre juridique qui pourrait servir de base aux programmes nationaux de lutte contre le sida visant à lutter contre le VIH dans le monde du travail.

Un certain nombre de conclusions ont émergé à la fin de l’atelier. Les participants ont recommandé :

  • La création d’une commission nationale chargée du VIH sur le lieu de travail à laquelle participeraient les employeurs, les syndicats et le gouvernement ;
  • La mise en place d’activités de plaidoyer pour sensibiliser les partenaires sociaux ;
  • L’adaptation du cadre législatif pour assurer la mise en œuvre de bons programmes VIH sur le lieu de travail ;
  • L’accroissement des recherches sur les groupes les plus à risque ;
  • La mobilisation de financements nationaux et internationaux pour mettre en œuvre le plan stratégique de lutte contre le sida.

Le gouvernement marocain, par le biais du ministère de l’Emploi, a réaffirmé son engagement et sa volonté de travailler avec ses partenaires pour mettre efficacement en œuvre un plan national de riposte au VIH et aux IST sur le lieu de travail.

D’après le Dr Kamal Alami, Coordonnateur de l’ONUSIDA au Maroc, « La lutte contre le sida sur le lieu de travail représente un moyen d’action décisif sur la voie de la réalisation de l’accès universel. Nous devons porter une attention particulière aux travailleurs les plus à risque en matière d’infection à VIH et au secteur informel. »

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Union russe des personnes vivant avec le VIH

09 juillet 2009

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 L’enregistrement officiel de l’Union russe des personnes vivant avec le VIH représente une avancée capitale dans la riposte nationale au sida en Fédération de Russie. L’Union russe a été officiellement enregistrée en mai 2009 et a tenu sa première conférence en juin 2009 sous le thème « Union russe des personnes vivant avec le VIH : de vraies questions de développement ».

L’organisation a parcouru un long chemin depuis la première réunion de 1998, lorsque quelques personnes vivant avec le VIH et des représentants de diverses organisations publiques se sont rassemblées et ont compris la nécessité d’unir leurs efforts pour mieux travailler en faveur de la riposte au sida. Il n’a pas été facile d’élaborer la mission et de se mettre d’accord sur les principes d’un travail conjoint et une structure organisationnelle. Des discussions, des débats, des disputes et des réconciliations se déroulaient parallèlement au réel travail quotidien dans différentes ONG qui œuvraient à la riposte au sida.

Aujourd’hui, l’organisation réunit des personnes issues de 50 régions de la Russie. Elle est fondée sur un principe de districts, qui assure la démocratie et la représentation dans le cadre du réseau et la consolidation des efforts des participants.

« Notre mission organisationnelle est la suivante : nous, personnes vivant avec le VIH, unissons notre potentiel et nos efforts pour améliorer la qualité de vie de chaque individu affecté par le VIH en Russie, » déclare Vladimir Mayanovsky, président du Conseil de coordination de l’Union russe des personnes vivant avec le VIH. « Notre organisation offre une excellente occasion d’améliorer la participation des personnes vivant avec le VIH à la riposte nationale au sida et de contribuer à la lutte contre le VIH aux niveaux fédéral et régional. Nous sommes qualifiés et munis des diverses connaissances et compétences nous permettant de devenir de vrais leaders dans la riposte de la société civile au VIH. »

Les membres de l’Union russe des personnes vivant avec le VIH s’emploient à fournir des programmes de prévention, des groupes d’entraide, des soins palliatifs, à organiser des manifestations spéciales de plaidoyer et à travailler avec les groupes de la population les plus exposés au risque d’infection. Les membres sont répartis en sous-comités axés sur différents domaines thématiques. Ces sous-comités offrent des services de consultation à des milliers de personnes vivant avec le VIH en Russie.

Les membres de l’Union préconisent également d’aborder des problèmes urgents tels que le manque de confidentialité pour les enfants vivant avec le VIH dans le cadre des soins prodigués à l’école primaire ou dans des institutions médicales, ou la loi qui ne permet pas aux personnes vivant avec le VIH d’adopter des enfants. Les membres de l’Union russe des personnes vivant avec le VIH coopèrent avec le système pénitentiaire et apportent un soutien social aux détenus après leur libération.

Les antennes locales de l’Union ont également lancé de nouveaux projets dans leurs domaines. Par exemple, une antenne au Daghestan a introduit un cours spécial d’éducation sur la prévention du VIH à l’Université sociale du Daghestan, qui est mis en œuvre par un des membres de l’Union. L’antenne de Volgograd a ouvert une ligne téléphonique d’urgence qui donne des informations de qualité sur des questions liées au sida. L’antenne de la région fédérale de Khanty-Mansiysk, qui est une des régions de Russie les plus touchées par le VIH, fournit une assistance en matière d’accès au traitement antirétroviral aux personnes qui en ont besoin. En Sibérie, un autre membre de l’Union a lancé le test VIH dans des zones reculées et invité des professionnels médicaux des Centres régionaux de lutte contre le sida à s’y rendre.

Le Dr Larisa Dementyeva, une représentante du Département sur le VIH/sida du Service fédéral de surveillance en matière de protection des droits des consommateurs et du bien-être de l’individu, a salué la conférence russe des personnes vivant avec le VIH.

« Les membres de l’Union russe des personnes vivant avec le VIH sont des jeunes gens bien informés et enthousiastes, » a déclaré le Dr Dementyeva. « Nous considérons l’Union comme notre partenaire pour répondre aux besoins des personnes vivant avec le VIH. L’Union joue un rôle significatif dans la sensibilisation relative à la prévention du VIH, la réduction de la stigmatisation et la promotion de la tolérance. »

Plus de 200 participants venus de 54 régions de la Russie ont discuté du développement stratégique de l’Union russe des personnes vivant avec le VIH pour les deux années à venir et adopté une résolution.

« L’Union russe des personnes vivant avec le VIH possède fort leadership, une structure transparente, des partenaires au gouvernement et au sein de la société civile. L’organisation a un énorme potentiel. Nous la considérons comme l’un de nos principaux partenaires de la société civile pour le renforcement des ripostes au VIH au niveau national, » a déclaré le Dr Marina Semenchenko, Chef d’Equipe de l’ONUSIDA en Russie.

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Michelle Obama se rend sur des lieux d’exécution de projets du PNUD à Moscou

08 juillet 2009

20090708_MObama_200 Michelle Obama en visite à l’école supérieure d’infirmières de la communauté religieuse de Saint Dimitri, à Moscou.
Photo : PNUD/Andrei Radkevich

Le 7 juillet, la première dame des États-Unis, Michelle Obama, a visité l’école supérieure d’infirmières de la communauté religieuse de Saint Dimitri, un établissement qui prodigue des soins aux personnes vivant avec le VIH à Moscou. Sur place, elle a insisté sur le fait qu’il convenait d’accorder une place plus importante à l’information et à l’éducation pour lutter contre la stigmatisation et mieux faire connaître les moyens de s’occuper des personnes vivant avec le VIH. Mme Obama, qui était auparavant membre de l’équipe dirigeante des hôpitaux universitaires de Chicago, a également fait part de son expérience dans le domaine des soins de santé et a souligné l’importance de ce type d’activités.

Fondé en 1992, l’établissement enseigne aux infirmières à prodiguer des soins aux personnes vivant avec le VIH, une formation qui s’inscrit dans un projet plus vaste du PNUD, financé par l’Agence des États-Unis pour le Développement international (USAID). L’objectif de l’école supérieure d’infirmières de la communauté religieuse de Saint Dimitri est de contribuer à réduire l’incidence du VIH et du sida en Fédération de Russie, ainsi que les effets de l’épidémie sur la population, en intégrant l’Église orthodoxe russe à la prévention de la propagation de l’épidémie, à la lutte contre la stigmatisation et la discrimination, et à la fourniture de soins et d’appui aux personnes vivant avec le VIH et touchées par le sida.

Sœur Olga, la coordonnatrice du projet, a mis l’accent sur le fait que les personnes nécessitant cette forme d’appui sont bien plus nombreuses, notamment chez les jeunes et les enfants. « Nos sœurs apportent leur aide à des familles dont certains membres sont séropositifs au VIH, ainsi qu’à des enfants séropositifs vivant à l’orphelinat », a-t-elle affirmé.

Le PNUD mène des activités visant à prévenir la propagation du VIH et à limiter les effets du sida. En tant que partenaire du développement et Coparrainant de l’ONUSIDA, qui lui accorde sa confiance, il contribue à faire en sorte que le VIH soit au centre des stratégies nationales de développement et de réduction de la pauvreté. Le PNUD aide également les pays à renforcer leurs capacités à mobiliser tous les niveaux du gouvernement et de la société civile, dans le but de produire une riposte efficace et coordonnée à l'épidémie. Il contribue enfin à protéger les droits des personnes vivant avec le VIH, des femmes et des populations vulnérables. Parce que le VIH est un problème qui touche toute la planète, le PNUD soutient ces efforts nationaux en transmettant des connaissances, en fournissant des ressources et en faisant part des meilleures pratiques du monde entier.

Pour plus d’informations, consultez le site hivrussia.ru (en russe) et le site Internet du PNUD-Russie (en anglais et russe).

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Le réseau postal international va diffuser des messages de prévention du VIH

07 juillet 2009

Une version de ce reportage a été rédigée par Faryal Mirza de l’Union postale universelle (UPU)

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Stopper la propagation du VIH d’ici à 2015 est l’un des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD). Pour participer à la réalisation de cet objectif, l’Union postale universelle (UPU) et l’ONUSIDA, avec l’Organisation internationale du travail (OIT) et le syndical mondial UNI, ont lancé une campagne mondiale de sensibilisation. Les bureaux de poste des pays participants afficheront des informations relatives à la prévention du VIH qui toucheront le grand public et les employés de ces bureaux.

This awareness-raising campaign is part of the UPU’s ongoing effort to promote sustainable development and social responsibility among postal operators.

Edouard Dayan, Directeur général de l’UPU

« Cette campagne de sensibilisation s’inscrit dans les efforts actuellement entrepris par l’UPU pour promouvoir le développement durable et la responsabilité sociale chez les opérateurs postaux », déclare Edouard Dayan, le Directeur général de l’UPU.

Portée mondiale

Dans de nombreuses régions du monde, les bureaux de poste jouent déjà un rôle social car ils favorisent la diffusion de messages de santé au sein de leur communauté. Au cœur de la campagne de sensibilisation se trouve le réseau physique des postes, sans nul autre pareil, qui compte 660 000 bureaux. Alison Phillips-Pearce, coordonnatrice de la campagne à l’ONUSIDA, est ravie de « [l’]énorme portée » de cette initiative conjointe. De plus, le réseau a une caractéristique particulière. « La poste est un endroit ouvert à tout le monde, des plus jeunes aux plus âgés, et elle ne fait pas de distinction entre les personnes », ajoute Alison Phillips-Pearce.

Claude Montellier, Directeur du programme du développement durable à l’UPU, pense que les bureaux de poste ont un champ d’action très vaste car ils fournissent déjà un accès universel aux informations. De plus, selon lui, cela a conduit l’UPU à examiner comment le réseau postal pourrait rendre service au public, au sens large.

« Encourager la responsabilité sociale se fait par l’élaboration de programmes de sensibilisation aux maladies à destination du personnel des bureaux de poste et du public », déclare Claude Montellier.

Pour cette campagne, l’ONUSIDA a créé des supports au plaidoyer audacieux, notamment des affiches, des cartes postales et des feuillets d’information par pays.

Processus consultatif

En ce qui concerne l’ONUSIDA, Alison Phillips-Pearce a expliqué le choix des supports de la campagne. « Ces supports sont le fruit d’un processus de consultation avec nos partenaires. » Ils ont été soumis à un public du monde entier, à des hommes et à des femmes afin de vérifier la clarté du message. Le résultat final est le slogan suivant : « La poste a votre santé à cœur. Protégez-vous. ».

« Un slogan adaptable était nécessaire pour être sûr que le message veuille dire quelque chose dans le pays dans lequel il est diffusé », a déclaré Alison Phillips-Pearce. Au Brésil, par exemple, un message plus direct était nécessaire ; par conséquent, le slogan lisible sur les supports sera le suivant : « La poste a votre santé à cœur. Protégez-vous. Mettez un préservatif. »

Première phase : Brésil, Burkina Faso, Cameroun, Chine, Estonie, Mali et Nigéria

Dans sa première phase, la campagne s’adressera aux usagers des bureaux de poste des sept pays suivants : Brésil, Burkina Faso, Cameroun, Chine, Estonie, Mali et Nigéria. Ils ont été choisis parce que la prévalence du VIH y est élevée et parce que cela permettait d’agir sur un vaste champ géographique. L’Estonie, par exemple, connaît le taux le plus élevé d’Europe d’infection à VIH. Pendant cette première phase, près de 24 000 bureaux de poste diffuseront et distribueront des supports d’information. D’autres pays membres de l’UPU rejoindront la campagne un peu plus tard dans l’année.

La deuxième phase de la campagne, en 2010, mettra l’accent sur les employés des bureaux de poste, avec l’aide de l’OIT et d’UNI. L’OIT préparera un guide à destination des responsables de ces bureaux pour qu’ils fournissent à leur personnel des informations relatives au VIH. Pour cette deuxième phase, UNI espère recevoir le soutien des syndicats des postes et des travailleurs.

Troisièmement, en 2011, l’UPU prévoit d’inviter ses Etats Membres à émettre un timbre commémorant la découverte du sida en 1981.

« Le sida touche les vies d’une grande partie de notre population »

En attendant, avec le lancement de cette campagne, la poste camerounaise espère que ses 220 succursales joueront un rôle dans le pays dans lequel près de cinq pour cent des adultes âgés entre 15 et 49 ans vivent avec le VIH.

C’est la première fois que Mireille Ndancha Njilla, opératrice postale, participe à une campagne sanitaire. Elle croit cependant qu’il faut sensibiliser sa communauté au virus car « le VIH et le sida touchent les vies d’une grande partie de notre population ».

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Décision historique de la Haute Cour de Delhi qui reconnaît que la criminalisation abusive est un obstacle à la santé, aux droits de l’homme et à la dignité

07 juillet 2009

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According to Justices Shah and Muralidhar, the Constitution of India recognizes, protects and celebrates diversity.

La Haute Cour de Delhi a déclaré que l’article 377 du Code pénal indien, qui criminalisait les actes sexuels entre adultes consentants dans la sphère privée, violait les droits à la vie privée, à la liberté, à la santé et à l’égalité consacrés dans la Constitution indienne. Même si cette décision a été surtout considérée comme une victoire pour les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes et les personnes transsexuelles, il s’agit là d’une victoire pour tous, qu’elles que soient l’orientation et l’identité sexuelle de chacun. Ce jugement est remarquable et progressiste du fait qu’il traduit le rejet d’une conception hétéronormative et homogène de la sexualité. Pour le juge Shah et le juge Muralidhar, la Constitution indienne reconnaît, protège et célèbre la diversité.

Le juge Edwin Cameron de la Cour Constitutionnelle d’Afrique du Sud, s’exprimant lors d’une réunion sur les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes à Katmandou, Népal, a déclaré : « L’admissibilité des gays et des lesbiennes est la mesure ultime montrant la capacité d’une société à considérer l’humanité dans son entièreté ainsi que son engagement pour l’égalité, la justice, la laïcité et la coexistence humaine. » Ce jugement a fait faire à la riposte de l’Inde au sida et au mouvement en faveur des droits de l’homme un bond de géant dans cette direction.

La Haute Cour de Delhi a rendu à des millions d’hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes et de personnes transsexuelles en Inde leur dignité et leurs droits de l’homme. Les lois oppressives telles que l’article 377 poussent les gens dans la clandestinité, ce qui fait qu’il est beaucoup plus difficile de les atteindre au moyen des services de prévention, de traitement et de prise en charge du VIH.

M. Michel Sidibé, le Directeur exécutif de l’ONUSIDA.

« La Haute Cour de Delhi a rendu à des millions d’hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes et de personnes transsexuelles en Inde leur dignité et leurs droits de l’homme », a déclaré le Directeur exécutif de l’ONUSIDA, M. Michel Sidibé. « Les lois oppressives telles que l’article 377 poussent les gens dans la clandestinité, ce qui fait qu’il est beaucoup plus difficile de les atteindre au moyen des services de prévention, de traitement et de prise en charge du VIH. »

Le jugement du juge Shah et du juge Muralidhar se fonde sur des données et repose sur les droits de l’homme. Il s’appuie sur la jurisprudence indienne et du monde entier, les déclarations et engagements internationaux, les études scientifiques et les politiques de l’ONUSIDA.

Dans son affidavit devant les juges, l’Organisation indienne de lutte contre le sida (NACO), adoptant une position contraire à celle du ministère de l’Intérieur, a affirmé que l’article 377 entravait les efforts de prévention du VIH. La NACO a indiqué que seuls 6 % des hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes avaient accès aux services de prévention, de traitement, de soins et d’appui en matière de VIH car la plupart d’entre eux n’étaient pas disposés à révéler leur comportement sexuel par peur d’extorsion, de harcèlement et de violence de la part de la justice et de la police. Il a été noté que l’article 377 encourageait les personnes à rester cachées, ce qui fait qu’il leur est plus difficile d’accéder aux services de base aussi bien sociaux, de santé, que liés au VIH.

D’après Jeffrey O’Malley, Directeur du groupe VIH au PNUD, « Une criminalisation abusive constitue un obstacle majeur à la réalisation de l’accès universel. Ce jugement historique souligne l’importance de l’amélioration de l’état des droits de l’homme pour les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes et les personnes transsexuelles du monde entier. Nous espérons que d’autres pays suivront cette voie. La réalisation des droits de l’homme pour tous est non seulement fondamentale pour notre humanité commune, mais aussi impérative pour que la riposte au sida soit efficace et que les retombées en matière de santé et de développement soient plus larges. »

La réalisation des droits de l’homme pour tous est non seulement fondamentale pour notre humanité commune, mais aussi impérative pour que la riposte au sida soit efficace et que les retombées en matière de santé et de développement soient plus larges.

Jeffrey O’Malley, Directeur du groupe VIH au PNUD.

Selon le juge Shah et le juge Muralidhar, la criminalisation de l’homosexualité condamne à la perpétuité une partie importante de la société et l’oblige à vivre dans l’ombre du harcèlement, de l’exploitation, de l’humiliation, de traitements cruels et dégradants aux mains de la machine chargée de l’application des lois. Les juges ont cité l’article 12 de la Déclaration universelle des droits de l’homme, selon lequel « Nul ne sera l'objet d'immixtions arbitraires dans sa vie privée, sa famille, son domicile ou sa correspondance, ni d'atteintes à son honneur et à sa réputation. Toute personne a droit à la protection de la loi contre de telles immixtions ou de telles atteintes. »

Les juges ont conclu que la stigmatisation ou la criminalisation des homosexuels uniquement du fait de leur orientation sexuelle allaient à l’encontre de l’éthique de la Constitution. Le jugement énonce que la moralité ne peut pas justifier une restriction des droits de l’homme. Le juge Shah et le juge Muralidhar ont conclu que « s’il est vrai que le domaine de la protection des enfants et de toute personne ne pouvant donner un consentement valide ou le domaine des relations sexuelles non consentantes pourraient constituer “un intérêt national impérieux” sur lequel légiférer, les mesures assurant le respect des mœurs publiques ne constituent pas un “intérêt national impérieux” justifiant l’invasion dans la sphère privée d’adultes homosexuels ayant des rapports sexuels avec d’autres adultes consentants dans leur sphère privée sans intention de causer du mal à autrui. » Les juges ont cité une sommité indienne, le juge Krishna Iyer : « ... L’obligation d’humanisme constitutionnel et la supposition de la bonne foi dans la vie et la liberté ne peuvent pas être inopérantes ou fragmentaires au point qu’une majorité législative de passage en colère contre une minorité puisse, par trois brèves lectures d’un projet de loi et avec le quorum nécessaire, interdire toute modalité excessive et donc rendre stérile le mandat grandiose. »

Dans leur conclusion, les juges se sont appuyés sur l’un des principes fondamentaux de la Constitution indienne, à savoir l’universalité. « S’il y a bien une doctrine constitutionnelle sous-tendant la Constitution indienne, c’est celle de l’“universalité”. La Cour pense que la Constitution indienne reflète cette valeur profondément ancrée dans la société indienne et qui a été nourrie au fil des générations. L’universalité que la société indienne révèle généralement, littéralement dans chaque aspect de la vie, reconnaît manifestement un rôle à chacun dans la société. Les personnes que la majorité considère comme “déviantes” ou “différentes” ne sont pas exclues ou isolées pour cette raison. Lorsque la société peut faire preuve d’universalité et de compréhension, ces personnes peuvent se voir assurer une vie digne et libre de discrimination. » Pour le juge Shah et le juge Muralidhar, « le droit constitutionnel indien ne permet pas au droit pénal législatif d’être prisonnier des idées fausses sur qui sont les lesbiennes, les gays et les personnes bisexuelles et transsexuelles. On ne doit pas oublier que la discrimination est l’antithèse de l’égalité et que la reconnaissance de l’égalité promouvra la dignité de chacun. »

Dans la Déclaration politique sur le VIH/sida adoptée par les Etats membres des Nations Unies en 2006, les gouvernements se sont engagés à supprimer les obstacles juridiques et à adopter des lois visant à protéger les populations vulnérables. Les données montrent que les pays dotés de lois protégeant les hommes ayant des rapports sexuels avec les hommes, les consommateurs de drogues injectables et les travailleurs du sexe fournissent un meilleur accès à la prévention, au traitement, aux soins et à l’appui en matière de VIH. L’ONUSIDA et le PNUD, Coparrainant chef de file, en mettant l’accent sur l’élargissement et le renforcement des politiques et des programmes à destination des hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes et des personnes transsexuelles, ainsi que des programmes relatifs au VIH, aideront les pays à supprimer les lois qui empêchent une riposte efficace au sida et à accroître l’accès à la prévention, au traitement, aux soins et à l’appui en matière de VIH.

L’ONUSIDA prie instamment tous les gouvernements de garantir le plein respect des droits fondamentaux des hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes, des lesbiennes et des personnes transsexuelles en abrogeant les lois interdisant les actes sexuels entre adultes consentants dans la sphère privée, en adoptant des lois protégeant ces groupes d’actes de violence et de discrimination, en contribuant à des campagnes de lutte contre l’homophobie, la transphobie et la stigmatisation, et en veillant à ce que l’appui et les services sanitaires et sociaux soient disponibles et accessibles.

Décision historique de la Haute Cour de Delhi qui

Centro de prensa:

L’ONUSIDA salue la décision historique de la Haute Cour de Delhi d’abroger la loi qui pénalise les relations homosexuelles entre adultes (2 juillet 2009)

Voir la décision de la Haute Cour (pdf, 431 Kb) (en anglais)

Les ripostes au sida sont un échec chez les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes et les populations transsexuelles (15 mai 2009)

Déclaration de M. Michel Sidibé, Directeur exécutif de l’ONUSIDA, à l’occasion de la Journée internationale de lutte contre l’homophobie, le 17 mai (15 mai 2009)

El ONUSIDA expresa su preocupación por la decisión de la Asamblea Nacional de Burundi de penalizar las relaciones entre personas del mismo sexo (27 abril 2009)

L'ONUSIDA accueille avec satisfaction la libération au Sénégal de neuf hommes emprisonnés en raison de leur orientation sexuelle (20 avril 2009))

L’ONUSIDA et une large coalition travaillent pour faire libérer neuf hommes ayant eu des rapports sexuels avec des hommes au Sénégal qui ont été déclarés coupables et emprisonnés (15 janvier 2009)

La criminalisation des comportements sexuels et de la transmission du VIH entrave les ripostes au sida (27 novembre 2008)


Multimédia:

icon-video.gifONUSIDA a adressé un message fort au public de la 23ème édition du TEDDY Award à Berlin


%Reportages:

Journée internationale contre l’homophobie (15 mai 2009)

L’épidémie cachée de VIH chez les hommes qui ont des rapports sexuels avec des hommes en Europe orientale et en Asie centrale (26 janvier 2009)

La Chine se penche sur l’incidence du VIH parmi les HSH (16 janvier 2009)

L’homophobie fait obstacle à la prévention du VIH (13 janvier 2009)

ICASA 2008 : Hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes et VIH en Afrique (7 décembre 2008)


Publications:

Cadre d'action de l'ONUSIDA sur l'accès universel pour les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes et les personnes transsexuelles (pdf, 274 Kb.) (en anglais)

Une action conjointe en vue de résultats : Cadre de résultats de l’ONUSIDA, 2009 – 2011

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Crise économique mondiale et VIH

06 juillet 2009

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 Un rapport commun de la Banque mondiale et de l’ONUSIDA étudie l’impact potentiel de la crise financière mondiale sur les programmes de prévention et de traitement du VIH à travers le monde. Sur la base des données collectées en mars 2009 auprès de 71 pays, l’analyse cherche à savoir comment la crise pourrait affecter les près de 4 millions de personnes vivant avec le VIH sous traitement et les 7 millions de personnes ayant besoin d’un traitement mais ne pouvant avoir accès à celui-ci, et propose quelques interventions adaptées. Elle a également étudié les effets potentiels sur les activités de prévention. Le rapport laisse entendre que le bien-être de millions de personnes pourrait être remis en question.

La crise financière a débuté dans les économies les plus développées mais son impact s’est fait ressentir dans pratiquement tous les pays, ce qui a suscité des craintes de stagnation ou de diminution de l’aide des donateurs, de contraction des recettes budgétaires des pays en développement et de réduction des transferts de fonds des travailleurs. De nombreux foyers pourraient souffrir d’un accroissement de la mortalité et de la morbidité si les engagements pris par la communauté internationale pour soutenir et développer l’accès au traitement antirétroviral ne sont pas respectés et/ou si les dépenses publiques allouées à la riposte au sida sont réduites.

Le rapport indique que l’une des leçons importantes tirées des crises précédentes est que toute réduction des dépenses de base allouées au développement social a des effets préjudiciables à long terme. Réagir aux pressions budgétaires en réduisant les dépenses de lutte contre le VIH annihilera les progrès récemment enregistrés et nécessitera des initiatives compensatoires onéreuses sur le long terme.

Remise en question de l’accès au traitement

Aujourd’hui, près de 4 millions de personnes sont sous traitement antirétroviral dans les pays sondés. Un nombre encore plus important de personnes pourraient toutefois bénéficier de ce traitement s’il leur était proposé. Un traitement antirétroviral combiné – habituellement composé de trois médicaments pris quotidiennement – fait tomber les niveaux de VIH (la ‘charge virale’) dans le sang à des seuils indétectables et stoppe la progression des dégâts sur le système immunitaire du corps. En prenant ces médicaments conformément à la prescription, les personnes vivant avec le VIH peuvent rester en bonne santé, se sentir bien et être productives. Toutefois, s’il y a une interruption dans la prise des médicaments, pour des raisons de réduction des financements des programmes de traitement du sida par exemple, la réplication du VIH ne sera plus arrêtée et des maladies potentiellement mortelles pourront se développer, la résistance aux médicaments se renforcera et il y aura un risque accru de transmission du virus.

Le rapport décrit comment les personnes interrogées dans 11 % des pays sondés (qui abritent 427 000 personnes sous traitement) ont déclaré que la crise mondiale avait déjà affecté les programmes de traitement dans leur pays. Les personnes interrogées dans 31 % des pays (1,8 million de personnes sous traitement) ont indiqué qu’elles anticipaient des impacts sur le traitement cette année. Parallèlement, 30 % des pays ne savaient pas si les traitements allaient être affectés. On a découvert que les programmes étaient particulièrement vulnérables en Afrique subsaharienne, en Europe orientale et centrale, et dans les Caraïbes.

La vulnérabilité des programmes tient à différentes raisons, notamment la diminution des revenus des ménages (en Afrique, par exemple, les frais de santé à la charge des ménages représentent jusqu’à 60 % des dépenses de santé totales) et le caractère incertain de l’aide extérieure, mais le rapport souligne que les effets seraient identiques quelle que soit la raison à l’origine de la réduction des programmes : hausse de la mortalité et de la morbidité, augmentation des risques de transmission, hausse des coûts financiers sur le long terme et alourdissement de la charge pesant sur les systèmes de santé dans la mesure où un nombre croissant de malades envahissent les hôpitaux publics.

Prévention

Pour deux personnes placées sous antirétroviraux, cinq autres contractent une nouvelle infection. Il est donc essentiel de prévenir les nouvelles infections pour riposter contre l’épidémie. Toutefois, l’enquête a révélé que dans 34 pays (où 75 % des personnes séropositives vivent), les programmes de prévention ciblant les populations les plus exposées au risque seront sans doute réduits. Il semble que les programmes axés sur ces populations soient menacés car ils sont ‘politiquement’ plus facile à réduire ; toutefois, les conséquences pourraient être graves : moins de prévention se traduit par davantage de nouvelles infections et des besoins ultérieurs de traitement plus importants, avec des implications majeures en termes de coûts.

Lutter contre la crise

Bien que les résultats de l’enquête soient inquiétants, le rapport recommande des interventions qui pourraient aider à lutter contre la crise. Les initiatives visant à mieux utiliser les financements existants en réorientant les ressources des programmes à faible impact vers des programmes à fort impact et en comblant les insuffisances de financement les plus urgentes sont soulignées comme des mesures devant être prises. Le suivi des systèmes, y compris les interruptions de traitement, et l’importance de la planification dans un environnement incertain sont d’autres activités sur lesquelles il est nécessaire de se concentrer.

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ECOSOC : un forum de haut niveau examine les progrès et problèmes de la santé publique mondiale

06 juillet 2009

20090706_ecosoc_260_200 ECOSOC events are organized in the Economic and Social Council Chamber.
Credit: ECOSOC

Le débat de haut niveau de la session annuelle du Conseil économique et social (ECOSOC) s’est ouvert ce matin à Genève avec des allocutions de Sylvie Lucas, Présidente du Conseil économique et social ; Ban Ki-moon, Secrétaire général des Nations Unies et Hans-Rudolf Merz, Président de la Suisse.

L’Examen ministériel annuel 2009, qui a lieu durant ce segment de haut niveau de l’ECOSOC sera axé sur le thème « Mise en œuvre des objectifs et engagements adoptés au niveau international en matière de santé publique mondiale »

Le Directeur exécutif de l’ONUSIDA, Michel Sidibé, a participé cet après-midi à une session sur « Les partenariats en matière de santé – enseignements tirés des initiatives multipartites ».

People affected by HIV have always been at the heart of the response.

Michel Sidibé, UNAIDS Executive Director

M. Sidibé a parlé du rôle important joué par les partenariats dans les succès remportés face au sida et de l’importance de la collaboration avec la société civile, les organisations confessionnelles et le secteur privé, rappelant que « les partenariats sont l’élément vital de la riposte au sida. »

« Les personnes frappées par le VIH ont toujours été au cœur de cette riposte, » a déclaré M. Sidibé. Il a également lancé un appel en faveur d’un élargissement de la vision, d’un « mouvement sida + OMD », en vue de résoudre les problèmes de la santé et du développement à l’échelle mondiale.

Michel Kazatchkine, Directeur exécutif du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme participait également à cette session.

Mardi, M. Sidibé participera à une réunion satellite sur la consommation de drogues injectables ainsi qu’à une rencontre ministérielle concernant les vaccins contre le sida.

Le segment de haut niveau constitue, pour les Ministres, les chefs de secrétariat des institutions internationales et les fonctionnaires de haut rang ainsi que pour les représentants de la société civile et du secteur privé, une tribune permettant de débattre des grandes questions à l’ordre du jour international dans le domaine du développement économique, social et environnemental. 

Il est l’occasion

  • D’évaluer le niveau d’avancement de l’ordre du jour des Nations Unies en matière de développement ;
  • D’examiner les principaux obstacles à la réalisation des objectifs et engagements dans le domaine de la santé publique mondiale ;
  • D’envisager des recommandations et propositions d’action, dont de nouvelles initiatives.

Le Conseil économique et social

L’ECOSOC a été créé en 1945 et il est, aux termes de la Charte des Nations Unies, l’organe principal de coordination des activités économiques, sociales et apparentées des 14 institutions spécialisées de l’ONU, des commissions techniques et des cinq commissions régionales. Il reçoit par ailleurs des rapports de 11 fonds et programmes des Nations Unies. Il sert d’instance principale pour l’examen des questions économiques et sociales internationales et pour l’élaboration de recommandations pratiques sur ces questions à l’intention des Etats Membres et du système des Nations Unies dans son ensemble.

La réunion se poursuit jusqu’au 9 juillet au Palais des Nations, à Genève, Suisse.

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Un diagnostic de séropositivité plus précis chez les mères et les nourrissons permet d’éviter les décès dus au vaccin antituberculeux

03 juillet 2009

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18 month old baby in Baragwanath Hospital, Soweto, South Africa
Credit: UNAIDS/L. Gubb

Le vaccin antituberculeux au bacille de Calmette et Guérin, ou BCG, est l’un des vaccins les plus administrés au monde. Il est sûr pour les personnes dont le système immunitaire est sain. L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a récemment publié des travaux de recherche approfondis sur des constatations selon lesquelles ce vaccin antituberculeux standard présente un risque accru d’entraîner le décès des nourrissons vivant avec le VIH.

Compte tenu de la gravité de ces risques, l’OMS recommande de ne pas vacciner les nourrissons séropositifs au VIH et de retarder la vaccination de ceux dont on ignore le statut VIH, mais qui présentent des signes ou des symptômes correspondant à l’infection.

Émise en 2007, cette recommandation adresse plusieurs défis aux systèmes de santé de qualité insuffisante dans le monde.

Cet article fournit des informations plus précises sur le risque d’infection généralisée par le BCG chez les enfants infectés par le VIH, et il confirme la nécessité de trouver des moyens plus efficaces de diagnostiquer le VIH et de prévenir la tuberculose chez les nourrissons (dont le risque de décéder de cette maladie est plus élevé).

Dr Alasdair Reid, Conseiller TB à l’ONUSIDA

Elle fait ressortir la nécessité d’effectuer des dépistages du VIH à plus grande échelle chez les nourrissons et les femmes enceintes. Les symptômes cliniques de l’infection à VIH n’apparaissent en règle générale pas avant l’âge de 3 mois, mais, dans certains pays, on administre systématiquement le BCG aux bébés à la naissance.

L’ONUSIDA préconise l’élargissement de l’accès et du recours à des services efficaces de prévention de la transmission mère-enfant, ainsi que la fourniture coordonnée de services relatifs au VIH et à la tuberculose (TB).

« Une politique de vaccination par le BCG ciblée sur les nourrissons exposés au VIH suppose un large recours au dépistage maternel du VIH, des services renforcés de prévention de la transmission mère-enfant, et une meilleure cohérence entre les programmes de lutte contre la tuberculose et le VIH », a déclaré le Dr Catherine Hankins, Conseillère scientifique principale de l’ONUSIDA, sur le blog scientifique HIV this Week (Le VIH cette semaine) (http://hivthisweek.unaids.org/).

Les résultats d’une étude menée sur 3 ans en Afrique du Sud ont été publiés dans le numéro de juillet du Bulletin de l’Organisation mondiale de la Santé. Ils corroborent des recherches précédentes qui, en 2007, ont conduit l’OMS à modifier la politique de vaccination par le BCG visant les nourrissons. Le Comité consultatif mondial de la Sécurité vaccinale et le Groupe stratégique consultatif d’experts de la tuberculose et du VIH (OMS) ont ensuite publié la Révision des lignes directrices relatives à la vaccination par le BCG des nourrissons exposés au risque d’infection par le VIH (lien vers : http://www.who.int/wer/2007/wer8221.pdf).

 « Cet article fournit des informations plus précises sur le risque d’infection généralisée par le BCG chez les enfants infectés par le VIH, et il confirme la nécessité de trouver des moyens plus efficaces de diagnostiquer le VIH et de prévenir la tuberculose chez les nourrissons (dont le risque de décéder de cette maladie est plus élevé) », a affirmé le Dr Alasdair Reid, Conseiller TB à l’ONUSIDA.

 

Ci-après sont exposés 4 cas de figure présentés par l’OMS, qui compromettent l’équilibre entre les risques et les avantages de la vaccination par le BCG dans des contextes où la charge de morbidité due à la tuberculose et à l’infection à VIH est élevée

1. Nourrissons nés de femmes dont on ignore si elles sont infectées par le VIH
Les avantages de la vaccination par le BCG l’emportent sur les risques. Ces nourrissons doivent être vaccinés.

2. Nourrissons dont on ignore s’ils sont infectés par le VIH et qui ne montrent aucun signe ni symptôme d’une telle infection, mais qui sont nés de femmes connues pour être infectées par le VIH
Les avantages de la vaccination par le BCG l’emportent en général sur les risques. Ces nourrissons doivent être vaccinés après examen de facteurs locaux.

3. Nourrissons dont on sait qu’ils sont infectés par le VIH, qu’ils présentent ou non des signes ou symptômes d’une telle infection
Les risques d’une vaccination par le BCG l’emportent sur les avantages. Ces nourrissons ne doivent pas recevoir le BCG, mais on doit leur administrer d’autres vaccins systématiques.

4. Nourrissons dont on ignore s’ils sont infectés par le VIH, mais qui présentent des signes ou symptômes d’une telle infection et qui sont nés de mères infectées par le VIH
Les risques d’une vaccination par le BCG l’emportent en général sur les avantages. Ces enfants ne doivent pas être vaccinés au cours des premières semaines suivant leur naissance, puisque les symptômes cliniques de l’infection à VIH n’apparaissent en règle générale pas avant l’âge de 3 mois. Toutefois, le vaccin peut être administré une fois qu’un test virologique précoce a permis d’exclure la possibilité d’une infection à VIH.

Voir Révision des lignes directrices relatives à la vaccination par le BCG des nourrissons exposés au risque d’infection par le VIH, 2007.

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Fabriqué en Afrique

02 juillet 2009

Tribune libre récemment proposée par le Directeur exécutif de l’ONUSIDA, Michel Sidibé

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photo caption. Credit:

Lorsque les dirigeants africains parleront de la croissance économique en Afrique au Sommet de l'Union africaine qui a lieu cette semaine, leurs options seront limitées par la progression de l'épidémie de sida et les progrès peu rapides en ce qui concerne l'accomplissement des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD). On a vu par exemple, ces dernières années, la production agricole subir les conséquences de l'épidémie, avec des gens dans l'incapacité de labourer leurs champs ou contraints de vendre leurs terres pour prendre soin d'eux-mêmes ou de leur famille. 

Pourtant, la situation pourrait être différente. Au début de cette année, j'ai visité Khayelitsha, un township d'Afrique du Sud où j'ai rencontré Thobani, dont la tuberculose a été soignée et qui bénéficie d'un traitement contre le sida. Il est désormais capable de prendre soin de son fils et d'apporter une contribution à sa communauté. Il existe près de 4 millions de personnes qui, comme Thobani, contribuent à la croissance économique en Afrique et ailleurs dans le monde, grâce à des organisations comme le Fonds mondial ou le Plan d'urgence de lutte contre le sida du Président des Etats-Unis (PEPFAR), qui permettent chaque jour à 3000 personnes de démarrer un traitement contre le sida.

En Afrique, 22 millions de personnes vivent avec le VIH. Pour deux personnes démarrant un traitement antirétroviral, cinq autres sont infectées par le virus. Cela signifie que le nombre de personnes nécessitant un traitement ne cessera jamais d'augmenter.

Par conséquent, nous devons rompre la trajectoire suivie par l'épidémie en empêchant les nouvelles infections par le VIH, ce qui implique que nous concentrions nos efforts sur la prévention.

Nous devons également rendre les traitements plus abordables et assurer un accès durable à des médicaments de qualité en Afrique. La demande est forte, vu que près de 80% des 4 millions de personnes sous traitement dans le monde vivent en Afrique. Or, 80% des médicaments distribués sur le continent sont importés. La liste des personnes en attente d'un traitement contre le sida croît de manière exponentielle. Si on ajoute à cela les autres fléaux qui sévissent en Afrique comme la tuberculose ou le paludisme, le coût des traitements devient insoutenable.

Non seulement les médicaments sont chers, mais leur efficacité n'est en outre pas garantie à long terme. Au bout d'un certain temps, des patients doivent passer d'un traitement de première intention, dont le coût actuel est de 92 dollars par patient et par an (déjà largement inaccessible pour des personnes vivant avec deux dollars par jour), à un traitement de deuxième intention, dont le coût pour les seuls médicaments est supérieur à 1000 dollars par jour. En Afrique, moins de 4% des patients bénéficient d'un traitement de deuxième intention, ce qui est très inférieur à ce que nécessiterait un traitement efficace. Insoutenable encore une fois.

Les Africains auront besoin pendant longtemps de ces médicaments, entre autres. Cependant, la plupart de ces médicaments ne sont pas produits en Afrique en raison de l'absence de normes de qualité strictes et de capacités de production insuffisantes. La demande pour les traitements contre le sida doit fournir à l'Afrique l'opportunité de réformer ses pratiques pharmaceutiques. Trop souvent, les médicaments fabriqués sur le continent sont contrefaits ou de qualité médiocre. Ce dont l'Afrique a besoin, c'est d'une Agence africaine des médicaments unique, à l'image de l'Agence européenne des médicaments, qui réglemente le secteur pharmaceutique en Europe.

Qu'est-ce que cela apportera ? Premièrement, la qualité des médicaments sera garantie à l'échelle du continent. L'agence doit avoir le pouvoir de faire respecter des normes internationales de qualité, et ce en toute indépendance. Cela contribuera à mettre un terme au marché des médicaments contrefaits. Deuxièmement, les fabricants n'auront pas besoin de courir de pays en pays pour faire homologuer leurs produits. Troisièmement, cela permettra d'intégrer le marché africain, ce qui favorisera l'investissement privé dans l'industrie pharmaceutique sur le continent, comme cela s'est produit en Amérique latine. Quatrièmement, cela garantira aux fabricants des conditions de concurrence équitables pour commercialiser leurs produits sur le marché africain et au-delà, à l'instar de ce que font l'Inde et la Chine.
Cinquièmement, cela peut constituer un modèle pour faire tomber certains obstacles, et pas seulement dans le domaine des médicaments, mais aussi des obstacles à un développement plus large qui contribuera à l'émergence d'un mouvement SIDA+OMD en Afrique. Toutes ces actions doivent être menées dans l'intérêt des personnes auxquelles elles sont destinées.

Il s'agit d'une mesure concrète dont l'Union africaine peut se charger à la demande des dirigeants africains. L'ONUSIDA mobilisera le système des Nations Unies et les partenaires du développement, afin de promouvoir une coopération entre pays du Sud et d'engager des discussions avec le secteur privé dans le but d'obtenir un soutien pour la création de l'agence de régulation. En ces temps de crise économique, les dirigeants africains ont la possibilité d'innover, tout comme les dirigeants des pays du G8 ont l'obligation de tenir leur promesse faite à Gleneagles d'assurer l'accès universel aux traitements contre le sida à l'horizon 2010. 

Ne laissons pas le sida être un obstacle mais faisons en sorte au contraire que la riposte au sida fournisse une occasion de transformer le continent.

Michel Sidibé
Directeur exécutif du Programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida (ONUSIDA)

Fabriqué en Afrique

Liens externes:

Union Africaine

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Le Sommet de l’Union africaine cible la croissance économique et la sécurité alimentaire

02 juillet 2009

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Les leaders et représentants de quelque 50 pays africains et différents invités de la communauté internationale sont réunis à Syrte, en Libye, du 1er au 3 juillet pour le 13ème sommet de l’Union africaine qui se déroule sur le thème ‘Investir dans l’agriculture pour la croissance économique et la sécurité alimentaire’.

M. Michel Sidibé, Directeur exécutif de l’ONUSIDA, a également assisté au sommet pendant lequel il a tenu plusieurs consultations avec des leaders africains. Il s’est entretenu avec eux au sujet de la nécessité de ne pas s’attaquer au sida de manière isolée et d’associer la question du VIH à l’ordre du jour international plus large du développement et de la santé, tel que matérialisé par les OMD, en soulignant que la riposte au sida peut donner le rythme pour aider à atteindre plus vite les objectifs des OMD.

Pendant le sommet, M. Sidibé a rencontré M. Jean Ping, Président de l’Union africaine, ainsi que plusieurs leaders africains dont les présidents du Mali, du Sénégal, du Ghana, de République centrafricaine, du Libéria, de Zambie et du Zimbabwe, de même que les ministres des Affaires étrangères de Tanzanie, de Djibouti, du Niger, du Congo, du Tchad, du Mozambique, d’Ethiopie, d’Ouganda, du Bénin et d’Angola. Il a également assisté à un petit-déjeuner offert par Mme Asha-Rose Migiro, Secrétaire générale adjointe des Nations Unies, aux responsables des organismes de l’ONU.

M. Sidibé a par ailleurs souligné la nécessité de mettre un terme à la multiplication des nouvelles infections à VIH. Il a invité tous les gouvernements des pays d’Afrique à s’engager pour que leurs stratégies nationales de lutte contre le VIH réduisent de moitié le nombre de nouvelles infections entre aujourd’hui et la fin 2015. Il a notamment demandé que l’on s’engage pour atteindre l’objectif d’une élimination quasi complète de la transmission mère-enfant du virus et pour réaliser une mobilisation sociale de masse afin de s’attaquer aux pratiques sexuelles et aux normes sociales qui exposent les citoyens africains – en particulier les femmes et les filles – à un risque d’infection à VIH.

Le Directeur exécutif de l’ONUSIDA a aussi mis l’accent sur la nécessité de rendre le traitement plus abordable financièrement et de garantir un accès pérenne à des médicaments de qualité en Afrique. Il a fait valoir que la demande de traitements contre le sida devait devenir une opportunité pour que l’Afrique réforme ses pratiques dans le domaine pharmaceutique ; à cet égard, il a proposé la création d’une Agence africaine des médicaments unique pour garantir des normes élevées et des progrès dans la production de médicaments.

Créée en 2002, l’Union africaine qui regroupe 53 membres a succédé à l’Organisation de l’unité africaine et cherche à promouvoir l’intégration socioéconomique du continent ainsi qu’une plus grande unité entre les pays et les peuples d’Afrique.

Le Sommet de l’Union africaine cible la croissanc

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