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Nouvelles du terrain : Le Directeur du département VIH/sida de l’OMS visite un centre de traitement qui fait œuvre de pionnier en Namibie

01 juillet 2009

Ce reportage est déjà paru sur le site www.who.int

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Le Dr Kevin De Cock rencontre Francina, atteinte de plusieurs complications médicales, à l’hôpital Katutura. L’OMS et ses partenaires préparent actuellement la première évaluation nationale de la résistance aux médicaments anti-VIH en Namibie et Katutura a été choisi comme site pilote.
Photo: OMS/James Oatway 2009

Pour sa dernière mission en tant que Directeur du Département VIH/sida de l’OMS, le Dr Kevin De Cock s’est rendu à l’hôpital d’Etat de Katutura, à Windhoek, Namibie, où il a fait l’éloge des efforts déployés par les pouvoirs publics nationaux et les fournisseurs de soins pour élargir la fourniture des traitements antirétroviraux à tous ceux qui en ont besoin.

« Nous nous trouvons dans un grand hôpital public qui, il y a cinq ou six ans, était sans aucun doute rempli de malades atteints de maladies graves liées au VIH, » a déclaré le Dr De Cock, qui s’est rendu à Windhoek dans le courant de ce mois pour la réunion 2009 des responsables de la mise en œuvre des programmes de lutte contre le VIH/sida. « Il n’y aurait pas eu un seul lit vide et nous aurions vu un grand nombre de malades terriblement amaigris, » a-t-il ajouté.

Grâce à l’expansion des traitements antirétroviraux, la plupart de ceux qui obtiennent un traitement contre le VIH à l’hôpital de Katutura sont maintenant suivis par un service ambulatoire. De plus, le Dr De Cock a relevé, au cours de sa visite dans les services de l’hôpital, que la plupart des personnes séropositives au VIH avaient l’air en bonne santé, ce qui démontre « les mérites d’un accès opportun à la thérapie antirétrovirale. »

La Namibie connaît un des taux de prévalence du VIH les plus élevés du monde, et on estime à 15,3% la population adulte infectée. Selon les chiffres les plus récents dont on dispose, quelque 52 000 personnes bénéficiaient d’un traitement antirétroviral à fin 2007.

Le programme de traitement antirétroviral de l’hôpital de Katutura a été lancé en 2003 au tout début de l’Initiative ‘3 millions d’ici 2005’, un mouvement mondial mené par l’OMS et ses partenaires, dont le but était de placer trois millions de personnes sous traitement antirétroviral d’ici à 2005. Si le but n’a été atteint qu’en 2007, l’initiative a toutefois encouragé les pays à revenu faible et intermédiaire à se lancer dans une expansion sans précédent des traitements antirétroviraux.

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Environ 5000 adultes et 1100 enfants séropositifs au VIH reçoivent maintenant régulièrement un traitement antirétroviral au dispensaire et 80 à120 personnes supplémentaires sont inscrites chaque mois. De nombreux patients apprennent leur sérologie VIH dans les sites de dépistage gratuit du VIH aux alentours de Katutura.
Photo: OMS/James Oatway 2009

« Lorsque nous avons commencé, en 2003, aucun médecin n’était formé à la prise en charge de la thérapie antirétrovirale, » explique le Dr Refanus Kooper, le médecin namibien qui dirige le dispensaire de traitement antirétroviral. « Nous avons commencé à former les médecins en nous fondant sur les directives de l’OMS puis en les normalisant pour les adapter à la situation de notre pays. »

Environ 5000 adultes et 1100 enfants séropositifs au VIH reçoivent maintenant régulièrement un traitement antirétroviral au dispensaire et 80 à120 personnes supplémentaires sont inscrites chaque mois. De nombreux patients apprennent leur sérologie VIH dans les sites de dépistage gratuit du VIH aux alentours de Katutura.

Si la majorité des personnes qui fréquentent l’hôpital de Katutura réagit bien au traitement, certaines d’entre elles souffrent de réactions indésirables. Le Dr De Cock a rencontré une de ces personnes lors de sa visite au dispensaire ; il s’agit d’une mère de six enfants, âgée de 55 ans, qui souffre de plusieurs complications médicales, dont une tuberculose extrapulmonaire et des lésions hépatiques. Les médecins estiment que ces complications sont probablement imputables à la névirapine, un médicament antirétroviral. L’état de santé de la patient illustre un autre aspect de l’élargissement des traitements, indique le Dr De Cock: « La thérapie antirétrovirale c’est simple, mais peut-être pas toujours aussi simple que cela. »

L’ampleur de la résistance aux médicaments anti-VIH dans les pays aux ressources limitées n’a pas été systématiquement étudiée. En collaboration avec les autorités sanitaires nationales et d’autres partenaires, l’OMS met actuellement en place la première évaluation de la résistance aux médicaments antirétroviraux de Namibie, en se fondant sur sa stratégie mondiale 2008. L’hôpital de Katutura a été choisi comme site pilote de cette initiative.

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vih.org : site d’informations, de débats, d’échanges au service de la lutte contre le sida

29 juin 2009

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Pour trouver des informations et des outils relatifs à la lutte contre le sida dans des forums francophones et communautaires, les internautes consulteront avec intérêt le site Web vih.org.

Pour trouver des informations et des outils relatifs à la lutte contre le sida dans des forums francophones et communautaires, les internautes consulteront avec intérêt le site Web vih.org.

Ce portail d’information présente, en français, un large éventail d’outils et de services à destination des professionnels des services communautaires qui travaillent dans le domaine du VIH, dans le monde entier, notamment les médecins, les chercheurs, les institutions, les organisations non gouvernementales et les personnes qui vivent dans les pays.

Le site s’appuie sur les travaux d’analyse et d’échange conduits ces dix dernières années par l’Association française Pistes à travers les revues Transcriptases et Swaps. Il est tenu par une équipe de journalistes et d’experts en VIH en étroite collaboration avec le CRIPS Ile-de-France, Centre régional d’information et de prévention du sida. Il est notamment destiné aux jeunes intéressés par les questions relatives à la santé sexuelle, à la consommation de drogues et à la prévention du VIH.

Le site vih.org offre un endroit d’échanges d’informations par le biais de forums communautaires participatifs auxquels les visiteurs peuvent apporter leur contribution ou dans lesquels ils peuvent lancer de nouveaux débats sur diverses questions. Les débats actuellement en cours sont notamment les suivants : « Don du sang en France: Les gays toujours exclus » et « L’allaitement maternel exclusif est-il possible en Afrique ? ».

Le site vih.org permet donc aux utilisateurs de nouer des liens avec des personnes ayant les mêmes préoccupations ou intérêts. Chaque internaute peut aussi personnaliser le contenu du site selon ses intérêts ou sa situation géographique afin de parvenir plus rapidement aux informations dont il a besoin.

Associer les personnes et les institutions basées dans les pays à faible revenu et à revenu moyen, ainsi que recevoir leur contribution sont essentiels pour l’équipe du portail. La participation y est considérée comme indispensable pour contribuer à la gestion des maladies, à la facilitation des recherches et de la mise en commun des informations, à la promotion du travail et à la diffusion des informations.

Le portail vih.org est soutenu par le Crips Île-de-France, le ministère français de la Santé, le ministère français des Affaires étrangères, l’Agence nationale de recherches sur le sida et les hépatites virales (ANRS), GlaxoSmithKline, Bristol-Myers Squibb, Abbott Laboratoires, Boehringer Ingelheim, Roche, Gilead, Tibotec, et Esther.

vih.org : site d’informations, de débats, d’échan

Liens externes:

www.vih.org

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Le Sommet 2009 des jeunes leaders d’aids2031

26 juin 2009

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Trente jeunes leaders du monde entier se sont rassemblés à Oslo, du 23 au 25 juin, dans le cadre du Sommet 2009 des jeunes leaders d’aids2031.

Le Sommet était organisé par aids2031, en collaboration avec le Ministère norvégien des Affaires étrangères et Son Altesse Royale la Princesse héritière Mette-Marit de Norvège, Ambassadrice itinérante de l’ONUSIDA, afin de promouvoir et dynamiser le leadership de la jeunesse dans la lutte contre la stigmatisation et la discrimination liées au sida.

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L to R: Heidi Larson, Executive Director aids2031, UNAIDS Executive Director Michel Sidibé, UNAIDS Goodwill Ambassador Her Royal Highness Crown Princess Mette-Marit of Norway. Credit: aids2031

« Nous sommes ici pour échanger des vues sur l’avenir, mais, fait plus important encore, nous sommes ici pour bâtir l’avenir », a déclaré S.A.R. la Princesse Mette-Marit, dans son discours de bienvenue à l’intention des jeunes participants.

Je considère que les jeunes représentent l’avenir, et j’apporte mon soutien aux jeunes leaders, car ils constituent des agents du changement.

Le Directeur exécutif de l’ONUSIDA, Michel Sidibé

Le Directeur exécutif de l’ONUSIDA, Michel Sidibé, a pris la parole en tant que participant chargé de fournir des conseils. « Je considère que les jeunes représentent l’avenir, et j’apporte mon soutien aux jeunes leaders, car ils constituent des agents du changement », a-t-il affirmé.

Donner aux jeunes les moyens d’agir est l’un des domaines prioritaires de l’ONUSIDA, comme cela est indiqué dans le document Une action conjointe en vue de résultats : Cadre de résultats de l’ONUSIDA.

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Thirty young leaders from around the world came together in Oslo June 23 - 25 for the 2009 aids2031 Young Leaders Summit. Credit: aids2031

L’ONUSIDA préconise de « [placer] le leadership des jeunes au cœur des ripostes nationales, [de fournir] une éducation et des services de santé sexuelle et reproductive fondés sur les droits et [de permettre] aux jeunes d’empêcher la transmission sexuelle et autres de l’infection à VIH parmi leurs pairs ».

Avant et pendant le Sommet, qui a duré trois jours, plus de 30 jeunes leaders du monde entier ont travaillé de concert pour cerner les problèmes pressants que rencontrent les jeunes en matière de stigmatisation et de discrimination et recenser les moyens de tirer parti des stratégies et collaborations actuelles. Conçue par un comité de planification dirigé par des jeunes, la manifestation faisait suite au premier Sommet des jeunes leaders d’aids2031, qui s’est tenu en 2008 au siège de Google en Californie.

Les jeunes leaders ont examiné les recommandations sur la mise en place d’une riposte à long terme au sida formulées par des chercheurs, scientifiques et professionnels de la santé d’aids2031. Lors de la journée de clôture du Sommet, ils ont communiqué leurs recommandations relatives à la façon d’aborder les questions liées au sida qui touchent la jeunesse, en vue de l’élaboration du rapport d’aids2031 intitulé An Agenda for the Future (Ordre du jour pour l’avenir).

Ils espèrent que leurs recommandations à l’intention des décideurs, des organismes internationaux, des médias, des bailleurs de fonds et des autres jeunes seront prises en considération, et ils appellent à leur mise en œuvre collective.

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L’ONUSIDA accueille des jeunes titulaires de bourse

25 juin 2009

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Photo: ONUSIDA 

L’ONUSIDA accueille quatre jeunes titulaires de bourse, arrivés ce mois-ci à Genève pour la deuxième phase du Programme spécial de l’ONUSIDA à l’intention des jeunes.

Remmy Malawa Shawa, Esther Ekechukwu, Rumbidzayi Masiyiwa et Tim Scully figuraient parmi les quelque 1 800 jeunes ayant présenté leur candidature pour le programme de cette année. Ils collaboreront avec l’ONUSIDA Genève pendant cinq mois, puis, après leur initiation et une première mission de recherche, ils seront chacun affectés à une équipe déterminée au sein du Secrétariat de l’ONUSIDA. Par la suite, ils poursuivront le programme de bourse au bureau de l’ONUSIDA de leur pays ou région d’origine durant quatre mois supplémentaires.

Le programme vise à :

  • List item 1créer, à des échelons de l’organisation où cela est approprié, des possibilités d’associer la jeunesse à l’élaboration de politiques et de programmes ;
    • contribuer à développer les capacités des jeunes et à renforcer leurs compétences en matière de leadership afin qu’ils jouent un rôle au sein de la riposte au sida, en particulier au niveau national ;
  • sensibiliser tant les jeunes que le personnel de l’ONUSIDA à différents moyens d’unir leurs efforts pour aborder des questions en rapport avec le VIH, notamment les problèmes propres à la jeunesse, la sexospécificité, la participation accrue des personnes vivant avec le VIH/sida (GIPA) et les droits de l’homme.

Originaire de Malaisie, Tim possède de l’expérience en tant que responsable d’activités de proximité pour la jeunesse, dans l’organisation d’événements et de réunions pour les programmes HSH à la Fondation Pink Triangle en Malaisie. Il sera affecté à l’équipe chargée des partenariats avec la société civile.

Esther vient du Nigéria. Titulaire d’un master en santé publique de l’Université d’Ibadan, elle est bénévole permanente au sein du projet Action mondiale de la jeunesse pour ActionAid au Nigéria. Esther collaborera avec l’équipe chargée du plaidoyer.

Rumbidzayi, qui vient du Zimbabwe, est titulaire d’une licence en sciences sociales et psychologie. Elle a travaillé à Harare avec le Groupe de travail communautaire sur la santé, en tant que stagiaire au sein du Programme jeunesse et santé reproductive. Rumbidzayi sera affectée à l’équipe chargée de la prévention.

Remmy, originaire de Zambie, vient d’achever ses études à l’Université de Zambie, dans le cadre desquelles il a fait de la recherche sur la sexospécificité et la santé. Il a travaillé comme point focal dans son pays d’origine pour la Coalition mondiale de la jeunesse sur le sida (GYCA) et collaborera avec l’équipe chargée de la sexospécificité.

L’ONUSIDA accueille des jeunes titulaires de bour

Liens utiles:

Coalition mondiale de la jeunesse sur le sida (GYCA) (en anglais)

Fondation Pink Triangle (en anglais)

ActionAid (en anglais)

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Une coalition mondiale d'entreprises se réunit pour transformer les connaissances sur le sida en mesures concrètes

23 juin 2009

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Plus de 250 personnes issues du monde de l'entreprise, des ONG, des gouvernements et des institutions multilatérales sont réunies à Washington, D.C. pour la conférence annuelle de la Coalition mondiale des entreprises contre le VIH/sida, la tuberculose et le paludisme. Cet événement, organisé sur deux jours par la Coalition ou CME, a pour but de s'assurer du maintien en tête des agendas des entreprises des initiatives prises par ces dernières pour lutter contre ces trois maladies.

La CME soutient l'approche axée sur des solutions adoptée par le secteur privé et la campagne de ce dernier en faveur de résultats mesurables dans le traitement des défis posés par le VIH, la tuberculose et le paludisme. Les membres de la CME aborderont la question de l'élaboration de stratégies et d'outils pratiques aboutissant à des programmes moins coûteux aux retombées plus importantes. Les sessions sont conçues d'une part, pour permettre un échange de connaissances et la présentation de points de vue divers, et d'autre part, pour rechercher des méthodes visant à transformer ces réflexions et ces idées en actions et en résultats concrets.

Parmi les participants des organisations et des entreprises partenaires figurent Clarence Cazalot, PDG de Marathon Oil, et Sir Mark Moody-Stuart, Président d'Anglo American SA, auxquels se joindront des acteurs de la santé mondiale et du développement, notamment Philippe Douste-Blazy, Conseiller spécial du Secrétaire général des Nations Unies pour la recherche de sources novatrices de financement du développement, Gayle Smith, Adjointe spéciale du Président des Etats-Unis Barack Obama, Mark Dybul, ancien Coordonnateur américain de la lutte mondiale contre le sida, Stefan Emblad, Directeur de l'unité de mobilisation des ressources du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, Hannah Kettler, Administratrice de programme hors classe et économiste de la Fondation Bill et Melinda Gates, British Robinson, Directeur des partenariats public-privé du PEPFAR, et l'Ambassadeur Karl Hoffman, Président et Directeur exécutif de Population Services International (PSI).

Regina Castillo, Directrice de l'unité des partenariats avec le secteur privé de l'ONUSIDA, s'exprimera lors d'une session consacrée à l'action collective. A cette occasion, elle fera part du point de vue de l'ONUSIDA sur la manière de faciliter les partenariats de nouvelle génération avec le secteur privé. Elle présentera également l'expérience du Programme dans l'élaboration d'approches produisant des résultats dans le domaine de l'accès universel aux services de prévention, de traitement, de prise en charge et d'appui en matière de VIH.

La conférence se terminera avec la remise du prix d'excellence de la CME, qui récompense chaque années des actions réussies du monde de l'entreprise dans la riposte au sida, à la tuberculose et au paludisme. Le dîner de remise des prix aura lieu le 24 juin et sera animé par Fareed Zakaria, journaliste à Newsweek International et CNN, spécialisé dans les affaires internationales.

Pour plus d'informations, consulter le site http://conference.gbcimpact.org/.

Une coalition mondiale d'entreprises se réunit po

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La 24ème réunion du Conseil de l'ONUSIDA est axée sur les « populations en mouvement »

22 juin 2009

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L’organe directeur de l’ONUSIDA, le Conseil de coordination du programme (CCP), Genève, 22 juin 2009
Photo: ONUSIDA/P.Virot

L’organe directeur de l’ONUSIDA, le Conseil de coordination du programme (CCP), tient sa 24ème réunion à Genève, du 22 au 24 juin 2009, au cours de laquelle M. Michel Sidibé, s’adressant pour la première fois aux membres du Conseil en tant que Directeur exécutif de l’ONUSIDA, présentera les progrès réalisés et les actions qu’il pense devoir être menées.

Cette session thématique de la réunion du CCP est axée sur la réponse aux besoins en matière de VIH des « populations en mouvement », comme l’a décidé le Conseil à sa 22ème réunion, en avril 2008. Ce dernier a noté qu’améliorer les informations et les services en matière de VIH pour ces populations renforcerait l’élaboration, la promotion et la mise en œuvre de stratégies nationales, régionales et internationales et aurait des conséquences importantes sur les droits de l’homme, y compris sur l’égalité hommes-femmes.

Répondre aux besoins des populations en mouvement en matière de prévention, de traitement, de soins et d’appui en matière de VIH est essentiel pour parvenir à l’accès universel. Le phénomène des mouvements mondiaux est particulièrement complexe et lié aux déplacements forcés et à la migration. D’après les chiffres du HCR, en 2007, il y avait 16 millions de réfugiés, 26 millions de personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays du fait de conflits et 25 millions de personnes déplacées suite à des catastrophes naturelles. L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) estime qu’il y avait plus de 200 millions de migrants internationaux en 2008. La plupart des pays sont à la fois, dans des proportions différentes, des pays d’origine, de transit et de destination. Certains pays comptent aussi de nombreuses personnes mobiles à l’intérieur de leurs frontières. Selon les estimations, il y a au moins 100 à 150 millions de migrants internes rien qu’en Chine.

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L’organe directeur de l’ONUSIDA, le Conseil de coordination du programme (CCP), Genève, 22 juin 2009
Photo: ONUSIDA/P.Virot

Les populations mobiles sont souvent accusées de propager le VIH ou d’accroître la charge sur des services aux personnes vivant avec le VIH limités. En réalité, beaucoup des facteurs expliquant et entraînant la mobilité augmentent la vulnérabilité au VIH des populations mobiles. De plus, les migrants, les personnes déplacées et les autres populations mobiles vivant avec le VIH ou suivant un traitement antirétroviral rencontrent des difficultés supplémentaires pour obtenir les soins et les traitements nécessaires auxquelles il faut remédier.

Ce thème ouvre la porte à un vaste choix de questions à aborder qui sont souvent négligées dans les stratégies nationales de lutte contre le sida et dans les discussions internationales concernant les déplacements forcés, la migration interne et internationale et le voyage.

Il y a notamment :

  • Les questions humanitaires relatives à la protection des populations déplacées et mobiles face aux conflits et aux violences, notamment sexuelle et sexiste.
  • L’emploi et les autres questions économiques qui poussent à la mobilité et sont liées au VIH, aux stratégies de survie économique et à la vulnérabilité des enfants et des jeunes, ainsi qu’à l’augmentation potentielle de contacts sexuels dangereux, simultanés et commerciaux.
  • Les questions relatives aux droits de l’homme liées à l’intégration sociale et l’accès aux services, et particulièrement à la stigmatisation et la discrimination envers les personnes vivant avec le VIH.
  • La législation migratoire et nationale qui dicte le statut juridique des populations en mouvement, et donc leur accès aux services de santé.
  • Les obstacles linguistiques à l’utilisation des services de santé et sociaux, ainsi que les problèmes du système de soins de santé, principalement en ce qui concerne l’accès au traitement anti-VIH et sa continuité, ainsi que les infections opportunistes.

La réduction de la vulnérabilité des populations migrantes et mobiles au VIH et des conséquences du VIH sur les populations mobiles, leur famille et leur maison, les communautés de transit et d’accueil, passe par une coopération intergouvernementale (soit entre pays ou entre ministres d’un pays). Cette réduction passe également par la collaboration du secteur commercial, des services professionnels, sanitaires et sociaux, des communautés vulnérables et des personnes vivant avec le VIH. Il est donc important d’aborder le sujet dans un segment thématique du Conseil de coordination du programme qui réunit les Etats membres, la société civile et les organisations internationales.

Pour appuyer une discussion productive lors de la session thématique de la 24ème réunion du CCP, l’ONUSIDA a élaboré un document de travail sur la question des populations en mouvement (add link), des déplacements forcés et des populations migrantes. Ce document fournit des informations de base sur les mouvements de population et examine les liens entre mobilité et vulnérabilité au VIH, ainsi que les difficultés rencontrées pour assurer l’accès universel des populations mobiles à la prévention, au traitement, aux soins et à l’appui en matière de VIH.

Créé en 1994 par une Résolution du Conseil économique et social de l’ONU et lancé en 1996, l’ONUSIDA est orienté par un Conseil de coordination du programme (CCP) qui réunit les représentants de 22 gouvernements de toutes les régions géographiques, les Coparrainants de l’ONUSIDA et cinq représentants d’organisations non gouvernementales, notamment des associations de personnes vivant avec le VIH.

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Répondre aux besoins en matière de VIH des « populations en mouvement »

19 juin 2009

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Noe Sebisaba et son ONG STOP SIDA contribuent à atténuer l’impact du VIH au Burundi.
Avec l’aimable autorisation du HCR

Noe Sebisaba sait comment faire ressortir les aspects positifs d’une situation malheureuse. En 1996, contraints de fuir le Burundi en raison des événements qui secouaient le pays, sa famille et lui se sont retrouvés dans le camp de réfugiés de Kanembwa, en Tanzanie. En 1998, alors qu’il s’y trouvait toujours, il a découvert qu’il vivait avec le VIH. Son épouse, également séropositive, est décédée d’une maladie associée au sida peu de temps après. Lors d’une manifestation organisée par l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés, le HCR, à l’occasion de la Journée mondiale sida de 2001, M. Sebisaba a décidé de dévoiler son statut VIH, devenant ainsi le premier réfugié africain à accomplir cet acte. Il n’est jamais revenu sur le passé. « J’ai décidé de dire au VIH : “C’est moi qui vais te dominer ; toi, tu ne prendras pas le dessus…” J’étais las du silence, et j’ai trouvé une nouvelle raison de vivre : braver le VIH et prêcher le pardon et l’amour. »

Si la révélation de son statut VIH lui a tout d’abord valu le rejet de sa famille et de sa communauté, elle a néanmoins poussé M. Sebisaba à s’attaquer à la stigmatisation et à la discrimination, omniprésentes parmi les réfugiés et la population hôte en Tanzanie. M. Sebisaba a créé une organisation communautaire, STOP SIDA, afin de renforcer la participation des réfugiés et de la communauté locale à la riposte au sida et de diffuser des messages de sensibilisation au VIH dans le cadre de manifestations publiques, par des contacts individuels, des rencontres et des groupes de pairs.

En décidant de déclarer publiquement que je vivais avec le VIH, j’ai essayé de contribuer à modifier profondément le regard porté sur le virus. Je crois avoir montré qu’être séropositif ne signifie pas automatiquement “être condamné à mort” et que cela n’empêche pas de mener une vie bien remplie.

Noe Sebisaba, fondateur de l'organisation communautaire STOP SIDA

STOP SIDA, qui mène des activités dans plusieurs camps de l’ouest de la Tanzanie, a fourni du matériel éducatif et a plaidé en faveur de l’appui et des soins pour les personnes infectées et touchées par le virus. Utilisant sa propre expérience comme exemple, M. Sebisaba a trouvé un moyen unique d’aider les personnes et les communautés à devenir des agents de changement dans la lutte contre le VIH. Il a même su faire face à certains aspects de la vulnérabilité propre aux réfugiés, qui ont été déracinés en raison du conflit, de la persécution ou de la violence.

Il existe une multitude de facteurs susceptibles d’accroître la vulnérabilité au VIH des millions de réfugiés et de personnes déplacées dans leur propre pays à travers le monde. Ceux-ci perdent souvent leur source de revenu et risquent d’être amenés à recourir à des comportements à haut risque pour satisfaire leurs besoins. Les services de santé et d’éducation cessent souvent de fonctionner, et la diffusion d’informations sur la prévention du VIH ainsi que la fourniture de traitement peuvent être perturbées. Les normes sociales et sexuelles sont également susceptibles d’être mises à mal, et les réseaux et institutions peuvent être démantelés. Le viol est fréquemment utilisé comme arme de guerre lors de conflits, ce qui rend les femmes particulièrement vulnérables. De fait, l’épouse de M. Sebisaba elle-même a été violée par des soldats au Burundi pendant la guerre civile.

Le fait que STOP SIDA ait pu avoir un impact en Tanzanie témoigne de la volonté et de la détermination de M. Sebisaba et de ses partenaires. M. Sebisaba a montré que les réfugiés ne sont pas seulement des bénéficiaires passifs de l’aide, mais qu’ils sont aussi dotés de puissants mécanismes d’adaptation, de ténacité et d’ingéniosité. Nombre de réfugiés et de membres des communautés environnantes ont pris part aux activités de STOP SIDA, et le recours aux conseil et test volontaires a considérablement augmenté.

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Le Président du Burundi, Pierre Nkurunziza, à STOP SIDA.
Avec l’aimable autorisation de Noe Sebisaba

En 2005, M. Sebisaba a été rapatrié au Burundi par le HCR, et il a été en mesure de continuer son action. Au cours des sept dernières années, l’agence a aidé quelque 500 000 Burundais à rentrer chez eux, et elle facilite leur accès permanent aux programmes de traitement et de prévention en rapport avec le VIH.

STOP SIDA-NKEBURE UWUMVA est à l’œuvre dans le pays depuis 2006, en particulier dans les zones comptant de nombreux réfugiés. Soutenue par le HCR et d’autres partenaires, l’ONG, qui dispose de locaux dans la capitale, Bujumbura, et dans la province de Cankuzo située dans l’est, continue de répandre un message prônant la prévention, le changement de comportement, la tolérance et la nécessité de recourir aux conseil et test volontaires. La mise en place d’activités de proximité s’est révélée particulièrement importante dans les zones rurales, là où les informations relatives au sida et les messages de lutte contre la stigmatisation parviennent difficilement.

De plus, STOP SIDA est devenue un partenaire d'exécution du HCR dans trois camps de réfugiés congolais au Burundi, où le personnel utilise son savoir-faire et son expérience pour contribuer à atténuer l’impact de l’épidémie, en veillant notamment à ce que les patients puissent recevoir des traitements dans des hôpitaux locaux.

Quelque 450 000 personnes, tant des anciens réfugiés que des personnes n’ayant pas quitté le pays, ont accès aux activités de STOP SIDA, dans les provinces de Cankuzo et Ruyigi situées dans l’est. Dans les communautés environnantes et les camps congolais, 25 000 personnes environ bénéficient des initiatives de l’ONG.

Le HCR, la principale agence des Nations Unies s’attaquant au VIH parmi les réfugiés et les personnes déplacées dans leur propre pays, a coproduit une vidéo sur cette ONG, intitulée Love in the time of AIDS (L’amour à l’époque du sida). Celle-ci sera présentée lors de la session thématique consacrée aux déplacements sous la contrainte, dans le cadre de la 24ème réunion du Conseil de Coordination du Programme de l’ONUSIDA, organisée du 22 au 24 juin. STOP SIDA y est montrée comme une des meilleures pratiques de leadership et de mobilisation communautaires.

Ce qui satisfait le plus M. Sebisaba, c’est qu’il a l’impression que les autres militants et lui ont pu aider des personnes à accepter un diagnostic de séropositivité avec une dose d’espoir et d’optimisme, et qu’ils ont encouragé des gens à parler de l’épidémie.

« En décidant de déclarer publiquement que je vivais avec le VIH, j’ai essayé de contribuer à modifier profondément le regard porté sur le virus. Je crois avoir montré qu’être séropositif ne signifie pas automatiquement “être condamné à mort” et que cela n’empêche pas de mener une vie bien remplie. Là où j’ai œuvré, des gens ont été plus facilement en mesure d’aborder ouvertement leur séropositivité, et davantage de personnes se soumettent à un dépistage du VIH. Je ne regrette pas un instant d’avoir dévoilé mon statut. Il me semble que cela fait grandement avancer les choses. »

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Avant le CCP, l’ONUSIDA présente un Manuel de gouvernance

19 juin 2009

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Credit: UNAIDS

Avant la 24ème réunion du Conseil de coordination du programme (CCP), qui débute le 22 juin 2009, le Programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida publie le Manuel de gouvernance de l’ONUSIDA.

Ce manuel rassemble les principaux documents relatifs à la gouvernance de l’ONUSIDA, notamment les résolutions de l’ECOSOC établissant le Programme, le Mémorandum d’accord entre le Secrétariat et les organisations coparrainantes et les principales déclarations politiques liées au VIH.

Le Manuel deviendra un outil de référence inestimable pour un large public lors des réunions de notre Conseil et autour d’elles car il réunit les principaux documents relatifs à la gouvernance de l’ONUSIDA dans un petit livre.

Helen Frary, Chef, Relations extérieures et gouvernance.

L’objectif est que le Manuel soit un outil de référence portable pour un large public, y compris les Etats membres, les Coparrainants, les organisations non gouvernementales au CCP et le personnel de l’ONUSIDA.

Le Manuel comprend la description d’organes tels que le Comité des Organismes coparrainants et les principes directeurs pour les Coparrainants de l’ONUSIDA. Il présente de façon détaillée la participation de la société civile au Conseil de coordination du programme. La section intitulée Foire aux questions comporte notamment une présentation du Bureau ainsi qu’une explication de la composition du CCP et de son processus de décision.

«Le Manuel deviendra un outil de référence inestimable pour un large public lors des réunions de notre Conseil et autour d’elles car il réunit les principaux documents relatifs à la gouvernance de l’ONUSIDA dans un petit livre», a déclaré Helen Frary, Chef, Relations extérieures et gouvernance.

L’ONUSIDA a été créée par la résolution 1994/24 du 26 juillet 1994 du Conseil économique et social (ECOSOC) pour «entreprendre un programme des Nations Unies conjoint et mené de concert pour lutter contre le VIH/sida, sur la base de la copropriété, de la collaboration en matière de planification et d’exécution et d’un partage équitable des responsabilités» avec six organisations coparrainantes du système des Nations Unies : le PNUD, l’UNICEF, l’UNFPA, l’OMS, l’UNESCO et la Banque mondiale. Quatre nouveaux coparrainants se sont associés au groupe : l’ONUDC en 1999, l’OIT en 2001, le PAM en 2003 et le HCR en 2003.

La 24ème réunion du CCP se tiendra à Genève jusqu’au 24 juin.

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Accélérer la mise au point de médicaments antituberculeux : une collaboration entre TB Alliance et Tibotec soulève un espoir

17 juin 2009

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Pour répondre au besoin urgent d’accélérer la découverte et la mise au point de nouveaux médicaments destinés à lutter contre la tuberculose (TB), une collaboration historique a été annoncée au Sommet de la santé du Pacifique entre l’Alliance mondiale pour la mise au point de médicaments antituberculeux (TB Alliance), un partenariat pour l’élaboration de produits à but non-lucratif, et Tibotec Inc. (Tibotec), une société pharmaceutique internationale.

Les deux organisations ont accepté de mettre en commun leur savoir-faire et leurs ressources dans le cadre de la mise au point du TMC207, un médicament antituberculeux doté d'un nouveau mécanisme d'action.

Si les résultats encourageants issus des études préliminaires sont corroborés, le TMC207 constituera la première nouvelle classe de médicaments antituberculeux que nous obtenons en 40 ans. Cela suscite un espoir chez les personnes vivant avec le VIH, plus enclines à contracter la tuberculose, en particulier la tuberculose pharmacorésistante.

Dr Alasdair Reid, Conseiller VIH/TB à l’ONUSIDA

Saluant cette nouvelle, le Dr Alasdair Reid, Conseiller VIH/TB à l’ONUSIDA, a déclaré : « Si les résultats encourageants issus des études préliminaires sont corroborés, le TMC207 constituera la première nouvelle classe de médicaments antituberculeux que nous obtenons en 40 ans. Cela suscite un espoir chez les personnes vivant avec le VIH, plus enclines à contracter la tuberculose, en particulier la tuberculose pharmacorésistante. »

Le Dr Reid a ajouté : « La propagation de la tuberculose multirésistante et l’absence de nouveaux médicaments à ce jour figurent parmi les menaces les plus graves pour la lutte contre la tuberculose et la riposte au VIH. »

Les données provisoires d’une étude clinique de phase II menée actuellement sur le TMC207 ont récemment été publiées dans le New England Journal of Medicine. L’étude contrôlée par placebo, réalisée sur 47 patients atteints de tuberculose multirésistante (TB-MR), a révélé que la culture de crachat de 48% des patients ayant reçu le TMC207 combiné à un traitement standard donnait des résultats négatifs après huit semaines, contre 9% de celles des patients ayant reçu un placebo et un traitement standard.

Les personnes vivant avec le VIH sont enclines à contracter la tuberculose et sont en outre particulièrement vulnérables face à la TB-MR, qui entraîne davantage de décès et se soigne à l’aide d’un traitement beaucoup plus éprouvant et onéreux. Le nombre de cas de TB-MR notifiés à l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) en 2008-2009 n’avait jamais été si élevé. Le nombre de nouveaux cas de TB-MR par an, quant à lui, est estimé à 500 000. Il est urgent de trouver des moyens plus simples et plus efficaces de prévenir, diagnostiquer et traiter la tuberculose chez les personnes vivant avec le VIH.

TB Alliance vise à accélérer la découverte et la mise au point de nouveaux médicaments antituberculeux qui permettront de raccourcir les traitements, seront efficaces contre les souches résistantes, et seront compatibles avec les thérapies antirétrovirales destinées aux personnes vivant avec le VIH atteintes de tuberculose.

Services intégrés en rapport avec le VIH et la TB

Dans le document Joint Action for Results: UNAIDS Outcome Framework 2009-2011 (Une action conjointe en vue de résultats : Cadre de résultats de l’ONUSIDA, 2009 – 2011), le Secrétariat et les Coparrainants de l’ONUSIDA recommandent que des services en rapport avec le VIH et la tuberculose soient fournis de façon intégrée et efficace, afin d’empêcher que les personnes vivant avec le VIH ne décèdent de la tuberculose.

Le Directeur exécutif de l’ONUSIDA, Michel Sidibé, s’est engagé à mobiliser un leadership pour faire face aux épidémies de tuberculose et de VIH, liées l’une à l’autre, et à rapprocher les mouvements de lutte contre le sida et contre la tuberculose. Dans le cadre du 3ème Forum des membres du Partenariat Halte à la tuberculose, qui a eu lieu cette année, M. Sidibé s’est entretenu avec des directeurs de programmes de lutte contre la tuberculose et des représentants de la société civile œuvrant dans le domaine de cette maladie. Il a souligné que les épidémies de tuberculose et de VIH ne pouvaient plus être abordées isolément. « Nous devons faire en sorte que les personnes vivant avec le VIH ne meurent pas de la tuberculose », a déclaré le Directeur exécutif de l’ONUSIDA.

La tuberculose est l’une des principales causes de décès des personnes vivant avec le VIH. On estime qu’elle est à l’origine de 23% des décès dus au sida dans le monde.

Feature Story

Le Secrétaire général des Nations Unies présente un rapport sur les progrès accomplis dans la riposte au sida

16 juin 2009

Comme la lutte contre la pandémie de VIH est l'un des plus utiles de tous les investissements mondiaux possibles, l'engagement, la volonté et l'effort de tous doivent être plus solides que jamais malgré la crise économique. - Rapport du Secrétaire général à la 63e Assemblée générale.

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Discours du Dr Aaron Motsoaledi, Ministre de la Santé de l'Afrique du Sud, lors de l'Assemblée générale le 16 juin 2009.
Photo: ONU/Jenny Rockett

Lors de la 63e session de l'Assemblée générale qui s'est tenue le 16 juin 2009 à New York, le Secrétaire général des Nations Unies, M. Ban Ki-moon, a présenté un rapport sur les progrès accomplis dans la mise en œuvre de la Déclaration d'engagement sur le VIH/sida et de la Déclaration politique sur le VIH/sida.

Le premier discours émanant d'un Etat membre des Nations Unies a été prononcé par le Dr Aaron Motsoaledi, le nouveau Ministre de la Santé de l'Afrique du Sud. S'exprimant au nom de la Communauté de Développement de l'Afrique australe (SADC), M. Motsoaledi a fait état des progrès réalisés dans la riposte au sida en Afrique du Sud et dans les pays de la SADC.

Le rapport du Secrétaire général fait le point de l'action engagée pour lutter contre le sida, rappelle les objectifs fixés pour 2010, recommande un certain nombre de mesures propres à accélérer l'obtention de résultats et appelle à une mobilisation renouvelée autour de l'objectif d'accès universel à la prévention et au traitement anti-VIH, ainsi qu'aux soins et à l'accompagnement.

En juin 2008, la réunion de haut niveau de l'Assemblée générale consacrée au VIH/sida a évalué les progrès accomplis dans la lutte mondiale contre l'épidémie de VIH. Les rapports présentés par 147 pays ont fait apparaître d'importantes avancées, notamment en ce qui concerne l'accès à la thérapie antirétrovirale et la prévention de la transmission de la mère à l'enfant.

Cependant, le rapport montre qu'en dépit de ces évolutions encourageantes, il reste encore beaucoup à faire, face notamment à l'accès nettement insuffisant des populations concernées aux principaux services de prévention et de traitement du VIH. Le développement des programmes de traitement n'arrive pas à suivre le rythme des primo-infections et les efforts de prévention restent insuffisants. Le montant des aides versées aux pays à revenus faibles ou intermédiaires pour la lutte contre le sida a certes atteint 13,7 milliards de dollars en 2008 contre 11,3 milliards en 2007, mais l'économie mondiale est entrée en récession depuis la réunion de haut niveau en 2008.

Comme la lutte contre la pandémie de VIH est l'un des plus utiles de tous les investissements mondiaux possibles, l'engagement, la volonté et l'effort de tous doivent être plus solides que jamais malgré la crise économique, rappelle le Secrétaire général.

Le rapport met également l'accent sur le fait qu'en dépit des engagements souscrits par les États membres pour protéger les droits des personnes vivant avec le VIH ou exposées au risque d'infection, nombre de législations et de politiques nationales viennent contredire ces engagements en ce sens qu'elles réduisent l'accès aux services et aux centres de prévention et de traitement.

En 2007, un tiers des pays ont déclaré qu'ils n'avaient pas encore légiféré pour interdire les discriminations liées à la séropositivité au VIH, et les pays qui ont adopté des lois anti-discrimination peinent souvent à les faire appliquer. Au total, 84 pays ont indiqué que leur législation et leurs règlements limitaient l'accès des groupes vulnérables à la prévention et au traitement du VIH ainsi qu'aux services de soins et d'accompagnement. Par ailleurs, une soixantaine de pays restreignent l'entrée, le séjour et la résidence sur le territoire national des personnes vivant avec le VIH, du seul fait de leur séropositivité. Enfin, les pays sont de plus en plus nombreux à promulguer des lois d'application très générale érigeant en infraction pénale la transmission du VIH, l'exposition d'autrui à la contamination et la non-divulgation de séropositivité.

Les mesures de ce genre n'encouragent sans doute personne à se faire dépister et elles sapent les efforts déployés pour instaurer l'accès universel. Par conséquent, le rapport recommande une amélioration des lois et de leur application ainsi qu'un élargissement des programmes d'accès à la justice afin de mieux protéger les personnes vivant avec le VIH contre les discriminations. Les mesures de restriction des déplacements pour cause de séropositivité doivent être levées ; l'incrimination pénale de la transmission du VIH doit être limitée aux cas de contamination intentionnelle ; les lois qui interdisent ou restreignent l'accès aux services des professionnel(le)s du sexe, des hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes et des consommateurs de drogues injectables doivent être abrogées.

Avec l'amélioration des méthodes d'analyse, les pays savent mieux saisir l'évolution de leur profil épidémique, choisir les interventions appropriées et définir à partir de données factuelles des stratégies de lutte adaptées à la situation nationale. Ces stratégies sur mesure amplifient l'impact de la lutte contre le VIH et réduisent les gaspillages d'efforts et les facteurs d'inefficacité. Grâce à des systèmes de suivi et évaluation améliorés, les pays peuvent réviser leurs stratégies nationales selon l'évolution de leur profil épidémique. Ils doivent élaborer des stratégies qui cadrent parfaitement avec leur situation concrète et s'employer à cerner et corriger les déterminants sociaux et structurels du risque et de la vulnérabilité, à savoir notamment les inégalités homme-femme, la marginalisation, la stigmatisation et la discrimination.

L'épidémie de VIH est un problème planétaire qui appelle un engagement de longue haleine et une riposte concrète pensée sur la durée. Au vu de l'amélioration de la couverture et de la qualité des programmes de lutte et de prévention, le rapport appelle à redoubler d'efforts pour renforcer les services de santé, d'éducation, d'aide sociale et d'autres services essentiels, mais aussi à s'attaquer de front à la fois au sida et à la tuberculose dans les services de santé sexuelle et procréative et les autres dispositifs sanitaires.

La lutte contre le sida ne progressera durablement que si l'on parvient beaucoup mieux à ralentir le rythme des nouvelles infections à VIH tout en proposant les meilleurs services possibles aux séropositifs, souligne le rapport. La mise en place de stratégies associant judicieusement changement des comportements, avancées biomédicales et mesures structurelles permettrait de réduire de plus de moitié les nouveaux cas d'infection entre aujourd'hui et 2015. D'après le Secrétaire général, l'accès à un arsenal de stratégies combinées reste toutefois très limité dans la plupart des pays.

Enfin, le rapport insiste sur le fait que, selon les estimations, il faudra dépenser 25 milliards de dollars par an, et cela pendant deux ans, pour atteindre les objectifs nationaux d'accès universel d'ici à 2010, d'où la nécessité d'un engagement renouvelé de la part de tous les acteurs qui financent les programmes de lutte contre le sida. L'efficacité durable de la lutte contre la pandémie exigera une volonté politique sans précédent à tous les niveaux – gouvernements, société civile et communautés touchées.

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