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Nouvel outil pour orienter la rédaction des demandes de subvention adressées au Fonds mondial pour financer des projets contre le VIH

02 février 2009

Kit de ressources de l’OMS et de l’ONUSIDA pour rédiger des propositions pour la 9ème série d’octroi de subventions du Fonds mondial destinées à financer des interventions contre le VIH.

The resource kit
Le nouveau kit a été conçu pour se concentrer sur les points essentiels qui sont présentés de manière facile à comprendre pour l’utilisateur. L’information est structurée de sorte à refléter le processus d’élaboration de la proposition.
Photo: www.who.int

Alors que les demandeurs préparent leurs propositions pour la prochain série d’octroi de subventions pour financer des projets de lutte contre le VIH (Série 9), l’ONUSIDA et l’OMS ont élaboré ensemble un kit de ressources destiné à fournir des orientations pour la planification et la rédaction de propositions solides.

Le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme (Fonds mondial) est un mécanisme financier qui fournit des subventions pour soutenir des programmes éclairés par le concret, valables au plan technique et présentant un bon rapport coût/efficacité pour la prévention, le traitement, les soins et l’appui des personnes infectées et directement affectées par le VIH, la tuberculose et le paludisme. Au 1er décembre 2008, il avait accordé des subventions pour un montant de US$ 10,2 milliards couvrant 579 demandes de financement dans 137 pays à travers le monde.

L’objectif du Fonds est d’orienter les fonds vers les lieux où les besoins sont les plus importants afin que cela puisse faire une vraie différence dans la vie des gens. Dans le cadre de ce processus, des centaines de pages de documentation technique sur la manière de concevoir les programmes ou de rédiger les demandes de subvention ont été préparées par une série d’experts techniques. La difficulté pour les partenaires de pays qui rédigent leurs propositions est d’examiner cette multitude de directives longues et complexes.

Compte tenu de la foule de documents d’orientation qui existent concernant le processus d’élaboration des demandes de subvention, un outil accessible via Internet facile d’utilisation tel que celui-ci, structuré pour préparer des propositions complètes, peut aider un pays à trouver son chemin parmi les méandres du processus et élaborer une proposition solide et valable.

Nancy Fee, Coordonnatrice de l’ONUSIDA, Indonésie

Pour simplifier cela, le kit a été conçu pour se concentrer sur les points essentiels qui sont présentés de manière facile à comprendre pour l’utilisateur. L’information est structurée de sorte à refléter le processus d’élaboration de la proposition. Le kit a pour objectif d’être un outil pratique que les partenaires de pays peuvent utiliser facilement.

Compilation de l'orientation

Le kit de ressources est une compilation des directives existantes élaborées par différents organismes techniques, notamment l’ONUSIDA, l’UNFPA, l’UNICEF et l’Organisation mondiale de la Santé. Pour préparer le kit, l’équipe a examiné les retours d’information fournis par le Fonds mondial sur d’anciennes propositions et recensé les zones de faiblesse récurrentes afin que le contenu du présent kit puisse y remédier.

Il inclut un certain nombre de directives techniques sur des questions transversales concernant la conception des programmes de lutte contre le VIH. Celles-ci incluent la sexospécificité, les droits de l’homme et la législation, les minorités sexuelles et la communication en faveur du changement social. Certaines directives sur le renforcement des systèmes de santé sont également incluses, ainsi que des directives sur des domaines d’intervention spécifiques, y compris la prévention, le traitement, les soins et l’appui en rapport avec le VIH.

Il existe aussi un certain nombre d’outils pratiques inclus sur la gestion du processus d’élaboration des propositions, notamment une matrice de planification et un outil d’évaluation des coûts.

Connaître son épidémie

Les données nationales sont essentielles pour connaître l’épidémie d’un pays afin de concevoir une riposte efficace. Des statistiques sur les interventions liées au VIH, des liens vers les fiches d’informations épidémiologiques les plus récentes et d’autres informations utiles sur les pays sont également inclus dans le kit de ressources.

Trouver un appui

Outre le partage des directives, le kit en ligne inclut une section intitulée « Trouver un appui » qui fournit des adresses vers les dispositifs d’assistance proposés via l’OMS et l’ONUSIDA, ainsi que des contacts utiles et une liste des points focaux. Alors que la réponse aux demandes de soutien technique et la coordination de l’appui technique aux pays devraient d’abord être traitées au niveau national au sein du Groupe thématique des Nations Unies, l’OMS et l’ONUSIDA peuvent offrir un appui en facilitant le processus d’élaboration des propositions et en fournissant des orientations techniques spécifiques ou générales, afin de garantir que les propositions soient valables au plan technique et répondent aux autres exigences. L’ONUSIDA a mis en place des « Dispositifs d’appui technique » à travers le monde qui aident à répondre aux besoins d’assistance des pays dans ce domaine grâce à une aide technique particulièrement bien adaptée fournie par des personnes et/ou des entreprises.

L’ONUSIDA et le Fonds mondial

Etant donné les atouts complémentaires et l’engagement partagé vis-à-vis de la riposte mondiale au sida, le Fonds mondial et l’ONUSIDA collaborent pour accélérer les progrès en direction de l’accès universel aux services de traitement, de prévention, de soins et d’appui en rapport avec le VIH.

En proposant tout un éventail d’appuis aux partenaires de pays pour aider les demandeurs à préparer des propositions solides pour obtenir des subventions du Fonds mondial, l’ONUSIDA (en tant que programme de coordination de la lutte contre le VIH des Nations Unies) contribue aussi à faire travailler l’argent disponible du Fonds mondial. L’ONUSIDA aide en outre ce Fonds à suivre et évaluer les résultats des bénéficiaires de ses subventions via un renforcement des capacités des bénéficiaires principaux et secondaires à communiquer sur la mise en œuvre des subventions.

Cette collaboration conduit à des résultats réels sur le terrain, comme le remarque Nancy Fee qui travaille en Indonésie en tant que Coordonnatrice de l’ONUSIDA dans le pays : « Comme on l’a vu en Indonésie, une demande de subvention bien élaborée soumise au Fonds mondial permet d’obtenir une subvention qui peut faire une différence considérable pour la riposte d’un pays au sida ».

« Compte tenu de la foule de documents d’orientation qui existent concernant le processus d’élaboration des demandes de subvention, un outil accessible via Internet facile d’utilisation tel que celui-ci, structuré pour préparer des propositions complètes, peut aider un pays à trouver son chemin parmi les méandres du processus et élaborer une proposition solide et valable » a-t-elle ajouté.

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En souvenir d’Allan Dunaway : fondateur et président de l’Association nationale des personnes vivant avec le VIH du Honduras

29 janvier 2009

par Rodrigo Pascal, Administrateur Partenariats, ONUSIDA

Allan Dunaway
Allan Dunaway, membre fondateur et président de l’Association nationale des personnes vivant avec le VIH du Honduras.

L’annonce du décès d’Allan Dunaway, qui est mort à San Pedro de Sula, Honduras, le 25 janvier 2009 à l’âge de 39 ans, est une bien triste nouvelle.

Allan a été l’un des premiers militants de la riposte au sida en Amérique latine ; il a consacré 18 ans de sa vie à soutenir les personnes vivant avec le VIH dans leur lutte pour le droit à l’accès au traitement dans son pays.

Allan et Rosa Gonzalez, son épouse bien-aimée, ont été le premier couple du Honduras à annoncer publiquement leur séropositivité. Ils ont été co-fondateurs de la Fondation Llaves – qui fournit des soins et un appui aux personnes vivant avec le VIH –, et Alan a été membre fondateur et président pendant deux mandats consécutifs de l’Association nationale des personnes vivant avec le VIH du Honduras. Il était également président du Forum national contre le sida de San Pedro de Sula.

Allan a toujours été convaincu qu’il devait donner un visage au sida et clairement dit, dès les premières heures de son action militante, qu’il avait la responsabilité de s’exprimer pour ceux qui n’avaient pas la parole.

Rosa González, l'épouse d'Allan


Les mots de son épouse, Rosa, font écho aux souvenirs que j’ai d’Allan lorsqu’elle rappelle que c’était une personne naturellement calme mais déterminée à attirer l’attention sur des problèmes importants au nom des autres : « Allan a toujours été convaincu qu’il devait donner un visage au sida et clairement dit, dès les premières heures de son action militante, qu’il avait la responsabilité de s’exprimer pour ceux qui n’avaient pas la parole ».
Allan s’engageait sans relâche pour que ses efforts fassent une différence. Il sensibilisait des organisations et des groupes communautaires locaux, renforçant leurs capacités et leur donnant les moyens d’organiser des événements, des marches et des ateliers. Il a aussi dirigé des séminaires sur la gestion de fonds et l’administration. Il croyait dans le pouvoir de la collaboration et travaillait avec acharnement pour s’assurer que différentes organisations étaient mutuellement informées de leurs activités afin de renforcer l’impact global de leurs projets.

Allan a assidûment plaidé pour les droits de la personne et travaillé en étroite collaboration avec le Commissaire national aux droits de l’homme afin de mettre un terme à la discrimination à l’encontre des personnes vivant avec le VIH.
L’un des événements dont Allan a été le plus fier fut d’entendre Keren, sa fille de 13 ans, prononcer un discours bouleversant au nom des jeunes vivant avec le VIH devant des milliers de délégués venus du monde entier lors de l’ouverture de la Conférence internationale sur le sida de 2008.

 

Allan a également participé à la Réunion de haut niveau de New York en juin 2008 à l’occasion de laquelle, lui, Rosa et un groupe de femmes vivant avec le VIH ont rencontré le Secrétaire général adjoint des Nations Unies.
S’exprimant au sujet de cette perte, Richard Stern de l’Association pour les droits de l’homme Agua Buena a déclaré : « Allan était un héros de la lutte politique pour les droits de l’homme, mais avant tout, c’était un mari et un père dévoué. Il manquera terriblement à tous ceux d’entre nous qui ont travaillé avec lui pendant tant d’années ».

Sa disparition est une perte réellement douloureuse pour Rosa et Keren. En tant que famille, les Dunaway ont été des défenseurs passionnés de l’accès universel aux soins, à l’appui et au traitement pour les personnes vivant avec le VIH, en particulier en Amérique latine. Je suis certain qu’en restant engagées, Rosa et Keren contribueront à faire vivre le souvenir d’Allan.

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Ouverture de Sida 2008 (4 août 2008 )

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A la mémoire de Martin Delaney, fondateur de Project Inform

27 janvier 2009

Par Eric Sawyer, cofondateur d'ACT UP, de Housing Works, Inc. et de Health GAP, Inc.

Martin Delaney
Martin Delaney.

La semaine dernière, nous avons perdu un véritable héros de la riposte au sida.  Martin Delaney, le fondateur et pendant longtemps le Directeur exécutif de Project Inform, l'organisation consacrée à l'éducation et à la sensibilisation dans le domaine du VIH, est décédé le 23 janvier 2009 chez lui, près de San Francisco, victime d'un cancer du foie, à l'âge de 63 ans. 

Le monde sera véritablement différent sans Martin Delaney. Marty a été en première ligne dans la riposte de la collectivité au sida, et ce, dès le commencement de l'épidémie.  Marty était un homme intelligent et agréable, toujours prompt à se placer du côté de la justice sociale, quel que soit le problème auquel il était confronté. Sa vision, son énergie et son engagement indéfectible ont contribué à la mise au point des premiers traitements efficaces des infections opportunistes.

En 1985, Martin Delaney a fondé Project Inform, une organisation nationale basée à San Francisco et consacrée à l'information, aux politiques publiques et à la sensibilisation en matière de traitement du VIH.  Marty a créé Project Inform pour plusieurs raisons. D'une part, des personnes vivant avec le VIH (ainsi que leurs proches) avaient besoin d'accéder aux informations susceptibles de leur sauver la vie. Ensuite, des personnes non infectées avaient besoin d'informations afin d'éviter qu'elles ne le soient un jour. Enfin, des personnes impliquées avaient besoin d'aide dans l'organisation de campagnes de sensibilisation, afin de pousser le Gouvernement à comprendre l'urgence de la situation et à trouver une nouvelle approche permettant la découverte de traitements du VIH/sida.

De par son travail avec Project Inform, Marty a été l'un des fondateurs du mouvement communautaire de recherche sur le VIH et a contribué à assurer une large diffusion des informations auprès des patients, des soignants et de toutes les personnes se sentant concernées par le problème dans le monde.

Il a conduit le mouvement qui a permis d'accélérer l'autorisation de mise sur le marché de nouveaux médicaments prometteurs par la Food and Drug Administration et a été un acteur essentiel de l'élaboration de deux dispositifs auxquels on recourt fréquemment aujourd'hui, d'une part la réglementation pour l'autorisation accélérée de mise sur le marché et d'autre part, le système Parallel Track (la voie parallèle), qui permet un accès à des médicaments encore au stade expérimental pour des personnes très malades, avant l'obtention de l'autorisation officielle de la FDA. 

M. Delaney a été membre de Comité consultatif pour la recherche sur le sida de l'Institut national des allergies et des maladies infectieuses (NIAID) de 1991 à 1995, puis membre du Conseil consultatif national sur les allergies et les maladies infectieuses du NIAID de 1995 à 1998.  Le 19 janvier 2009, M. Delaney a reçu le Prix spécial du directeur du NIAID en reconnaissance de son « extraordinaire contribution à la formulation de l'agenda des recherches sur le VIH ».

Ces dernières années, entre autres activités, M. Delaney a dirigé la Coalition pour des prix équitables, dont l'objectif est d'améliorer l'accès aux traitements du VIH, et a plaidé pour un agenda de recherche volontariste visant à découvrir un traitement curatif du sida.

Commentant la disparition de Marty, notre ami commun Larry Kramer (fondateur d'ACT UP et de GMHC) a déclaré : « C'était un être extraordinaire. Chaque traitement du VIH doit son existence à des militants comme Marty et ceux de Project Inform. Il me manquera énormément. Il était un ami très cher et un compagnon de lutte. C'était un incroyable leader, un brillant stratège, toujours présent pour nous tous. »

Pour davantage d'informations sur Martin Delaney ou Project Inform, veuillez contacter Ryan Clary au  +1 415-... ou à l'adresse suivante : rclary@projectinform.org.

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L’épidémie cachée de VIH chez les hommes qui ont des rapports sexuels avec des hommes en Europe orientale et en Asie centrale

26 janvier 2009

MSM
pour les experts de la santé et les activistes, il ne fait aucun doute que les chiffres officiels sous-estiment considérablement le nombre de HSH vivant avec le VIH ainsi que ceux qui contractent une nouvelle infection en Ukraine et dans le reste de la Région. Photo: ONUSIDA/S.Dragborg

Si l’on en juge par les statistiques officielles, les cas d’infection à VIH chez les hommes qui ont des rapports sexuels avec des hommes (HSH) en Ukraine, ainsi que dans bien des pays d’Europe orientale et d’Asie centrale, sont si rares qu’ils ne semblent guère préoccupants.

« Pas de statistiques, pas de problème, » déclare Zoryan Kis du Réseau ukrainien des personnes vivant avec le VIH. « Le fait que les chiffres officiels soient si bas constitue une menace pour notre travail car nous savons bien que l’épidémie existe mais elle est cachée. »

Mais pour les experts de la santé et les activistes, il ne fait aucun doute que les chiffres officiels sous-estiment considérablement le nombre de HSH vivant avec le VIH ainsi que ceux qui contractent une nouvelle infection en Ukraine et dans le reste de la Région.

Au cours des 20 ans écoulés depuis l’apparition du premier cas d’infection à VIH en Ukraine, seuls 158 HSH vivant avec le VIH ont été officiellement enregistrés dans un pays qui compte une population totale de quelque 46 millions d’habitants.

Selon le rapport du pays à l’UNGASS en 2007, l’Ukraine connaît la plus grave épidémie de VIH en Europe, avec une estimation d’un peu plus de 1,6 % de personnes vivant avec le VIH. En 2007, on a notifié 17 687 nouvelles infections à VIH, une augmentation de 10% par rapport à 2006. Sur ce chiffre, le nombre officiel de nouveaux cas parmi les HSH n’était que de 48.

Les activistes affirment qu’en plus de l’importante stigmatisation entourant les HSH en Ukraine, phénomène que le pays partage avec d’autres pays d’Europe orientale et d’Asie centrale, cette sous-estimation du problème a contribué à la réticence des autorités à soutenir des campagnes de prévention à l’intention des HSH.

Au-delà des statistiques officielles, les nombreuses données disponibles portant sur les HSH brossent un tout autre tableau. Plusieurs organisations, dont l’ONUSIDA, l’OMS et l’Alliance internationale contre le VIH/sida en Ukraine ont estimé qu’en 2006, il y avait entre 177 000 et 430 000 HSH en Ukraine, dont entre 3% et 15% vivaient avec le VIH, ce qui est plusieurs centaines de fois supérieur aux chiffres présentés par les études officielles.

La plupart des HSH ne se montrent pas au grand jour. Ils ne viendraient pas dire ‘J’ai eu des rapports avec des hommes’. Ils diront plutôt ‘J’ai eu un comportement à risque, Je me suis injecté des drogues, ou même, Je suis allé chez le dentiste et je suis inquiet

Zoryan Kis of the All-Ukrainian Network of People Living with HIV

Stigmatisation et discrimination

Les chiffres officiels du VIH en Ukraine, comme ailleurs dans la Région, s’appuient sur les résultats du dépistage volontaire du VIH à l’occasion duquel les gens sont priés d’expliquer pourquoi ils ont voulu faire un test.

Mais dans les pays où les HSH sont confrontés à une importante discrimination et où la stigmatisation qui s’attache aux rapports sexuels entre hommes est forte, on peut comprendre que les HSH soient réticents à fournir la vraie raison.

« La plupart des HSH ne se montrent pas au grand jour. Ils ne viendraient pas dire ‘J’ai eu des rapports avec des hommes’. Ils diront plutôt ‘J’ai eu un comportement à risque, Je me suis injecté des drogues, ou même, Je suis allé chez le dentiste et je suis inquiet » explique Kis.

Et souvent, les responsables n’insistent pas. « J’ai fait le test quatre ou cinq fois, mais on ne m’a jamais questionné sur mon orientation sexuelle, » ajoute Kis.

D’après le Centre européen pour la surveillance épidémiologique du sida, seuls 1828 cas d’infection à VIH chez des HSH ont été notifiés entre 2002 et 2006 dans les 15 pays d’Ex-Union soviétique qui constituent la région sanitaire d’Europe orientale et d’Asie centrale de l’Organisation mondiale de la Santé.

Le Turkménistan et le Tadjikistan n’en annoncent pas, alors l’Azerbaïdjan n’en a que 10 et le Bélarus 29. Le chiffre le plus élevé est notifié par la Russie, mais comment comparer ses 1245 cas sur 5 ans aux 38 000 cas de Grande-Bretagne et des 11 000 de l’Allemagne au cours des mêmes cinq années, dans des pays comptant moins d’habitants.

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des services de prévention à l’intention des HSH se sont améliorés au cours de ces dernières années, mais ils restent très insuffisants pour avoir un effet durable sur les changements de comportement et réduire ainsi la transmission du VIH dans ce groupe d’hommes en Ukraine.
Photo: ONUSIDA/P.Carrera

Objectifs ambitieux

En 2006, l’Ukraine s’est fixé des objectifs nationaux ambitieux pour améliorer l’accès universel à la prévention, au traitement, à la prise en charge et au soutien dans le domaine du VIH, pour les groupes exposés à un risque élevé de VIH. Mais les activités de prévention du VIH en Ukraine, comme dans une bonne partie de la région, sont exécutées par des ONG avec l’appui financier de donateurs internationaux, et principalement du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme.

Par exemple, un projet sur deux ans, intitulé ‘Les hommes qui ont des rapports sexuels avec des hommes : prévention et soutien dans le domaine du VIH et des IST’ a été réalisé à Kiev par la Fondation sida Est-Ouest, l’ONG Alliance Gay et l’Arche de Noé-Croix-Rouge suédoise, avec entre autres, le soutien financier de la Fondation sida d’Elton John.

L’Alliance internationale contre le VIH/SIDA en Ukraine, qui est co-bénéficiaire principal des subventions du Fonds mondial, lance actuellement 14 projets ciblés sur la prévention du VIH parmi les HSH. Ils portent notamment sur des services de proximité, l’information et l’éducation concernant le VIH et les infections sexuellement transmissibles (IST), la communication pour le changement des comportements, la promotion de la sexualité à moindre risque, la distribution de préservatifs et lubrifiants, le conseil et le dépistage rapide du VIH, le dépistage et le traitement des IST, les groupes de soutien et la formation destinée à combattre la stigmatisation. 

« L’ampleur et le champ d’action des services de prévention à l’intention des HSH se sont améliorés au cours de ces dernières années, mais ils restent très insuffisants pour avoir un effet durable sur les changements de comportement et réduire ainsi la transmission du VIH dans ce groupe d’hommes en Ukraine, » précise le Dr. Ani Shakarishvili, Coordonnateur de l’ONUSIDA en Ukraine.

La situation est analogue dans le reste de l’Europe orientale et de l’Asie centrale. Par exemple, il n’existe aucun programme de prévention du VIH financé par les pouvoirs publics à l’intention des HSH en Russie.

« Les gouvernements de partout sont réticents à dépenser de l’argent pour les professionnel(le)s du sexe, les consommateurs de drogues injectables, mais les HSH viennent en tête de liste de ces réticences. Ces programmes seront probablement les derniers que lanceront les gouvernements, » affirme Roman Gailevich, conseiller auprès du Programme régional de l’ONUSIDA.

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Le nouveau programme constitue un changement de position encourageant de la part du gouvernement.
Photo: ONUSIDA/S.Dragborg

Pour la première fois

Sous la pression des bailleurs de fonds internationaux et d’une communauté locale de HSH devenue plus organisée et convaincante, le Gouvernement ukrainien a récemment accepté que la prévention et le traitement du VIH parmi les HSH figure parmi les priorités du Programme sida national 2009-2013 et a fixé des objectifs pour leur mise en œuvre.

« Ce changement est le résultat d’enquêtes détaillées effectuées au sein de la communauté et qui ont montré le vrai rôle des HSH dans l’épidémie de VIH en Ukraine, » explique Anna Dovbakh, responsable de l’équipe Elaboration des politiques et programmes de l’Alliance internationale contre le VIH/sida en Ukraine.

« Depuis 2005, les militants de la communauté LGBT (Lesbienne, Gay, Bisexuelle et Transsexuelle) sont devenus plus actifs et professionnels dans leur plaidoyer et dans leur riposte, » ajoute-t-elle.

Les activistes comme les experts de la santé soulignent que le nouveau programme, qui est actuellement devant le Parlement, constitue un changement de position encourageant de la part du gouvernement.

Mais il reste à voir si cela fera vraiment une différence, notamment parce que l’argent continuera d’être apporté par le Fonds mondial et d’autres bailleurs.

« Le peu d’empressement du gouvernement à fournir des ressources, un soutien et des services à l’intention des HSH et à surmonter les obstacles juridiques, financiers et administratifs existants dans l’accès aux services destinés à ce groupe indique que le Gouvernement d’Ukraine n’est pas encore totalement prêt à s’attaquer à l’épidémie de VIH parmi les HSH, » conclut Shakarishvili.

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Le nouveau patron de l’ONUSIDA a prêté serment au Secrétaire général de l’ONU

23 janvier 2009

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(du gauche) Michel Sidibé, Directeur exécutif de l'ONUSIDA et Ban Ki-moon, le Secrétaire général de l'ONU, 22 janvier 2009.
Photo: UN

Michel Sidibé a été assermenté au poste de Directeur exécutif du Programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida (ONUSIDA) par le Secrétaire général Ban Ki-moon au Siège de l’ONU à New York hier. M. Sidibé a pris ses fonctions de chef de l’ONUSIDA et de Secrétaire général adjoint des Nations Unies le 1er janvier.

Après avoir prêté le serment d’entrée en fonction, M. Sidibé a eu l’occasion de présenter à M. Ban sa vision d’une riposte mondiale au sida dynamisée. Pour M. Sidibé, la priorité absolue de l’ONUSIDA sera d’accélérer l’action en faveur de l’accès universel au traitement, à la prévention, à la prise en charge et au soutien dans le domaine du VIH.

Je suis convaincu que vos décennies d’expérience avec l’UNICEF et l’ONUSIDA, y compris sur le terrain, constitueront un atout pour la lutte contre le VIH.

Ban Ki-moon, Secrétaire général de l'ONU

Le Secrétaire général Ban Ki-moon a souligné qu’il était prêt à soutenir M. Sidibé, et a déclaré : « Je souhaite vous assurer de mon plein appui dans vos nouvelles fonctions de Directeur exécutif de l’ONUSIDA : Je suis convaincu que vos décennies d’expérience avec l’UNICEF et l’ONUSIDA, y compris sur le terrain, constitueront un atout pour la lutte contre le VIH. » 

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Le nouveau patron de l’ONUSIDA a prêté serment au Secrétaire général de l’ONU.. Credit: UN

« Je me suis personnellement pleinement engagé dans la lutte contre le VIH. Je me suis exprimé en public—et je continuerai à le faire—sur la nécessité de concrétiser l’accès universel à la prévention, au traitement, à la prise en charge et au soutien d’ici à 2010, » a rappelé M. Ban.

Le Secrétaire général a en outre encouragé M. Sidibé à rechercher des mesures audacieuses « pour faire en sorte que les gens aient accès aux services, quels que soient leurs choix de vie. « Par conséquent, nous devons poursuivre nos efforts pour éliminer la stigmatisation et la discrimination à l’égard des personnes vivant avec le VIH et protéger leurs droits, y compris leur droit à voyager. »

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Photo: UN

Remerciant le Secrétaire général pour son engagement exceptionnel en faveur de la lutte contre le sida, M. Sidibé l’a invité à poursuivre son leadership sans faille pour surmonter les grandes problèmes et obstacles qui se posent, notamment ceux qui entravent la réalisation de l’accès universel et il s’est engagé à remplir le mandat que lui a confié le Secrétaire général.

L’ONUSIDA est fermement engagé dans un travail d’équipe déterminé avec ses organismes coparrainants et d’autres partenaires, afin de rapprocher les Nations Unies des populations.

Michel Sidibé, Directeur exécutif de l'ONUSIDA

Sidibé a décrit l’ONUSIDA comme une organisation possédant une âme. « L’ONUSIDA est fermement engagé dans un travail d’équipe déterminé avec ses organismes coparrainants et d’autres partenaires, afin de rapprocher les Nations Unies des populations, » a conclu M. Sidibé.

Le nouveau patron de l’ONUSIDA a prêté serment au

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La Chine se penche sur l’incidence du VIH parmi les HSH

16 janvier 2009

Lesbians En 2008, la Chine a annoncé un vaste programme visant à s’attaquer à la forte hausse des taux de VIH parmi les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH)
Photo: UNAIDS

En 2008, la Chine a annoncé un vaste programme visant à s’attaquer à la forte hausse des taux de VIH parmi les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH), un signe de plus idiquant que le pays pourrait bien être en train de commencer à faire face à une crise qui a longtemps paru taboue.

Annonçant la campagne auprès des HSH, le ministère de la santé a déclaré que les comportements sexuels à risque étaient le plus important facteur derrière la propagation du VIH en Chine continentale, à l’exception de Hong Kong, et que les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes étaient à présent le groupe de la population le plus exposé au risque d’infection par le virus. En Chine, environ 700 000 personnes vivent aujourd’hui avec le VIH, et 11,1% d’entre elles sont des HSH.

« Par le passé, entre 1% et 3% des HSH sur le continent étaient positifs au VIH. Aujourd’hui ce pourcentage se situe entre 2,5 et 6,5% », déclare Hao Yang, Directeur adjoint du bureau de lutte contre les maladies au sein du ministère, cité par le quotidien China Daily.

La campagne annoncée implique des mesures de prévention ciblées sur les quelque 5 à 10 millions de HSH, comprenant une promotion plus énergique du recours au préservatif, un accroissement de la couverture et de la qualité des activités de prévention du VIH, un accès accru aux services de conseil et de test volontaires, et une amélioration de l’accès au traitement des infections sexuellement transmissibles.

Comme point de départ de sa nouvelle campagne à grande échelle pour réduire l’incidence du VIH parmi les HSH, la Chine a pour objectif de pratiquer un dépistage du VIH parmi 21 000 HSH, afin d’établir une base statistique plus claire du taux d’infection. C’est la plus vaste étude de ce type entreprise dans le monde et la première du genre en Asie.

L’effort de prévention de la Chine impliquera des organisations communautaires de HSH et la société civile à tous les niveaux. Les organisations communautaires effectuent des campagnes de sensibilisation au sida, orientent les gens vers le CTV, s’occupent d’éducation par les pairs, de promotion de la sexualité à moindre risque et de distribution de préservatifs ; elles mettent en place des hotlines et utilisent des forums de discussion en ligne et des sites Internet.

L’ONUSIDA considère qu’un des principaux éléments de la riposte au sida consiste à donner aux HSH et aux autres groupes marginalisés les moyens de se protéger du VIH.

« Le gouvernement chinois a fait de la prévention du VIH parmi les HSH une priorité et l’ONUSIDA s’en réjouit », dit Bernhard Schwartlander, Coordonnateur de l’ONUSIDA en Chine.

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Dans la plupart des pays d’Asie les HSH restent un sujet de gêne : dans nombre de ces pays, les rapports sexuels entre hommes sont illégaux et les témoignages de harcèlement fréquents.
Photo: UNAIDS

Cependant, malgré les progrès réalisés, plusieurs problèmes subsistent, dont la stigmatisation et la discrimination qui sont encore bien trop répandues dans la population générale et jusque dans la communauté des HSH elle-même.

On estime qu’à fin 2007, 8% seulement des HSH avaient bénéficié d’interventions complètes de prévention du VIH. De plus, selon les estimations du ministère de la santé, plus de la moitié des HSH chinois ont plus d’un partenaire sexuel, mais entre 10 et 20% seulement d’entre eux utilisent des préservatifs.

« Il est d’une importance capitale que le gouvernement et les nombreux groupes de travail sur les HSH trouvent les moyens d’améliorer leur capacité à travailler ensemble au sein de partenariats ouverts et non-discriminatoires », explique Schwartlander.

Une épidémie largement ignorée

Cette évolution de la situation en Chine survient en parallèle avec d’autres signes indiquant que certains gouvernements de la région Asie-Pacifique semblent également plus disposés à reconnaître une épidémie jusque-là largement ignorée.

Dans la plupart des pays d’Asie les HSH restent un sujet de gêne : dans nombre de ces pays, les rapports sexuels entre hommes sont illégaux et les témoignages de harcèlement fréquents. En conséquence, peu de choses ont été faites en termes de soutien spécifique à des programmes à l’intention des HSH.

« On suscite beaucoup d’intérêt, mais il faut faire bien davantage », estime Paul Causey, un consultant basé à Bangkok qui s’occupe des questions relatives aux HSH au sein de la Coalition Asie-Pacifique sur la santé sexuelle masculine (APCOM) et des Nations Unies.

La plupart des hommes asiatiques qui ont des rapports sexuels avec d’autres hommes ne parlent pas ouvertement de leur comportement sexuel. Les tabous sociaux et la discrimination poussent nombre d’entre eux à dissimuler leur orientation sexuelle. Pour de nombreux autres, leurs pratiques sexuelles avec d’autres hommes peuvent ne constituer qu’une petite partie de leur rôle social ou de leur vie sexuelle. Etant donné que de nombreux hommes ayant des rapports sexuels avec d’autres hommes ont également des rapports sexuels avec des femmes, les taux élevés de VIH parmi les HSH peuvent aussi se traduire en un nombre important de femmes exposées à un risque d’exposition au VIH.

La combinaison d’un nombre élevé de partenaires ayant un comportement à haut risque tel que le rapport sexuel anal non protégé a été le facteur principal de l’augmentation de plus en plus rapide du taux d’infection au VIH dans de nombreuses villes d’Asie.

Pratiquement aucun des pays asiatiques ne consacre suffisamment de ressources aux HSH, même si la prévention coûte bien moins cher que le traitement. Par exemple, un dollar investi dans une prévention efficace permet d’économiser jusqu’à huit dollars en dépenses de traitement dans les pays dont l’épidémie est en expansion.

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La plupart des hommes asiatiques qui ont des rapports sexuels avec d’autres hommes ne parlent pas ouvertement de leur comportement sexuel. Les tabous sociaux et la discrimination poussent nombre d’entre eux à dissimuler leur orientation sexuelle.
Photo: UNAIDS

Impliquer les groupes communautaires

Le moment clé dans la prise de conscience de la dimension de la crise des HSH s’est produit avec la convocation d’une conférence spéciale à New Delhi en septembre 2006 intitulée « Risques et responsabilités : santé sexuelle masculine et VIH en Asie et dans le Pacifique ».

La conférence était véritablement tripartite, réunissant des gouvernements, des donateurs ainsi que 380 membres de groupes communautaires. Les semaines précédant l’événement ont été tout aussi importantes, 16 pays ayant organisé des réunions préparatoires parrainées par l’ONUSIDA. Dans certains cas, y compris celui de la Chine, c’était pratiquement la première fois que des représentants officiels du gouvernement et des représentants de la communauté élargie des HSH se rencontraient pour évaluer la situation et envisager des solutions.

Une des autres réalisations durables de cette conférence a été la décision de lancer APCOM, qui regroupe des groupes de la société civile, des représentants du secteur gouvernemental, des donateurs, des experts techniques et les Nations Unies afin de promouvoir une riposte efficace face à l’incidence grandissante du VIH parmi les HSH.

Les efforts d’APCOM viennent compléter ceux d’un groupe de travail technique des Nations Unies sur les HSH et le VIH/sida lancé au milieu de 2006 en Chine. Le groupe est dirigé par le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD).

« Le groupe de travail technique collabore avec le gouvernement, les groupes communautaires de HSH et les donateurs afin d’améliorer la coordination et la communication, de renforcer les capacités du gouvernement à interagir avec les organisations de la société civile pour élaborer les politiques et fournir des services publics, et développer les capacités institutionnelles et professionnelles de ces organisations », précise Edmund Settle, responsable VIH auprès du PNUD en Chine.

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Le PEPFAR dépasse ses objectifs de fourniture de traitements et de soins du VIH

13 janvier 2009

U.S. President’s Emergency Plan for AIDS Relief

D’après le rapport annuel 2009 du Plan présidentiel d’urgence d’aide à la lutte contre le sida des Etats-Unis, le PEPFAR a dépassé ses objectifs à cinq ans de fourniture de traitements à deux millions de personnes et de soins à dix millions de personnes.

Le PEPFAR a soutenu la fourniture de traitements qui sauvent la vie à plus de 2,1 millions d’hommes, de femmes et d’enfants à travers le monde. Il a aussi participé à la fourniture de soins à plus de 10,1 millions de personnes affectées par le VIH, dont plus de 4 millions d’orphelins et d’enfants vulnérables.

Le 12 janvier, la Secrétaire d’Etat, Mme Condoleezza Rice, a prononcé le discours d’ouverture lors de la présentation du Rapport annuel 2009 du Plan présidentiel d’urgence d’aide à la lutte contre le sida des Etats-Unis (PEPFAR) au Congrès. Le rapport décrit les grandes lignes des succès considérables enregistrés par le PEPFAR dans la riposte au sida et souligne les réalisations des programmes engagés en partenariat avec des pays bénéficiaires à travers le monde.

En 2003, M. George W. Bush, Président des Etats-Unis, a lancé le Plan présidentiel d’urgence d’aide à la lutte contre le sida des Etats-Unis (PEPFAR) pour s’attaquer à l’épidémie mondiale de VIH. Ce plan représentait le plus important engagement jamais pris par un pays pour combattre une seule maladie. Par le biais du PEPFAR, le gouvernement des Etats-Unis a apporté $ 18,8 milliards pour financer la riposte au VIH et le Congrès américain a adopté un budget pouvant aller jusqu’à $ 48 milliards pour financer des activités de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme sur les cinq prochaines années.

Pendant l’exercice 2008, le PEPFAR a fourni $ 1,6 milliard pour appuyer des programmes de traitement du VIH, dans les pays ciblés par ce projet, et environ $ 712 millions pour souvenir des activités de prévention.

S’adressant à la presse, M. l’Ambassadeur Mark Dybul, Coordonnateur pour les Etats-Unis de la lutte mondiale contre le sida, a souligné que le renforcement des systèmes de santé constituait un autre succès du PEPFAR. « Les données disponibles donnent à penser que les interventions contre le VIH/sida renforcent en réalité les soins dans d’autres domaines et ont un effet d’entraînement ».

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L’homophobie fait obstacle à la prévention du VIH

13 janvier 2009

Woman with rainbow t shirt
Aside from the individual pain homophobic attitudes inflict, the continuing stigma attached to same-sex relations is complicating hugely the task of slowing the spread of HIV. Credit: L. Tanabe, National SDT/AIDS Programme, Brazil

 

Le Grupo Gay da Bahia (GBB), plus ancienne association brésilienne de défense des droits des gays, indique qu’au Brésil, une personne meurt des suites de violences liées à sa sexualité tous les deux ou trois jours. Au Mexique, le chiffre déclaré est de près de deux décès par semaine.

Les victimes sont pour la plupart des hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes – qu’ils soient homosexuels ou bisexuels – ou des transgenres.

Mais si le Brésil et le Mexique sont les pays d’Amérique latine dans lesquels la violence à l’encontre des HSH apparaît la plus élevée, c’est peut-être parce que les groupes de défense des droits qui existent dans ces pays surveillent cette situation de plus près que partout ailleurs dans la région. De nombreux actes de violence sont tout bonnement passés sous silence ailleurs, selon les organisations de militants homosexuels.

« Le Brésil et le Mexique sont les seuls pays dans lesquels il existe un dispositif officiel de recensement des meurtres. Cela ne signifie pas nécessairement que la violence y est plus importante qu’ailleurs » déclare Arturo Díaz Betancourt du Conseil national mexicain pour la prévention de la discrimination.

On remarquera que lorsque le Rapporteur spécial des Nations Unies sur les exécutions extrajudiciaires a été en mission officielle au Guatemala en 2006, son attention a été attirée par une série de meurtres d’homosexuels et de transgenres, et que son rapport ultérieur au Conseil des droits de l’homme indiquait « Des meurtres motivés par la haine à l’égard de personnes s’identifiant comme des homosexuels, des lesbiennes, des transgenres et des transsexuels sont restés impunis. Des informations de sources fiables suggèrent qu’il y a eu au moins 35 meurtres de ce type entre 1996 et 2006. Compte tenu de l’absence de statistiques officielles et de la réticence probable, sinon de l’ignorance, des membres des familles des victimes, il y a des raisons de penser que les chiffres réels sont substantiellement plus élevés ».

Lorsque l’on aborde la question de la défense de la liberté et de l’orientation sexuelle, de nombreux pays d’Amérique latine s’enorgueillissent d’avoir des législations avancées sur le plan social. Avec les réformes législatives engagées au Nicaragua et au Panama au cours des 12 derniers mois, il n’existe désormais plus aucun état d’Amérique latine qui criminalise les rapports homosexuels.

Pourtant, les préjugés et la discrimination continuent de se propager malgré les lois, ce qui est peut-être dû à un « machisme ambiant persistant ». L’Amérique latine est largement considérée comme ayant un long chemin à parcourir pour lutter efficacement contre l’homophobie ou « la peur ou la haine des homosexuels ».

« Il existe un vrai contraste entre la théorie et la réalité. C’est la région en développement du monde dans laquelle il y a le plus grand nombre de lois contre la discrimination basée sur l’orientation sexuelle » déclare le Dr Ruben Mayorga, Coordonnateur de l’ONUSIDA dans le pays pour l’Argentine, le Chili, le Paraguay et l’Uruguay.

Outre les blessures personnelles infligées par les attitudes homophobes, la stigmatisation permanente associée aux relations entre personnes de même sexe complique considérablement les efforts de ceux qui cherchent à ralentir la propagation du VIH dans une région dans laquelle les rapports sexuels entre hommes sont le principal mode de transmission du virus, selon les rapports des experts de santé.

La stigmatisation et l’homophobie renforcent l’isolement des homosexuels, des bisexuels et des transgenres, et ceux-ci hésitent plus, de ce fait, à sortir de l’ombre, à être identifiés et à demander des conseils.

Dans l’un de ses rapports, l’Organisation panaméricaine de la Santé affirmait : « L’homophobie représente une menace pour la santé publique en Amérique latine. Cette forme de stigmatisation et de discrimination basée sur l’orientation sexuelle n’affecte pas seulement la santé mentale et physique de la communauté homosexuelle, mais contribue également à la propagation de l’épidémie de VIH ».

Cela fait longtemps que l’ONUSIDA fait campagne contre la discrimination tant à l’égard des personnes infectées par le VIH qu’à l’égard des personnes au motif de leur orientation sexuelle.

Transgender man/woman
Stigma and homophobia increase the isolation of gays, bisexuals and transgender people making them more reluctant to come forward, be identified and get advice. Credit: L. Tanabe, National SDT/AIDS Programme, Brazil
Principal moteur de la propagation du VIH

 

En Amérique latine, l’urgence est soulignée dans les rapports officiels sur la situation de l’épidémie de VIH en Colombie, en Equateur, en Bolivie et au Pérou où les rapports sexuels entre hommes sont reconnus comme étant le principal facteur à l’origine des nouvelles infections. La prévalence du VIH parmi ce groupe est beaucoup plus élevée que dans la population générale, avec des taux situés entre 10 % et 20 % dans de nombreuses grandes villes d’Amérique latine.

Dans son rapport 2008 pour l’Assemblée générale des Nations Unies (UNGASS) sur la situation de l’épidémie de VIH, le Brésil a déclaré que les HSH avaient 11 fois plus de risques d’être séropositifs au VIH que la population considérée dans son ensemble.

Dans certaines régions d’Amérique centrale, où la résistance politique et sociale à la reconnaissance des droits des homosexuels, des lesbiennes et des transgenres est importante, les taux d’incidence du VIH parmi les HSH sont particulièrement élevés.

Et l’impact de ces taux élevés de VIH s’étend au-delà des seuls HSH. Au Pérou, par exemple, la plupart des femmes qui sont contaminées le sont par des hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes, selon une étude du ministère de la Santé, d’où il résulte que la prévention parmi les HSH est essentielle pour prévenir efficacement la transmission du VIH chez les femmes.

La prévention ne suit pas

Les dépenses engagées pour la prévention du VIH parmi les HSH en Amérique latine est très inférieure à ce qui est nécessaire compte tenu de l’ampleur de l’impact de l’épidémie au sein de ce groupe de personnes. En moyenne, moins de 10 % des fonds alloués à la prévention sont investis dans des campagnes ciblant spécifiquement les HSH, selon l’ONUSIDA.

En Bolivie, on estimait en 2005 que moins de 3 % des HSH avaient accès à des services de prévention, contre 30 % pour les professionnel(le)s du sexe.

« Toutes ces années, la prévention n’a pas été réalisée au bon endroit, c’est-à-dire là où l’épidémie se développe » a déclaré M. Díaz. « Personne n’a travaillé avec les homosexuels, les trans(genres), bien au contraire. Ils ont été rejetés et la cible de discriminations » a-t-il ajouté, évoquant la situation à travers la région.

L’explication tient à un ensemble de facteurs politiques, culturels et même religieux, indiquent les militants des droits de l’homme et les responsables de santé.

« Politiquement, les HSH ne représentent pas un sujet d’intérêt majeur. Dans la plupart des pays et pour beaucoup d’institutions, il n’y a pas d’avantage politique à en parler » indique M. Mayorga.

Les groupes religieux, qu’ils soient catholiques romains ou évangéliques, qui considèrent les relations sexuelles entre personnes du même sexe comme « un péché », se sont souvent vigoureusement opposés aux tentatives visant à accorder une attention spécifique aux HSH.

« Les gouvernements sont très influencés par les structures religieuses qui se mobilisent contre les politiques qui bénéficient aux homosexuels, bisexuels ou transsexuels » déclare Orlando Montoya qui travaille en Equateur avec l’ASICAL, organisation qui s’occupe de promouvoir la santé de gays, des autres HSH et des lesbiennes en Amérique latine.

Toutefois, il est difficile de généraliser. Certaines églises ont été les toutes premières à intervenir sur le terrain pour les HSH et de nombreuses organisations religieuses locales d’Amérique latine ont réagi face au VIH avec tolérance et compassion, y compris parmi les populations les plus marginalisées.

Problème largement ignoré au niveau international

Le problème n’est pas simplement que les gouvernements des pays n’accordent pas l’attention requise aux HSH. L’Amérique latine n’a pas attiré de financements internationaux pour endiguer l’épidémie de VIH dans les mêmes proportions que d’autres régions du monde – à savoir l’Asie et l’Afrique.

« La région a, dans une certaine mesure, été victime des trois « négations » qui n’ont pas favorisé un financement international de sa lutte contre le VIH » indique M. Mayorga. « La région ‘n’est pas’ très peuplée, elle ‘n’est pas’ très pauvre et l’épidémie ‘n’y est pas’ très importante » a-t-il ajouté.

Les règles régissant l’aide du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, principal bras financier international contre ces maladies, ont joué contre la région car elles ont tendance à exclure les pays à revenu intermédiaire et élevé, tels que l’Argentine et le Chili.

Toutefois, le Fonds a récemment accepté d’étudier des projets d’assistance pour des programmes ciblant des pays plus riches confrontés à des épidémies concentrées avec des taux de prévalence du VIH supérieurs à 5 % dans des groupes fortement exposés au risque d’infection, tels que les HSH, les consommateurs de drogues, les transgenres et les professionnel(le)s du sexe.

Renforcer le ciblage

Malgré ces marques persistantes de désintérêt, on note certains signes positifs dans la région qui permettent de penser que l’épidémie qui touche les HSH sera combattue à l’avenir par des mesures et des politiques plus appropriées.

Au cours des quatre ou cinq dernières années, le Brésil et le Mexique, et dans une moindre mesure l’Argentine et la Colombie, ont mené des campagnes contre l’homophobie. Ces pays, et certains autres, ont également cherché à intégrer des initiatives spéciales pour les HSH dans des programmes destinés à limiter la propagation du VIH.

Le programme officiel baptisé « Un Brésil sans homophobie » a été lancé en 2004 avec pour objectif d’améliorer les services fournis aux homosexuels, autres HSH et transgenres au sein des établissements publics de santé. Ce programme prévoit aussi d’élargir aussi la couverture et la riposte à l’épidémie de VIH au sein de ces groupes.

Le Pérou a lancé un plan national qui donne la priorité aux programmes de prévention ciblant ceux qui sont définis comme les groupes « les plus affectés », lesquels incluent les HSH, les professionnel(le)s du sexe et les prisonniers. Grâce à un financement du Fonds mondial, le plan a pour but d’étendre la couverture de la prévention à 25 % au moins des HSH et 50 % des professionnel(le)s du sexe.

De même, la Bolivie a élaboré un plan national destiné à réduire de moitié les taux d’infection à VIH d’ici à 2015. Ce plan inclut des campagnes visant à renforcer les droits des HSH et des transgenres, et à combattre la stigmatisation et la discrimination.

Malgré ces développements prometteurs, l’Amérique latine est encore loin de maîtriser l’épidémie qui affecte les HSH, et l’homophobie et la stigmatisation demeurent des obstacles majeurs pour y parvenir.

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Connaître votre épidémie, comprendre les implications politiques

07 janvier 2009

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Connaître votre épidémie, comprendre les implications politiques

Pour deux personnes qui accèdent au traitement contre le VIH, cinq autres sont nouvellement infectées par le virus. Etant donné cet écart, la nécessité d’intensifier les efforts de prévention du VIH est largement admise parmi les communautés scientifiques, gouvernementales et de la société civile.

L’ONUSIDA préconise des ripostes de prévention du VIH qui soient adaptées aux contextes locaux et confortées par des preuves par le biais d’analyses épidémiologiques, de données comportementales et de la compréhension des normes sociales et sexospécifiques.

Selon un éditorial publié en 2008 dans le Journal of the Royal Society of Medicine, le fait de « connaître votre épidémie » n’est en soi pas suffisant pour agir. L’article de décembre 2008, dont les coauteurs sont Michel Sidibé, ONUSIDA, Kent Buse, ONUSIDA, et Clare Dickinson, Institut HLSP, soutient que l’incapacité à apprécier les dimensions politiques du VIH peut contrecarrer les efforts visant à promouvoir et à mettre en œuvre les politiques fondées sur des preuves.

Les auteurs recommandent qu’une analyse visant à définir les obstacles politiques et les opportunités en matière de politiques fondées sur des preuves doit constituer un élément de base de chaque riposte nationale au VIH.

Une analyse de 28 articles revus par des pairs, portant sur des études empiriques de l’évolution des politiques dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, a été publiée par l’Institut HLSP en octobre 2008. Ses conclusions visaient à aider les défenseurs de la cause et les décideurs à prendre des décisions plus stratégiques au sujet des politiques futures et de leur mise en œuvre.

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Le club « Far Away from Home »

05 janvier 2009

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Le développement et la croissance économiques rapides du Viet Nam au cours de la dernière décennie ont entraîné des niveaux accrus de mobilité, tant à l’intérieur du pays qu’au-delà de ses frontières.

Le développement et la croissance économiques rapides du Viet Nam au cours de la dernière décennie ont entraîné des niveaux accrus de mobilité, tant à l’intérieur du pays qu’au-delà de ses frontières. D’importants projets d’infrastructures et de développement, conjugués à la croissance industrielle, ont encouragé des jeunes et des travailleurs de tout le pays à se déplacer vers les grandes villes et les grandes provinces.

Toutefois, dans les zones où l’économie se développe rapidement et où les migrations internes s’accroissent, des facteurs tels que l’éloignement de la famille et de la communauté et des conditions de travail très difficiles contribuent à accroître la vulnérabilité des migrants et des populations mobiles au VIH et à d’autres infections sexuellement transmissibles, car ils adoptent des comportements risqués, comme les rapports sexuels sans protection et la consommation de drogues injectables.

En outre, comme les services de prévention du VIH et de soins de santé ne sont pas spécifiquement ciblés sur les migrants et les populations mobiles, ces groupes tendent à avoir un accès plus restreint à ces services. C’est particulièrement le cas des migrants et des personnes mobiles qui souvent ne sont pas déclarés comme résidents dans la région où ils travaillent.

La population migrante comprend les professionnelles du sexe, les travailleurs migrants sur les chantiers de construction, dans les zones industrielles et d’exportation ainsi que les ouvriers qui travaillent dans les ports fluviaux et les gares routières.

Depuis qu’elle a été désignée Zone industrielle et de transformation en 2002, la province de Ca Tho, dans le sud-ouest du pays, s’est distinguée comme pôle d’attraction pour les travailleurs migrants, car il s’agit de la plus grande ville du delta du Mékong. Le nombre des cas de VIH à Can Tho a également plus que décuplé, passant de 73 en 1997 à 733 en 2006.

En 2004, le Programme régional VIH/sida Canada-Asie du Sud-Est a lancé un projet avec le Département du travail, des invalides et des affaire sociales de Can Tho et le Syndicat de Can Tho, pour entreprendre des activités de prévention du VIH auprès des migrants tels que les travailleurs occasionnels, les chauffeurs routiers et les professionnel(le)s du sexe. Le projet a créé le Club « Far Away From Home », qui vise à offrir un cadre réconfortant et accueillant aux professionnel(le)s du sexe et autres travailleurs migrants de la ville de Can Tho.

On estime à 1100-1600 le nombre de professionnelles du sexe dans la province de Can Tho, dont 400-500 travaillent dans la rue ; les mêmes autorités estiment à 2200-2500 les personnes qui s’injectent des drogues.

Education par les pairs

Le Club permet aux membres des populations mobiles et autres migrants de s’assumer en leur offrant une formation aux compétences psychosociales avec l’accent sur le VIH et les autres infections sexuellement transmissibles, sur le sida, l’expression orale, la sexospécificité et la sexualité, la stigmatisation et la discrimination.

Une équipe de base composée de 10 éducateurs pour les pairs (cinq professionnel(le)s du sexe et cinq travailleurs migrants) a apporté son soutien à plus de 60 membres du Club « Far Away From Home » ; ces derniers ont reçu des informations et des compétences visant à réduire leur risque d’exposition au VIH. Ces membres retournent au sein de leurs réseaux sociaux et partagent leurs connaissances avec leurs pairs, de manière officieuse.

L’une des principales réalisations du projet a été de garantir la confidentialité à tous ceux qui demandent de l’aide et un appui auprès du groupe. L’assurance d’une confidentialité et d’un anonymat complets a encouragé davantage de professionnel(le)s du sexe et de travailleurs migrants à accéder aux services de santé, grâce à l’orientation des membres du Club et des éducateurs pour les pairs. Des orientations ont été assurées en particulier vers une série de dispensaires fournissant des services confidentiels et accessibles à l’intention des populations mobiles, notamment des traitements contre les infections sexuellement transmissibles, le conseil et le test volontaires, et des bilans de santé généraux.

Le club touche chaque mois des centaines de migrants et de personnes mobiles grâce à l’engagement des membres du secteur privé dans des interventions sur les lieux de travail ou à ses activités de proximité dans les points chauds pour les professionnel(le)s du sexe direct(e)s et indirect(e)s.

Faire participer les migrants et les populations mobiles et leur donner les moyens de plaider en faveur de l’accès aux services liés au VIH pour leurs pairs ont été au cœur  de la réussite du programme. En outre, sa rigueur éthique, sa pertinence et son efficacité ont fait du projet un élément réussi des stratégies de prévention du VIH et un travail de référence visant les migrants et les populations mobiles.

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