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Outil ONUSIDA d’évaluation basée sur le genre - Vers une riposte sexotransformatrice au VIH

19 mars 2026

L’Outil d’évaluation basée sur le genre de la riposte national au VIH (Gender Assessment Tool) vise à aider les pays à évaluer l’épidémie nationale de VIH, du contexte et de la riposte à travers une approche de genre intersectionnelle, afin de renforcer des ripostes au VIH sexotransformatrice, équitables et fondées sur les droits. La version de 2025 met davantage l’accent sur le rapport coût-efficacité, l’alignement sur les plans nationaux, l’intégration et la durabilité. Associé à un nouvel outil de calcul du coût des interventions prioritaires et à un modèle de cadre de suivi et d’évaluation, il est conçu pour éclairer l’élaboration de dossiers d’investissement des pays, les soumissions de financement au Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, ainsi que d’autres opportunités nationales.

Press Statement

L'ONUSIDA est profondément préoccupée par les répercussions du durcissement d'une loi contre les personnes LGBTQ au Sénégal

L'ONUSIDA exhorte le Président à ne pas promulguer le projet de loi et appelle le Sénégal à préserver les services de santé vitaux, notamment la prévention, le traitement et la prise en charge du VIH.

GENÈVE/DAKAR, 18 mars 2026 — Le 12 mars 2026, le Parlement du Sénégal a voté massivement en faveur de peines plus sévères pour les « actes contre nature », incluant l'homosexualité ainsi que la promotion ou l'encouragement de l'homosexualité. L'ONUSIDA est profondément préoccupée par les implications de cette décision sur les acquis de santé publique du pays et exhorte le Président à ne pas promulguer le projet de loi.

Le texte final adopté comprend une clause de sauvegarde essentielle en matière de santé publique, à laquelle l'ONUSIDA exhorte le Sénégal à se conformer. Cette clause stipule : « Toutefois, les activités menées par les structures et organisations de santé dûment agréées dans le cadre des politiques de santé publique ne seront pas considérées comme des infractions au titre du présent article. »

L'ONUSIDA reconnaît et valorise le partenariat de longue date du Sénégal dans la lutte contre le VIH. Le Ministère de la Santé et le Conseil national de lutte contre le sida ont collaboré avec des partenaires pour garantir que les personnes vivant avec le VIH puissent accéder aux soins dont elles ont besoin et que la prévention atteigne les populations les plus exposées au risque. Ces acquis ont sauvé des vies et représentent un investissement du peuple sénégalais dans sa propre santé et son avenir.

Le Sénégal est cependant confronté à des défis considérables dans sa réponse au VIH, et l'ONUSIDA l'exhorte à maintenir une attention soutenue sur les données probantes en matière de santé publique, le cadre juridique et les partenariats communautaires nécessaires pour produire un impact et assurer une riposte durable, avec des services essentiels accessibles aux personnes les plus vulnérables.

Au Sénégal, 79 % des personnes vivant avec le VIH ont accès au traitement salvateur ; cependant, entre 2010 et 2024, les nouvelles infections à VIH ont augmenté de 36 % au Sénégal, faisant du pays l'un des quatre seuls pays de la région Afrique de l'Ouest et du Centre à enregistrer une hausse des nouvelles infections.

Les données probantes montrent que la criminalisation pousse les personnes à se détourner des services de santé. Les lois pénales aggravent également la stigmatisation et la discrimination à l'encontre de groupes déjà marginalisés. Une riposte efficace au VIH, fondée sur des données probantes solides en matière de santé publique et sur des protections garantissant l'accès aux services pour les personnes les plus vulnérables, est urgente pour le Sénégal.

L'ONUSIDA appelle les autorités gouvernementales à :

  • Assurer la mise en œuvre pleine et effective de l'exemption de santé publique consacrée dans le projet de loi, par des orientations ministérielles claires et une sécurité juridique pour les organisations et les travailleurs de la santé.
  • Protéger la confidentialité des informations médicales et la relation entre patient et prestataire de soins en tant que fondements non négociables d'un système de santé fonctionnel.
  • Veiller à ce que les organisations communautaires assurant la prévention du VIH, le dépistage, le soutien au traitement, la réduction des risques et la prise en charge puissent continuer à opérer sans crainte de poursuites judiciaires.
  • Maintenir les canaux de financement internationaux et les cadres de partenariat qui soutiennent la prestation de services liés au VIH, et garantir aux donateurs et aux partenaires de mise en œuvre la clarté juridique nécessaire à la poursuite de leur engagement.
  • S'engager dans un dialogue ouvert avec les autorités sanitaires, la société civile et les partenaires des Nations Unies afin de surveiller l'impact du projet de loi sur l'accès aux services et de prendre des mesures rapides lorsque les acquis de santé publique sont menacés.

Mettre fin au sida implique d'atteindre toutes les personnes, en particulier celles les plus exposées au risque d'infection à VIH. L'ONUSIDA reste déterminée à travailler avec le Sénégal pour mettre fin au sida en tant que menace pour la santé publique dans le pays.

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Réunion du bureau du CCP de l’onusida du vendredi 13 février 2026

24 février 2026

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Résumé analytique - STRATÉGIE MONDIALE DE LUTTE CONTRE LE SIDA 2026-2031

26 février 2026

La Stratégie mondiale de lutte contre le sida 2026-2031 présente un cadre et des actions pour y parvenir – en travaillant ensemble pour répondre aux besoins des personnes affectées par le VIH, exposées au risque d’infection et vivant avec le VIH en cette période de bouleversements et d’incertitudes.

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Le Bénin adopte une nouvelle loi en faveur de la prévention, la prise en charge et l’élimination de l’infection au VIH

20 février 2026

L'ONUSIDA salue la promulgation par le Président de la République du Bénin, Patrice Talon, de la loi 2026-02 le 9 février 2026. Cette loi se concentre sur la prévention et la prise en charge du VIH, et permettra d'accélérer les progrès vers l'élimination du sida en République du Bénin.

La nouvelle loi est l'aboutissement d'un processus initié en 2013 et relancé en 2020 sous la direction du Programme Santé de Lutte contre le Sida (PSLS). Cette révision s'imposait en raison des limites importantes de la loi de 2006, qui reposait principalement sur une approche punitive, coercitive et stigmatisante.

La loi précédente était incompatible avec les normes relatives aux droits humains. Elle permettait de nombreuses violations de la confidentialité, criminalisait les comportements liés au VIH et renforçait la marginalisation des populations clés. Elle était en décalage avec les bonnes pratiques de santé publique, qui doivent être fondées sur la prévention, l'inclusion et le respect des droits humains.

La loi de 2026 est désormais alignée sur les normes internationales en matière de droits humains et réaffirme plus particulièrement le droit à la non-stigmatisation et à la non-discrimination. Elle renforce le respect de la vie privée et la protection des données, garantit l'accès aux soins, à la prévention et aux services liés au VIH, et reconnaît les populations clés, notamment les professionnel(le)s du sexe, les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes, les personnes qui s'injectent des drogues, les personnes transgenres, les migrant(e)s et les détenu(e)s, entre autres. Elle améliore considérablement les droits des détenu(e)s et réduit les dispositions pénales à l'encontre des personnes vivant avec le VIH en reconnaissant le caractère strictement volontaire de la divulgation du statut sérologique.

« Le processus de validation de la loi sur le VIH au Bénin a été rendu possible grâce à un leadership national fort, une collaboration exceptionnelle entre l'ONUSIDA et le PNUD, le soutien indéfectible du Coordonnateur régional des Nations Unies, un suivi technique étroit avec le ministère de la Santé, des financements catalytiques de l'ONUSIDA, du PNUD et d'Expertise France, ainsi qu'une forte implication des parlementaires — transformant les données probantes en volonté politique, et la volonté politique en une législation transformatrice », a déclaré Yayé Diallo, Directrice pays sortante de l'ONUSIDA pour le Togo et le Bénin.

Ces progrès sont le résultat d'un plaidoyer coordonné et d'actions de partenariat collaboratif à tous les niveaux, impliquant la Directrice exécutive de l'ONUSIDA Winnie Byanyima, qui en avait fait une priorité lors de sa visite au Bénin en septembre 2024.

Le bureau régional de l'ONUSIDA, le Réseau juridique mondial sur le VIH (HIV Legal Network) et le PNUD ont fourni un appui technique. Le Fonds mondial et Expertise France ont apporté un soutien financier, s'ajoutant aux efforts combinés de diverses parties prenantes au niveau local, à savoir le PSLS, le CNLS-TP (Conseil National de Lutte contre le VIH/Sida, la Tuberculose, le Paludisme, les Hépatites, les Infections Sexuellement Transmissibles et les Épidémies), le parlement et ses institutions (IPaB - Institut Parlementaire du Bénin), le caucus des femmes parlementaires et les commissions parlementaires, ainsi que les organisations de la société civile, y compris les réseaux de personnes vivant avec le VIH et les populations clés. Avec cette nouvelle loi et un suivi rigoureux de son application, le Bénin est résolument engagé dans sa marche vers l'élimination du sida d'ici 2030.

« L'ONUSIDA, l'Équipe pays des Nations Unies et les partenaires, dont Expertise France, saluent la détermination politique du Bénin et sa nouvelle législation pionnière sur le VIH. En centrant la loi sur les groupes vulnérables et les jeunes, qui représentent 35 % des nouvelles infections, le Bénin fait un pas de géant vers l'accès universel au traitement du VIH et vers l'objectif ultime de mettre fin au sida en tant que menace pour la santé publique d'ici 2030 », a déclaré Christian Mouala, Représentant et Directeur du bureau multipays de l'ONUSIDA pour la Côte d'Ivoire, le Togo et le Bénin.

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