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Solidarité mondiale et responsabilité nationale à l'œuvre au Zimbabwe

15 juin 2015

Le Zimbabwe est victime de l'une des plus importantes épidémies de VIH du monde, avec un nombre de personnes vivant avec le VIH estimé à 1,4 million pour une prévalence du VIH chez les adultes de 15 %. Toutefois, le pays est en train d'intensifier son action et d'augmenter les investissements dans ses programmes de prévention et de traitement du VIH.

Dans le cadre d'une visite de trois jours au Zimbabwe, le Directeur exécutif de l'ONUSIDA Michel Sidibé a rencontre le Vice-Président du Zimbabwe, Emmerson Mnangagwa, afin d'évoquer le rôle du pays dans la riposte au sida.

Lors de cette rencontre, M. Sidibé a félicité le gouvernement pour les progrès réalisés dans l'élargissement du traitement et la prévention, et mis en avant la nécessité d'accélérer la riposte au sida pour mettre fin à l'épidémie au Zimbabwe d'ici 2030. Il a été question de la sécurisation de l'approvisionnement en médicaments pour que les personnes vivant avec le VIH restent en bonne santé, ainsi que des défis à relever pour veiller à ce que les adolescentes ne soient pas laissées de côté.

M. Sidibé s'est également joint au Ministre de la Santé et de l'Enfance et au Ministre des Finances et du Développement économique pour s'entretenir avec des dirigeants d'entreprises, des représentants de la société civile et des représentants de missions diplomatiques sur les moyens d'accélérer la riposte au sida au Zimbabwe.

« Le prix des médicaments est passé de 10 000 dollars par personne et par an à moins de 100 dollars », a expliqué M. Sidibé. « Cependant, pour que l'Afrique puisse assurer une riposte totalement durable au VIH, elle doit se mettre à produire ses propres médicaments génériques au lieu de les importer de l'étranger ».

Les dirigeants d'entreprises présents ont affirmé leur engagement de continuer d'investir dans la riposte au sida, même si le pays est confronté à de graves difficultés économiques. Les laboratoires pharmaceutiques ont promis de continuer à chercher des moyens d'être compétitifs, afin que le pays puisse jouer un plus grand rôle dans la production de médicaments antirétroviraux et autres en vue de diminuer sa dépendance aux importations.

David Parirenyatwa, Ministre de la Santé, a reconnu que la riposte au sida relevait de la responsabilité nationale. En 2014, le Zimbabwe a financé seulement 15 % de la riposte à partir de ressources nationales, s'appuyant largement sur les donateurs pour compenser. Le Ministre a admis que le Zimbabwe devait en faire davantage pour lutter contre la stigmatisation et la discrimination. M. Parirenyatwa a réaffirmé l'engagement du gouvernement de bâtir une stratégie concertée pour les programmes d'accélération afin de mettre fin à l'épidémie de sida d'ici 2030.

Pour soutenir sa riposte au VIH, le Zimbabwe a introduit en 2000 une taxe sur le revenu imposable innovante de 3 %, dédiée à la lutte contre le sida. En majeure partie grâce à cette taxe, le financement national a augmenté de 40 % ces trois dernières années. Pour que les contributions nationales à la riposte du Zimbabwe continuent d'augmenter, le Ministre des Finances, Patrick Chinamasa, a déclaré que « le Zimbabwe va maintenir sa taxe sida pour les années à venir ».

M. Parirenyatwa a expliqué qu'il était important que le Zimbabwe, malgré ses ressources limitées, utilise une partie de son fonds fiduciaire national pour participer à l'accélération de la riposte mondiale au sida. Le gouvernement du Zimbabwe a remis à M. Sidibé un chèque de 100 000 dollars en guise de contribution au budget de base de l'ONUSIDA pour 2015.

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Protéger les filles et les jeunes femmes au Zimbabwe : une question de santé et de droits humains

12 juin 2015

Michel Sidibé, Directeur exécutif de l'ONUSIDA, a visité la Mbare City Health Clinic à Harare, au Zimbabwe, ce 11 juin. Cette clinique publique gère un programme de traitement antirétroviral comprenant également des services pour les victimes de viol.

Au cours la visite de cette clinique, soutenue par la ville de Harare et Médecins sans Frontières, il a rencontré des personnes vivant avec le VIH, notamment la jeune Thandiwe, 19 ans. M. Sidibé a écouté la douloureuse histoire de son infection par le VIH à la suite d'un viol et décrit ses larmes comme « un signe de nos échecs collectifs. Nous devons faire mieux pour elle et pour toutes les femmes et les filles ».

Intervenant à la clinique, le Chef Chiveso, dirigeant traditionnel, a dénoncé la violence envers les femmes et appelé les hommes à être de fervents défenseurs de la lutte contre les violences sexistes. M. Sidibé a salué le Chef comme un champion de l'égalité des sexes et de la lutte pour la fin des violences sexistes et de l'épidémie de sida.

Auparavant, M. Sidibé s'était entretenu avec des chefs communautaires, qui lui ont expliqué les difficultés posées par la marginalisation et le chômage. M. Sidibé a indiqué que les adolescentes étaient touchées par la mauvaise situation économique, avec pour résultat un nombre de filles infectées par le VIH supérieur à celui de leurs pairs masculins.

Les deux tiers de la population du Zimbabwe ont moins de 25 ans et la prévalence du VIH est près de deux fois supérieure chez les femmes âgées de 15 à 24 ans que chez les hommes du même âge. Le Zimbabwe enregistre le sixième taux annuel mondial le plus élevé de décès liés au sida chez les adolescents.

M. Sidibé a loué les efforts combinés de la société civile et du gouvernement du Zimbabwe, qui ont permis la baisse de la prévalence du VIH et du nombre de décès dus au sida, tout en prévenant que le pays devait en faire plus pour Accélérer la riposte au VIH et mettre fin à l'épidémie de sida au Zimbabwe d'ici 2030. « Si nous ne faisons pas attention, après 2015 les gens oublieront le sida, l'autosatisfaction gagnera du terrain et les gens s'intéresseront à d'autres crises », a-t-il expliqué.

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Comprendre le VIH à travers la recherche phylogénétique

08 juin 2015

La recherche phylogénétique, à savoir l'analyse des données de séquençage moléculaire pour étudier les relations d'évolution entre des groupes et des organismes, doit être intensifiée pour mettre fin à l'épidémie de sida, selon les participants d'un symposium organisé le 4 juin à l'Académie des Sciences de New York et intitulé HIV 2015: Using Phylogenetics to Enhance the HIV Response.

Intervenant à l'occasion de ce symposium, Luiz Loures, Directeur exécutif adjoint de l'ONUSIDA, a déclaré qu'une approche motivée par des preuves, ciblée et basée sur les droits était nécessaire pour accélérer la riposte au VIH au cours des cinq prochaines années et mettre fin à l'épidémie de sida d'ici 2030. « La science a été l'un des principaux éléments des progrès accomplis jusqu'ici. Faire avancer la phylogénie nous permettra de cibler encore plus précisément les groupes les plus vulnérables, leur localisation géographique et la progression du virus du VIH », a ajouté M. Loures.

Le génie moléculaire et les données biographiques fourniront des informations de haute qualité sur la diversité des souches de VIH chez les personnes vivant avec le virus et leur évolution, ainsi que sur la dynamique de transmission du VIH. « Une étude de l'horloge moléculaire nous permet d'identifier d'importantes caractéristiques des personnes qui transmettent le VIH et de comprendre comment réduire la forte incidence au sein des groupes vulnérables, par exemple les jeunes femmes en Afrique », a expliqué Tulio De Oliveira, de l'Africa Centre et de l'Université du KwaZulu-Natal de Durban, en Afrique du Sud. « Les récentes avancées dans les méthodes phylogénétiques et l'évolution moléculaire montrent que les données qui combinent des informations génétiques, spatiales, immunologiques et sociales peuvent transformer notre compréhension de la dynamique de l'épidémie ».

Ces dernières années, des scientifiques ont mené des recherches approfondies sur l'efficacité des médicaments antirétroviraux disponibles et l'implication de la résistance médicamenteuse pour adapter les programmes de traitement à des populations spécifiques. Une étude phylogénétique sur la transmission du VIH et la résistance médicamenteuse dans 27 zones représentant 72 % des nouveaux diagnostics aux États-Unis a montré, entre autres conclusions, que 18,9 % des hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes vivant avec le VIH avaient transmis des mutations résistantes aux médicaments entre 2010 et 2012. L'étude a également montré des taux de transmission supérieurs chez les hommes afro-américains ayant des rapports sexuels avec des hommes et les jeunes hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes. « Il s'agit là d'une formidable opportunité d'incorporer la phylogénie et l'épidémiologie moléculaire dans les programmes de prévention et de traitement du VIH afin d'améliorer la durabilité », a déclaré Alexa Oster, Responsable Surveillance moléculaire du VIH au sein de la Division Prévention du VIH/sida des Centres for Disease Control and Prevention.  

Cependant, les participants ont reconnu que les principales difficultés autour du génie génétique et de la recherche sur le VIH au sein des populations les plus touchées, notamment les questions d'éthique et de droits humains, devront être abordées pour bénéficier pleinement du potentiel de la phylogénie.

Les symposiums annuels organisés par l'Académie des Sciences de New York et l'ONUSIDA réunissent des scientifiques, des activistes, des défenseurs des droits de l'homme et des décideurs politiques pour discuter des avancées émergentes de la science pertinentes pour l'accélération de la riposte au VIH.

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La Première dame du Cameroun récompensée pour son travail sur le VIH

04 juin 2015

À l'occasion d'une visite de trois jours au Cameroun, le Directeur exécutif de l'ONUSIDA Michel Sidibé a nommé la Première dame Chantal Biya Ambassadrice spéciale. À travers sa fondation et l'organisation à but non lucratif Synergies africaines contre le sida et les souffrances, Mme Biya défend la protection, l'éducation et la santé des femmes et des enfants depuis plus de 20 ans, en particulier dans le contexte du VIH.

« Cette distinction est une reconnaissance du travail accompli depuis toutes ces années par la Première dame en faveur des mères et de leurs enfants », a déclaré M. Sidibé. « Nous ne devons pas oublier les pionniers ».

Le Président Paul Biya, qui a participé à la cérémonie organisée au Palais de l'Unité le 1er juin, a fait part de son engagement dans la riposte au sida et déclaré que « le gouvernement et Synergies africaines contre le sida et les souffrances vont redoubler d'efforts dans la riposte au VIH ».

Au cours de sa visite, M. Sidibé a rencontré 16 maires des agglomérations de Douala, Bamenda et Yaoundé, où résident 30 % des personnes vivant avec le VIH au Cameroun. Ces maires ont signé la Déclaration de Paris sur l'initiative Les villes s'engagent, qui appelle à mettre fin à l'épidémie de sida dans les villes d'ici 2030.

M. Sidibé a également rencontré des représentants de la société civile, notamment des chefs religieux, et s'est joint au Ministre de la Santé André Mama Fouda pour le lancement d'une campagne de prévention du VIH auprès des chauffeurs routiers. Dans une entrevue avec le ministre, M. Sidibé a noté que l'augmentation du financement national de la riposte au sida dans le pays avait donné de bons résultats, avec un impact positif sur le développement.

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Assurer l'accès aux services anti-VIH pour les personnes déplacées au Sud-Soudan

01 juin 2015

À Malakal, dans le nord-est du Sud-Soudan, un réseau d'appui anti-VIH comptant près de 150 membres se réunissait régulièrement pour parler des difficultés auxquelles ils étaient confrontés dans l'accès aux médicaments antirétroviraux et à l'alimentation dont ils avaient besoin pour rester en bonne santé. Mais en 2013, lorsque la guerre civile a éclaté et que les combats ont atteint Malakal, tout a changé.

Des centaines de personnes ont été tuées et des milliers d'autres ont fui leurs maisons, la plupart pour se retrouver au camp géré par la Mission des Nations Unies au Soudan du Sud (MINUSS), situé aux abords de Malakal. Seuls six des membres du réseau ont pu rejoindre le camp. Joseph Leggi Pio, qui travaille auprès de l'unité VIH de la MINUSS et était l'un des membres fondateurs du groupe, ne sait pas ce que sont devenus les autres.

La vie n'est facile pour personne dans le camp, mais elle peut être particulièrement difficile pour les personnes vivant avec le VIH. Les installations médicales à l'intérieur du camp surpeuplé sont confrontées à des problèmes logistiques, notamment la pénurie de médicaments antirétroviraux et de nourriture et les temps d'attente très longs pour consulter des professionnels de santé. Selon M. Pio, l'un des patients vivant avec le VIH dans le camp est décédé récemment. Une autre personne a réussi à rejoindre Djouba, où l'accès aux services de traitement anti-VIH est moins compliqué. Beaucoup d'autres personnes vivant avec le VIH se rendent régulièrement au bureau de M. Pio pour savoir quand les médicaments seront disponibles.

Plus de 100 000 personnes déplacées s'entassent dans les 10 sites protégés de la MINUSS à travers le pays, et aucun de ces sites n'a été conçu pour abriter autant de personnes.

« Tout est une priorité », explique Leku Dominic Samson, Assistant médical en chef auprès de l'Organisation internationale pour les migrations. « Les besoins concernant le VIH commencent tout juste à être abordés ». Les professionnels de santé se sont concentrés sur l'aide d'urgence, tout en faisant face à une vaste épidémie de diarrhée et un nombre croissant de cas de paludisme.

Le gouvernement du Sud-Soudan et les professionnels de santé tentent de trouver des moyens de fournir les services de prévention et de traitement du VIH aux personnes déplacées sur les sites de la MINUSS. Les organisations humanitaires et les agences des Nations Unies, notamment la MINUSS, l'ONUSIDA et le Bureau de la coordination des affaires humanitaires, ont apporté un soutien technique et financier pour l'ouverture d'un centre de soins de santé primaires supplémentaire, qui propose des services de dépistage du VIH et de conseil.

Ces organisations militent également pour l'installation d'une machine servant à déterminer le taux de CD4 au dispensaire des Nations Unies du camp de Malakal pour permettre aux professionnels de santé de surveiller la charge virale des personnes vivant avec le VIH. Dans le même temps, des messages sur la prévention et le traitement du VIH sont diffusés auprès de plus de 20 000 personnes vivant dans le camp.

« La sensibilisation reste importante à l'intérieur du camp car des personnes continuent d'arriver des quatre coins du pays, notamment de zones rurales où l'accès aux informations sanitaires est limité », explique M. Pio. Il ajoute que le comportement des gens dans les camps est préoccupant, car ils ont tendance à prendre plus de risques. Il craint plus particulièrement que les jeunes, dont beaucoup ont été séparés de leur famille lors des combats, aient des rapports sexuels non protégés faute de pouvoir accéder à des préservatifs.

M. Pio et d'autres activistes dans le domaine de la santé forment des groupes de conseillers en VIH afin de mobiliser les gens dans le camp pour parler du VIH et les encourager à se protéger. Les conseillers profitent également de cette opportunité pour distribuer jusqu'à huit boîtes de préservatifs par jour.

Les formations de conseillers et les dialogues communautaires commencent à avoir un impact positif. Par exemple, Tungwar Wuor, résident du camp de Malakal, explique qu'il ne savait pas grand chose sur le VIH avant de suivre les cours de formation pour devenir conseiller au mois de mars. Aujourd'hui, il porte des rubans rouges sur tous ses vêtements et parle facilement des moyens de se protéger et de protéger les autres contre l'infection à VIH. « Je voulais aider les autres à connaître leur état sérologique vis-à-vis du VIH et à savoir comment prévenir le VIH », raconte M. Wuor. « L'infection à VIH est une chose qui peut être stoppée ».

Il ajoute que bon nombre de personnes se montrent d'abord méfiantes quand il commence à leur parler du virus, en raison de la stigmatisation associée au VIH. D'après lui, certaines personnes associent le VIH à l'immoralité. Il travaille également avec des chefs religieux pour qu'ils incluent des messages de prévention du VIH dans leurs offices.

« Je leur explique que n'importe qui peut contracter le virus s'il ne se protège pas et que les personnes vivant avec le VIH peuvent accéder à un traitement qui leur permet de mener une vie positive », raconte M. Wuor.

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L'aventure de la maternité

11 mai 2015

Cette année, pour célébrer la Fête des Mères, l'UNICEF et le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme (le Fonds mondial) ont publié une nouvelle vidéo et lancé un site web spécial montrant des mères séropositives au VIH.

En 2013 et 2014, l'UNICEF et le Fonds mondial ont demandé à six femmes d'Afrique du Sud et du Malawi de partager leurs réflexions, leurs espoirs et leurs craintes tout au long de leur grossesse et de leur accouchement, puis pendant les mois qui ont suivi la naissance de leur enfant.

A Journey of Motherhood (L'aventure de la maternité) met en avant les défis particuliers auxquels sont confrontées les mères séropositives au VIH pour donner naissance à des enfants séronégatifs au VIH et rester elles-mêmes en bonne santé. Cette initiative souligne également les progrès réalisés dans la fourniture de médicaments anti-VIH pour la prévention des nouvelles infections à VIH chez les enfants dans le monde entier.

Chaque année, environ 1,5 million de femmes vivant avec le VIH donnent la vie. Sans intervention médicale, le risque de transmettre le virus à leur bébé pendant la grossesse, lors de l'accouchement et pendant la période d'allaitement peut s'élever jusqu'à 45 %. Or aujourd'hui, une seule pilule par jour permet de prévenir la transmission du VIH de la mère à l'enfant et réduit ce risque à 5 % et moins.

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L'application de rencontre chinoise destinée aux gays étend la prévention du VIH auprès de ses utilisateurs

06 mai 2015

L'homme connu sous le nom de Geng Le, créateur de Blued, l'application pour smartphone de rencontre entre gays la plus populaire du monde, fut un officier de police respecté en Chine pendant près de 20 ans avant de quitter le service en 2009 après que des collègues eurent refusé de travailler avec lui en raison de son orientation sexuelle.

Aujourd'hui, Geng Le est Président directeur général du réseau gay Danlan, l'organisation à but non lucratif à l'origine de Blued. Lors d'une rencontre le 6 mai avec Michel Sidibé, Directeur exécutif de l'ONUSIDA, à Pékin, en Chine, Geng Le s'est engagé à étendre la diffusion du programme de prévention du VIH de Danlan.

Blued compte près de 15 millions d'utilisateurs, principalement en Chine, mais sa popularité est croissante même en dehors du pays. Un service offert à ses utilisateurs fournit des informations sur les risques des rapports sexuels non protégés et les droits des hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes. Des questions sont posées aux utilisateurs afin d'accroître leurs connaissances sur le traitement du VIH, les outils de prévention et les possibilités de soins. Ils sont également orientés vers les lieux où ils peuvent accéder à des tests de dépistage du VIH et des conseils.

« Nous faisons de notre mieux pour utiliser les sciences et la technologie afin d'améliorer la vie des communautés lesbiennes, gays, bisexuelles et transgenres, en particulier leur santé », a déclaré Geng Le. « Nous pensons que tous les jeunes peuvent vivre dans la dignité, sans stigmatisation ni discrimination, et partager une relation amoureuse peu importe d'où ils viennent, ce qu'ils font, et quels que soient leur orientation sexuelle et leur état sérologique vis-à-vis du VIH ».

Lors de sa visite, M. Sidibé a pu assister à une démonstration de l'application et échanger en ligne avec les utilisateurs.

Danlan gère une antenne de dépistage rapide et gratuit du VIH, qui propose des services aux hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes en partenariat avec les agences de santé publique. « Danlan est un exemple d'organisation à suivre pour l'avenir. Elle protège les droits des personnes que les services classiques n'atteignent pas, partout », a déclaré M. Sidibé.

Danlan a organisé des campagnes de lutte contre la discrimination et offre un appui technique sur les initiatives de prévention et de traitement du VIH basées sur le web. Elle est en train de s'étendre à d'autres pays et met actuellement en place des bureaux aux États-Unis et en Thaïlande.

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La Chine et l'Afrique renforcent leurs partenariats pour la santé et le développement

06 mai 2015

L'ONUSIDA et l'entreprise Hanergy Holding Group, spécialisée dans les énergies propres, ont conclu un accord de coopération sur des initiatives philanthropiques et de responsabilité sociale pour parvenir à l'objectif de zéro nouvelle infection au VIH, zéro discrimination et zéro décès dû au sida en Afrique.

Li Hejun, Président de Hanergy, et Michel Sidibé, Directeur exécutif de l'ONUSIDA, ont signé un protocole d'accord à Pékin, en Chine. Dans le cadre de cet accord, l'ONUSIDA et Hanergy travailleront ensemble sur plusieurs programmes de développement social et s'associeront pour apporter des solutions d'énergie propre au continent. Ils travailleront directement avec les communautés, en ciblant les secteurs de la santé et de l'éducation.

« Nous nous engageons à nous appuyer sur notre travail sur le sida pour étendre nos initiatives aux pays africains », a déclaré Li Hejun. « Ce n'est pas seulement une responsabilité, c'est aussi la bonne chose à faire ».

Selon M. Sidibé, « la fourniture d'énergie propre aux ménages, aux écoles et aux établissements de santé en Afrique est une question essentielle pour garantir que le bien-être total des personnes se trouve au cœur d'une société en bonne santé ».

L'accord a été signé à l'occasion d'une mission conjointe en Chine de M. Sidibé et de Mark Dybul, Directeur exécutif du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme (Fonds mondial). L'un des objectifs de cette visite était d'encourager de nouveaux partenariats stratégiques entre la Chine et l'Afrique, notamment des investissements dans les infrastructures, l'économie et l'innovation dans le développement sanitaire et humain.

L'Afrique importe 80 % de ses médicaments antirétroviraux. Un grand nombre de substances actives proviennent de Chine. MM. Sidibé et Dybul ont rencontré Chi Jianxin, Président-directeur général du Fonds de développement Chine-Afrique, afin d'encourager les coentreprises entre la Chine et les pays d'Afrique pour la production locale de médicaments et de produits de santé. Ils ont également proposé l'appui technique des deux organisations pour faciliter les partenariats stratégiques.

« Il existe un énorme potentiel de coopération entre la Chine et l'Afrique sur l'innovation et le transfert de technologies dans de nombreux secteurs et nous nous réjouissons de pouvoir l'exploiter davantage », a déclaré M. Dybul.

Le Conseil économique Chine-Afrique va promouvoir la communication et la compréhension entre les jeunes de Chine et d'Afrique dans le cadre de la campagne d'avantages sociaux pour les jeunes intitulée Towards Zero AIDS. M. Sidibé a assisté au lancement de cette campagne à l'Université de Sciences et Technologies de Pékin et encouragé les jeunes Chinois à faire preuve de leadership dans la riposte au sida. La campagne est organisée et gérée par des jeunes issus de 60 universités chinoises.

« Nous appelons à des actions sur les rapports sexuels protégés, nous appelons à l'usage correct du préservatif pour que nous-mêmes et les autres puissions profiter d'une vie en pleine santé », a expliqué Wenxia Li, une étudiante de l'Université de Sylviculture de Pékin.

M. Sidibé a aussi participé à un dialogue sur les politiques pour une meilleure santé en Chine et en Afrique. Étaient également présents Abdallah Abdillahi Miguil, Ambassadeur de Djibouti, Feng Yong, Directeur du Département de coopération internationale en charge de l'Afrique, de la Commission du planning familial du Service de santé national chinois, et Christoph Benn, Directeur des Relations extérieures au Fonds mondial.

« Pour que le continent africain puisse aller plus loin que là où il se trouve aujourd'hui pour ses habitants, nous devons donner à nos peuples les moyens de l'innovation », a déclaré l'Ambassadeur Abdullah Abdillahi Miguil.

Le dialogue visait à définir les domaines de coopération et d'innovation et les types de partenariat stratégique entre la Chine et les pays d'Afrique qui peuvent être galvanisés en faveur d'une meilleure santé.

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Des programmes d'éducation sexuelle conçus pour atteindre des millions de jeunes en Afrique australe et orientale

28 avril 2015

Comme beaucoup de leurs pairs dans le monde entier, les jeunes d'Afrique australe et orientale reçoivent souvent des informations contradictoires et vagues pour tout ce qui concerne le sexe. Dans ces conditions, il leur est difficile de prendre des décisions éclairées sur la manière, le moment et les personnes avec lesquelles ils ont des rapports sexuels et les moyens de se protéger contre le VIH.

Avec l'appui de l'ONUSIDA, de l'UNESCO et du Southern Africa AIDS Dissemination Service, une grande série de programmes de radio et de télévision régionaux a été lancée afin de combler ces lacunes. Elle est conçue pour fournir aux jeunes une éducation complète à la sexualité et leur offrir un forum de discussion sur les questions liées au sexe et à la sexualité dans une région où la prévalence du VIH est élevée. À l'échelle du continent africain, les maladies liées au sida constituent encore la cause principale de décès chez les adolescents et les filles et les jeunes femmes sont particulièrement vulnérables aux nouvelles infections à VIH.

Selon Charity Banda, Coordonnatrice VIH/sida auprès du Ministère de l'Éducation de Zambie, cette action est très importante. « Confrontés à la puberté sans y être préparés, les jeunes sont souvent laissés sans soutien dans une situation de confusion. Cela les rend finalement vulnérables aux comportements à haut risque qui augmentent leurs chances de contracter le VIH. C'est pourquoi cette nouvelle initiative vient à point nommé ».

La série a été lancée en premier lieu en Zambie le 21 février 2015 et doit être diffusée dans cinq autres pays plus tard en courant d'année : Malawi, Mozambique, Namibie, Sud-Soudan et Tanzanie. La série zambienne compte 26 épisodes TV, 13 épisodes radio et un talk-show de 15 minutes en direct chaque samedi intitulé The Sexuality Talk Challenge.

Elle est diffusée sur le plus grand réseau de télévision et de radio du pays, la Zambia National Broadcasting Corporation, qui atteint plus de 4 millions de personnes chaque jour pour les seules émissions télévisées. Les programmes sont traduits en plusieurs langues locales.

Parmi les invités du talk-show, on retrouve des jeunes, des organisations dirigées par des jeunes, des enseignants, des responsables du gouvernement, des décideurs politiques et des représentants de la société civile. Les sujets évoqués à la radio concernent : l'amour, le sexe et les relations saines ; l'estime et la compréhension de soi-même et de ses droits en tant qu'adolescent ; la pression de groupe et la lutte contre les idées reçues. L'un des épisodes a également été consacré à l'amélioration de la communication entre les jeunes et les adultes qui comptent dans leur vie.

« Des faits probants ont montré que les adolescents qui ont parlé de ces questions avec leurs parents ou leurs tuteurs sont davantage susceptibles de prendre des décisions saines et intelligentes concernant le sexe et la sexualité », explique Patricia Machawira, Conseillère régionale sur le VIH et l'éducation de l'UNESCO pour l'Afrique australe et orientale. « De telles décisions sont par exemple d'attendre plus longtemps avant les premiers rapports sexuels, d'avoir moins de partenaires, d'employer des moyens de contraception et d'avoir le courage de dire non si on leur propose de faire quelque chose qui les met mal à l'aise », ajoute-t-elle.

Les discussions directes et ouvertes de la série suscitent d'ores et déjà des débats. Les partenaires espèrent que d'ici la fin de la diffusion du programme en Zambie fin juin, ces discussions auront permis de lever des barrières dans la communication, avec un accès à des informations claires permettant aux jeunes de faire des choix éclairés pour un avenir meilleur et plus sain.

Comme le résume Medhin Tsehaiu, Directrice nationale de l'ONUSIDA en Zambie, « l'information c'est le pouvoir et les jeunes doivent être bien armés avec les bonnes informations et les bonnes compétences pour prendre les bonnes décisions ».

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Les communautés doivent jouer un rôle bien plus important dans la délivrance du traitement anti-VIH, surtout pour les populations marginalisées

20 avril 2015

Renforcer et étendre les approches à base communautaire pour la délivrance du traitement anti-VIH est capital pour le succès à long terme de la riposte au sida, selon un rapport présenté le 20 avril par Médecins Sans Frontières (MSF) et l'ONUSIDA.

Ce rapport met en avant les approches innovantes de MSF vis-à-vis du défi critique de l'élargissement du traitement afin que les personnes vivant avec le VIH aient accès au traitement antirétroviral par des moyens adaptés à leur vie quotidienne.

Organisé à Londres, à l'occasion de la réunion du Comité directeur du Partenariat pour la santé maternelle et infantile et du Groupe de stratégie et de coordination de l'initiative Every Woman Every Child, le lancement du rapport a offert l'opportunité de démontrer qu'une implication pertinente de la communauté dans les initiatives pour la délivrance, l'observance et le maintien du traitement antirétroviral fonctionne. Il a été souligné que l'élargissement du financement et de la mise en œuvre de la prestation de services à base communautaire sera essentiel pour mettre fin à l'épidémie de sida d'ici 2030.

Lors de cette présentation, Amina Mohammed, Conseillère spéciale du Secrétaire général des Nations Unies sur la planification du développement après 2015, a déclaré : « Je suis heureuse que nous saisissions l'occasion d'un rappel de l'importance de veiller à ce que les services et les produits de base parviennent aux personnes et aux communautés qui en ont le plus besoin ».

Selon Tom Decroo, Coordonnateur de recherches opérationnelles chez MSF, « ce document présente les expériences montrant comment la délivrance du traitement antirétroviral à base communautaire peut améliorer à la fois le niveau d'accès au traitement contre le VIH et la qualité des effets sur la santé des personnes vivant avec le VIH. Il ne s'agit pas de solutions universelles, mais elles illustrent l'efficacité et la performance de la délivrance à base communautaire du traitement antirétroviral, et la manière dont celle-ci répond aux besoins spécifiques des personnes ».

Malgré les progrès accomplis (on comptait 13,6 millions de personnes sous traitement en juin 2014), il reste encore un long chemin à parcourir. Seulement 38 % des adultes vivant avec le VIH et moins d'un quart de tous les enfants vivant avec le VIH ont accès aux médicaments vitaux.

Luiz Loures, Directeur exécutif adjoint de l'ONUSIDA, a noté que l'évolution vers une focalisation accrue sur la participation communautaire pourrait permettre de mieux identifier les personnes ayant besoin d'un traitement, notamment au sein des populations les plus marginalisées et difficiles à atteindre. Il a souligné que la délivrance à base communautaire du traitement antirétroviral est non seulement une bonne chose pour les individus, leur famille et leur communauté, mais qu'elle s'avère également plus rentable, en raison d'une meilleure prise en charge, d'une observance accrue et d'un coût plus réduit dans la fourniture des services.

M. Loures a également admis que le rôle clé que jouent traditionnellement la société civile et les communautés dans la riposte au sida va devoir être davantage soutenu.

« L'ONUSIDA a lancé un appel aux pays pour accélérer les actions visant à mettre fin à l'épidémie de sida d'ici 2030. Si nous voulons atteindre ce but, il faudra que d'ici 2020 le pourcentage de services à base communautaire passe de 5 à 30 %. Je suis fier de partager avec vous aujourd'hui les innovations efficaces et performantes de MSF. L'ONUSIDA continuera à soutenir les nombreuses autres organisations qui œuvrent pour renforcer la délivrance de services à base communautaire pour que toutes les personnes qui en ont besoin puissent accéder au traitement anti-VIH ».

La publication présente plusieurs exemples concrets de systèmes de délivrance de traitement antirétroviral à base communautaire adaptés aux différents contextes. Ces stratégies ont été étudiées dans huit pays : République démocratique du Congo, Guinée, Kenya, Lesotho, Malawi, Mozambique, Afrique du Sud et Zimbabwe. Elles ciblent principalement des patients qui prennent leurs médicaments anti-VIH avec succès depuis un certain temps, qui ne souffrent pas de maladies concomitantes et dont le système immunitaire montre des signes d'amélioration de l'état de santé.

Parmi les exemples de programmes de traitement antirétroviral à base communautaire, on trouve : les clubs d'observance, où des pairs-conseillers délivrent des médicaments et proposent des bilans médicaux de base ; des points de distribution communautaire gratuite de médicaments antirétroviraux plus proches du domicile des patients ; des groupes communautaires auto-constitués de traitement antirétroviral, dont les membres se relayent pour collecter les médicaments à l'hôpital et les distribuer aux autres personnes vivant aux alentours ; des espaces de rendez-vous et de renouvellement rapide des ordonnances où les consultations médicales sont moins fréquentes et les médicaments prescrits pour des périodes plus longues.

Adaptées à toute une variété de situations, la plupart de ces stratégies souvent peu conventionnelles ont démontré qu'elles réduisaient le fardeau pesant sur les patients et les systèmes de santé. Grâce à elles, davantage de personnes restent sous traitement, les coûts pour les prestataires de services diminuent et les personnes vivant avec le VIH peuvent mener une vie plus productive en meilleure santé.

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